‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 16 sur 98 · TITRE PREMIER · texte numérisé non relu

TITRE PREMIER

Embryon

Lorsqu’on divise en fragments un cœur embryonnaire, les divers fragments placés dans un liquide nutritif se contractent rytlrmiquement, et il ne paraît pas douteux que tous le? segments d’un cœur de poulet au deuxième et au troisième jour, soient automatiques. Si on considère que des fragments du cœur d’un embryon de poulet abandonné dans du plasma ont conservé, sinon une activité rythmique régulière, du moins une contractilité spontanée pendant près de deux semaines (Levaditi et Muterlich) (1), pendant plus de trois mois (Carrel) (2), on a le droit de penser qu’il ne s’agit pas là exclusivement de l’effet d’excitations artificielles dues à la section ou aux conditions de l’expérience. Si d’ailleurs ces fragments cardiaques ainsi isolés viennent à proliférer (Levaditi et Muterlich) les cellules néoformées commencent bientôt à se contrac-

(1) X. Levaditi et St. Muterlich. — Contractilité des fragments du cœur d’embryon de poulet in vitro. (C. R. Biol., LXXIV, 462, 1=^ mars 1913).

(2) A. Carrel. — C: R. Acad. Sc., 18 juin, 1912).

ter d’une façon analogue (Burrows) (1). Il y a une véritable diffusion de la propriété automatique à toute retendue du cœur.

Cette propriété est-elle régulièrement répartie . Des expériences déjà anciennes de Fano (2), il semble résulter que de très bonne heure, il existe une hiérarchisation, à ce point de vue, des divers segments du cœur, l’automatisme allant en diminuant de l’extrémité veineuse à l’extrémité artérielle, tandis qu’inversement l’excitabilite atteindrait son maximum à cette extrémité.

Si l’on s’adresse à des cœurs embryonnaires plus avancés dans leur développement et qu’on réalise la séparation des divers segments (sinus, oreillette, ventricule), on constate que cette inégalité dans la répartition de l’automatisme s’est encore accentuée. Lorsqu’une pince comprime le sinus et une partie des oreillettes, le segment sousjacent s’arrête; cet arrêt est persistant (5 à 7 minutes) (Bottazzi) (3), (Fano) (4). On observe ensuite, abstraction faite des détails, une reprise du segment arrêté, reprise qui se fait progressivement et aboutit à des contractions rythmiques réparties par groupes. Si la séparation est

(1) BURROWS. - Rhytmische Kantraktionen der isoliertem

Herzmuskelzelle aussenhalb dez Organismuis. {Anat. Labor Cornell üniv. med. College, New-York). Münch. Med. Wochensch., 1912, p. 1473. • j-

(2) G. Fano (en collaboratiom avec F. Bodano). — Ueber die Function des embryonalen Herzens. {Centralblatt f. Physiol., 1889, III, 325-327).

(3) Ph. Bottazzi cité par Ph. Bottazzi et G. Fano in art. Cœur du Dictionnaire de Physiologie de Ch. Richet (ch. III ; physiologie générale du cœur).

(4) G. Fano. — Ueber die Function des embryonalen Herzens, loc. cit.

faite plus bas, entre les oreillettes et le ventricule, les contractions persistent dans le segment sino-auriculaire ; le ventricule s’arrête et ne repart pas spontanément (Bottazzi).

Au onzième jour de l’incubation, un ventricule de poulet « aurait perdu sa propriété automatique qu’il possède dans les premiers jours ».

Toutefois, à cette époque, le cœur a acquis des propriétés qu’ü ne possédait pas précédemment; notamment, il est possible d’obtenir, avec des courants d’induction interrompus, des phénomènes d’inhibition comme l’a montré PiCKERiNG (1). Alors, en effet, que ces courants suivant leur intensité ne produisent rien ou ont une action stimulante (accélération et augmentation de l’énergie des contractions) sur le cœur jusqu’au G® ou au T jour, des courants d’intensité convenable appliqués au cœur de deux cents heures et plus, l’arrêtent à coup sûr.

Dans ces conditions, l’arrêt consécutif à la séparation ventriculaire ne peut-il pas être considéré comme un phénomène d’inhibition ? Les faits actuellement connus ne sont pas en faveur de cette hypothèse : on peut se demander pourquoi l’inhibition porterait sur le segment ventriculaire de préférence aux autres segments ? On peut surtout objecter qu’un phénomène d’inhibition n’expliquerait pas à lui seul un arrêt définitif ; qu’enfin, des phénomènes d’inhibition paraissent, d’après les chiffres des auteurs, se manifester déjà à une époque où le ventricule isolé continue à battre. Ces différents points appellent toutefois une vérification.

(1) J.-W. PICKERING. — Observations on the Physiology o-f the embryonic beart. {Journ. of. Physiol., 1893, XIV, p. 384-. 466).

TITRE îî

Vertébrés inférieurs

Parmi les vertébrés inférieurs, la grenouille a été plus particulièrement étudiée, tant par les auteurs que par nous-même. Nous analyserons donc en détail les faits relatifs à la répartition de Vautomatisme dans le cœur de CO batracien. La manière de se comporter à ce point de vue du cœur des autres vertébrés inférieurs ne sera envisagée que pour autant que des renseignements nouveaux en résulteront.

Au cours de cette analyse, nous serons amené à distinguer l’automatisme, propriété rythmique actualisée spontanément dans les conditions normales en certaines régions, de la propriété rythmique proprement dite potentielle', à nous demander, par suite, comment se répartit à son tour cette propriété fythmique et, subsidiairement, quelles sont les conditions d’actualisation de cette propriété rythmique ; à étudier le cas où cette propriété rythmique paraît s’actualiser spontanément en des régions inaccoutumées. Enfin, nous envisagerons l'es modalités du conflit de plusieurs centres entrés en jeu simultanément.

f)^où quatre chapitres :

1“ Répartition de l’automatisme;

2° Répartition et conditions d’actualisation de la propriété rythmique;

3° Actualisation spontanée de cette propriété rythmique. — Néo-automatisme.

4“ Fonctionnement simultané de plusieurs centres de contractions.

Page 1