‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 10 sur 17 · MEDECINE DIVERS · texte numérisé non relu

MEDECINE DIVERS

De l’Albuminurie cyclique.

Le malade qui fait l’objet de cette leçon clinique avait déjà été étudié dans mon service six ans auparavant et la comparaison des deux observations présente des points intéressants, notamment au point de vue de la composition de l’albumine contenue dans l’urine. De plus, chez ce malade on constatait, du côté du grand sympathique, des troubles assez singuliers qui m’avaient conduit à poser la question de l’influence du système nerveux grand sympathique dans la production du ■ syndrome de l’albuminurie cyclique.

Sur un cas d’Hyperglobulie chez un malade atteint de Cyanose tardive par malformation cardiaque congénitale.

Chez cet homme âgé de 32 ans, il existait un souffle systolique au niveau: de l’appendice xyphoïde, et un roulement diastolique dans la région du III' ou du IV' espace intercostal. Les raisons pour lesquelles j’avais cru pouvoir affirmer, chez ce malade, l’existence d’une affection cardiaque d’origine con-

génitale étaient multiples (et, d’ailleurs, dans la suite, l’autopsie confirma absolument ce diagnostic). L’examen du sang donna" les résultats sui-

Volume globulaire à l’hématocrite... 79 80 51

Nombre des globules rouges. 7.900.000 7.550.000 5.250.000 environ.

Rapprochant cette hyperglobulie dans la cyanose par malformations cardiaques de l’hyperglobulie constatée par le séjour dans les altitudes, je faisais remarquer que, dans l’un et dans l’autre cas, l’organisme éprouvant une certaine difficulté à accomplir l’hématose, est obligé de lutter contre l’obstacle qui gêne celle-ci, et pour lutter, le moyen qu’il emploie c’est la multiplication du nombre des globules rouges et, secondairement, de la quantité d’hémoglobine qui participe à l’hématose; il semble qu’en multipliant les surfaces par lesquelles s’effectue l’absorption, l’organisme cherche à rendre celle-ci plus facile et plus complète.

Ladrerie généralisée.

En collaboration avec M. G. Guillain.

Dans ce cas de ladrerie la symptomatologie offrait certaines particularités sur lesquelles il a paru utile aux auteurs d’attirer l’attention.

Chez la malade qui fut présentée à la Société médicale des Hôpitaux les tumeurs kystiques contenant le Cysticercus cellulosæ, larve du Tcenia solium, paraissaient sous-cutanées à l’examen ; la biopsie montra qu’elles étaient plus profondes et situées au-dessous de l’aponévrose d’enveloppe ; elles avaient donc une superficialité apparente, ce que l’on note d’ailleurs dans quelques observations semblables.

La main et le pied sont en général épargnés dans la ladrerie généralisée ; chez cette malade existaient à la main droite, au niveau de l’éminence hypothénar, deux tumeurs kystiques.

Il est très rare chez l’homme, contrairement à ce que l’on voit chez les

animaux, de constater des tumeurs au niveau de la langue ou du plancher de : la bouche ; cette localisation ne se rencontre que dans les observations de Rüdolphi, Bonhomme, Lancereaux. Dans ce cas l’auteur a observé une tumeur au niveau de la moitié gauche de la langue.

Les tumeurs de cette femme étaient douloureuses, contrairement à ce que l’on observe dans la ladrerie.

L’examen hématologique n’a pas décelé l’éosinophilie que certains auteurs ont constatée dans des cas semblables ; cette réaction du sang tient sans doute à l’ancienneté plus ou moins grande de l’infection j l’état caséeux des kystes prouvait que l’affection de la malade remontait à une date éloignée.

De la Tuberculose pulmonaire chez les amputés.

C’est une seconde communication touchant 3 nouveaux cas d’amputation chez lesquels s’était montrée la tuberculose pulmonaire. Dans 2 de ■ces cas l’amputation était due à un traumatisme ; dans le 3', qui ne doit pas être considéré comme probant, l’amputation avait été pratiquée pour une tumeur blanche. Ces 2 cas d’origine traumatique' sont donc à joindre aux 3 cas dont il a été question dans ma communication antérieure.

De l’Infantilisme Pottique.

Société médicale des Hôpitaux, 18 mars 1904, et Tribune médicale, avril 1904.

Dans plus du tiers des cas de Mal de Pott que nous avons examinés, nous avons trouvé plus ou moins accusés les caractères de l’Infantilisme type Lorain. Les caractères généraux de l’infantilisme sont souvent plus marqués que les caractères génitaux : faciès, finesse de la peau, absence de poils, •cheveux fins, voix grêle, état mental infantile, etc... Il ne s’agit nullement •de nanisme, au contraire les membres sont relativement longs ; c’est la tête qui est relativement petite.

La tuberculose non vertébrale détermine quelquefois l’apparition de certains attributs de l’infantilisme, mais non avec la même fréquence et la même netteté. L’infantilisme n’est pas non plus la conséquence de la cachexie, car On l’observe chez des pottiques nullement cachectiques ni même affaiblis. Il n’est pas directement associé à l’état des organes génitaux et n’est pas en rapport avec le siège de la lésion vertébrale, et en particulier avec le siège au niveau des centres génitaux de la moelle. — Le début dans le jeune âge en est une condition étiologique néèessaire, mais non suffisante. Il n’y a pas d’arrêt proportionnel dans le développement du corps thyroïde, et d’ailleurs l’infantilisme des pottiques n’a aucun des caractères de l’infantilisme myxœdémateux type Brissaud.

La variabilité du siège de la lésion pottique doit faire éliminer l’idée d’une compression ou d’une plicature aortique qui agirait comme le rétrécissement mitral pour déterminer des troubles de développement tels que ceux que Gilbert et Rathery ont décrit sous le nom de nanisme mitral.

Peut-être cet infantilisme des pottiques doit-il être mis sur le compte de cette loi de pathologie générale qui veut qu’un ensemble ne se développe bien qu’à la condition que ses différentes portions soient à peu près intactes. La tête, particulièrement atteinte dans cet infantilisme, recevrait le contre-coup de la lésion rachidienne, parce qu’elle est le prolongement direct de la colonne vertébrale ; plus tard l’économie tout entière se trouverait, arrêtée dans son évolution.

Sur un cas de Typho-Lombrioose.

Le malade qui fait l’objet de cette observation était un homme de 54 ans, ayant passé six mois àu Cambodge et qui, de retour en France depuis deux mois, avait présenté dans les derniers jours des manifestations d’aspect typhoïdique allant jusqu’à l’éruption de taches rosées sur l’abdomen. La fièvre et l’abattement avaient une durée prolongée, le sulfate de quinine restait sans effet.

L’administration de calomel ayant déterminé le rejet d’un ascaride lombricoïde par les selles, on prescrivit la santonine à la dose journalière de

,3 centigrammes avec intervalles; trois ascarides furent ainsi évacués, chaque dose de santonine abaissait manifestement la température ; enfin’, après deux mois de maladie, la convalescence s’établit franchement et fit de rapides progrès.

L’auteur, à propos de cette observation, rappelle les travaux de Chauffard, de Rauchon, sur la lombricose à forme thyphoïde, et après avoir tracé la symptomatologie de cette forme d’helminthiase, il insiste sur l'influence singulière exercée parla santonine sur la courbe thermique, alors même que l’administration de ce médicament n’était pas directement suivié par l’élimination d’un ascaride.

Mélanodermie de cause incertaine (maladie d’Addison ou maladie des

Le malade présenté à la Société médicale des Hôpitaux avait une mélanodermie dont le diagnostic étiologique était très difficile à préciser. Après avoir discuté la possibilité des différentes mélanodermies (arsenicisme, argyrie, acanthosis nigricans, paludisme, cirrhose pigmentaire, etc.), l’auteur conclut à une forme fruste de la maladie d’Addison. Cette forme était fruste par son apparence symptomatique et par son évolution. Il s’agissait d’une forme mélanodermique tégumentaire sans pigmentation des muqueuses, sans troubles gastriques, sans douleurs. Il s’agissait aussi d’une forme prolongée, chronique.

Chez ce même malade, les auteurs ont constaté que le réflexe rotulien était extrêmement faible à gauche, presque nul à droite, que les réflexes tendineux des membres supérieurs étaient abolis, que les réflexes cutanés abdominaux étaient à peine perceptibles, que de même les réflexes pupillaires à la lumière étaient extrêmement faibles. La diminution ou l’abolition des réflexes tendineux n’est pas signalée dans les descriptions de la maladie d’Addison, aussi a-t-il paru intéressant de la mentionner.

symptômes tabétiformes

Les relations du vitiligo avec la syphilis et avec les lésions du système nerveux n’étant pas nettement précisées, il a paru intéressant de faire des recherches sur ce sujet. L’examen de six malades présentant du vitiligo a permis de constater chez deux d’entre eux la presque disparition des réflexes rotuliens. Dans un troisième cas existe, avec le vitiligo, une atrophie grise des deux nerfs optiques. Un quatrième malade, présente une abolition des réflexes achilléens, une disparition presque complète des réflexes rotuliens, des maux perforants et des symptômes nerveux dont le diagnostic est difficile à spécifier. Dans deux cas seulement, il n’a été constaté aucun trouble du névraxe.

Ces malades ne sont pas des tabétiques, mais il paraît probable que chez certains d’entre eux existent des lésions des cordons postérieurs qui doivent, au point de vue nosographique, être distraites de l’ataxie locomotrice progressive de Duchenne.

s de Maladie de Basedow a'

Il s'agit d’un cas de maladie de Basedow grave chez Une jeune fille de- 25 ans chez laquelle, quelques mois après le début d’une maladie de Basedow actuellement très caractérisée, on vit se produire des taches blanches et noires qui se seraient montrées d’abord sur la poitrine et auraient ensuite gagné les membres, puis la face. Le vitiligo ainsi constitué était un des plus, intenses qui se puisse voir. La malade mourut peu de temps après qu’il nous fut donné de l’observer (environ 4 ou 5 ans après le début de son affection) par suite d’une diarrhée incoercible et de la cachexie déterminées par lamaladie de Basedow.

Un cas de Lésions trophiques cutanées consécutives à des applications de rayons Rœntgen.

Cet homme, âgé de 36 ans, avait été l’objet, en octobre 1897, d’une agression (coup de revolver à la tempe droite à la suite duquel il perdit connaissance pendant 15 jours et se releva aveugle). En 1898, voulant faire extraire la balle qui était demeurée dans le crâne, le malade se soumit à des applications de rayons Rœntgen. Comme on était au début de l’application de cette méthode et qu’on n’en connaissait pas encore les dangers, on lui fit faire des séances prolongées de 5 heures et de 7 heures. Le résultatfut une chute complète des cheveux au niveau de la tempe (point d’application des rayons), et sur la peau de cette même région apparition de troubles trophiques extrêmement accusés.

Sur trois cas de Rhinelcose (ulcération d’une narine) coïncidant avec des

l’oreille, du larynx, du net et du pharynx, mai 1902, tome XXVIII, n- 5.

Nous avons eu l’occasion d’observer trois hommes qui présentaient, les uns et les autres, la destruction d’une narine par un processus ulcératif plus ou moins ancien dont la transformation cicatricielle rend difficile un diagnostic rétrospectif. Chez ces trois malades il existait une diminution très notable ou une abolition des réflexes rotuliens. Deux de ces malades étant morts, nous avons, sur les coupes de la moelle, constaté des lésions très nettes, mais très peu intenses, dans les cordons postérieurs.

Les questions qui se posent sont donc de savoir : i" quelle est la nature de la destruction narinaire; 2" quelle est la nature de l’altération des cordons postérieurs ; 3" quel lien rattache l’une à l’autre ces deux lésions.

Là première question ne semble guère pouvoir être élucidée par les caractères actuels de la lésion constatée, car il s’agissait, au moment où.

nous avons observé ces malades, d’une cicatrice déjà ancienne et ne présentant pas de caractères spéciaux. Deux de nos malades avouaient la syphilis, le troisième la niait de la façon la plus formelle. Nous devons ajouter que les deux malades qui ont succombé étaient tuberculeux.

Faut-il ranger ces cas sous la dénomination de tabes ? Si pour le premier (Charl.) cette interprétation est discutable, elle serait tout à fait excessive pour les deux autres malades qui, à part de la diminution ou l’abolition des réflexes rotuliens, ne présentent aucun autre signe de tabes. Chez Vog..., notamment, les lésions constatées dans la moelle sont si peu prononcées que l’épithète « tabétique » ne saurait leur être attribuée, bien entendu avec le sens actuellement attaché à cette épithète. Pour ces raisons, il semble impossible de classer ces trois cas à côté de ceux de Thibierge et de Giraudeau, cas dans lesquels on voit coïncider une symptomatologie tabétique et des ulcérations de la face qui, d’ailleurs, ne présentent nullement le caractère destructif de notre rhinelcose. Dans les deux cas précités, M. Thibierge pense qu’il s’agit de troubles trophiques cutanés dus au tabes. Cette manière de voir ne saurait être adoptée par rapport à nos trois cas, pour la raison péremptoire que les lésions médullaires sont si peu accentuées que, comme nous venons de le dire, l’épithète de tabes ne leur est guère applicable, et l’on ne pourrait admettre qu’une destruction aussi profonde de la narine soit la conséquence d’altérations médullaires infinitésimales, alors que cette destruction ne s’observe jamais dans les cas de tabes authentique pourtant si fréquents et si variés dans leur symptomatologie.

Mais si nous ne pouvons admettre que, chez nos malades, l’ulcération du nez dépende des lésions du système nerveux central, il n’en est pas moins vrai que, dans les trois cas, elle coïncide avec celle-ci, et qu’un lien quelconque doit rattacher ces deux ordres de phénomènes. Ce lien nous semble être la syphilis ; il est vrai que si deux de nos malades avouent avoir eu la vérole, le troisième la nie énergiquement, mais on sait que ces dénégations ne sont pas toujours une raison suffisante pour éliminer la syphilis quand des arguments de fait peuvent être invoqués en faveur de son existence. Nous pensons donc que l'on peut, selon toute apparence, envisager les choses de la façon suivante : Syphilis ancienne, ayant déterminé d’une part l’ulcération destructive de la narine, d’autre part la lésion des cordons postérieurs de la moelle.

En tout cas, il nous a paru intéressant de signaler cette curieuse coïncidence chez les trois malades qui se sont présentés à notre observation.

Mamelle surnuméraire transmise héréditairement dans une famille et coïncidant avec plusieurs grossesses gémellaires.

Il s'agit d’une jeune fille qui porte sur le sein gauche un mamelon supplémentaire. Cette anomalie a été la règle dans lafamille de cette jeune fille depuis 4 générations au moins. Il y a lieu de remarquer, en outre, que sur les il frères et sœurs de cette malade il y en a 4 qui sont jumeaux (soit 2 paires de jumeaux), et que sur les 15 frères et sœurs de son père 6 étaient. des jumeaux (soit 3 paires de jumeaux). En outre, sur ces .15 frères et sœurs du père de cette jeune fille, 6 seulement possédaient l’anomalie mammaire, et c’étaient seulement les 6 jumeaux.

11 semble bien résulter de ces considérations qu’il existait ici une corrélatation évidente entre les seins surnuméraires et les grossesses gémellaires. On voit encore que la faculté des procréations gémellaires peut résider non pas seulement chez la femme, mais aussi chez l’homme. En effet, le père, qui était lui-même d’origine gémellaire, a eu 2 paires de jumeaux et l’un de ses frères, également d’origine gémellaire, a eu, lui aussi, au moins une paire de jumeaux.

Page 1