CONTRIBUTIONS A LA PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DU DIABÈTE
Frappé de voir combien différemment des autres malades réagit le diabétique aux interventions chirurgicales, j’en ai cherché la raison, et ai été ainsi amené à étudier la physiologie pathologique du diabétique. J’ai consigné le résultat de ces recherches dans plusieurs mémoires et thèses de mes élèves.
39. — De l’importance du réflexe patellaire dans le diabète. {Société de Chirurgie, 1888.)
Dans un travail dont les conclusions n’ont pas encore été démenties, j’ai montré la valeur au point de vue du pronos-
lie du réflexe patellaire dans le diabète. La présence de ce réflexe indique que la nutrition du diabétique n’est pas très touchée, et qu’il peut subir des opérations chirurgicales. Sa disparition pouvant coïncider avec la disparition du sucre est l’indice d’un état grave, qui contre-indique toute opération.
Depuis, toutes les observations que j’ai recueillies sont venues confirmer cette manière de voir; et je pouvais, avec encore plus de conviction affirmer le fait dans une nouvelle communication à la Société de Chirurgie en 190).
40. — Des accidents chirurgicaux chez les diabétiques. (Société de Médecine et Chirurgie pratique, 1894.)
L’étude des troubles de nutrition, que présentent les diabétiques, m’a conduit à les étudier au point de vue chirurgical; j’ai montré qu’il y avait lieu de tenir grand compte des origines du diabète, des troubles de nutrition qui avaient pu se produire pour dicter la conduite du chirurgien. Les diabétiques arthritiques sont ceux qui supportent le mieux les opérations, tant que leur système nerveux n’est pas touché. Il y a toutefois lieu de tenir compte de l’infection très facile de ces malades; ce qui oblige à une asepsie très rigoureuse.
41. — Des interventions dans ies gangrènes diabétiques. (Société de Chirurgie, 1900.)
A propos d’une communication de MM. Démons et Bégouin, j’ai repris la parole à la Société, de Chirurgie
pour parler des gangrènes des diabétiques. J’ai spécifié qu’on se trouve ici en présence tantôt d’une gangrène athéromateuse par oblitération des vaisseaux, tantôt d’une gangrène trophique. Le pronostic de ces gangrènes est différent.
Dans la gangrène athéromateuse, on peut faire des amputations qui ont chance de réussir, tandis que dans la gangrène trophique, ce pronostic est particulièrement grave; dans ce dernier cas, l’on se trouve en présence d’un malade dont le système nerveux, en imminence de faire faillite, celui-ci ne préside plus à la nutrition des tissus, qui se gangrènent. Toute intervention risque fort, en pareille circonstance, d’être suivie d’un insuccès.
42. — Pronostic et traitement chirurgical des diabétiques. (Janin, thèse 1901.)
J’ai fait connaître dans une thèse écrite sous mon inspiration par un de mes élèves, le D’' Janin, mes idées personnelles sur le pronostic et le traitement chirurgical des diabétiques.
Au point de vue du pronostic, par de nouvelles observar tiens, j’ai fait démontrer l’importance de la recherche des réflexes chez le diabétique. La présence ou l’absence des réflexes donnant la mesure de la résistance des diabétiques aux actes chirurgicaux. Son absence étant d’un pronostic mauvais interdisant toute opération, à moins d’une .nécessité absolue.
Au point de vue du traitement, on ne doit jamais oublier que le diabétique est un trophique, dont le système nerveux
est en imminence de faire faillite, et dont la nutrition périclite. Aussi doit-on se garder de tous les pansements irritants; et le mieux est d’avoir recours à l’asepsie, et ne pas faire Usage des solutions antiseptiques tels que le sublimé, l’acide phénique, l’iodoforme, que les tissus des diabétiques souvent ne supportent pas. Ils ont en effet des névrites périphériques, qui les disposent aux eczémas et érythèmes médicamenteux.
On peut opérer un diabétique, surtout quand on a affaire à un artério-scléreux;' mais il faut savoir que toute infection devient grave chez eux, et il faut redoubler pour ces malades de précautions aseptiques. Les observations que j’ai données à M. Janin, démontrent ces faits.