‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 2 sur 29 · ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

1. — Expériences relatives au choc péritonéal. En collaboration avec M. Ch. Richet. (Académie des. Sciences, 1880.)

Dans ce travail basé sur des expériences physiologiques, nous avons recherché les causes de l’hypothermie, qui amène la mort dans cet état pathologique, décrit par Gubler sous le nom de péritonisme, et dû aux lésions du péritoine.

Nous avons démontré que cette hypothermie n’était pas due à la dilatation exagérée des capillaires de la périphérie, ou au défaut d’hématose, mais à la diminution des processus chimiques caloriques des tissus, diminution qui est la conséquence de l’épuisement nerveux général.

Cet élat d’hypothermie étant comparable à celui des animaux dont on a coupé la moelle dorsale, nous arrivons à cette conclusion que l’excitation exagérée de la moelle amène les mêmes résultats que sa paralysie. Tout agent anesthésique qui empêche cette excitation de la moelle par les nerfs péritonéaux lésés, retarde les phénomènes d’hypothermie. D’où cette conclusion thérapeutique importante :

dans toute lésion du péritoine, insister sur les agents anesthésiques.

2. — Des nerfs du cœur. (Thèse d’agrégalioh ; Anatomie et Physiologie; hrochure de 170 pages.)

11 serait difficile de donner une analyse de ce travail représentant un exposé complet des notions de l’époque sur l’anatomie et la physiologie des nerfs du cœur.

On y trouvera consignées lés' recherches alors toutes récentes de plusieurs anatomistes et physiologistes, recherches qui n’avaient été publiées dans aucun traité didactique.

J’ai pu ainsi, dans plusieurs chapitres, faire un exposé tout nouveau de la question.

Je signalerai tout particulièrement :

1“ Au point de vue anatomique : l’étude des terminaisons nerveuses et des ganglions cardiaques.

2" Au point de vue physiologique :

1" L’étude du système nerveux intracardiaque, du rôle des ganglions et de leur influence sur la contraction cardiaque. L’analyse des travaux d’Eckardt, d’Heidenheim, de MM. Dastre et Morat, Ranvier, Vulpian m’amène à ces conclusions qui n’avaient été nulle part nettement formulées : Le système ganglionnaire, vis-à-vis du muscle cardiaque, est un centre intermédiaire qui, dans un état de tonus habituel, provoque la contraction du cœur; il n’agit que sur l’apparition de cette contraction, mais ne lui donne pas son caractère rythmé, (yui est une propriété de la fibre cardiaque.

. 2" L’élude du pneumogastrique. Mettant à profit un travail encore inédit de MM. Dastre et Moral, il m’a été possible d’entrer dans la discussion des différentes opinions et des différentes expériences, qui ont été publiées pour approfondir le mécanisme intime de l’action inhibilrice de ce nerf sur le cœur.

Or, contrairement à l’opinion généralement admise, nous appuyant sur les expériences de MM. .Daslre et Moral, nous avons fait connaître ce fait physiologique important : quelle que soit la nature ou la force de l’excitant du bout périphérique du pneumogastrique, on obtient un arrêt du cœur. Il suffit de se mettre, quand l’excitation est faible, dans des conditions spéciales, pour que cette action puisse se produire; c’est-à-dire le refroidissement, les pertes hémorragiques, l’asphyxie, qui affaiblissent le système accélérateur antagoniste, et l’empêchent d’entraver l’action du système inhibiteur.

3" L’élude de l’action des anesthésiques sur les nerfs du cœur, question si importante pour la chirurgie et tout dernièrement encore mise à l’ordre du jour, etc., etc.

Cette thèse pendant longtemps est restée un travail classique, dont ont profilé de nombreuses générations de concurrents pour l’internat.

3. — Contributions à i’étude de i’articuiation scapulo-huméraie.

{Journal d'Anatomie et Physiologie, 1887.)

Je reproduis ici les conclusions de ce travail, qui repose sur la dissection de plus de cinquante articulations :

Dans l’articulation scapulo-huméraie, on trouve sura-

joutés à la capsule plusieurs tais loppés surtout chez l’homme. Ces 1“ Le ligament coraco-huméral 2“ Les ligaments coraco-glénosupérieur ;

3° Le gléno-huméral moyen ou

à l'extrémité interne et supérieure de la cavité glénoïde; en bas, il s’attache au petit trochanter au-dessous et en arrière de l’insertion du sous-scapulaire. Le coraco-gléno-huméral supérieur s’insère sur le bourrelet glénoïdion, et confond ses insertions avec le ligament gléno-huméral moyen, de plus, il s’insère sur l’apophyse coracoïde; en bas, il s’attache aux deux lèvres de la gouttière bicipitale, c’est-

à-dire sur le grand trochanter et sur le petit trochanter; dans sa partie moyenne, il s’excave pour former une gouttière dans laquelle glisse le tendon de la longue portion du biceps.

Entre les deux faisceaux ligamenteux supérieurs, coraço-gléno-huméral et gléno-huméral moyen, la capsule présente une ouverture triangulaire qui laisse passer le tendon du sous-scapulaire. Entre le ligament moyen et le ligament inférieur, la capsule est très mince. C’est le locus minons resislentiæ; c’est par là que s’échappe la tête dans la luxation en dedans. Le ligament moyen limite donc en haut, dans la

lé des cas, la rupture de la capsule. Dans 1 t de rotation en dehors et d’adduction, le nts gléno-huméraux moyen et supérieur se posent à la luxation de la tête. Le ligament it 1 dans l’élévation.

faisceaux ligamenteux avaient été signalés e:

rend compte, ainsi qu’on peut le voir sur la figure ci-dessus, des lésions en cas de luxation de l’épaule.

i. — Étude sur le développement de la portion sus-dlaphragraatique du tube digestif (Thèse d’agrégalion, 188S.)

Dans ce travail nous n’avons pas cherché seulement à faire l’exposé consciencieux de l’élat de la science, à l’époque où il a été écrit, mais de plus à lui donner un caractère original, en essayant par des recherches personnelles, de nombreuses coupes d’embryon, de soutenir une théorie à laquelle nous nous étions rattaché, théorie qui faisait dériver l’épithélium de la portion sus-diaphragmatique du tube digestif du feuillet externe du blastoderme.

Le travail est divisé en quatre parties. Dans les deux .premières parties nous étudions la formation de l’aditus anterior, puis celle du tube pharyngo-œsophagien. De nombreux dessins annexés au texte facilitent la descrip-

Dans une troisième partie nous avions étudié le développement des organes annexes du tube digestif, l’hypophyse, la langue, le thymus, le corps thyroïde, la trachée, les bronches et le poumon..

Dans une quatrième partie nous avons cherché dans l’embryologie comparée des arguments pour soutenir la théorie de la formation de la partie supérieure du tube digestif aux dépens du feuillet externe. Nous avons été amené par cette étude à parler de la relation qui existe entre le blastopore ou anus de Rusconi, avec l’orifice buccal du tube digestif, et à parler de la situation variable de l’orifice

d’entrée du tube digestif par rapport au reste du corps et au

Enfin nous avons terminé ce travail en analysant les observations tératologiques, qui nous donnaient des arguments en faveur de la théorie que nous soutenions.

5. — Mémoire sur la direction de l’estomac, en collaboration avec le D' Sooligoux. (Société Anatomique, t89S.)

Frappé de la divergence des auteurs, quand il s’agit de donner la direction de l’estomaci nous avons étudié tout spécialement ce point d’anatomie, qui intéresse les chirurgiens, et nous avons en même temps fixé d’une façon précise les rapports de cet organe avec la paroi épigas-

Pour Cloquet, la direction de l’estomac est transversale. Sabatier, Cruveilhier, Richet, Sappey, considèrent que son grand diamètre, est oblique de gauche à droite et d’avant en arrière; toutefois, cette obliquité étant peu considérable, on peut regarder la direction de l’estomac comme horizontale et transversale.

Pour Beaunis et Bouchard, l’estomac est fortement oblique en bas, à droite et en arrière.

Pour Lushka, Renie, il serait vertical.

Nous avons montré que ces divergences tenaient à ce que l’estomac a une direction différente, suivant qu’il est à l’état de vacuité ou de plénitude.

A l’état de vacuité, il est oblique de haut en bas, de gauche à droite et d'arrière en avant; quand il est plein, sa petite courbure se redresse, il paraît alors vertical ; toutefois,

sa direction générale n’est pas sensiblement changée, car son grand axe ne varie que fort peu.

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