AFFECTIONS DU SYSTÈME OSSEUX
Une forme spéciale de Rhumatisme chronique sénile.
Nous avons décrit une variété spéciale de déformation rhumatismale des mains que nous avons observée assez fréquemment chez des sujets âgés, à partir de 55 à 60 ans. Son caractère le plus saillant est le gonflement du dos des articulations métacarpo-phalangiennes de l’index et du médius, plus rarement de l’annulaire; ce gonflement est toujours plus marqué sur l’index que sur le médius, sur le médius que sur l’annulaire ; le bord externe de l’articulation métacarpo-phalangienne de
-B 63. — Main présentant la déformation caracté- l’index fait aussi Une Saillie anor-
• Dans les cas les plus frustes, cette déformation est seule plus ou nette, mais chez la plupart des sujets le pouce est également déformé;
ment que le gonflement si apparent du dos des articulations de l’index, du médius, souvent du pouce et parfois de l’annulaire est dû à un. certain degré de subluxation en avant des têtes des phalanges sur les métacarpiens. L’extrémité des phalangettes s’est parfois plus ou moins complètement résorbée.
Déformations thoraciques dans quelques affections médicales.
Leçons de Clinique midicale (Hôtel-Dieu, 1894-95). Paris, Masson, 1896.
J’ai étudié dans les deuxième et troisième leçons de ce volume certaines déformations thoraciques observées sur les malades du service. Pour la commodité de l’exposition ces déformations avaient été classées en :
a) Déformations thoraciques d’origine congénitale, dont les unes se montrent à la naissance, telles que le thorax en entonnoir et en gouttière, ou les déformations thoraciques de la Cyanose congénitale ,- — dont les autres se montrent plus tardivement, telles que la Scoliose des adolescents, la Myopathie progressiveprimitive et notamment dans cette dernière affection, la déformation en « taille de guêpe ».
^ Déformations thoraciques acquises parmi lesquelles j’ai particulièrement étudié : le Mal de Pott et les déformations thoraciques des gibbeux ; les déformations thoraciques dans XEmphysème pulmonaire, dans les lésions du Nasopharynx, dans les affections Pleuro-pulmonaires, dans le Rachitisme , dans XAcromégalie.
Sur la déformation thoracique « en taille de guêpe » chez certains myopathiques.
Les déformations thoraciques des myopathiques présentent des modalités très caractéristiques dont les principales sont :
1“ L’ aplatissement antéro-postérieur; il peut être tel que le diamètreantéro-postérieur n’a plus que la moitié du diamètre transverse du thorax ;
2’ L 'aspect excavé de la partie supérieure du thorax dû à une exagération de l’aplatissement ci-dessus indiqué, se combinant avec une disparition à. peu près complète des pectoraux;
3" La « taille de guêpe » consiste en ce que, au niveau des hypocondres, la ligne latérale du tronc présente une sorte d’encoche en coup de hache. Cet aspect semble dû à ce que, par suite de l’aplatissement de la
les chiffres fournis par les mensurations crâniennes, faites suivant les règles de l’anthropométrie, fournissaient les résultats suivants :
Diamètre antéro-postérieur maximum = 166 millimètres.
Donc Vindice céphalique = l6 ",* 6 '°\ .=
Le chiffre de 101,2 pour l’indice céphalique est tout à fait inouï. Chez les brachycéphales (Auvergnats), il est en moyenne de 84,6; comme limite extrême on voit signalé le chiffre de 88,5 chez les Negritos.
Les auteurs font remarquer qu’il semble s’agir d’une altération osseuse qui pourrait bien être parallèle à l’altération musculaire; en effet l’os occipital qui se montre le plus atteint est celui sur lequel viennent prendre insertion les muscles de la gouttière vertébrale qui, comme on sait, sont parmi les premiers et les plus atteints dans la myopathie progressive primitive. 11 est assez vraisemblable qu’il s’agit d’une sorte d’ostéomalacie spéciale, sous la dépendance immédiate de la myopathie.
Un cas de fracture par atrophie osseuse de l’humérus chez un myopathique. (Présentation du malade.)
Notre malade était atteint depuis l’enfance de myopathie progressive caractérisée par l’impotence presque absolue et l’atrophie des membres inférieurs et par l’atrophie avec diminution considérable de la force des membres supérieurs. A l’occasion d’un traumatisme extrêmement minime et pendant un effort musculaire pour tourner le bras en dehors et en arrière, ii se fractura l’humérus gauche au niveau du tiers supérieur. La radiographie montra une atrophie osseuse très nette de l’humérus. Il y avait donc fragilité et atrophie osseüses au cours d’une myopathie. L’atrophie osseuse, dans la myopathie, est rare : nous n’en connaissons que 4 cas. Quant à la fracture spontanée ou par traumatisme minime dans la myopathie, nous n’en connaissons pas d’autre exemple.
L’atrophie osseuse de l’humérüs était associée, chez notre malade, à d’autres malformations squelettiques : déformations thoraciques et aplatissement postérieur du crâne, décrit par Pierre Marie et Onanoff.
décrit (Ostéopathie facio-
Ostéopathie systématisée à type non
Société médicale des Hôpitaux, séance du 15 janvier 1892.
Chez cette femme âgée de 29 ans est apparue, cinq ans auparavant, une tuméfaction douloureuse du tibia droit, commençant à 4 ou 5 centimètres au-dessus de l’interligne articulaire du cou-de-pied et remontant sur une hauteur de 7 à 8 centimètres. Peu à peu le tibia gauche se prenait d’une façon symétrique. La partie inférieure des fémurs présenta une tuméfaction un peu au-dessus de l’épiphyse inférieure.
Deux ou trois ans plus tard, même tuméfaction au niveau du radius et du cubitus des deux côtés, toujours d’une façon symétrique et seulement sur le tiers supérieur de l’os sans intéresser les épiphyses.
Le crâne ne présente rien de particulier; à la face, hypertrophie des os maxillaires supérieurs qui sont projetés en avant, de telle façon qu’il existe un prognathisme du maxillaire supérieur de près de 1 cent. i|2 ; la dernière grosse molaire supérieure est située à 1 centimètre environ en avant de la dernière grosse molaire inférieure.
Du côté de la peau, mélanodermie très marquée avec desquamation sur toute l’étendue du corps et sür la racine des membres.
On n’a pu se procurer aucun renseignement sur l’origine de cette curieuse ostéopathie systématisée symétrique, la malade nie catégoriquement la syphilis.
Un cas d’Ostéite déformante de Paget.
Bulletins de la Société médicale des Hôpitaux, séance du io juin 1892.
Il s’agit d’une femme présentant tous les caractères de l’affection décrite par sir J. Paget; les déformations les plus prononcées chez cette femme étaient les suivantes :
La diminution de la taille ;
Une forte inclinaison du corps en avant avec épaules très arrondies, la projection de la tête en avant avec élévation du menton, comme pour dégager la partie supérieure du sternum ;
Enfoncement de la poitrine dans le bassin, l’abdomen étant pendant; Incurvation et écartement des membres inférieurs ; le plus souvent, dans la station debout, une des jambes est placée en avant de l’autre.
Chez cette malade, l’augmentation de volume du crâne semblait faire défaut, ou tout au moins était peu sensible.
Deux cas d’Exostoses ostéogémiques multiples.
En collaboration avec A. Léri et Faure-Beaulieu.
Société médicale des Hôpitaux, ^ juillet 1905.
Les deux malades présentés ont des exostoses extrêmement nombreuses disséminées sur la totalité du système osseux, sauf la tête et la colonne vertébrale. — Elles ont une tendance manifeste à la symétrie ; elles siègent surtout au niveau des épiphyses, mais on en trouve aussi un certain nombre en dehors des régions épiphysaires (omoplate, fémur, humérus, etc.).
Ces exostoses sont accompagnées de déformations des membres, de courbure du tibia et surtout de courbure du radius déformant fortement l’avant-bras ; ces déformations avaient été signalées déjà par Vix et par Volkmann, mais comme appartenant simplement au rachitisme coïncidant avec les exostoses. Dans l’un au moins de nos cas il ne peut s’agir de rachitisme, car les exostoses n’ont commencé à paraître qu’à 6 ans, la déviation des avantbras à 13 ou 14 ans, et actuellement le malade ayant 35 ans les exostoses et déviations continuent à augmenter ; cette évolution est tout à fait anormale; elle est en opposition avec celle de notre autre cas où toutes les déformations osseuses auraient apparu dans le cours de la première année, au cours de l’allaitement artificiel.
Ni dans l’un ni dans l’autre cas, il n’y a de prédisposition héréditaire ou familiale (ni hérédité exostosique vraie, ni hérédité hétéromorphe manifestée par d’autres malformations congénitales) ; dans les deux cas aussi on ne retrouve aucune étiologie infectieuse.
La radiographie a montré que ces exostoses étaient formées d’os véritable, spongieux, sans coque. compacte ; peut-être y a-t-il au début une période cartilagineuse, mais nous n’avons pu la constater directement.
Une tentative de radiothérapie, faite en dernier ressort avant une intervention chirurgicale, a donné des résultats négatifs.