‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 48 sur 54 · Maladie kystique de ia mameiie · texte numérisé non relu

Maladie kystique de ia mameiie

et mémoires de la Soeiélâ de Chirurgie, février 1888.)

Une très importante discussion s’élève à propos d’un malade présenté par nous et atteint de maladie kystique de la mamelle. L’accord ne put se faire sur la nature des kystes et leur origine, mais le syndrome clinique est accepté par tous les orateurs.

3. — Maladie kystique de la mamelle (Cliniques chirurgicales de l'Hôtel-Dieu, p. S90).

Maladie kystique et maladie noueuse (ibidem, p. 408, 1888.)

« Nous n’avons pas une tumeur kystique, mais des kystes semés dans la mamelle, envahie de la périphérie au centre; la lésion atteint les deux glandes et les kystes sont bilatéraux; souvent ils passent inaperçus dans une des deux mamelles, mais une palpation attentive me les a toujours fait découvrir dans mes onze observations personnelles. La dureté, la résis-

tance ligneuse que présentent ces kystes, même lorsqu’ils atteignent le volume d’une noix ou d’un œuf, est vraiment déconcertante et l’absence absolue de fluctuation ferait croire à une tumeur solide; la ponction exploratrice avec la seringue de Pravazvous démontrera l’existence du liquide. Ce procédé est élémentaire; on n’y a cependant presque jamais recours, tant le chirurgien se croit certain d’être en présence d’une néoplasie massive. Pour ma part, je dirai : Ne faites pas un diagnostic de tumeur mammaire sans le contrôler par la ponction.

« Le microscope permet de suivre le développement du travail pathologique. Dans les culs-de-sac glandulaires, presque intacts, l’épithélium a perdu tout au plus sa forme cubique et a subi une dégénérescence granulograisseuse; dans les acini voisins et déjà plus malades, des cellules cubiques tapissent encore la paroi du petit kyste, mais la cavité distendue est remplie par des cellules épithéliales anguleuses, irrégulières, polyédriques et dites par Malassez cellules métatypiques. Les éléments polymorphes s’accumulent, leur masse est délayée par un liquide que la paroi sécrète sans doute, et c’est ainsi que, par accroissement progressif, se forment des cavités volumineuses qui atteignent les dimensions d’une noix, d’un œuf ou même, eomme dans un cas de Maunoury, d’une tête d’enfant. Ces masses épithéliales renfermées dans des acini ont-elles pu franchir la paroi du cul-de-sac et se diffuser au milieu du tissu conjonctif? Malassez ne l’a jamais observé. Brissaud est moins affirmatif. En certains endroits il a trouvé des lésions très avancées, des cellules atypiques distendant les cavités glandulaires, et l’étape était très courte qu’elles avaient à parcourir pour désagréger la paroi et devenir un de ces épithéliomas de nature franchement maligne bien connus depuis les travaux deWaldeyer et Malassez.

K Par bonheur la clinique ne semble pas confirmer celte opinion peu rassurante ; aucune de nos opérées n’a récidivé ; aussi ma doctrine théra- ])eutique est encore assez flottante, et si, en principe, je suis pour l’ablation des glandes malades, je n’ose insister avec vigueur, et lorsque la femme est jeuue encore, je conseille l'abstention jusqu’à l’êge de la ménopause; mais à partir de cet âge, j’interviens.

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