LA MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE ÉPIDÉMIQUE CHEZ LES SOLDATS
78. — La conduite de la sérothérapie de ia méningite oérébro-spinale épidémique. (En collab. avec MM. Jukie des Camiees et Tournier.) Bull, de la Soc. médicale des hôpitaux. 30 juillet 1915.
79. — De ia nécessité de pcursuivre les injecticns de sérum dans certaines formes proiongées et à reprises de méningite cérébro-spinale à méningocoques. (En collab. avec MM. Jurie des Camiers et L. Caussade.) Bull, de la Soc. médicale des hôpitaux, 19 novembre 1915.
80. — Méningite cérébro-spinaie à méningocoques. Forme grave et à évoiution proiongée. Modifications du iiquide céphaio-raohidien et surdité persistante. Rechute au soixante-troisième Jour. Réinjeotions de sérum après une interruption de quarante-trois Jours sans phénomènes d'anaphyiaxie. Mort expliquée par l’extension dos lésions méningées. (En collab. avec M. Peyre.) Bull, de la Soc. médicale des hôpitaux, 7 avril 1916.
81. — Numération des leucocytes et dosage de l’albumine du liquide céphalorachidien au cours des méningites cérébro-spinales à méningocoques. (En collab. avec M. Peyre.) La Presse médicale, 19 octobre 1916.
contagieux de F..., en 1916-1916. (En collab. avec M. Peyre.) Bull, de la Soc.
ie deuxième période (1“^ décembre 1916 à 30 itagieux a hospitalisé 13 méningites cérébi agissait de méningites à paraméninrjocogm
l’endémo-épidémiologie dans toute l’année,
T>e juillet h novembre 1917, il ne s’est produit aucun cas. La maladie a reparu dans le courant de déccnibre 1917 et a persisté jusi/u’à la fin de mai 1918; à cette époque, les événements militaires ont rendu tout contrôle précis impossible (85).
Pendant ces six mois, la méningite a été peu fréquente dans l’ensemble (28 cas) ; mais il y a eu une recrudescence manifeste en février, mars et
Chez les Français, les cas sont survenus, pour la plupart, dans des unités différentes, occupant des localités éloignées. Dans les troupes alliées, italiennes et américaines, ils ont été groupés davantage. Malgré des conditions identiques de cantonnement et de vie militaire, les François ont été moins touchés, proportionnellement aux effectifs.
Dans cette dernière période, la plupart des méningites ont été dues au méningocoque il, qualifié auparavant de parainéningocoque. Sur 16 méningites soignées dans mon service, 13 fois les méningocoques ont été isolés : il s’agissait 9 fois du B, 2 fois du A, 2 fois d’un méningocoque qui n'était pas agglutiné par les sérum A, B ou C. Le méningocoque B a donc été responsable de plus de la moitié des cas.
Des méningites dues à des germes différents provenaient d’un même foyer épidémique. Dans un milieu oit domine un type de méningocoque, on peut rencontrer des méningocoques d'autres types, de même que bacilles typhiques, bacilles paratyphiques A et B peuvent coexister.
Ces méningites ont été graves pour la plupart. Dans mon service, la mortalité globale a été de 56,2 pour 100.
11 est intéressant d’étudier comparativement la gravité de la méningite cérébro-spinale aux différentes périodes. La mortalité globale et la mortalité réduite par élimination des formes foudroyantes, ayant entraîné la mort
reçu 90 centimètres cubes de sérum en trois injections. Le treizième jour, les symptômes méningifiques réapparaissent et entraînent la mort en quarante-huit heures, malgré le sérum. Les méninges cérébrales et
lades d’abord par le sérum polyvalent et, une fois le diagnostic bactériologique précisé, par les sérums monovalents A ou B (84, 85).
Voici les constatations qui ont été faites (85).
Le sérum polyvalent employé seul a été actif dans 2 cas (méningite à méningocoque non agglutinable et méningite à méningocoque indéterminé). Il a été inactif dans 5 autres cas (4 méningites B, I méningite à méningocoque non agglutinable).
Le sérum polyvalent associé au sérum B a été actif dans 2 méningites B sur 4.
SPINALES A MÉNiNGocoQDEs (81). Mcs recherches ont porté sur 10 soldats
Le liquide louche, trouble ou purulent contient, à la première ponction, avant toute injection de sérum, 740 à 26 000 leucocytes par millimètre cube.
La première injection est le plus souvent suivie d’une augmentation du nombre des leucocytes. Ap'ès la deuxième, la diminution commence ; elle est généralement très forte. Après des injections ultérieures, elle s’accentue plus ou moins rapidement.
Le liquide devient clair après 5 à 12 injections, après la quatrième dans la moitié des cas. Deux, trois ou quatre jours après la dernière injection, les liquides clairs contiennent 51 à 460 leucocytes par millimètre cube. Six, huit et vingt et un jours après la dernière injection, on compte 150,32 et 70 leucocytes.
Quand la méningite se prolonge, le nombre des leucocytes peut présenter des oscillations ; il augmente après une injection, diminue après la suivante, sans qu’il soit permis d’établir de relation entre les augmentations et l'introduction du sérum. Finalement, une dernière injection est suivie de l’abaissement du taux leucocytaire.
B. — Rhumatisme et syndrome cebvieo-scutique
J’ai observé (88) des soldais atteints de rhumatisme cervical. La plupart souffraient, en outre, de névralgies sciatiques. L’association des
particulier, le syndrome cervico-sciatique. L’examen du liquide céphalorachidien décelait, dans un certain nombre de cas, de l’hypertension, une quantité anormale d’albumine et parfois des lymphocytes. Assez souvent survenaient des complications cardiaques, qui confirmaient l’intervention du rhumatisme : endocardite, péricardite, dilatation du cœur. Le salicylate de soude ou l’aspirine amenaient rapidement une sédation des pbé-
Le rhumatisme cervico-sciatique a été assez fj'équent chez les.soldats du front : du 15 septembre 1015 au 15 février IfilC, j’en ai soigné 108 cas dans le service des contagieux de Fismes sur un total de 1719 malades; il a représenté 6,28 p. 100 de la morbidité générale (92).
La douleur de la nuque est le symptôme le plus caractéristique. Les mouvements de rotation de la tête sont gênés et douloureux, tandis que la flexion s’exécute sans difficulté. La palpation localise des points douloureux au niveau des apophyses transverses, principalement des articulations allo'ido-axoïdiennes.
Les symptômes de sciatique sont généralement bilatéraux; ils consistent dans les points douloureux classiques et le signe de Laségue.
La pression des globes oculaires est parfois douloureuse.
Dans certains cas, les symptômes peuvent en imposer pour une méningite cérébro-spinale. Plusieurs malades ont été envoyés à l’hûpital comme suspects ou atteints de celte maladie. Les localisations des douleurs cervicales, la gêne des mouvements de rotation de la tête, arrêtés par la douleur, la conservation à peu près complète des mouvements de flexion, l’absence d’une véritable raideur de la nuque et du signe de Kernig, malgré un signe de Lasègue très net, permettent en général le diagnostic. Toutefois l’hésitation peut être permise.
Liquide céphalo-rachidien (88, 90). — La ponction lombaire lève les doutes, car le liquide céphalo-rachidien n’a pas las caractères de celui de la méningite cérébrô.spinale. Il existe cependant des réactions rtténingées.
repofLée vers l'aisselle et plus ou moins abaissée. Le bord droit, correspondant à l’oreillette et au ventricule, est reporté plus ou moins en dehors
L’augmentation de la matité varie d'importance suivant les cas. Elle peut être précoce et exister à l’entrée du malade à l’hôpitâl ou ne se produire qu’au bout de plusieurs jours.
Le second bruit pulmonaire est assez souvent accentué; parfois on entend une ébauche de bruit de galop droit. On trouve le plus souvent des signes d'endocardite où de péricardite.
L’augmentation de la matité révèle la dilatation du cœur. Celle-ci a une évolution variable : tantôt elle rétrocède et le volume du cœur peut redevenir sensiblement normal ; tantôt elle reste fixe ou augmente jusqu’à la sortie de riiôpilal.
107. — La tuberculose à l’École normale supérieure. Mesures préventives. (En collab. avec M. Roüyer.) IIl^ congrès international d’hygiène scolaire, Paris, août 19J0, et Journal de médecine de Paris, octobre 1910.
108. — Des poussées évolutives de tuberculose chez les soldats du front. (En
collab. avec M. Peyiu;.) Bull, de la Soc. médicale des hôpitaux, 16 juin 1016.
galion des urines aussitôt après leur émission.
i^es urines de 37 enfants ont été éprouvées, souvent à plusieurs reprises pour le même malade.
4 urines ont tubercuHsé le cobaye. Il s’agissait de iuberculose rénale (2 cas), d’une tuberculose pulmonaire subaiguë fébrile avec cavernes, d’une granulie avec réaction méningée. La tuberculisation a été obtenue avec les culots de centrifugation de 60 à 150 centimètres cubes.
53 urines ont fourni des résultats négatifs. 11 s'agissait de néphrites hémaluriques è lenle évolution (7 cas), de néphrites subaiguës ou chroniques (5 cas) à étiologie indéterminée ou peut-être consécutives à des infections pharyngées, de néphrites purpuriques (2 cas), de néphrites aiguës (5 cas), de tuberculoses pulmonaires à des degrés variables (6 cas), de tuberculose pulmonaire avancée’ avec infiltration amglo'ide des reins (2 cas), de plruro-tuberculoses séro-fibrineuses (2 cas), de méningite tuberculeuse, etc.
de Koch (103). — Dans un rapport sur cette question, j’ai passé en revue, en utilisant mes recherches personnelles et les faits relatés dans la,littérature, les conditions et les résultats de la recherche du bacille tuber¬
culeux, ainsi que les diverses méthodes utilisées pour le déceler ; hactérioscopie, culture, inoculation.
Chez les enfants, on peut rechercher les bacilles dans le revêtement cutanéo-muqueux, le pharynx, les ganglions, les os et les articulations, la plèvre et le péritoine, le liquide céphalo-rachidien, l'oxpectorntion et les matières fécales, les urines, le sang.
Dans la clinique de l’enfant comme dans celle de l’adulte, la constatation des bacilles permet d'affirmer la nature tuberculeuse d’une alfection ; les résultats négatifs n’ont qu'une valeur très relative.
La bactérioscopie permet seule un diagnostic rapide. L’inoculation donne des renseignements souvent trop tardifs; mais elle complète et contrôle la première.
J’ai montré plus haut (96) que l’inoculation à des cobayes de fragments d’amygdales ou de végétations adénoïdes ne les tuberculise que très rarement.
Chez les enfants qui ont fourni le matériel d’inoculation {p. 105), j’ai pratiqué parallèlement l’examen clinique el les réactions à la tuberculine (96).
Sur 22 enfants, 15 n’avaient aucun signe clinique de tuberculose, 6 présentaient des signes douteux (polyadénopathie périphérique, adénopathie médiastine, bronchite du sommet); 5 étaient atteints de tuberculose fermée (début de tuberculose du sommet, adénopathie cervicale
18 de ces enfants ont été soumis à Y injection sous-cutanée de tuberculine (1/10 de milligramme) ;la réaction a été positive 7 fois; dans 2 cas, l’enfant était cliniquement tuberculeux, dans 2 cas, il était seulement suspect, dans les autres, il paraissait sain.
1" Dans le plus grand nombre des cas, les végétations adénoïdes ne tuberculisent pas le cobaye ; il en est ainsi dans 80 à 97 pour 100 des cas suivant les expérimentateurs, dans 87,5 pour 100 des cas d’après mes observations.
2“ Les enfants porteurs de végétations adénoïdes ont des cuti-réactions ou des intradermo-réactions à la tuberculine positives dans 45 pour 100 des cas, négatives dans 55 pour 100 des cas.
courbe thermométrique fournit de précieux renseignements pour le diagnostic de la tuberculose. Toutes les conclusions valables chez les adultes ne le sont pas chez les enfants, comme le montrent les variations
Dans les conditions physiologiques, la température de l’enfant sain est instable, réserve faite de la monothermie des nourrissons (34); elle présente des variations très appréciables sous des influences diverses.
11 faut donc être très réservé dans l’interprétation des variations de la courbe thermique que l’on pourrait attribuer à la tuberculose. En dehors des affections tuberculeuses fébriles, comme la typho-bacillose, on peut accorder une certaine importance, pour le diagnostic d’une tuberculose qui débute sans se déceler encore par des signes bien nets, à un écart de plus de 8 dixièmes entre le maximum et le minimum quolidietis, à condition que t’enfant reste au repos; la réaction de promenade n’a qu’une
phoïde hypertrophié du pharynx' la rareté des bacillémies et des baoilluries. Ces constatations ont leur intérêt pour la pathogénie et le diagnostic.
2" J’ai montré qu’un certain nombre d’enfants porteurs de végétations adénoïdes ou d’amygdales hypertrophiées ne réagissent pas à la tuberculine; que les adénopathies trachéo-bronchiques, qui ne s'accompagnent pas de réaction i> la tuberculine, s’observent en général chez des adénoïdiens, ce qui permet de les attribuer à des infections respiratoires
5“ J’ai établi une statistique de la tuberculose à l’École normale supérieure et proposé les mesures préventives qui paraissent utiles.
4° J’ai fait une étude statistique et clinique des tuberculoses découvertes dans un service de contagieux des armées et montré la fréquence
la Soc. médicale des Mpilaux, 12 octobre 1917.
A. — Récidives de la diphtérie. — Les récidives de la diphtérie ne sont pas fréquentes; elles se produisent dans 0,5 à 5 pour 100 des cas, suivant les statistiques.
commodation, du voile du palais, des membres inférieurs, qui ont longues à guérir.
Les ensemencements pratiqués à plusieurs reprises ont touji donné des bacilles courts.
La mère du malade a contracté une angine à bacilles courts, 'qui
l’amélioration rapide de beaucoup de malades sous l’influence d’une diète convenable légitiment cette opinion.
Divers facteurs ont pu, en effet, causer des affections intestinales : la fatigue, la dépression nerveuse, l’alimentation défectueuse ou insuffisante, etc. On retrouve chez ces hommes les mêmes symptômes et la même évolution des phénomènes que chez des nourrissons hypoalimentés ou mal alimentés (252).
La sérothérapie antidysentérique a, en général, amélioré rapidement les symptômes dysentériques ; elle n’a pas eu d’influence manifeste sur les diarrhées.
Il y a eu 7 décès : 4 sur 28 malades soumis è la sérothérapie, 5 sur 71 traités sans sérum. Dans la plupart des cas mortels il s’agissait de diarrhées d’apparence banale.
B. Dysenteries autochtones.—Les quelques cas de dysenteme amibienne AUTOCHTONE OBSEBVÉs DANS UNE ABMÉF. (115) SC sont développés du 21 Septembre au 51 décembre 1917. Il s’est produit 14 cas onfocAfones sur 22 dysenteries amibiennes.
Les dysenteries autochtones ont atteint des soldats français et des prisonniers de guerre. Elles sont apparues dans l’espace de cinquante jours ; puis l’affection a disparu.
Le développement de dysenteries autochtones s’explique par la présence dans le secteur d’anciens dysentériques venus des colonies ou de l’armée d’Orient.
Il s’agissait de formes de moyenne intensité : sauf exception i’état général était peu touché. Tous les malades ont guéri.
Les injections sous-cutanées de chlorhydrate d’émétine ont donné de bons résuitats et ont été bien tolérées.
côté d autres paracolibacilles, tels que les microbes de la psittacose et de la septicémie des veaux.
Le paludisme avait été contracté dans le Morbihan. Le début remontait à plus de quatre ans. Les accès de fièvre étaient bien caractéiisés. Le malade était profondément anémié et avait une grosse rate.
Les accès ont cédé à 1 gramme de sulfate de quinine pris par la bouche ; ils résistaient à 0 gr. 50.
E. Traitement de la coqueluche. — Dans un article critique consacré aux MÉDICATIONS DANS LE TRAITEMENT DE LA COquELUCHE NOHMALE (120), je me suis proposé de faire un choix parmi les très nombreux médicaments
donc indépendants du mode d’introduction du sérum. Ils diffèrent de l’anaphylaxie et témoignent soit d’une saturation de l’organisme par le sérum, soit d’une diminution de tolérance.
Malgré ces accidents, la sérothérapie a pu être poursuivie en utilisant des doses plus faibles et suffisamment espacées.