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Cas de mort par la méthode mixte atropine, morphine et

chioroforme. {Bulletin de la Société de Chirurgie, 1892.)

Dans une seconde communication à' la Société de Chirurgie (1892), à propos d’un cas de mort par la méthode mixte atropine, morphine et chloroforme, j’ai attiré l’attention sur les dangers de cètté association. Pour chacune de ces substances il peut y avoir des susceptibilités indivi- ■ duelles.

Il en résulté que si théoriquement on supprime certains danger.s de chloroforme par cette méthode, pratiquement sur l’homme on triple les dangers, en se servant de trois substances dangereuses, pour chacune desquelles, il peut y avoir une susceptibilité individuelle.

8. — Avantages du chloroforme sur l’éther. {Bulletin de la Société

de Chirurgie, im.)

Dans la discussion sur les avantages de l’éther sur le chloroforme, qui a été soulevée à la même Société en 189S, j’ai défendu, dans un long mémoire, la cause du chloroforme, montrant d’après les statistiques, d’après l’analyse physiologique de l'action de ces anesthésiques, que la supé-

riorité de l’éther, admise par quelques chirurgiens, est plus apparente que réelle.

L’éther a, en effet, à son actif des cas de mort comme le chloroforme; et certaines statistiques, telles que celles de Karewski, 3 morts sur 10.000 éthérisations, de Saint- Bartholomew’shospitalSmorts sur 8.491 éthérisations, etc., sont loin de justifier l’enthousiasme des partisans de l’éther. Mais les statistiques seraient-elles meilleures, on peut faire observer qu’à cause des nombreuses contre-indications de l’étber, les malades qu’on éthérisé sont presque des malades triés, de choix, et on serait en droit de s’étonner même qu’il ' puisse y avoir un accident. Il en existe cependant, et l’analyse de ces cas de morts montre que si la syncope secondaire est plus rare avec l’éther, elle peut toutefois se produire, ainsi que le démontrent des observations; par contre, la syncope primitive et la syncope tertiaire ne sauraient être discutées, car il est facile de trouver des faits qui les affirment.

Si on tient compte enfin de l’impossibilité de donner de. l’éther aux personnes atteintes de lésions de l’appareil respiratoire, de lésions cardiaques, de lésions cérébrales, on ne peut ne pas reconnaître qu’en présence de toutes ces contreindications, l’éther ne saurait être comparé au chloroforme pour lequel il n’y a pas de contre-indications.

9. — Nouvelles recherches sur le chloroforme. Travail lu à l’Académie de Médecine, 1896. (Publié in Tribune médicale, 1896.)

Dans ce travail basé sur de nombreuses observations cliniques,'j’ai montré que l'excitation du début que pro-

duisent les anesthésiques a un caractère variable suivant les individus, caractère qui dépend des troubles que la cellule nerveuse subit dans son fonctionnement par le fait de tare maladive héréditaire ou acquise, hystérie, épilepsie,' ou d’une intoxication antérieure, alcool, éther, morphine. On voit donc les anesthésiques provoquer chez l’épileptique, une crise d’épilepsie, chez l’hystérique, une crise hystérique syncopale ou convulsive, chez l’alcoolique, une crise d’agitation alcoolique, etc. Un certain nombre de syncopes se produisant au début de la chloroformisation, ne sont que des crises hystériques syncopales.

J’ai encore montré que les vapeurs anesthésiques s'éliminant au réveil, le malade passe par les mêmes phases qui ont marqué le début de l’anesthésie. Il y a une excitation du retour rappelant par son caractère celle du début de l’anesthésie. On peut ainsi voir au réveil des crises d’hystérie convulsive, ou syncopale, des crises épileptiques, des crises d’alcoolisme.

On voit combien ces notions physiologiques ont de l’importance pour tout chirurgien, qui par un examen préanesthésique de l’état nerveux de son malade peut prévoir les accidents qu’il aura à redouter pendant la chloroformisation.

10. — Des accidents chloroformiques. (Société de Chirurgie, 1902.)

A propos d’un cas de mort par chloroforme que citait M. Poirier, j’ai étudié et passé en revue les causes des accidents chloroformiques. Reprenant les idées que j’avais émises antérieurement, j’aimontré que certaines personnes sont

plus disposées que d’autres aux syncopes; mais l'étude de ces malades faite avant l’anesthésie, peut vous mettre en garde, et vous faire éviter un accident, en vous faisant augmenter de prudence dans la façon d’endormir votre malade. Ceci m’amenait à étudier le rôle du chloroformisateur, et à montrer combien il était important d’être sûr de celui auquel on confiait l’anesthésie. Bien des accidents peuvent être en effet imputés à la jeunesse trop grande de certains chloroformisateurs, qui sont nos aides dans les hôpitaux. 11 serait donc bon d’avoir des chloroformisateurs attitrés, et on pourrait ainsi diminuer le nombre des accidents. J’ai été heureux de voir devant l’Académie ces idées reprises et développées par M. Huchard, qui est venu m’apporter l’appui de sa grande autorité.

11. — Des paralysies post-chloroformiques. (Société de Médecine et Chirurgie pratique, 1898.)

Les paralysies qui suivent quelquefois les anesthésies relèvent de causes multiples. Elles peuvent avoir une origine centrale, ou une origine périphérique. Le plus souvent c’est l’origine périphérique qu’il faut incriminer. C’est le bras qui est pris; et alors la cause réside dans une compression d’un des nerfs du plexus bracchial; le radial le plus souvent est intéressé, et on a alors une paralysie radiale due à ce qu’on a laissé le bras du malade pendre contre le rebord de la table; dans cette position le nerf radial se trouve comprimé contre le rebord. Dans.d’autres cas la paralysie est due à ce qu’on. attache les bras fortement relevés ; et dans cette élévation forcée, si le

malade se débat et glisse, le plexus bracohial peut être comprimé contre la têle humérale. Mais il existe des paralysies d’origine centrale, paralysies relevant de l’hystérie, et se manifestant chez les prédisposés. J’ai pu recueillir des observations de femmes chez lesquelles j’avais relevé des stigmates incontestables d’hystérie, qui avaient eu des paralysies antérieures et chez lesquelles une anesthésie a développé la paralysie d’une jambe, d’un bras. Dans ce cas ces paralysies sont flasques, rappelant tous les caractères de la paralysie hystérique et disparaissent par l’action de l’électricité et de la suggestion. Une de mes malades vit sa paralysie disparaître à la suite d’un séjour à Lourdes. Je rapproche de ces faits les paralysies de la vessie, de l’intestin, qui suivent nos opérations, qui quelquefois se produisent sous l’influence d’une infection, mais peuvent apparaître sans qu’aucune infection ne puisse être incriminée, ainsi que j’en ai cité des exemples au Congrès de gynécologie de Genève, 1896.

12. — Étude anatomique et physiologique des moyens de soutien de i’utérus. (Semaine Gynécologique, 1897.)

Dans cette étude, je rappelle tout d’abord, et précise le rôle des ligaments de l’utérus, qui, à l’état normal, limitent . les déplacements de l’utérus : ligaments larges, ligaments ronds, ligaments utéro-sacrés. Mais j’insiste surtout, et j’étudie l’action du releveur de l’anus. Celui-ci ferme par en bas la cavité abdominale, comme la ferme par en haut le diaphragme, dont il rappelle la forme et la disposition. On

pourrait l’appeler le diaphragme inférieur. Ses fibres qui prennent insertion sur le pourtour du bassin viennent converger sur un raphé médian fibreux, véritable centre aponévrotique, dont on voit les vestiges entre le rectum et le sacrum. Les fibres de ce raphé en avant sont dissociées par le passage du rectum, du canal vagino-utérin, du canal uréthral. Les différents organes qui sont obligés de sortir de la cavité abdominale, et qui traversent le releveur, reçoivent des fibres que ce muscle leur envoie, et dont j’étudie la disposition. Je montre ainsi que le muscle releveur en même temps qu’il ferme la cavité abdominale par en bas, maintient en place les organes qui sont situés au-dessus de lui, et auxquels il est uni. Envoyant des fibres au vagin, il le maintient par en haut en place. Mais la fixité de ce conduit dépend surtout de l’intégrité du plancher périnéal, et des muscles qui le constituent. Que le plancher soit altéré, le vagin n’est plus soutenu. Or, la chute du vagin tiraille les mouvements de soutien de l’utérus. Ceux-ci finissent par se fatiguer, s’affaiblir, et l’utérus suivra dans son mouvement de descente le vagin.

Je conclus de cette étude que la stabilité de l’utérus dépend ;

t” De l’intégrité anatomique et physiologique des faisceaux musculaires contenus dans les ligaments suspenseurs, ligaments ronds, larges, utéro-sacrés, et surtout de l’intégrité du releveur.

2“ Accessoirement, du plancher périnéal, dont l’altération nuit à la résistance des éléments directs de soutien de

13. — Étude physiologique et clinique sur la nirvanino. (Trayail du . laboratoire de M. Dastiie, 1899.)

Ayant eu l’occasion d’expérimenter dans mon service un nouvel anesthésique local, la nirvanine (chlorhydrate de l’éther méthylique de l’acide éthyl glycocol p-amido o-oxyberizoïque) j’en ai fait l’étude sur les animaux.

Par de nombreuses expériences sur le chien et le lapin, j’ai montré que la nirvanine comme la cocaïne jouit de la propriété d’anesthésier localement. Sa puissance anesthésique est cependant moins forte que celle de la cocaïne, mais elle est moins toxique. En doublant les doses on arrive aux mêmes résultats que ceux obtenus avec la cocaïne.

Sa toxicité moindre permet d’en graduer plus facilement les effets. Elle a de plus sur la cocaïne l’avantage d’être antiseptique.

A des doses élevées, elle devient comme la cocaïne toxique. Mais si pour un-lapin de 2 kilogr. 24 on provoque des accidents avec 0,05 centigrammes de cocaïne, il faut au minimum pour un animal du même poids, 0,15 centigrammes de nirvanine.

Les accidents, que ce soit la cocaïne ou la nirvanine, sont des crises convulsives précédées de parésie de l’animal qui tombe sur le côté, se roule puis est pris de convulsions et reste en état de contracture tétanique (fig. 1 et 2).

La nirvanine, comme la cocaïne, agit donc sur la moelle et sur les centres excito-moteurs. Le cœur échappe à leur action, ainsi que j’ai pu le démontrer au moyen de tracés, pris sur le cœur de grenouilles. Ce n’est que par le fait de l’asphyxie que détermine la crise convulsive sur les

la dose serait de 0 gr. 8 à 0 gr. 10. On voit que la différence de toxicité est en faveur de la nirvanine, qui mériterait dans nombre de cas d’êire substituée à la cocaïne.

li. — De la nirvanine et de son emploi comme anesthésique lecal. (M. Dropet, thèse, 1899.)

Un de mes élèves reprenant avec des observations nouvelles prises dans mon service a complété sur mes conseils mes expériences sur la nirvanine, et en a fait le sujet de sa thèse inaugurale.

13. — Contribution à l’étude physiologique des injections intraveineuses de sérum artificiel. (Mémoire de la Société de Médecine et Chirurgie pratique, 17 janvier 1901.)

J’ai été un des premiers à avoir recours aux injections de sérum artificiel, et dans mon service on a utilisé les deux modes d’introduction, injection dans le tissu cellulaire sous-cutané, et dans le système veineux. Or, profitant d)unediscussion qui: s’était élevée à propos d’un travail de M. Haillon, j’ai montré que, contrairement à l’opinion généralement admise, on ne saurait confondre l’action de ces deux sortes d’injections. L’une agit d’une façon beaucoup plus rapide que l’autre, et l’injection intraveineuse doit être préférée, quand il y a urgence de parer rapidement à des accidents de collapsus.

D’après les faits cliniques, et des expériences faites au laboratoire de la Sorbonne, et que j’ai consignées dans la

thèse d’un de mes élèves. M. le D' Desmons (1898), j’ai cherché depuis à montrer comment agissaient ces injections intraveineuses. Ce n’est pas, en effet, comme quelques-uns l’ont avancé, par un lavage du sang, fort problématique et discuté, que ces injections agissent. Mais il semble que ce soit plutôt par une excitation des centres bulbaires.

En effet, en cas d’hémorragie ou d’infection, quand on se décide à faire une injection on se trouve en présence de malades dont le pouls est précipité, rapide, petit, dépressible; le malade est en hypotension. Après l’injection intraveineuse le pouls se relève, les pulsations cardiaques deviennent plus lentes, la tension se relève.

On assiste ici à la répétition de la loi de Marey : le cœur bat plus lentement quand on augmente la tension, et plus vite quand elle diminue. Mais cette loi n’est vraie qu’autant que le cœur est séparé du système nerveux central. Sa vérification chez les infectés et les hémorragiques, montre donc qu’à un certain moment le système nerveux central n’agit plus sur le cœur, qui bat par ses forces naturelles.

Au moment où on fait une injection veineuse, celui-ci semble se réveiller de l’assoupissement dans lequel il entrait, et ce réveil se traduit par le frisson, qui succède aux injections intraveineuses ; or, le frisson', comme l’a montré M. Richet, est un phénomène bulbaire.

L’excitation, le réveil du système nerveux central se traduira encore par le retour des pbénomèmes de vaso-constriction des vaisseaux de la périphérie (pâleur des téguments), coïncidant avec la vaso-dilatation des vaisseaux émonctoires (polyuSe, diarrhée), et le retour des phénomènes de phagocytose, qui expliquent l’action favorable des injections intraveineuses.

Or, en faveur de cette idée d'une excitation du système nerveux central par l’injection intraveineuse est ce fait clinique que j’ai mis en évidence : lorsque l’injection est faite trop tard, le frmon manque, et son absence est d'un pronostic fatal. Un violent frisson succédant à l’injection est d'un bon awjure.

16 . — Glandes thyroïdes. Physiologie normale et pathologique.

Considérations cliniques et recherches expérimentales.

Avec le concours du D' Paulesco, nous avons entrepris dans le laboratoire du professeur Daslre, à la Sorbonne, une série de recberches expérimentales sur la patbogénie du goitre exophtalmique. Dans le cours de ces recherches nous avons été conduits à nous occuper des fonctions de la glande thyroïde, à chercher ii nous rendre compte du rôle que ces glandes jouent dans l’économie. La clinique nous servant de guide, scs renseignements ont été le point de départ des expériences que nous avons reprises après divers auteurs, ou que nous avons imaginées personnellement.

Après avoir fait dans un premier chapitre un court hislorique de la question, nous analysons au point de vue de la physiologie les faits cliniques, en étudiant successivement les symptômes qui résultent : t" de [absence congénitale de la (jlande'f 2° des lésions pathologiques de la glande; de [ablation chirurgicale de la glande — chez l’enfant — et ensuite chez l’adulte.

C’est en tenant compte de tous les faits dans l’ordre de

progression, que nous venons d’établir, que nous étudions dans un premier chapitre {'absence congénitale de la

Nous faisons voir qu'elle se traduit par des symptômes toujours identiques : défautd’accroissement, nanisme, aspect du crétinisme sporadique, difficulté à se mouvoir, troubles trophiques de la peau, état myxœdémateux. A l’appui de ces faits nous citons des observations inédites.

Dans un second chapitre nous étudions les effets des altérations pathologiques du corps thyroïde, pendant [enfance, cette étude nous mène à montrer les rapports du crétinisme avec l’insuffisance des fonctions thyroïdiennes. Et nous arrivons à conclure que celle-ci se traduit chez l’enfant par ces trois ordres de symptômes, que nous retrouverons toujours au même âge toutes les fois que les fonctions du corps thyroïde aurons été compromises : t” arrêt de développement ; 2“ désordres dans le fonctionnement du système nerveux de la vie de relation, troubles intellectuels, troubles de la sensibilité et de la motilité; 3° troubles trophiques des divers tissus, aboutissant à l’état que l’on désigne sous le nom de myxœdème.

Chez l'adulte l’altération pathologique du corps thyroïde, si elle détermine de l’insuffisance thyroïdienne n’agira plus sur la taille, dont le développement est terminé, mais pourra donner des troubles intellectuels moins accusés que chez l’enfant, se traduisant surtout par une paresse cérébrale, et une lenteur d’intelligence, et se manifestera surtout par des troubles trophiques, de l’état myxœdémateux. Si chez l'enfant l’étude des altérations des glandes thyroïdes nous avait amené à étudier le crétinisme, chez l’adulte cette même étude nous conduit à étudier le myxœdème, et en particulier

montrons les rapports

le myxœdème spontané, dont nous avec l’insuffisance thyroïdienne.

Dans un troisième chapitre nous examinons les résultats de la thyrdtdectomie partielle ou totale chez l’enfant, et chez

Les interventions sur le corps thyroïde donnent lieu à des troubles immédiats, de plus ou moins longue durée, et des troubles consécutifs. Un certain nombre de troubles immédiats sont déjà bien connus des chirurgiens; ce senties mouvements choréiformes, la tétanie, qui se montrent dans les premiers jours qui suivent l’opération. Mais nous attirons l’attention sur un phénomène constant, très intéressant pour le physiologiste', et qui bien qu’on le retrouve dans toutes les opérations thyroïdiennes, n’avait pas encore été signalé. Il s’agit d’une agitation toute spéciale, qu’on ne voit à la suite d’aucune autre opération, et que présente tout malade, dont on a par l’acte opératoire excité la glande thyroïdienne sans l’enlever. Cette agitation se traduit par le besoin de se remuer, de repousser ses draps, et se calme par le bromure et la valériane.

Nous passons ensuite en reçue ks troubles consécutifs, qui surviennent à la suite de Vablation totale de la glande thyroïde.

Chez l’adulte les symptômes du myxœdème opératoire, pareils à ceux du myxœdème spontané, nous frappent comme résultant de la suppression de la fonction thyroïdienne.

Chez l’enfant nous trouvons, de plus, l’arrêt de développement, l’amoindrissement des facultés intellectuelles, un état de crétinisme acquis, le myxœdème, les troubles trophiques succédant aux ablations de la glande, et rappelant les mêmes lésions que nous avions notées précédemment dans les lésions pathologiques du corps thyroïde pendant l’en-

fance. Nous citons à l’appui de ces faits des observations inédites très concluantes.

Dans un quatrième chapitre, nous étudions les résultats de la médication thyroidienm, et nous montrons que celle-ci, en cas de my.vœdème dû aux lésions ou à l’ablation du corps thyroïde, l’améliore momentanément, pendant le temps seulement où le traitement est suivi.

Ainsi que l’ont montré Ballet et Enriquez, l’ingestion des corps thyroïdes de mouton produit des accidents multiples (tachycardie, amaigrissement, perte d’appétit, vomissements, diarrhée). Mais la tachycardie nous frappe, car nous faisons remarquer que c’est un des symptômes du goitre exophtalmique, affection dans laquelle il semble y avoir une congestion active de la glande, et une sorte d’hypersécrétion.

Après l’analyse des faits chez l’homme nous passons aux expériences, et nous montrons que toutes les expériences que nous avons répétées concordent avec les faits cliniques.

Nous retrouvons après nos opérations sur les animaux les mêmes troubles tardifs, les mêmes troubles primitifs.

En choisissant pour nos interventions tantôt des animaux adultes, tantôt des animaux jeunes — nous obtenons chez les jeunes animaux comme chez les enfants l'arrêt de développement, le crétinisme — chez les animaux adultes, le myxœdème, les troubles trophiques, les troubles cérébraux. Plusieurs de nos expériences sous ce rapport sont très démonstratives, ainsi qu’on peut le voir sur les dessins que nous publions ci-dessous.

Nous montrons enfin dans une

rie d’expériences que si

on débute par scléroser le corps thyroïde avec des injections de chlorure de zinc, les résultats sont modifiés par cette altération préalable du corps thyroïde. Tandis qu’en effet si on enlève des glandes saines, on peut voir mourir les animaux rapidement d’accidents aigus consécutifs, si on a sclérosé les glandes, on observe plutôt la survie des animaux, et le développement des phénomènes tardifs-consécutifs, myxœdème-troubles trophiques. Or, lè, l’expérimentation confirme ce qu’on voit en clinique. L’ablation d’un corps thyroïde très altéré comme il l’est dans le goitre endémique est moins dangereuse que colle d’un corps thyroïde peu altéré, simplement vasculaire, comme dans le goitre exophtalmique.

Nous avons étudié enfin les glandes parathyroïdiennes. Répétant les expériences de Gley sur le lapin nous avons enlevé tantôt les glandules parathyroïdiennes seules, tantôt le corps thyroïde seul. Dans ces conditions nous n’avons jamais rien observé d’anormal; et si Hofmeister, von Eiselsberg Moussu, ont observé sur de jeunes animaux l’arrêt de développement, et le myxœdème, en enlevant le corps thyroïde, et en laissant les glandules, les mêmes expériences faites par nous et répétées souvent, ont été négatives; aucun trouble trophique ne s’est produit.

Sur le chat, le chien, nous avons répété également les expériences de Vassale et Generali, de Gley, de Moussu, et avons fait l’ablation seule des glandules parathyroïdiennes, nos résultats, tantôt ont paru concorder avec les leurs, tantôt ont été très dissemblables. Mais de ces expériences est résultée pour nous cette conviction, qu’étant donnée la multiplicité des organes glandulaires contenus dans chaque lobe du corps thyroïde (deux parathyroïdes et deux corpus-

cules thymiques chez le chai) il est difficile de savoir si ou a bien extirpé les parathyroïdes, et rien que les parathyroïdes. Celle extirpation ne peut se faire sans produire un traumatisme considérable du corps thyroïde, et n’étant pas "ans influence pour le fonctionnement de la glande, il est très difficile à l’heure actuelle, de pouvoir se prononcer sur les rapports fonctionnels qui existent entre les glandes thyroïdes et les glandules parathyroïdiennes.

De cette longue étude, dont nous avons résumé aussi brièvement que possible les chapitres, nous arrivons à poser les conclusions suivantes. La théorie, que beaucoup défendent, à l’heure actuelle, et qui regarde le corps thyroïde comme devant détruire des toxines, et qui met les accidents consécutifs à l’ablation de cet organe, sur le compte d’une intoxication, ne répond pas aux faits cliniques et expérimentaux. Les troubles qui constituent le myxœdème et le crétinisme ne ressemblent en rien à des accidents d’intoxication, tout au moins à ceux que nous connaissons. Ils ne rendent pas compte de ces phénomènes primitifs d’agitation qui succèdent à toute intervention même partielle sur le corps thyroïde; et n’expliquent pas l’action de la médication thyroïdienne.

11 nous paraît plus plausible d’admettre que le corps thyroïde, comme toutes les glandes que nous connaissons, élabore une substance nécessaire à la nutrition et au bon fonctionnement du système nerveux, qui tient sous sa dépendance les fonctions intellectuelles, et les phénomènes de nutrition et d’accroissement.

Qu’on supprime le corps thyroïde, le système nerveux ne recevant plus celte substance, ne fonctionne plus normalement, il tombe en léthargie, pour se réveiller si par un

moyen artificiel (médication thyroïdienne) on lui donne l’excitant qui lui est nécessaire.

Si par une intervention partielle, si par une congestion de l’organe (goitre exophtalmique), le corps thyroïde est irrité, il se produit une hypersécrétion de cette substance, et le cerveau en recevant trop il se produit ces phénomènes d’excitations qu’on observe dans les conditions dont nous venons de parler, et qui ne se comprennent pas avec la théorie de la glande thyroïde antitoxique.

La théorie du corps thyroïde sécrétant une substance récrémentitielle utile à l’organisme cadre plus avec les faits connus de physiologie, que celle du corps thyroïde antitoxique.

17. — Note sur les lymphatiques de l’utérus. {Semaine Gynécologique, 1897.)

La présence autour du col utérin de ganglions contenus dans le ligament large, auxquels se rendraient les lymphatiques du col, a été admise par M. LucasÆhampionnière, qui les décrit dans sa thèse; mais cette opinion a été contestée par un certain nombre d’anatomistes, et d’après M. Poirier on ne trouverait dans le ligament large que des troncs lymphatiques qui se rendent aux ganglions situés au niveau de la bifurcation de l’iliaque interne, ou dans le bord externe du ligament large. Or, dans le cours des opérations d’hystérectomie vaginale pour cancer, j’ai constaté deux fois des ganglions le long de l’artère utérine, à un travers de doigt du col. La présence de ces ganglions est donc démontrée par les faits pathologiques.

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