PLANCHE XXXIX
Action de quantités croissantes d’extrait hypophysaire sur estomac de grenouille in vitro.
(Actions antagonistes suivant les doses.)
teneur d’un extrait donné en principes actifs encore indéterminés ; que, par suite, il était très difficile d’employer dans deux expériences des doses équivalentes. Or, par analogie avec l’adrénaline, il est permis de se demander s’il n’y a pas une action différente suivant les doses.
Nos expériences sur la pression artérielle nous ayant montré que les substances cristallisables et facilement dosables extraiteâ par Fübner présentent une remarquable constance dans leur action cardio-vasculaire, et que l’un des facteurs de cette action se trouvait au niveau de l’appareil vasculaire à fibres lisses, il était tout indiqué, par suite, d’étendre notre étude aux autres appareils à fibres lisses. Nos expériences ont été faites comparativement avec les divers extraits hypophysaires in vitro et in vivo, chez la grenouille, le cobaye et le lapin, sur les vaisseaux, l’estomac, l’intestin, la vessie et l’utérus.
Mode d’action. — L’emploi de la méthode de Trendelenburg chez la grenouille nous a montré que la vitesse d’écoulement par la veine abdominale était diminuée, diminution en rapport avec la contraction vasculaire facile à mettre en évidence avec la méthode de Meyer. Nos recherches nous permettent, d’une part, d’étendre à l’hypophyse les conclusions relatives à l’adrénaline ; d’autre part, de confirmer l’existence d’une synergie surrénale hypophysaire, telle qu’elle a été décrite par Kepinow et Houssay.
Des doses faibles appliquées à l’estomac par la méthode de perfusion ont toujours eu dans nos expériences une action stimulante (augmentation du nombre, de la force des contractions et acheminement vers la rythmicité). Lorsque, au contraire, on débute d’emblée par une dose
forte, nous avons toujours observé l’arrêt des contractions avec perte de tonicité. Cet effet peut être supprimé en remplaçant la solution d’hypophyse par une solution physiologique pure ; dans ces conditions, les contractions réapparaissent en même temps que la tonicité augmente. L expérience peut être recommencée plusieurs fois avec le même succès sur le même estomac. En alternant l’emploi de solutions ne contenant pas d’hypophyse ou en contenant beaucoup ou peu, on obtient à volonté des alternatives de repos et d’activité.
La limite entre les doses faibles excitantes et les doses fortes paralysantes nous a paru sujette à des variations individuelles, saisonnières et de température. L’erreur à éviter consiste à donner d’emblée des doses trop fortes ; les doses faibles sont parfois de l’ordre du millionième.
Pour l’intestin et la A’essie : in vitro, nous avons toujours réussi, avec des doses suffisamment faibles, cà observer l’effet excitant. L’effet paralysant se manifeste d’une façon moins régulière, mais correspond toujours à une dose forte ;
In vivo, le même résultat est obtenu ; nous n’avons pas observé d’effets inhibiteurs ; les contractions enregistrées graphiquement sont toujours des contractions efficaces aboutissant à l’évacuation du contenu intestinal ou vésical.
En ce qui concerne l’utérus in vitro, nous avons simplement, après Fiihner, étendu les recherches faites par les auteurs avec d’autres extraits hypophysaires. Nous nous sommes, en outre, demandé s’il était possible de faire avorter des femelles pleines quelque temps avant le terme ; nous avons obtenu, même avec des doses faibles, des