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FONCTIONNELLES, HUMORALES ET NERVEUSES

APERÇU SYNTHÉTIQUE

Ces recherches en cours, et qui n’ont, quant à présent, donné lieu qu’à quelques brèves communications, sont relatives à :

A) La physiogénie de l’innervation et la sollicitation à l’action des centres nerveux par voie nerveuse ou humorale

B) L’origine mécanique de certaines oscillations respiratoires de la pression artérielle [14) (p. 282).

C) L’importance des circulations locales et la possibilité de toxicités locales [11] (p. 283).

D) Les réactions vasculaires dans certaines conditions expérimentales ou pathologiques [1] [10] (p. 285).

E) La synergie et l’asynergie respiratoire pulmonaire bilatérale (p. 286).

EXPOSE DÉTAILLÉ

A) Physiogénie de l’innervation et sollicitation à l’action

des centres nerveux par voie humorale ou nerveuse [12j,

Il s’agit de recherches en collaboration avec M. E. Meyer et laisant suite aux travaux antérieurs de notre Maître.

Ehez le chien nouveau-né de moins de 24 heures, il existe des oscillations respiratoires de la jn-ession, et, parfois, des modifications dynamiques des contractions, sans modifications de la rythmicité cardiaque. Nous avons fait remarquer que :

1° A la même époque, non seulement l’appareil modérateur cardiaque fonctionne, mais il est possible d’ohserver, par excitation (prolongée et au-dessus d’un seuil assez élevé) du bout central du pneumogastrique, de véritables réflexes cardiomodérateurs se traduisant par un ralentissement du cœur.

2“ En outre, l’excitation du B. G. du vague, en même temps qu’il arrête la respiration, supprime les oscillations respiratoires de la pression. Or, malgré cette excitation et malgré l’aspbyxie concomitante résultant de l’arrêt respiratoire prolongé, on n’observe pas l’élévation de la pression artérielle habituelle chez l’adulte.

3“ Au cours des jours suivants, progressivement et peu à peu, on voit les tracés de la pression carotidienne s’acheminer vers le type cpi’ils présentent chez le chien adulte.

Nous en avons conclu que :

1" Chez le chien nouveau-né, à un moment où tonctionne déjà le centre bulbaire cardiomodérateur, ce centre n’est pas encore en relation fonctionnelle réciproque avec le centre respiratoire comme chez le chien adulte.

2" Au même moment, le système vaso-moteur ne peut elïicacement être sollicité à l’action ni par l’excitation des libres afférentes, ni par l’asphyxie.

Nous avons indiqué, en outre, une application technique possible de ces constatations pour la détermination du mode d’action ;

1“ De substances agissant sur la tension dont on ne sait si leur action est périphérique ou centrale.

2° Des substances qui agissent sur la pression sans qu’il soit possible de dire si la modification est exclusivement d’origine cardiaque ou exclusivement d’origine vasomotrice.

D’une façon générale, ces faits complètent ceux précédemment publiés par M. Fi. Meyer, et, comme eux, sont en rapport avec l’absence ou l’insullisance de la régulation thermique chez le nouveau-né (évolution moins avancée de son mécanisme que de celui de la régulation modératrice cardiaque) et précisent l’une des causes de cette insuffisance.

B) Origine mécanique de certaines oscillations respiratoires de la pression artérielle (14|.

Cette question a fait de notre part l’objet d’une note d ordre critique où nous tirons une déduction nouvelle de la confrontation de nos expériences personnelles et des autres faits publiés.

1° Chez le chien nouveau-né, le système vaso-moteur ne peut être efficacement sollicité h l’action ni par l’excitation des fibres afférentes, ni par l’asphyxie (Meyer et Mathieu).

2° Or, les oscillations de la pression artérielle existent chez le nouveau-né comme chez l’adulte (Meyer).

3” Elles existent chez l’adulte pendant l’arrêt du cœur par inhibition directe (Tournade et Giraud).

4° Elles disparaissent pendant l’arrêt respiratoire réflexe, qu’il y ait ou non inhibition cardiaque (Meyer et Mathieu).

Conclusions. — Les oscillations de deuxième ordre de la pression artérielle existent contemporainement aux mouvements respiratoires (et disparaissent avec eux) à un moment où le système vaso-moteur ne peut être sollicité à faction ni par l’excitation de fibres afférentes, ni par l’asphyxie, et où le centre cardio-bulbaire modérateur n’est pas encore en l’elation fonctionnelle réciproque avec le centre respiratoire.

L’ontogenèse fournit ainsi, en ce qui concerne le chien, un élément de discrimination et un argument tiré de la physiogénie qui est à rapprocher de ceux apportés récemment (1920) par MM. Tournade et Giraud.

C) Importance du facteur « circulation locale » et possibilité de toxicités locales [11] [15J.

Ces deux constatations découlent de l’ensemble de nos recherches personnelles ou en collaboration, et d’un examen critique des résultats publiés par les auteurs.

Nous les avons soulignés dans un travail sur la variabilité d’action des extraits hypophysaires [ 15 ] et nous les avons résumés en partie dans une note distincte [ 11 ].

Etant donnée une substance active (glandulaire ou autre) dont le sens (variable ou non suivant les doses) et les seuils d’action physiologique et d’action toxique ont été déterminés expérimentalement pour différents tissus, l’expérience montre fréquemment, à la suite d’une injection in vivo ou in situ : 1” soit une discordance dans l’ordre d’apparition ou de succession des phénomènes pour tel ou tel tissu, organe ou appareil. Exemple : action non parallèle des extraits hypophysaires sur les pressions artérielles, générale ou pulmonaire ; 2° soit une discordance inattendue entre deux espèces animales. Exemple : réaction cardio-vasculaire différente chez la grenouille et le mammifère aux extraits hypophysaires.

Nous avons indiqué, qu’avant tout essai d’interprétation, il convenait de déterminer la part d’un facteur, en l’espèce aussi important qu’habituellement négligé. On sait (et l’existence d’actions antagonistes suivant les doses, augmente l’intérêt de cette considération) l’importance des doses, c’est-à-dire de la quantité de substance effectivement amenée au contact du tissa considéré. Or, cette quantité dépend non seulement de la concentration en substance active du milieu circulant (sang ou liquide de

perfusion), mais aussi des conditions de renouvellement de ce milieu circulant au niveau des cellules.

a) Ces conditions peuvent être fondamentalement différentes. C’est ainsi que la circulation pulmonaire assure normalement un renouvellement beaucoup plus actif de la substance au niveau de sa nappe capillaire que ne le fait la circulation générale dans son ensemble ou ses divers territoires. C'est ainsi que la plus grande partie du cœur de grenouille se nourrit par imbibition diastolique et expression systolique, tandis que chez les mammifères, la circulation coronaire est une dérivation, ellemême sujette à variation, de la circulation générale, deux mécanismes qui assurent sans doute des conditions de contact et de renouvellement très différentes de la substance active.

b) L’importance, de ce facteur grandit quand la substance étudiée possède une action directe propre sur les éléments vasculaires (c’est le cas des extraits hypophysaires, par exemple). On observe alors des l'ésultantes absolument paradoxales qui peuvent au premier abord en imposer pour une extraordinaire variabilité des actions étudiées ou pour l’entrée en jeu de mécanismes nouveaux.

Dans ces conditions, on peut concevoir que, toutes choses égales d’ailleurs, des doses considérées comme analogues n’aient pas (ou n’aient pas au même moment) un effet parallèle sur le cœur de grenouille et celui des mammifères, et chez le même animal sur la pression générale et la pression pulmonaire, pour nous en tenir aux deux exemples que nous avons choisis.

Conclusions. — La labilité des substances actives, notamment de celles ayant une action propre sur les vaisseaux, serait souvent plus apparente que réelle et irouverait son explication dans l’étude des conditions habituelles ou actuelles des circulations locales.

[)) Réactions du système vasculaire dans certaines conditions expérimentales ou pathologiques [1] |6] [7] |10] [15|.

Nous avons exposé ailleurs [6] [7] [15] (p. 271) les résultats de nos expériences relatives à l’action, expérimentale sur le système vasculaire des extraits organiques.

Nous avons, en outre, abordé la question chez l’homme à un double point de vue. D’une part, au cours de recherches personnelles sur la sensibilité des organes internes [8] [16] et la segmentation nerveuse, les réactions des capillaires nous sont apparues comme un test dont l’étude devait être poursuivie parallèlement à celle de la sensibilité. D’autre part, en collaboration, nous avons entrepris l’étude critique et expérimentale de divers faits cliniques.

Nous avoirs signalé [10] plusieurs cas de disparition transitoire, unilatérale ou bilatérale, plus ou moins brusque, passagère (un quart d’heure à une heure) ou prolongée (vingt-quatre heures) de toute onde pulsatile au milieu de l’avant-bras.

Nous avons indiqué les circonstances de ces observations ; traitement hypophysaire, troubles endoriniens, crétinisme, phénomènes d’anaphylaxie sérique, compression locale prolongée, celle-ci ayant parfois une action antagoniste (rappel des pulsations) au même titre que le nitrite d’amyle.

Indépendamment des renseignements qu’elle nous fournit sur la pression, la méthode oscillométrique nous renseigne ici sur la réaction propre des vaisseaux, et tandis qu’habituellement, au niveau du bras et même de l’avant-bras, cette réaction des vaisseaux est relativement peu importante, du moins dans ses conséquences, dans nos observations, il s’agit d’un phénomène extrême : l’aho^ lition totale plus ou moins brusque dans un segment de membre de toute pulsation perceptible ou décelable à l’oscillomètre sphggmométrique.

Antérieurement [ 1 ], l’étude simultanée des pulsations cardiaque, radiale et jugulaire nous avait permis :

1“ De montrer le rôle du retentissement sur le système veineux de systoles inefficaces pour le système artériel, et de préciser chez un enfant de 10 ans, présentant de l’œdème des membres inférieurs et du tronc (et l’ensemble des signes constitutifs du syndi-ome de Hutinel), la nature de battements veineux jugulaires ;

2" De déceler l’existence même de systoles inefficaces, intercalées d’une façon régulière et constante entre les systoles efficaces, ne se traduisant par aucun signe d’auscultation et échappant à l’inspection, la pointe du cœur étant peu perceptible. Ces systoles ont leur importance, puisque, dans le cas publié par nous, le rythme du ventri- • cule se trouvait porté d’une façon habituelle à 180 contractions par minute.

E) Synergie et asynergie pulmonaire bilatérale. Recherches entreprises récemment en collaboration avec M. Hermann en vue d’étudier la question des suppléances respiratoires fonctionnelles.

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