IX. - AFFECTIONS DES MEMBRES
1. — Des hyperostoses consécutives aux ulcères rebelles de la jambe.
IProgrès médical, 15 et 20 décembre 1879, et Cliniques el critiques chirurgicales, p. 185.)
« be silence gardé par les auteurs sur les ostéo-périoslites consécutives aux vieux ulcères, ou plutôt l’extrême sobriété de leurs descriptions, nous a poussé à publier ce long mémoire qu’on peut résumer, du reste, en cinq propositions fort courtes ; 1“ les ulcères de jambe peuvent provoquer, dans les os sous-jacents, les diverses formes de l’ostéopériostite. Exceptionnellement destructive, l’inflammation détermine le plus souvent une augmentation de volume; l’os est alors léger, spongieux, recouvert d’ostéophjtes. Dans des cas très rares, le tissu de la diaphyse est dur, éburné; le canal médullaire oblitéré ou rétréci. 2" Lorsque les épiphyses no sont pas encore soudées, l’os, sous l’influence de ces ulcères, s’accroît en longueur et l’emporte sur son congénère de 2 il 3 centimètres; les ostéophytes sont plus abondants; une véritable diathèse osseuse peut se manifester qui se traduit par l’ossification des aponévroses d’enveloppe et de cloisonnement, des ligaments, des gaines vasculaires et nerveuses; en un mot, de tout le tissu fibreux de la jambe; 3° L’ostéo-périostite serait peut-être alors la cause et non la conséquence de l’ulcère. Cependant l’examen des pièces montre que les lésions osseuses sont presque toujours beaucoup trop légères pour expliquer l’amputation : la gravité de l’ulcère a pu seule la légitimer. 4" Du milieu de l’ulcère s’élèvent parfois des exostoses saillantes qui ont été
prises pour des lésions syphilitiques. Mais la consistance de la tumeur et le traitement spécifique établiront le diagnostic. 5“ Les ostéo-périostites sont une complication grave; elles s’opposent à la cicatrisation de rulcére, compromettent la nutrition des membres et rendent trop souvent l’amputation nécessaire. » Ajoutons que, dans ce mémoire, se trouve la première observation d’ulcère où l’altération des nerfs de la jambe, soupçonnée depuis longtemps par Terrier, ait été démontrée par l’examen anatomique que pratiqua Gombault. Néanmoins, la démonstration de l’influence des nerfs trophiques restait encore tout entière à faire, et cette lacune devait être comblée par les intéressantes recherches de Quénii.