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SUTURES NERVEUSES

18. — Contribution à i’étude des sutures nerveuses. {Société de Chirurgie, 1901.)

La question encore si controversée des sutures nerveuses m’a toujours préoccupé. Ayant eu par le hasard de la clinique souvent à intervenir, et dans des conditions très différentes, pour des sections de nerf, j’ai cherché à contrôler f)ar une expérimentation, que j’ai prolongée, les résultats de la clinique. C’est le résumé de ces recherches que j’ai exposé dans une communication faite à la Société de Chirurgie, 1901, et dans le cours de la discussion que celte communication souleva. J’ai pu également faire quelque temps après développer, dans sa thèse inaugurale 1901, les idées personnelles que j’ai sur cette question, par un de mes élèves, M. le D' Boulommicr, qui m’avait servi d’aide dans mes expériences.

Deux sutures de nerf sciatique poplité externe, faites dans mon service, l’une par moi, l’autre, sous mes yeux, par le D'' Ischwall mon assistant, et faites immédiatement après la section, ayant été suivies d’un retour rapide de la motilité et de la sensibilité, m’ont fait défendre cette idée que les sutures nerveuses pouvaient dans quelques cas empêcher la dégénérescence nerveuse, et être suivies d’une réunion immédiate. Toutefois, j'ai bien spécifié ce qu’on devait entendre sous le nom de réunion immédiate. On peut, en effet, admettre que pour la réunion des tissus

nerveux comme pour la réunion de tous les autres tissus, il apparaisse dans les premières heures, entre les fragments, une légère couche de tissu embryonnaire, et qu’il n’y ait pas une réunion immédiate dans le sens absolu du mot; mais on peut admettre aussi que si cette couche embryonnaire existe elle soit réduite au minimum, disparaisse rapidement, ayant aidé à la fusion des éléments des deux bouts sectionnés, avant que la dégénérescence n’ait commencé dans le bout inférieur. C’est tout au moins ce qu’histologiquement Wôlberg affirme.

En faveur de cette réunion rapide des nerfs sectionnés sont les expériences de Glück, et les observations. En effet, j’ai pu réunir un certain nombre d’observations où le rétablissement de la motilité et de la sensibilité survenant en quelques heures plaide en faveur de cette réunion, si ce n’est immédiale, tout au moins rapide.

J’ai essayé par des expériences, que je continue encore, à démontrer cette réunion rapide sur les animaux. Malheureusement, moins heureux que Glück, je n’ai pu réussir ce que j’avais réussi sur l’homme. Je ne crois pas toutefois que l’on doive arguer de ces faits négatifs contre la possibilité d’une réunion immédiate, car j’ai pu me convaincre qu’ à cause de la difficulté qu’on éprouve pour obtenir l’immobilisation, la petitesse plus grande des cordtms nerveux, la réussite de la confrontation exacte est plus difficile chez les animaux que chez l’homme.

J’ai enfin, dans ce travail, apporté des observations de réunion secondaire, où la motilité ne revenant qu’au bout d’une année, je montre avec quelle patience on doit continuer massage et électrisation après la suture d’un nerf, laissant au bout périphérique le temps de se régénérer.

d9. — Présentation d'jin malade auquel j’avais fait la suture du nerf médian et ilii nerf cubital, et chez qui la restauration des fonctions s est faite six mois après. (Société de Chirurgie, 1901.)

La présentation de ce malade offre un grand intérêt pour montrer le temps nécessaire pour qu’en cas de suture nerveuse les fonctions puissent se rétablir, et que la restauration nerveuse s’accomplisse sur l’homme.

20. — Contribution à l’étude des réunions nerveuses : Étude sur quelques cas qualifiés de paradoxaux, do retour très rapide de la sensibilité et de la motricité après la suture nerveuse. (M. Boulommier, thèse, 190t.)

J’ai fait exposer par un de mes élèves dans sa thèse, pour laquelle j’avais fourni tous les documents, et mes observations personnelles, les idées que m’avaient suggérées sur les réunions nerveuses mes opérations sur l’homme et mes expériences sur les animaux. On trouvera dans cette thèse le résumé de ces expériences. — Après avoir fait l’historique complet de la question et rappelé les dernières expériences de Glück, de Wolberg, de Bakowiecki, Boulommier étudie les réunions, qu’on appelle immédiates, c’est-à-dire les faits où, à la suite d’une section de nerfs, la sensibilité, ou la sensibilité et la motilité se rétablissent si rapidement, qu’on arrive à supposer une réunion immédiate. Or, il discute consciencieusement les faits sur lesquels on s’appuie pour nier ces réunions rapides, et d’autre part ceux qui semblent permettre

de ne pas les rejeter d’une façon absolue. Le détail do nos expériences qu’on trouvera dans cette thèse montrera toutes les difficultés qu’on éprouve sur les animaux à obtenir, non pas la cicatrisation des deux bouts du nerf, mais l'adaptation parfaite des deux extrémités sectionnées, pour éviter la réunion cicatricielle avec interposition d’une bande fibreuse et obtenir ce qu’on semble obtenir sur l’homme, où pour quelques gros nerfs cette adaptation parfaite nécessaire est plus facile à réaliser.

2t. — Uretéro-anastomose et cholédoco-anastomose. Un collaboration avec le D' Padlesco. (Société de Ohii'u,rgie, juillet 1897 et 1898.)

Avec le D' Paulesco dans le laboratoire de M. Dastre, nous avons recherché quel était le meilleur mode de suture à employer pour réunir les deux bouts, et obtenir la cicatrisation d’un canal coupé en travers. Nous avons réussi ainsi, sur trois chiens, la réunion des deux bouts d’un canal cholédoque, et d’un uretère sectionné transversalement en faisant une suture muqueuse contre muqueuse, par le procédé suivant qui nous est personnel.

Avec une aiguille de Reverdin, très fine, nous passons de la façon suivante une série d’anses. L’aiguille traversant la paroi du bout supérieur à quelques millimètres de la section, ressort par l’orifice de section puis pénètre dans la lumière du bout inférieur, traverse sa paroi de dedans en dehors, et se charge d’une anse de fil. — Ce fil n’étant pas coupé, et la bobine se déroulant h mesure, la même manoeuvre est faite un peu plus loin; on arrive ainsi à

passer une série de boucles de fil : dans le même Irou existent donc deux fils. Quand on passe des fils tout autour de là circonférence des bouts sectionnés, on coupe les boucles qui sont sur le bout supérieur, de manière à séparer à ce niveau les fils ; en tirant sur les fils 4 et c et

en les nouant deux par deux, après les avoir entre-croisés avec les fils a et d, on les réunit par un nœud ; on continue ainsi jusqu’au dernier fil, celui-ci restant libre est réuni au premier par un nœud sur le bout inférieur; on ferme ainsi \'u qui doit se trouver sur le bout, et sur le bout inférieur on réunit encore par un nœud les deux fils. Toute

la circonférence des deux extrémités sectionnées se trouve donc réunie par une série de^flls qui forment une suture continue, ne laissant aucun espace libre. Les muqueuses sont juxtaposées l’une contre l’autre.

Nous avons présenté à la Société de Chirurgie plusieurs mois après trois chiens qui avaient eu, avec succès, l’un le canal cholédoque, les deux autres l’uretère, réséqués et suturés.

Ces expériences sont intéressantes pour les physiologistes qui peuvent avoir dans leurs expériences à utiliser ces sutures de canaux.

22. — De la saccharine : Physiologie et thérapeutique. (Société do Médecine et Chirurgie pratique, 1888.)

En 1888 un de mes élèves, M. Mercier, a publié une étude sur les propriétés physiologiques et thérapeutiques de la saccharine, que j’avais utilisée dans mon service dans un but thérapeutique. Cette étude est basée sur des expériences, auxquelles j’avais présidé, et des observations recueillies dans mon service de l’hôpital Broussais. Dans cette étude nous montrions que la saccharine était un antiseptique et un antiputrescible, qui à doses assez élevées pouvait être donné sans inconvénient.

Un bouillon contenant 3 grammes de saccharine p. 100 ne se putréfie pas, et on peut le conserver des années bien qu’on l’ait ensemencé avec deux gouttes de bouillon putréfié.

On empêche la décomposition ammoniacale de 1 urine avec une dose de saccharine de 0,30 p. 100.

Des expériences in vilro nous ont montré que la saccharine n’arrête pas la peptonisation et ne faisait que la retarder un peu. Nous avons, sur les animaux, expérimenté celte saccharine. Nous avons fait vivre des poissons dans de l’eau saccharinée (à 0,5 pour un litre) sans qu’ils paraissent en souffrir. Nous avons ajouté à la nourriture de chiens, de cobayes, des doses élevées de saccharine et nous les avons vus augmenter de poids.

C’est alors que nous nous sommes décidés à en donner à nos malades; et frappés de ce fait que la saccharine s’élimine entièrement par les urines sans avoir subi aucune modification, de plus, pouvant utiliser sa propriété antiseptique, nous avons fait prendre à des malades atteints de pyélonéphrites, de cystites purulentes, de la saccharine à. la dose de 4 à 5 grammes par jour. Tous nos malades ont très bien supporté cette médication, et chez quelques malades nous avons obtenu souvent comme avec l’acide benzoïque un retour de l’acidité de l’urine, et dans quelques cas de catarrhes vésicaux un éclaircissement de l’urine. — L’analyse de nos observations nous a permis de conclure que la saccharine peut prendre rang dans la thérapeutique urinaire k côté de l’acide benzoïque et de l’acide salicylique.

Cette thérapeutique a été adoptée surtout en Allemagne et en Italie.

23. — Essai sur la saccharine considérée comme antiseptique et antifermenlescible. (M. Noël, thèse, 188!).)

Ayant continué à utiliser la saccharine dans le traitement des urinaires, j’ai dernièrement fait rassembler toutes mes

observations par un de mes élèves qui en a fait le sujet de sa thèse inaugurale, et a donné une étude d’ensemble des propriétés de la saccharine.

24. — Anatomie du système osseux, servant de préface à un long mémoire sur les périostites et périostomyéliles et les ostéomyélites liées à la diathèse rhumatismale. (Mémoire paru dans les Archives générales de Médecine, 188S, en collabor^lion avec le D' 11. Legekdbe.)

Nous avons, en 1883, fait paraître un travail en collaboration avec le D' Henri Legendre sur l’étiologie de certaines lésions osseuses, que l’on devait, d’après nous, rattacher à la diathèse rhumatismale, telle qu’on la comprenait à cette époque.

Dans un premier chapitre, nous avons cru devoir exposer tout au long l’anatomie et le développement du système osseux, tels que nous l’avaient fait connaître les recherches de MM. Çornil et Ranvier, et de Gegenbaur.

Nous montrons comment cette théorie, aujourd’hui universellement acceptée, alors encore discutée, pouvait, pour la compréhension des faits pathologiques, rendre plus de service que la théorie des blastèmes défendue par M. Robin.

Je me faisais le défenseur de cette théorie de Rlainville, affirmée par Reichert, et les recherches récentes de Ranvier, que le tissu osseux doit être regardé comme un tissu cellulaire, ayant une évolution et une pathologie assimilables à celles de tout tissu de cette nature.

J’étudiais donc les cellules osseuses, montrais leur genèse

de la moelle, et je les suivais dans leur développement el leur transformation, depuis le moment où de cellules embryonnaires elles devenaient ostéoblastes (Gegenbaur) futures cellules osseuses, s’entourant d’une substance amorphe, s’infdtrant de sels calcaires, jusqu’à celui où, s’atrophiant, elles se trouvaient dans les ostéoplastes, cavités limitées par la substance osseuse.

Je faisais voir l’importante de la moelle chez l’enfant, oi) suivant l’expression de Ranvier l’os baigne dans la moelle, et je montrais que chez l’adulte par contre on ne retrouve quelques éléments médullaires, en dehors du canal médullaire, que sous le périoste et dans les canaux d’Havers.

Cette physiologie du système osseux faisait comprendre les faits pathologiques et la différence de leur évolution chei l’enfant et chez l’adulte.

Dans un second chapitre, nous étudions les manifestations aiguës du rhumatisme, montrant que son action donnait surtout lieu à des périostites, suivies dans quelques cas d'hyperostoses, liées à l’irritation des cellules osseuses sous-périostées. Un certain nombre d’observations recueillies par nous en grande partie venaient à l’appui.

Toutefois, nous faisions remarquer que dans quelques cas les lésions avaient été plus profondes, et qu’on avait eu è signaler des ostéomyélites rhumatismales de la diaphyse où le traitement par le salicylate avait été suivi de succès. Dans un troisième chapitre nous passions en revue les lésions du rhumatisme chronique suivant qu’il se portail sur les extrémités osseuses, ou dans quelques cas excep-

— Recherches radiographiques sur la topographie crânienne et cranio-céréhrale. (Mémoire .lu, avec photographies présentées à l’Académie de Médecine, en 1897, en collaboration avec le D' Gloveh, paru dans le Jottrnal des Praticiens,

Ces recherches, faites avec l’aide de M. Contremoulin, ont montré qu’on pouvait utiliser la radiographie pour fixer d’une manière plus parfaite que par le procédé des fiches, la topographie cranio-cérébrale. Grâce à certaines précautions, hémisection de la tête, ablation des circonvolutions de la face interne, temps de pose prolongé, on peut voir, à travers les parois crâniennes, se dessiner les circonvolutions cérébrales.

On fixe facilement ainsi les rapports des différentes sutures osseuses avec les scissures de l’écorce cérébrale.

En même temps nous avons, par la radiographie, fixé les rapports de certains vaisseaux, de certaines cavités de la face et du crâne, qui intéressent pour ses interventions tout particulièrement le chirurgien (sinus frontaux, cellules mastoïdiennes, sinus veineux crânien, particulièrement le sinus latéral).

26. — Étude radiographique du crâne et de l’encéphale. (P. Bey- KIER et Glover, in Travaux de Neurologie, 1898.)

Nous avons complété notre communication à l’Académie de Médecine, en donnant dans cette étude le détail de nos recherches sur ce que pouvait donner la radiographie du crâne, appliquée à la précision de la topographie cérébrale.

27. — Anatomie chirurgicale de l’oreille. En collaboration avec le D' Glovek. SoMS/imse.

Nous avons confié à M. Maloine l’édition d’un livre où nous étudions l’anatomie chirurgicale de l’oreille. C’est un livre de recherches toutes personnelles. Nos descriptions sont faites d’après de nombreuses préparations et des coupes exécutées toutes par nous, dessinées par l’un de nous. Nous arrivons ainsi grâce à des coupes étagées à montrer les différents rapports, suivant la profondeur, qui existent entre les nombreux organes contenus dans le rocher, et à bien établir la forme des différentes cavités qui y sont creusées.

Le plan de l’ouvrage est ainsi conçu. Dans un premier chapitre nous étudions Vappareil lymphatique de l’oreille et des organes annexes.

Nous sommes arrivés à injecter les vaisseaux lymphatiques du pavillon de la trompe d’Eustache, et à les suivre jusqu’à la première portion du conduit. Or, nous montrons par ces injections que les vaisseaux lymphatiques de la trompe communiquent avec ceux du voile du palais, ce qui explique les salpingites faciles à la suite des inflammations du rhinopharynx.

2” Dans un second chapitre, nous décrivons le système cellulo-pétreux pétro-mastoïdien, étudiant le développement, l’évolution du système cellulaire pétro-mastoïdien chez le nouveau-né et l’enfant, puis ensuite l’anatomie topographique du système pétreux et mastoïdien de l’adulte.

3° Atlique et caisse du tympan : nous montrons les différents ligaments, les replis et les culs-de-sac qui se trouvent

dans cette cavité, et nous en déduisons des considérations importantes au point de.vue de la pathologie et de la thérapeutique.

4° Nous montrons ensuite les connexions avec l’appareil auditif de perception, oreille interne, labyrinthe, vestibule, canaux demi-circulaires, limaçon.

5" Les connexions avec les cellules mastoïdiennes et le canal de Vaditus ad anirum, que nous ouvrons aujourd’hui dans le traitement des suppurations de l’oreille, sont minutieusement décrites, ainsi que ses rapports avec les organes voisins, canal demi-circulaire et nerf facial, précisés avec

28. — Série de pièces sèches sur les aponévroses du cou. (Collection de l’Écolo do Médecine.)

Dans ces pièces qui se trouvent dans la Collection de l’École de Médecine, nous avons montré les différents plans aponévrotiques, et leurs rapports avec les plans muscu-

29. — Série de pièces sèches sur ie canai thoracique et ses affluents, ((.oiiection ae Ifccoio de Médecine.)

Nous avons fait toute une série de pièces sur les origines, les canaux affluents, et le tronc du canal thoracique dont nous montrons les rapports.

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