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THÉRAPEUTIQUE

Un cas de Myxœdème guéri par l’emploi de la Thyroïdine

(lodothyripe).

Il s’agissait d’une femme de 54 ans, présentant un degré accentué de myxœdème, chez laquelle l’accélération grande du pouls et de la respiration, l’existence d’un peu d’albumine dans les urines, rendaient le traitement difficile et exigeaient une administration prudente des médicaments, thyroïdiens. C’est pour cette raison que l’iodothyrine fut choisie; le résultat fut excellent, la malade guérit sans aucun incident en moins de deux mois, et pendant de nombreuses années son état s’est maintenu satisfaisant grâce à la Continuation du médicament.

Ce cas est le premier publié en France de myxœdème guéri par l’iodothyrine.

Sur un cas de Myxœdème chirurgical de l’adulte considérablement amélioré par l’iodothyrine.

Nous ayons eu l’occasion de traiter un malade atteint de myxœdème opératoire depuis dix années ; nous lui avons donné l’iodothyrine (c’est-à-dire

rable puisque, sur 8 cas, dont plusieurs très graves, je n’ai eu aucun décès.

« Cet agent est la levure de bière, que j'ai émployée de la même façon et aux mêmes doses que notre distingué collègue, M. Brocq, nous a enseignées contre la furonculose.

« Je dois avouer que ce n’est pas une idée théorique préconçue qui m’a conduit à faire usage de la levure de bière contre la pneumonie ; le hasard seul m’a guidé. Au moins de juin 1899, je voyais en consultation avec M. le docteur Le Goff un homme de ë8 ansatteint d’une pneumonie grave et tourmenté en outre par une abondante éruption de furonculose très douloureuse. Contre cette dernière je conseillai l’emploi de la levure de bière. Le malade guérit assez rapidement malgré la gravité du pronostic. Je fus très frappé de ce fait et me demandai s’il ne fallait pas attribuer pour une part ce succès à la médication spéciale prescrite à ce malade. — Depuis lors j’ai donné la levure de bière à 7 autres pneumoniques ; chez tous la terminaison a été favorable, qu’il s’agît de pneumonies franches ou de broncho-pneumonies.

« Il va sans dire qu’un nombre de 8 cas est insuffisant pour juger la valeur d’une médication s’adressant à une maladie dans laquelle le taux de la mortalité n’atteint pas to pour 100 ; aussi n’ai-je pas la prétention de procéder ici par affirmation, mais j’ai été très frappé de cette coïncidence que, pour 4 de ces cas, malgré un pronostic grave, la guérison est survenue, et il m’a paru utile de soumettre ces faits au contrôle de mes collègues de la Société des Hôpitaux.

Sur l’action thérapeutique du salophène dans le rhumatisme

articulaire aigu et subaigu, dans la goutte et la chorée.

La première observation a trait à un homme en proie à une huitième attaque de rhumatisme articulaire aigu; chez cet homme les attaques antérieures avaient laissé une insuffisance aortique avec manifestations d’angor pectoris; l’administration du salicylate de soude exaspérait à tel point les accidents cardiaques que le malade redoutait beaucoup ce médicament. Le salophène à la dose de 3 et 4 grammes fut admirablement toléré et amena promptement la guérison des fluxions articulaires.

Dans l’observation II on voit un rhumatisme articulaire subaigu, peu sensible au salicylate de soude, à l’antipyrine, à la phénacétine, guérir par le salophène.

Dans l’observation IV, un accès typique de goutte saturnine céda rapidement à l’emploi du même médicament, alors que ^àns une attaque antérieure le salicylate de soude s’était montré peu actif et avait été mal toléré.

Dans l’observation V, un cas de chorée de Sydenham fut guéri au bout d’une semaine par l’usage du salophène.

L’auteur insiste sur les avantages que présente le salophène en comparaison avec le salicylate de soude.

Un cas d’Arthropathie tabétique amélioré par l’usage de l’Aspirine.

Chez ce malade, tabétique avéré âgé de p ans, s’était produite, le S octobre 1900, une arthropathie tabétique typique du genou gauche. La médication salicylée (2»',50 de salol et de salicylate de soude par jour) est donnée jusqu’au 20 octobre sans résultat apparent. Le 23 octobre, je prescris l’aspirine à la dose quotidienne de 3 grammes en 6 paquets. Dès le lendemain le malade se trouve très soulagé, les douleurs spontanées ont disparu ; deux jours après, le 23 octobre, dans l’espace de 24 heures, le genou et la cuisse gauche diminuent considérablement de volume. On constata un écart de 6 cent. 1/2 entre les mensurations pratiquées à une semaine d’intervalle, les 17 et 25 octobre. — L’influence favorable de l’aspirine dans ce cas d’ar- ■thropathie tabétique ne semble pas pouvoir être mise en doute.

La ponction lombaire contre la céphalée persistante des brightiques.

L’auteur pense qu’à côté du facteur intoxication il faut envisager dans la pathogénie de l’urémie nerveuse le facteur hypertension. Les amauroses

transitoires des urémiques, leur céphalalgie, ont de multiples analogies avec le syndrome bien connu en pathologie nerveuse de l’hypertension du liquide céphalo-rachidien, tel qu’on le constate dans les tumeurs cérébrales, par exemple.

La ponction lombaire dans les formes céphalalgiques de l’urémie m’a semblé devoir être une intervention utile, elle s’est d’ailleurs montrée trèsefficace chez le malade dont l’observation est rapportée dans cette communication, quoique la quantité du liquide céphalo-rachidien soustrait ait été relativement minime (6 centimètres cubes). Sans doute la ponction lombaire n’agit pas sur la maladie rénale elle-même, sans doute on ne fait pas ainsi une thérapeutique pathogénique, mais c’est une thérapeutique symptomatique dont l’utilité peut être très appréciable lorsque la céphalée des brightiques ne sera améliorée ni par la médication lactée ni par les divers analgé-

Sur la ponction lombaire contre la céphalée des brightiques.

Cette communication est une courte revue des observations d’urémie nerveuse traitée par la ponction lombaire. Si d’une part Seegelkon, Brasch, Nolke, Pierre Marie et Guillain ont obtenu des résultats heureux, il convient de rappeler d’autre part une série malheureusement plus nombreuse dans laquelle la ponction lombaire n’a exercé sur la marche et sur les symptômes, de l’urémie aucune action favorable.

L’impression qui se dégage de la lecture des observations des auteurs est que la ponction lombaire demeure le plus souvent impuissante dans le cas d’urémie convulsive, et d’une façon générale dans les cas d’uiémie oùl’intoxication est ancienne et profonde. Au contraire, dans les cas d’intensité modérée et surtout dans ceux où les accidents sont de date récente, on peut espérer, par l’évacuation d’une quantité même minime de liquide, voir disparaître les accidents les plus pénibles.

Céphalée de la période secondaire de la syphilis rapidement améliorée par la ponction lombaire.

Les auteurs, se rappelant le résultat heureux obtenu par eux dans un cas de céphalée urémique traitée par la ponction lombaire, ont pensé que la céphalée violente de la période secondaire de la syphilis pourrait être justiciable de ce même mode thérapeutique.

Chez un jeune homme atteint de syphilis secondaire avec céphalée persistante, la soustraction de io c.c. de liquide céphalo-rachidien eut une action très favorable qui persista.

L’observation de ce malade a paru intéressante à rapporter, non pour préconiser un traitement de toutes les céphalées syphilitiques par la ponction lombaire; mais il a semblé aux auteurs que certaines des céphalées de la période secondaire de la syphilis peuvent, quand elles sont intenses, prolongées, non encore améliorées par la médication mercurielle, être sous la dépendance de l’hypertension du liquide céphalo-rachidien et se montrer heureusement influencées par la soustraction d’une petite quantité de ce liquide.

Sur un cas de Lumbago guéri instantanément par une injection intra-arachnoïdienne de 5 milligr. de cocaïne.

Cette communication a trait à l’histoire d’un malade atteint d’un très violent lumbago qui fut immédiatement guéri par l’injection de 5 milligr. de cocaïne dans l’espace sous-arachnoïdien.

Les auteurs, ayant pratiqué chez d’autres malades des injections semblables, sont arrivés à cette conclusion que la méthode des doses minimes qu’ils préconisent peut être tout particulièrement recommandée pour les affections douloureuses à détermination primitivement nerveuse ou musculaire portant sur les membres inférieurs, les lombes et la partie inférieure

du tronc. Lorsqu’il s’agit de douleurs dues à des altérations chroniques des surfaces ostéo-articulaires ou des tissus fibreux péri-articulaires, il semble que les résultats à attendre soient nuis.

La méthode des doses minimes a pour but et pour principe d’agir uniquement sur l’élément « douleur » et nullement de provoquer l’anesthésie. C’est une méthode médicale. Tout en se montrant remarquablement efficace, cette méthode est dépourvue des inconvénients qui s’observent parfois quand on fait usage de doses plus fortes. Action suffisante, minimum de risques, telle semble être la formule qui convient à la méthode des doses minimes.

Sur le traitement de la sciatique par injection intra-arachnoïdienne de doses minimes de cocaïne.

Les résultats obtenus par les chirurgiens au moyen des injections intra-arachnoïdiennes de cocaïne ont déterminé les auteurs à essayer cette méthode anesthésique pour le traitement des névralgies.

Chez un malade atteint d’une sciatique douloureuse l’injection de

5 milligrammes de cocaïne dans l’espace sous-arachnoïdien eut une action thérapeutique utile. La cessation des douleurs fut rapide (au bout de

6 minutes), absolue pendant les 6 heures qui suivirent l’injection. De plus, l'évolution de la névralgie elle-même fut favorablement influencée par ce traitement.

M. Achard avait rapporté à la Société de Neurologie (7 mars 1901) 3 cas d’amélioration de sciatique par des injections intra-arachnoïdiennes de 1 à 2 centigrammes de cocaïne; cet auteur semblait même considérer la production de l’anesthésie dans les membres inférieurs comme une condition de succès. Dans notre observation la dose employée a été beaucoup moindre puisqu’elle n’a pas dépassé 5 milligrammes, l’amélioration est survenue rapidement, bien qu’à aucun moment il ne se soit produit d’anesthésie cutanée. La méthode des doses minimes semble donc avantageuse pour éviter les accidents possibles des injections intra-arachnoïdiennes. Cette méthode constitue pour le traitement des névralgies sciatiques une indication précieuse.

Quelques résultats du traitement des névralgies par les injections sous-cutanées d’air atmosphérique (Présentation d’instru-

En collaboration avec M. Crouzon, interne du service de Bicétre.

Cette méthode consiste dans l’injection sous-cutanée d’une certaine quantité d’air atmosphérique au niveau d’un point douloureux. L’instrumentation que nous avons utilisée est des plus simples : on peut employer, pour injecter l’air, la pompe aspirante et foulante de l’aspirateur Potam ou la soufflerie d’un thermo-cautère. On adapte à cette pompe un tube de caoutchouc sur le trajet duquel est interposé un tube de verre à étranglements qui contient une certaine quantité d’ouate hydrophile stérilisée, destinée à filtrer l’air au passage. Le tube de caoutchouc s’adapte directement ou par un ajutage métallique au pavillon d’une aiguille ordinaire à injections hypodermiques.

L’injection se pratique sous la peau, après la toilette classique de la région : on fait manœuvrer la pompe et on injecte au niveau de chaque point douloureux i tiers à 2 tiers de litre. On répartit la masse d’air par un léger massage de la région : la résorption gazeuse se fait graduellement en quelques jours.

Nous avons obtenu, par cette méthode, des résultats remarquables et immédiats dans le traitement de certaines sciatiques, de névralgies du zona, d’une plaque d’hyperesthésie chez un tabétique. Nous avons obtenu également des améliorations progressives survenant par segments au niveau de chacune des régions injectées.

Les applications que nous avons faites de cette méthode, depuis notre communication, nous ont démontré qu’elle peut rendre de très réels services, dans le traitement des affections douloureuses à déterminations périphé-

Sur l’action antispasmodique du véronal dans certaines affections organiques spasmodiques du système nerveux central.

Communication à la Société de Neurologie de Péris, séance du 7 janvier 1904.

A propos d’une discussion sur la valeur thérapeutique du véronal, j’ai signalé les services que peut rendre ce médicament comme antispasmodique dans certaines affections organiques du système nerveux. J’ai cité notamment l’exemple de deux cas de syringomyélie dans lesquels des accidents spasmodiques très intenses et pénibles avaient été favorablement influencés par ce médicament.

Les Injections sous-cutanées de scopolamine dans la maladie de Parkinson.

Société de Neurologie, séance du 8 juin 1905. Revue Neurologique, 1905, page 644.

A l’occasion d’une communication faite sur ce sujet, à mon instigation, par mon interne M. G. Roussy et d’une communication de M. Alquier, j’ai signalé les résultats très favorables fournis par les injections de scopolamine dans certains cas de maladie de Parkinson (surtout chez les sujets qui ne sont pas encore très avancés en âge), et à la condition de commencer par de très faibles dosés (i à 2/10 de milligramme). Le malade qui avait fait l’objet de la communication de M. Roussy a continué depuis deux ans les injections de scopolamine presque quotidiennement et il s’en est toujours trouvé très bien, au point qu’il peut aller et venir seul, alors qu’auparavant il présentait une telle antéropulsion que la marche lui était pour ainsi dire impossible.

Sur les inconvénients du traitement mercuriel intensif dans la Paraplégie spasmodique syphilitique.

Nous avons eu l’un et l’autre, dans ces derniers temps, l’occasion d’observer et dè traiter, soit conjointement, soit séparément, un certain nombre

•de cas de cette affection, et nous avons été ainsi témoins de faits qu’il nous a semblé utile de signaler à l’attention de nos collègues de la Société médicale des hôpitaux.

Lorsqu’on est en présence d’un malade atteint de paraplégie spasmodique syphilitique, on éprouve invariablement l’impression que le traitement antisyphilitique doit fournir, dans un pareil cas, ces résultats merveilleux qui nous font parfois souhaiter, chez nos malades, d’avoir affaire à la vérole.

En effet, d’une part, l’infection syphilitique est relativement récente, puisque c’est ordinairement dans les trois premières années après le chancre que surviennent les phénomènes paraplégiques. D’autre part, les individus que l’on a à soigner sont jeunes et semblent pouvoir supporter admirablement un traitement même intensif. Enfin, la nature des symptômes, les aggravations brusques à forme de myélite transverse, fournissent la preuve qu’il s’agit là non pas de ces processus parasyphilitiques, si sournois et si rebelles, mais de grosses lésions pour lesquelles la régression semble devoir être la règle.

Eh bien, cette impression si favorable est erronée, cette apparence est fausse. La paraplégie syphilitique ne guérit pas par le traitement mercuriel intensif, et chose plus grave, non seulement elle ne guérit pas par ce traitement, mais elle empire.

On voit, en effet, sous l’influence de la mercurialisation, des malades qui marchaient mal, à la vérité, mais qui marchaient, perdre des forces, et se trouver obligés de garder le lit; les mouvements de flexion des membres inférieurs, déjà si précaires dans la paraplégie spasmodique syphilitique, le deviennent encore davantage, et parfois même sont presque entièrement abolis. 11 nous a paru en outre,.à plusieurs reprises, que non seulement il y avait augmentation des troubles moteurs existants, mais encore qu’il survenait une sorte de poussée nouvelle se traduisant soit par des paresthésies, soit par des parésies du côté des membres supérieurs. A cela se joint pour les malades un état de malaise physique et moral assez pénible, si pénible que ceux qui l’ont ressenti plusieurs fois éprouvent pour tout traitement mercuriel une répulsion vraiment instinctive. C’est ainsi, par exemple, que trois de nos malades d’hôpital, qui étaient venus dans nos salles pour des affections broncho-pulmonaires ou gastro-intestinales, se sont absolument refusés à pratiquer les frictions mercurielles que nous leur avions prescrites; et comme nous insistions (à cette époque, nous n’étions pas encore

avertis des faits que nous relatons aujourd’hui), ils ont préféré quitter le service, plutôt que d’être à nouveau mercurialisés.

En résumé, l’objet de la présente communication est donc de mettre en garde contre les effets du traitement mercuriel intensif, ceux d’entre nous qui auraient à soigner des malades atteints de paraplégie spasmodique syphilitique.

Du Traitement des Chéloïdes.

Bulletins de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 3 mars 1893.

M’inspirant des arguments que j’ai exposés plus haut à propos de la nature infectieuse de certaines chéloïdes, je recommandais dans cette communication de ne pas appliquer aux chéloïdes les traitements par l’instrument tranchant, et comme, d’autre part, l’électrolyse ne m’avait pas donné non plus de bons résultats, j’ai préconisé la méthode que j’ai instituée dans mon premier cas. Cette méthode consiste à pratiquer dans la chéloïde des injections d’huile stérilisée créosotée à 20 pour 100. Ces injections doivent être poussées à assez forte pression au moyen d’une seringue de Pravaz, elles déterminent dans la chéloïde des escarres aseptiques qui détruisent peu â peu la néoplasie sans amener d’inflammation de la peau avoisinante.

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