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I. — Séparation du sinus veineux du reste du cœur

Si, après avoir détruit la moelle et le cerveau et mis le cœur à nu, on interrompt la continuité anatomique de cet organe au niveau de la région sino-auriculaire, par une section avec des ciseaux fins, on observe que : le sinus continue à battre; le reste du cœur s’arrête en diastole.

Le même résultat est atteint en remplaçant la section par une simple ligature (1), (septième expérience de

(1) Il n’est pas inutile de rappeler la technique de cette expérience, qui a été l’objet de contestations (Langendorff) (*). Après ablation du plastron sternal, le feuillet pariétal du péricarde est resséqué aussi haut qu© possible jusqu’à la base

(*) O. Langendorff. — Herzmuskel und intracardiale Innervation In. Ergebnisse der Physiol,, 1902, II Abth., p. 349.

Stannius) (1), ou par l’application d’une pince (2), Gas-

KELL, ENGELMANN, etC.

du cœur, de façon à bien dégager le bulbe aoirtique et ses deux branches. Le frénulum est sectionné. '

Le cœur étant ainsi préparé :

1» On passe un fil sous les deux aortes ;

2° On rabat la pointe du cœur vara la tête de l’animal, de façon à découvrir la face dorsale, et on lie le fil sur le sillon sino-auriculaire.

Pratiquement, l’animal étant fixé sur la planchette, les pattes postérieures vers l’opérateur, nous avons l’habitude de placer cette planchette verticalement pour le deuxième temps.

La région sino-auriculaire est alors bien dégagée ; on lie le fil au niveau du sillon en forme de V qui limite le sinus anatomique. Dans ces conditions, non seulement le sinus et les veines-caves, mais aussi la veine pulmonaire sont séparés du reste du cœur.

Lorsqu’on effectue la séparation aux ciseaux, on doit, pour être certain de réaliser les mêmes conditions, faire la section assez haut, en empiétant plutôt un peu sur la région auriculaire ; c’est la haute section du sinus (hohe Sinusschmitt), sur l’importance de laquelle Lôwit (*) a depuis longtemps appelé l’attention.

(1) Stannius. — Zwei Reihen phys. Versuche. {Arch. f. Anat. U. Phys., 1852).

(2) On peut remplacer la ligature par un collier (Gaskell) (**). Lorsque l’on n’a pas besoin du sinus, on peut employer une pince en acier terminée par un mors effilé en ivoire et mimie d’une vis de serrage. (L’extrémité en ivoire de la pince

(*) M. Lôwit. — Beitrage sur Kenntnis der Innervation des Froschherzens. Arch. f. d. ges. Physiol, 1880, XXIII, p. 313. — Plus spécialement, page 328 et suivantes.

(**) W.-H. Gaskell. — On the innervation of the heart, etc. Joum. of. physiol., 1882, p. 416 et suivantes.

Quel est le mode d’action de cette section ou de cette ligature ? Y a-t-il seulement rupture mécanique de la continuité fonctionnelle et, par suite, l’impulsion originaire du sinus est-elle indispensable à la mise en jeu de 1 activité auriculaire et ventriculaire ?

Ou bien la ligature (ou la section) intervient-elle comme un excitant capable de suspendre l’activité propre des segments sous-jacents ?

La question mérite d’être posée et résolue.

Dans le premier cas, on a le droit de conclure du cœur ligaturé au cœur normal, de dire que le « primum movens » de l’activité cardiaque (le « pace-maker » des auteurs anglais), se trouve dans le sinus et que l’impulsion sinusale doit atteindre les autres segments pour que ceuxci entrent en contraction.

Dans le second cas, s’il est établi que la ligature agit à la façon d’une excitation inhibitrice (ou même si l’absence d’un effet inhibiteur constant n’est pas démontrée), on n’a plus le droit de conclure du cœur stanmuse ou

d’ENGELMANN (*) mesure 15 millimètres de long sur 1 millimétré de large). Une extrémité est introduite entre les aortes^ et l’atrium droit, l’autre placée sur le sillon sino-auriculaire. L’appareil est fixé au support du cardiographe, dans la position convenable, par un© pince de Westien.

Dans l’un et l’autre cas, l’inscription graphique étant commencée (de préférence par suspensioai), on réalise la sép^ation en serrant le fil ou en tournant la vis ; on peut ainsi observer de visu et enregistrer les résultats immédiats ou tardifs de la séparation.

{*) Th.-W. Engelmann. — Der Versuch von Stannius, seine Folgen und deren Deutung, in ArcMv. f. Anat. u. Phys., 1903 (505-522), page 507,

cœur normal, car rien ne prouve qu’avant la ligature l’oreillette et le ventricule avaient besoin de l’impulsion du sinus pour entrer en activité.

C’est par la simple analyse de l’expérience, abstraction faite de toute préoccupation théorique ou morphologique (1) que nous allons tout d’abord essayer de répondre.

L’attention doit porter successivement sur ce qui se passe en deçà et au delà de la ligature.

1» Action de la Ligature sur la région du Sinus veineux

Dans tous les cas, et ce point n’a jamais été conteste, le sinus continue à battre; la ligature n’a pas sur cette région d’effet inhibiteur manifeste.

Le sinus isolé donne des courbes de contraction qui ne diffèrent pas de celles qu’il donne normalement, caractérisées par de grandes oscillations du tonus et par des contractions rythmiques (Bottazzi).

Si l’on considère le rythme même du sinus, une mesure précise, avant et après la ligature, montre la plupart du temps une modification de la fréquence; cette modifica-

(1) En réalité, ces expériences ont été faites, au contraire, sous rinfluence de ces préoccupations. C’est ainsi que tes nremières séparations systématiques des se^gments du cœur ?rnl par P» .prPs U.

masses ganglionnaires .cardiaques. (Remack. J- ’

U . Phys., mi . p. 4&3). - .(Ludwig. Arch. f. Anat u. Phys., 1844 P. 139. Ueber die Herznerven des Frosches). Ces expériences n’ont donc eu, à ce moment, pour but, qae de déterminer le rôle des ganglions précités.

C’est également à ce point de vue que ces expériences sont exposées et discutées dans tous les ouvrages classiques.

tion, bien étudiée par Engelmann (1), a un quadruple caractère que nous avons constaté nous-même, dans un grand nombre d’expériences graphiques :

Elle est faible;

Elle est passagère ;

Elle n’est pas constante dans sa production (7 sur

10 des cas environ).

Enfin et surtout, elle agit tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre (il y a ralentissement dans 4 sur 10 des cas; accélération dans 3 sur 10).

Donc, du côté du sinus : 1° absence de phénomène d’inhibition constant-, 2“ un seul phénomène d’une constance absolue : Vininterru'ption des battements, qui ne saurait trouver une explication dans les phénomènes concommittants essentiellement variables.

L’activité rythmique du sinus après sa séparation n’est pas le résultat de cette séparation (2) ; c’est la persistance

(1) Engexmann a constaté que « cette action chronotrope est faible et passagère, le plus souvent négative, mais sauvent positive ; fréquemment aussi, d’abord accélération passagère, puis faible ralentissement passager ».

Sur 30 expériences, il a noté U fois du ralentissement, 8 fois de l’accélération, et 8 fois aucune modification. Les mesures ont été faites en déterminant chaque fois la durée de la période pour les cinq contractions précédant immédiatement la ligature et pour les cinq contractions la suivant immédiatement.

(2) Alors que le mode d’action de la ligature ou de la section sur les segments sous-jacents a fait l’objet de controverses multiples, ce point n’a jamais été mis en discussion ;

11 nous a paru néanmoins utile de l’établir.

Il est rationnel, pensons-nous, de se défier, ici comme là, des effets d’excitation possible de la ligature et de s’assurer

de son activité normale qui fait du sinus une formation automatique.

Cet automatisme est manifeste, non seulement au niveau du sinus proprement dit, mais encore dans les terminaisons des trois grosses veines-caves et de la veine pulmonaire; séparées du sinus, cellesr-ci manifestent des contractions spontanées, observées et analysées par Engel-

^^Ll^trois veines-caves de la grenouille battent normalement en même temps que le sinus; sur le cœur entier et frais ü n’est pas possible de distinguer une différence de temps entre leur systole et celle du sinus. Apres ablation de tous les autres segments du cœur, y compns le sinus proprement dit, l’inscription graphique montre que chacune de ces veines possède normalement une activité rythmique régulière; des fragments d’un peu plus d un millimètre battent régulièrement et presque sans vanation de la fréquence pendant plusieurs heures-

Réciproquement, le sinus séparé des veines continue a battre. Les différentes parties du sinus sont donc également automatiques.

que l’activité du sinus, après elle, n’est que la Persutan^

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