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PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE ET CLINIQUE EXPÉRIMENTALE

30. — Du bruit du moulin. Recherches cliniques expérimentales.

(Thèse de doctorat, 1880.)

Dans celte thèse faite sous l’inspiration du professeur Tillaux j’ai le premier attiré l’attention sur les lésions de la cavité virtuelle, qui se trouve comprise entre les plèvres, la paroi thoracique et le péricarde (cavité pneumo-péricardique). Cette cavité à l’état normal est remplie par du tissu cellulaire lâche, dans lequel les épanchements d'air et de sang se produisent très facilement à la suite des fractures de côte et des lésions traumatiques ou pathologiques des poumons.

Les épanchements hémo-aériques donnent lieu à des bruits d’auscultation particuliers, de résonance métallique due à la propagation des bruits du coeur, à travers cette couche hydro-aérique.

Un de ces bruits avait été désigné par Morel-Lavallée sous le nom de bruit de moulin, comme un des signes pathognomon iques des lésions du péricarde. J’ai démontré par des faits cliniques et par de nombreuses expériences sur les

animaux que ce bruit avait une signification tout autre, dans un certain nombre de cas, et était le signe d’une lésion bien plus bénigne, dont je donnais d’ailleurs les autres caractères, et pouvait exister sans lésions du péricarde.

31. — Des Ptoses de l’adolescence et de la vieillesse. {Journal de médecine interne 1898.)

En 1898, j’ai fait toute une série de leçons pour démontrer que certains troubles de l’adolescence et de la vieillesse se rattachent les uns aux autres par un lien, que la clinique et la physiologie nous font connaître. C’est la préface de oes leçons que j’ai fait paraître dans le Journal de Médecine interne en 1898, préface qui donne la raison physiologique de tous ces troubles.

Je montre, en effet, que nos organes, nos os ne sont maintenus en place que par l'action du système musculaire environnant. Cette action se manifeste grâce aux deux lois physiologiques !

r Le muscle grâce au tonus joue le rôle de ligament actif.

Ce tonus est sous la dépendance du système nerveux.

2” Tout muscle se contractant, le muscle d’action opposée se contracte pour limiter, graduer l’effort qu’on veut faire.

C’est la loi de synergie musculaire, qui est également sous la dépendance du système nerveux, où se trouvent des centres présidant à cette coordination.

Que le système nerveux, soit par trouble congénital, soit par trouble acquis, fonctionne irrégulièrement, tonus et synergie, musculaire sont troublés. Les muscles ne main-

tenant plus les os ou les organes par une pression égale sur tous les points, et sur certains points se relâchant, l’os ou l’organe se déplace. Ainsi peuvent se comprendre les ptoses de l’adolescence, scoliose, tarsalgie (liées à des troubles nerveux que je signale) ; les ptoses de l’âge adulte, prolapsus utérin, rein mobile, dilatation de l’estomac, prolapsus rectal, varices (tonus insuffisant des muscles légers); les ptoses de la vieillesse, chute prononcée de l’utérus, hernies, scoliose s’accentuant.

Les facteurs de ces troubles nerveux sont :

Pour l'enfance : l’hérédité, la vieillesse des parents, les maladies infectieuses.

Pour radolescence : l’hystérie, les maladies infectieuses.

Pour ïâge adulte : les fatigues, la grossesse chez la femme, la mauvaise nutrition.

Pour la vieillesse, les lésions séniles des muscles et du système nerveux.

32. — Traitement des tumeurs malignes par le sérum anticeliulaire du D'Vlaeff. (Société de Chirurgie, 1901.)

A propos d’un rapport, que j’avais été chargé de faire sur le traitement des fumeurs malignes par le sérum d’animaux immunisés contre l’action des ferments, j’ai longuement étudié les théories microbiennes du cancer, donnant tout ce qui militait en faveur de l’origine infectieuse de cette affection qui me parait de plus en plus probable.

Après avoir rappelé les observations de plus en plus nombreuses, où la contagion du cancer semble devoir être admise, je montre que si on relève les antécédents des

cancéreux, on ne peut ne pas être frappé des grandes analogies qui existent entre le cancer et certaines infections mieux connues comme la tuberculose, qui nécessitent, pour s’installer, une infection antérieure, qui aitpréparé le terrain. Or pour le cancer, la syphilis semble jouer ce rôle d’infection préparatoire. Mes statistiques confirmées par celles de M. Gaucher démontrent le fait d’une façon évidente, tout au moins pour le cancer débutant avant cinquante ans.

33. — De la luxation sus-épineuse de l’extrémité externe de la clavicule. (Mémoire paru dans la France Médicale, 1877.)

Dans ce mémoire me fondant sur des faits cliniques et des expériences sur le cadavre, j’ai démontré la possibilité d’une variété de luxation de l’extrémité exférne de la clavicule en arrière dans la fosse sus-épineuse, variété dont la pathogénie serait la suivante : elle se produirait dans les chutes où la partie postérieure du moignon de l’épaule vient porter contre le sol. Pour qu’elle se produise il faudrait la rupture complète des deux ligaments trapézoïde et conoïde. Je terminais enfin en signalant l’irréductibilité constatée dans les trois observations, qui étaient le point de départ de mon mémoire.

34. — Luxation sus-épineuse de l’extrémité interne de la clavicule : son traitement. (Société de Chirurgie, 2 février 1898.)

En 1898, il m’a été donné de vérifier anatomiquement ce ue j’avais, en 1877, décrit cliniquement et d’après l’expé-

nmentation. Ayant en effet constaté sur un malade une luxation de l’extrémité externe de la clavicule, que je ne pouvais réduire, Je l’opérai. L’extrémité externe de la clavicule sous le trapèze était dans la fosse sus-épineuse; un faisceau musculaire déchiré interposé entre les surfaces osseuses empêchait la réduction. Les deux ligaments trapézoïde et conoïde étaient complètement rompus. Ayant remis l’os en place, je le maintins dans sa bonne position en passant un fil d’argent, d’une part dans l’extrémité externe de la clavicule, d’autre part dans l’acromion.

■Sb. — Synovite à grains riziformes. {Société de Chirurgie, 1888.)

En même temps que M. Tezillon je montrais par l’expérimentation sur les animaux, que la synovite à grains riziformes était de nature tuberculeuse; et j’ai insisté sur ce fait que dans le cas particulier, le plus souvent les examens microscopiques et les cultures étaient négatifs, et que la démonstration de la nature tuberculeuse de l’affection se faisait surtout par l’inoculation sur les animaux. A l’appui je présentais des animaux chez lesquels par l’inoculation de CCS grains riziformes j’avais pu développer des lésions tuberculeuses.

36.' — Modification de la température à la suite d’hémorrhagies internes intra-séreuses. (Société do Chirurgie, 4 décembre 1895.)

Ayant déjà insisté au Congrès de Chirurgie de 1895 sur les élévations de température, qui suivent les hémorrhagies

intra-péritonéales sans que, cependant, l’examen bactériologique m’eut démontré la septicité dé ces épanchements, et profitant d’une discussion qui s’était élevée à ce sujet, je viens affirmer, avec des observations où l’examen bactériologique avait été fait, la possibilité de la fièvre, dans les cas où il se produit une hémorragie dans une séreuse, sans que pour cela on soit en droit de conclure à la septicité de cet épanchement. Cette élévation de la température tient à la réaction de la séreuse contre le sang, corps étranger, et au travail qui en résulte pour l’enkystement, et la résorption de celui-ci. MM. Quénu et Tuffier en même temps que moi soutenaient les mêmes idées. Cette discussion a été le point de départ d’un travail très important de M. le D' Pillon qui a étudié au point de vue expérimental, la fièvre traumatique aseptique (1897). ,

37. — Influence du système nerveux dans la pathOQénie des gangrènes. (Congrès de Chirurgie, 1892.)

Dans ce travail j’ai essayé de faire prévaloir cette idée, nouvelle à cette époque, et qui tend de plus en plus à être acceptée, que pour que la gangrène se produise dans un tissu, sous l’influence de l’infection ou d’un traumatisme léger, il faut que le terrain soit préparé par des troubles de nutrition. La cause première de ces troubles de nutrition, qiii prédisposent les tissus à la gangrène, se trouve dans les lésions primitives du système nerveux, dont l’influence trophique sur les tissus se trouve confirmée surabondamment par les faits pathologiques.

38. — Pathogénie et nature de l’angine de Ludwig. {Société dé Chirurgie, 1893.)

Ce sont les mêmes idées que nous avons défendues k la’ Société de chirurgie, en 1893, quand on discutait sur la nature de ce phlegmon sus-hyo’idien gangréneux qu’on appelle angine de Lud-wig, et que nous avons montré, par des observations personnelles, ne se développant que chez; des sujets dont la nutrition est atteinte, et dont le système nerveux est touché (diabétiques, alcooliques surmenés).

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