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De la pelvi-péritonite chez la femme

(5- Cengm frmtah de Chimrgie, avril 1891 ; mercredi médical, 8 avril 1891, et Cliniques chirurgicales de la Pilié, p. 463, 1894.)

« Cerlains auteurs ont mis en doute l’existence de la pelvi-péritonite; à l’avant-dernier Congrès des Chirurgiens français, on a constaté la valeur démonstrative des faits qui, d’après moi, réhabilitent cette affection, presque aussi vieille que la nosographie utérine. Les hasards de la clinique m’ont justement fourni un cas oit se trouvent accumulées les preuves qui, d’après nos contradicteurs, sont seules capables d’entraîner la conviction. Aussi je m’empresse de publier cette observation et de revenir, h son propos, sur les arguments développés dans mon premier

« Pozzi raye la pelvi-péritonite de sa nosographie; il la range dans les péri-mélro-salpingites », sous le nom d’ « abcès pelviens »; encore se demande-t-il si, en fin de compte, ces collections purulentes, de forme et d’évolution particulières, dont il ne peut nier l’existence, ne sont pas des pyosalpinx volumineux, « des kystes purulents tubaires qui, d’abord libres, ont été soudés par un travail ultérieur » aux parois du petit bassin. En effet, « par une décortication hardie de cette poche, on se trouve en présence, quand ce travail souvent très laborieux est terminé, d’un kyste muni d’un pédicule interne, inséré sur la corne de l’utérus, et l’on reconnaît qu’on avait véritablement affaire à la trompe dilatée ».

Je sais bien que l’auteur ne s’explique pas d’une maniéré péremptoire et n’affirme point qu’il n’y a pas de pelvi-péritonites ; mais il penche vers cette interprétation, puisque, au cours de son article, il n’est plus question de l’inflammation de la séreuse : « La pelvi-péritonite des auteurs est, ou bien un phlegmon inclus dans le ligament large et, par conséquent, indépendant du péritoine, ou bien un abcès pelvien, qui n’est lui-méme qu’un pyo-salpinx adhérent, une collection tubaire enkystée, dont « la fusion avec les parties voisines est telle qu’une ablation totale serait impossible ou trop dangereuse. » Au demeurant, l’abcès pelvien est un « pyosalpinx non énucléable » et ce mot « a donc une valeur chirurgicale plutôt qu’anatomique. » Nous tenons à multiplier les

employés par l’auteur, l’opinion exacte de M. Pozzi. En opposition à cette doctrine, nous avons publié quatre observations qui nous paraissent démontrer l’existence de la pelvi-péritonite'.

En présence d’une observation semblable, toutes les objections tombent et la démonstration est complète : l’examen direct nous a permis de constater l’existence, dans le péritoine, en avant et en arrière de l’utérus, de deux collections purulentes, séparées l’une de l'autre par les ligaments larges intacts; elles sont bien indépendantes des ovaires scléro-kystiquos et des trompes saines que nous avons pu enlever et examiner è loisir. Nous avons fourni la preuve qu’on nous réclamait, et la pelvi-péritonite de Bernutz et Goupil doit rentrer dans la nosographie au môme titre que les pyosalpingites et que les

phlegmons du ligament large. La dénomination d’abchs pelviens ou de péri-métro-salpingite nous semble trop compréhensive et a le tort de grouper, sous une même étiquette, des collections de siège, d’origine et même de thérapeutique trop différentes.

M. Pozzi nous reproche de lui faire une querelle de mots : « Le terme de péri-métro-salpingite a pour but, dans ma pensée, d’indiquer expressément que ces inflammations sont consécutives, sans exception, h des lésions de l’utérus et des annexes. Le terme de pelvi-péritonile, au contraire, que les travaux de Bernutz et Goupil avaient rendu classique en France, laisse ce point dans le doute et paraît indiquer qu’il s’agit d’une inflammation primitive du péritoine; c’est pourquoi je ne saurais comprendre la réhabilitation qu’en a tentée Paul Reclus. » Je ferai d’abord remarquer à mon distingué collègue que sa péri-métrosalpingite, dans les diverses formes qu’il en a données, ne correspond nullement à ce que, avec la tradition, j’appelle pelvi-péritonile ; nulle part l’auteur ne nous décrit ces vastes collections purulentes, accumulées dans le péritoine du petit bassin, survenues le plus souvent à l’occasion d’une fausse couche ou d’un avortement, et dont j'ai cependant vu un cas très net à la suite dune gonorrhée. J’ai lu et relu les deux éditions de son traité, et nulle part je n’ai trouvé un semblable tableau clinique. Au contraire, nous avons constaté à plusieurs reprises qu’il semble nier leur existence et que pour lui le pus s’est accumulé, non dans la séreuse, mais dans la trompe distendue. Nos observations nous paraissent avoir démontré le mal fondé de cette croyance.

Passons maintenant au mot lui-même. Pourquoi donc rayer le terme de pelvi-péritonite? 11 ne nous apprend rien, c’est vrai, sur le lieu d’origine, sur le point de départ de l’inflammation de la séreuse; mais les noms de maladie ne peuvent que rarement indiquer leur étiologie ; M. Pozzi va-t-il débaptiser la pleurésie? Va-t-il appeler la péritonite généralisée une péri-hépatite, une péri-gastrite, une péri-splénite, une péri-duodénite, une péri-colite où une péri-rectite, parce que les lésions du foie, de l’estomac, de la rate ou des intestins sont pour ainsi dire à la base de l’inflammation de la séreuse enflammée à la suite d’une

quelconque des diverses lésions de ces viscères? La nosologie, de par cette réforme, se tronverait bouleversée de fond en comble. Et je m’imagine que nous nommerons longtemps encore l’hydrocèle et l’hématocèle une vagiualite et non une péri-épidydimile comme le réclamerait cette nouvelle nomenclature. D’aillenrs, comme nous le disions tout à l’heure, qu’on crée, si on le veut, une grande classe de périmétro-salpingites, mais que du moins une variété porte le vieux vocable de pelvi-péritonite, et que l’auteur nous donne la description de celte variété, qui, en définitive, fait défaut dans son livre!

2. — De l'hystérectomie totale on partielle dans les cancers limités au col de la matrice.

{GautU hebdomadaire de Médeciaeel de Chirurgie, 2 novembre 1888.)

J’essaye de démontrer, dans ce travail, que si l’hystérectomie partielle est moins grave et amene une léthalité moindre que l’hystérectomie totale, la simple ablation conoïde du col doit être préférée à l’extirpation complète de l’utérus, caria propagation cancéreuse se fait beaucoup moins vers le corps de l’organe que vers les lymphatiques et les ganglions que l’hystérectomie n’atteint pas.

3. — Traitement des suppurations pelviennes par l’hystérectomie vaginale préliminaire.

{Bulletins et iVémoires de la Société de citimrgie, 25 mars 1891.)

Ce premier mémoire, au moment où l'hystérectomie vaginale pour suppuration pelvienne n’était encore défendue à la Société de chirurgie que par M. Segond, se termine par les trois conclusions suivantes : « 1” dans les pelvi-péritonites anciennes, et pour les ovaires scléreux, adhérents à l’utérus, perdus dans une gangue épaisse de néo-membranes, nous n’avons qu’une opération : l’hystérectomie vaginale; 2* dans les doubles ovaro-salpingites volumineuses, nous préférons — comme plus facile et

plus sûre — l’hyslérectomie a la laparotomie, qui cependant a donné d’excellents résultats; 3“ enfin, dans les lésions récentes, lorsqu’il n’est pas démontré que les annexes dos deux côtés ont perdu leurs fonctions, on aura recours, si du moins une intervention chirurgicale est jugée nécessaire, à la laparotomie, qui seule permet d’établir, sur un diagnostic indiscutable, les indications précises de l’extirpation. »

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