Maladie kystique de la mamelle
« Rien n’est plus commun que les kystes de la mamelle ; il est peu de tumeurs bénignes ou malignes qui ne leur donnent naissance et des fibromes ou carcinomes, tous les tissus pathologiques du sein peuvent se creuser de cavités dont la forme, le volume et la nature varient à l’infini. Ces néoplasies sont connues : parmi elles cependant il est une alfection fréquente, si nous en croyons notre courte expérience, qui n’aurait pas encore été l’objet d’une description spéciale. Nous proposerions de l’appeler la maladie lsysli(]ue des mamelles.
« Elle présente deux caractères bien nets : d’abord les kystes, en nombre considérable, occupent la glande tout entière. Or, d’habitude il n’en est pas ainsi, et les cavités se développent au milieu d’une tumeur, sarcome, épithélioma, carcinome, qui, quel qu’en soit le volume, n’atteintguère qu’une partie de la mamelle saine ou des autres points. Ici, la glande est partout envahie, et delà périphérie au centre on trouve des kystes épars dans tous les lobes. Le second caractère n’est pas moins singulier; dans cette affection particulière les kystes sont bilatéraux. On sait combien sont exceptionnelles les néoplasies qui siègent à la fois dans les deux
glandes. Ici les deux mamelles sont atteintes, et, simultanément ou consécutivement, des cavités apparaissent et se développent dans les deux
Un premier point fort remarquable est l’absence de tumeurs au sens propre du mot : l'exis lenced’un kyste volumineux avait fait penser à des cliniciens tels que Broca, Verneuil et Terrier, qu’un néoplasme s’était développé dans les mamelles, mais la dissection nous prouve qu’il s’agit de cavités éparses dans le parenchyme et entourées de tissu d’une résistance, d’une coloration et d’une structure normales. Nous avons donc affaire non à une tumeur limitée, mais à une glande saine en apparence et dont les acini et les conduits sont dilatés par une formation kystique. L’examen microscopique, pratiqué par M. Malassez et par M. Brissaud, l’altération de l’épithélium inira-glandulaire, permettent de classer l’affection dont il s’agit dans la catégorie des épithéliomas kystiques. Aussi l’intervention du chirurgien nous paraît de rigueur et l’extirpation doit