PLANCHE XL
Action de quantités croissantes puis décroissantes d’extrait hypophysaire sur estomac de grenouille in vitro. (Réversibilité des effets antagonistes.)
contractions extrêmement violentes, douloureuses, se prolongeant une ou plusieurs heures; mais l’avortement n’a pu être obtenu même en employant des doses fortes, voire toxiques.
Accoutumance. Dans nos expériences avec l’extrait préparé par la méthode de Fühner, nous avons observé une atténuation de l’effet excitant peu marquée pour les vaisseaux, moins marquée encore pour l’estomac et l’utérus. Toutefois on peut, pour l’estomac, en augmentant progressivement la dose, atteindre et dépasser largement les doses paralysantes, sans qu’apparaisse la perte de tonicité ou l’abolition des contractions. Ici encore, il n’est pas indifférent d’employer des doses fortes d’emblée ou progressivement augmentées.
Etude comparative. — Les divers extraits ne sont nullement comparables au point de vue de leur activité vis-àvis de la musculature lisser Un peu schématiquement, on peut dire que les extraits les plus hypertenseurs sont aussi ceux qui ont l’action excitante élective la plus marquée sur les organes à fibres musculaires lisses.
Une idée générale ressort de ces recherches. Les actions diverses et souvent opposées, suivant les doses, exercées par l’hypophysine de Fühner, sont à rapprocher des constatations identiques faites avec l’adrénaline.
Quant au mécanisme intime de cette action, les laits observés paraissent constituer un nouvel argument en laveur de l’identité du point d’attaque des principes actifs des sécrétions surrénale et hypophysaire.
Variabilité d’action des extraits hypophysaires [7| [15j.
Frappés de la divergence des résultats expérimentaux et de la généralisation de l’emploi thérapeutique des extraits hypophysaires, en dépit de cette divergence, il nous a paru nécessaire de rechercher les causes de ces divergences.
A priori, il semblait qu’on n’ait pas tenu un compte suffisant de deux faits biologiques d’égale importance :
1" Le rôle de la quantité effective de substance active;
2° Les modifications de l’individualisme humoral, fortuites ou expérimentales, modifications conditionnées par un phénomène d’ordre spécifique (action sur d’autres glandes à sécrétion interne) et par un phénomène d’ordre banal, c’est-à-dire non spécifique : l’accoutumance.
Nous avons tour à tour envisagé l’effet sur les divers organes musculaires lisses des doses liminaires, des doses moyennes et fortes, des doses successives, puis la question de la constance et de la variabilité des seuils d’actions ; enfin, envisagé le cas particulier des vaisseaux et du cœur considérés soit isolément, soit dans leur solidarité fonctionnelle.
Nos recherches antérieures, celles des auteurs et nos recherches plus récentes nous ont permis de donner de la question un aperçu expérimental et critique (1) et d’aboutir aux conclusions suivantes ;
(1) Ce mémoire, à paraître dans le Journal de Physiologie et de Pathologie Générale, et les planches qui l'accompagnent sont actuellement sous presse (avril 1920j.
1« Sur les organes à fibres musculaires lisses : à dose faible, action dynamogène (au sens général et étymologique du mot) ; à dose forte, action antidynamique ; à dose unique (in vitro et in vivo), atténuation progressive des effets ; à doses répétées (in vitro), le sens des phénomènes dépend de la concentration tissulaire et effectivement réalisée, (in vivo) prolongation où renouvellement de l’efiét primitif, mais atténuation progressive. En aucun cas il n’y a d’effet durable ; en aucun cas il n’y a possibilité iu vivo d’effet antidynamique, du moins direct.
2“ Les seuils des actions antagonistes des extraits hypophysaires sont éminemment variables en fonction de facteurs divers et, d’autre part, l’existence de circulations locales crée pour chaque organe des conditions variables. 11 en résulte qu’expérimentalement on pourra voir survenir simultanément ou successivement pour tel ou tel appareil des effets dynamogènes ou des effets antidynamiques. Mais pratiquement, les doses dynamogènes sont les seules possibles, sinon réalisées à l’état physiologique, les seules aussi sans doute dans les conditions thérapeutiques.
3° Vis-à-vis du cœur et des vaisseaux, considérés isolément, il y a des doses antidynaraiques (ceïles-ci correspondant à des doses jamais réalisées à l’état physiologique ou thérapeutique), de même sens que pour les autres organes involontaires.
Vis-à-vis de l’appareil cardio-vasculaire (ou plus exactement neurocardio-vasculaire) dans son ensemble, l’emploi d’une dose moyenne fait apparaître, quant à la pression, un phénomène essentiel : l’augmentation de pression : celle-ci se produit en deux temps : un premier stade
passager, un deuxième durable ; ces deux temps séparés par une diminution fugace. Cette diminution est plus marquée avec les extraits riches en matière albuminoïde et vice versa.
A doses répétées, il y a atténuation progressive des' phases aussi bien dynamogènes qu’antidynamiques, quelle que soit l’augmentation de la dose.
Cette atténuation est plus marquée pour l’extrait frais, moins marquée pour les extraits débarrassés de leur substance albuminoïde, moins marquée encore pour les substances cristallisées.
En résumé, en ce qui concerne l’organisme vivant : 1“ Effets antagonistes suivant les doses effectives, les effets dynamogènes étant pratiquement les seuls possibles ou réalisés dans des conditions physiologiques ou thérapeutiques ; 2“ Importance du mode de préparation (teneur en matière albuminoïde, etc.) non seulement au point de vue du sens (effet hypotenseur, exclusif par exemple), mais aussi de l’atténuation plus ou moins prononcée de son action.