DIABÈTE
De la réaction de Bremer sur le sang des diabétiques.
En collaboration avec M. le docteur Le Gofï.
Bremer a signalé le premier ce fait que, dans le diabète, les hématies présentent une affinité pour les couleurs basiques, tandis que chez l’homme normal elles montrent une prédilection pour les couleurs acides. Nous avons sur les diabétiques du service de Bicêtre vérifié l’existence de ces modifications histo-chimiques du sang, et nous avons à cet effet recherché comment se comportait le sang diabétique vis-à-vis de diverses substances colorantes. Nous avons pensé que ces modifications des réactions chromatiques des hématies dans le diabète sont dues à une véritable dégénérescence de ces éléments anatomiques.
Dosage du Glucose dans le sang par le bleu de méthylène.
Bulletins de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 7 mai 1897.
Dans une série de recherches inspirées par une communication de Williamson au congrès de Carlisle (juillet 1896), nous avons vérifié ou établi que
le bleu de méthylène pur se décolore en milieu alcalin, sous l’influence des réducteurs tels que l’aldéhyde, l’acétone, le xylose, les glucoses, etc., tandis qu’il conserve sa couleur en présence de l’urée, des urates, de certaines peptones, de certaines albumines, etc. Nous avons alors cherché à donner un procédé pratique pour le dosage du glucose dans le sang des diabétiques au moyen du bleu de méthylène. On trouvera toutes les indications nécessaires sur ce procédé dans la présente communication.
Observation d’un diabétique traité par ingestion de bleu de méthylène; disparition du sucre au bout de 6 semaines.
Chez ce malade traité par des prises journalières de i gr. à i®',2o dé bleu de méthylène, le sucre disparut de l’urine au bout de 6 semaines, mais les auteurs font remarquer que, dans ce traitement, d’autres éléments ont pu intervenir, qui sont : la régularisation du régime alimentaire et l’administration quotidienne de iogr. de bicarbonate de soude.
Note
sur deux nouvelles observations de diabète sucré ingestion de bleu de méthylène.
traité par
Sur deux malades qui nous avaient été obligeamment confiés, l’un par M. Deny, l’autre par M. Troisier, l’administration de bleu de méthylène: détermina chez l’un une chuté assez rapide du taux du sucre, sans disparition complète de cette substance. Chez l’autre malade le médicament ne produisit aucun effet. En faisant connaître ces faits nous avons reconnu qu’ils n’étaient pas en faveur de l’espoir que nous avions eu de trouver dans le bleu de méthylène une substance exerçant une action réductrice directe sur le sucre contenu dans l’organisme.
Étude clinique de quelques cas de diabète sucré (arthritique, conjugal, pancréatique, nerveux). — De l’intervention chirurgicale chez les diabétiques.
Ayant dans mon service un certain nombre de diabétiques, j’ai profité de l’occasion qui m’était offerte pour grouper dans une leçon clinique les points les plus intéressants présentés par chacun de ces malades.
L’ intervention chirurgicale chez un diabétique était, à cette époque, considérée par le plus grand nombre des auteurs comme présentant une gravité toute particulière. Je me suis efforcé de réagir contre cette opinion erronée, et l’exemple d’un diabétique auquel j’avais fait pratiquer l’amputation du gros orteil pour gangrène, a montré que depuis l’introduction de l’asepsie en chirurgie il était excessif d’éprouver de trop fortes appréhensions vis-à-vis des interventions chirurgicales chez les diabétiques.
Un autre point de l’étude du diabète, traité dans cette leçon, a été le diabète conjugal. J’ai fait remarquer que par suite de leur profession ces deux malades ne mangeaient que très rarement ensemble ; on ne pouvait incriminer ici une influence du régime alimentaire sur la production du diabète conjugal, j'inclinais donc très nettement en faveur d’une véritable contagion.
A propos d’accidents nerveux du diabète figuraient un premier malade atteint d’hémiplégie alterne avec Syndrome de Weber, et un second malade offrant un cas typique d’ Hémiplégie diabétique. J’ai saisi cette occasion pour montrer que l’hémiplégie des diabétiques présentait le plus souvent des caractères assez particuliers qui méritaient d’être décrits. Ces caractères sont les suivants : a) Rareté relative de perte de connaissance et surtout d'apoplexie vraie; b) Atypie des phénomènes paralytiques tant au point de vue de la localisation (assez grande fréquence de symptômes d’origine pédonculo-protubérantielle) qu’au point de vue de l’intensité qui est généralement faible. Une hémiplégie chez un diabétique est donc souvent susceptible d’une amélioration des plus prononcées.
Revue générale sur la perte du réflexe rotulien dans le Diabète.
Revue de médecine, 1885, p. 640.
Les auteurs rappellent que c’est le professeur Bouchard qui a le premier appelé nettement l’attention sur l’abolition des réflexes rotuliens dans certains cas de diabète sucré, et montré que cette abolition avait d’ordinaire une signification pronostique assez fâcheuse. Ils donnent les statistiques anciennes et nouvelles de M. Bouchard et ajoutent les observations de quelques cas personnels tout à fait confirmatifs des idées de leur maître.
Sur un syndrome clinique et urologique se montrant dans le diabète lévulosurique et caractérisé par un état mélancolique avec insomnie et impuissance.
Bulletins de la Société médicale des Hépitaux de Paris, séance du 25 juin 1897.
Observation de deux malades qui, à la suite de pertes d’argent, tombèrent tous deux dans un état de mélancolie avec idées de ruine et tendance au suicide. En même temps il existait chez ces sujets de l’impuissance et une insomnie rebelle à tout traitement. Bien qu’il n’y eût ni polydipsie, ni polyurie, ni polyphagie, l’examen des urines révéla une réduction de la liqueur cupro-potassique et la présence d’une substance lévogyre.
Le régime alimentaire antidiabétique fit disparaître l’insomnie au bout ■de 2 ou 3 jours, et peu de temps après l’impuissance et les troubles mentaux rétrocédaient à leur tour.