RECHERCHES SUR LE CHLOROFORME
L’étude de l’action du chloroforme, de ses dangers, de la manière de les éviter, m’a de tout temps préoccupé. Soit au laboratoire, soit dans mon service j’ai cherché dans les expériences, ou dans les observations cliniques les éléments nécessaires pour poursuivre cette étude, et j’ai consigné les résultats de ces travaux, dans un certain nombre de mémoires, dont je donnerai ici succinctement l’esprit.
6. — Sur les dangers du chloroforme. {BtiUelin de la Société de Chirurgie, 1888.)
Dans une première communication à la Société de Chirurgie (1888), j’ai signalé les dangers que faisait courir le chloroforme tel qu’on le livrait alors dans les pharmacies. Et j’insistais pour que, dans les pharmacies peu achalandées, on exigeât une rectification de chloroforme, faite la veille.
Comme moyen pratique pour faire cette rectification, je conseillais, avec M. Vicario, avec qui j’avais fait ccs recherches, de recourir à une distillation à 60, 61° de l’agent anesthésique sur du carbonate de potasse desséché, en ayant le soin de ne récolter ni les premiers produits, ni les derniers.
Je faisais également remarquer que la simple distillation pour des chloroformes .peu altérés pouvait suffire dans la majorité des cas, en la répétant deux ou trois fois, et toujours en ne récoltant ni les premiers ni les derniers produits. Evidemment, il faut encore l’essayer par prudence avec l’azotate d’argent et avec le permanganate de potasse alcalin.