I. — Considérations générales
Les animaux inférieurs puisent directement dans le milieu où ils sont plongés, leurs aliments, y compris l’oxygène; ils y rejettent tous leurs déchets. Dès qu’apparaît une complexité fonctionnelle et une différenciation plus grande de l’organisme, se manifeste la nécessité d’un apport, au niveau des éléments anatomiques éloignés, du liquide nutritif, que ce liquide soit le milieu extérieur banal, qu’il soit un milieu intérieur de composition particulière à la fois intermédiaire entre les éléments cellulaires et l’extérieur et lien humoral intercellulaire.
Cette circulation est, pratiquement, réalisée dans l’échelle des êtres de manières extrêmement diverses, mais toujours on retrouve à son origine un mouvement de propulsion, le plus souvent une pulsation, pulsation de l’animal tout entier (vers inférieurs par exemple), ou pulsation d’une portion spécialisée de cet animal, depuis la vésicule
pulsatile la plus rudimentaire jusqu’au cœur perfectionné des vertébrés supérieurs. Ce mouvement de propulsion précède de beaucoup, dans la série des êtres, la différenciation d’un organe central; les premières manifestations fonctionnelles préexistent à l’organe spécialisé.
Dès l’abord, une constatation s’impose ; c’est la 'précocité de ce phénomène dans la série phylogénétique; c’est aussi, nous allons le voir, sa précocité dans la série ontogénique.