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TECHNIQUE

Note sur la recherche des corps granuleux dans les centres nerveux.

Bulletins'de la Société Anatomique, séance du 20 mars 1885, 4- série, tome X, page 162.

Contrairement à l’habitude qu’on avait alors de rechercher les corps granuleux en dissociant les tissus au moyen d’aiguilles, je préconisais pour cette recherche l’usage des coupes par congélation et la coloration des corps granuleux in situ sur ces coupes.

J'avais montré qu’en fixant les centres nerveux par les bichromates les réactions produites sur la myéline sont telles que la myéline normale et la myéline altérée des corps granuleux se comportent différemment vis-à-vis de certains réactifs qui colorent d’une façon intense ta myéline des corps granuleux alors qu’il deviennent presque sans action pour la myéline normale. Mais pour cela une précaution était nécessaire, celle de ne pas faire intervenir l’alcool, qui dissout les corps granuleux, et à ce point de vue la méthode que je préconisais, de couper par congélation les centres nerveux, réalisait un progrès incontestable.

Pour déceler les corps granuleux contenus sur ces coupes faites par congélation, il était nécessaire de les colorer et c’est à cette occasion que j'ai, le premier, fait connaître le procédé de coloration des corps granuleux par l’acide osmique sur des pièces préalablement durcies dans les bichromates. C’est la méthode qui, dénommée plus tard Méthode de Marchi, a rendu à l’anatomie et à l’anatomie pathologique des centres nerveux les services que l’-on sait. Les recherches de Marchi et Algeri sur ce mode de coloration datent tout au plus de l’année 1886, les miennes ont été publiées le 20 mars 1885 ; de plus, dans un travail sur deux cas de sclérose latérale amyotrophique publié en collaboration avec M. Charcot dans les Archives dé Neurologie, 1886, j’avais déjà fait usage de ma méthode de coloration des corps granuleux par l’acide osmique après chromage préalable, et des dessins de Karmanski insérés dans ce travail montrent en toute évidence la netteté des résultats obtenus.

Le succès qu’obtint dans la suite le procédé de Marchi tenait à ce que cet auteur, faisant agir l’acide osmique directement sur les pièces préalablement chromées, a permis de couper ces pièces après inclusion dans la celloïdine, ce qui est parfois plus commode que de les couper par congélation ainsi que cela avait forcément lieu dans ma méthode, mais cette méthode a sur la mienne le désavantage que lorsque les pièces sont un peu épaisses ou trop larges, la pénétration de l’acide osmique étant insuffisante, les coupes, deviennent inutilisables.

Dans cette même communication à la Société Anatomique je faisais, connaître un second procédé de coloration des corps granuleux dans les. coupes microscopiques faites par congélation après chromage préalable. Ce second procédé, résultant d’essais faits en collaboration avec M. Huet,- consistait à se servir du bleu de quinoléine, qui colore fortement les corps granuleux et ne fait que teinter légèrement les fibres nerveuses saines préalablement chromées. Ici encore l’action des alcools doit être soigneusement évitée.

Méthode de mensuration des atrophies du névraxe.

Il arrive souvent qu’à la suite de lésions du cerveau, des noyaux gris centraux principalement,'on constate sur les coupes microscopiques du pédoncule, de la protubérance, du bulbe, etc., l’atrophie de certains territoires. Cette atrophie coexiste ou non avec des tractus de sclérose. II est très important, surtout dans les cas où l’atrophie se montre comme seule particularité pathologique, de pouvoir déterminer son degré, de pouvoir la mesurer.

Les auteurs, dans ce but, ont imaginé une méthode fort simple. On photographie les coupes microscopiques avec un grossissement connu. Sur les épreuves on applique un papier transparent divisé en millimètres carrés. On dessine le contour des régions dont on désire connaître la surface. Il suffit ensuite de faire la numération des millimètres carrés à l’intérieur de la ligne de contour pour connaître cette surface.

Il est évident que les chiffres obtenus dans la numération des surfaces n’ont pas de valeur en eux-mêmes ; ils dépendent de la région examinée, du grossissement employé pour faire la photographie ; mais, quels que soient ces chiffres, deux régions symétriques peuvent toujours être comparées. Par cette méthode on peut dire très facilement que telle région du névraxe examinée avec un grossissement N présente une surface X, X étant une valeur indiquée par un chiffre concret et par conséquent comparable au chiffre Y indiquant la surface symétrique du côté sain.

On peut par ce moyen déterminer indirectement les connexions de certaines régions du système nerveux entre elles.

Durcissement des centres nerveux « in situ » par injection de formol dans la cavité crânienne.

On sait combien, dès que la température extérieure s’élève un peu, la consistance du cerveau et de la moelle se trouve diminuée, à tel point que'

l’examen macroscopique de ces organes s’en trouve souvent rendu assez difficile. D’autre part, cette diminution de consistance n’est souvent que l’indice d’un commencement d’altération de ces organes.

Pour remédier à cet inconvénient j’ai, depuis l’année 1896 ou 1897, imaginé de faire injecter, aussi longtemps que possible avant l’autopsie, dans la cavité crânienne, une certaine quantité de formol. Sous l’influence de ce liquide le cerveau se trouve fixé dans sa forme exacte; le cervelet, le bulbe, la moelle tout entière peuvent être extraits du cadavre dans un état de durcissement qui en rend l'étude plus aisée. De plus la conservation des pièces se trouve bien mieux assurée.

L’injection de formol est faite au moyen d’une seringue à canule métallique rigide que l’on enfonce dans la cavité crânienne, soit en suivant la face supérieure de la paroi inférieure de l’Orbite, soit en l’introduisant dans les fosses nasales et perforant la paroi supérieure de celles-ci. La quantité de liquide injectée est de 150 à 200 c. c. d’une solution aqueuse de formol à 20 *J. environ. Lorsqu’on fait l’injection par les fosses nasales, l’aspect de la face n’est pas notablement altéré.

L’application de ce procédé a été décrite, à mon instigation, par MM. Kattwinkel et Sainton dans Deutsche* Archiv fur Klinische Medizin ,

MÉDECINE et THÉRAPEUTIQUE

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