CHAPITRE IV
INFECTIONS paratyphoïdes
338. — Note préliminaire sur un certain nombre d’infections paratyphoïdiques (29)
(ayec Ribadeau-Domas).
353. — Fréquence des paratyphoïdes en 1905. Intervention des paratyphiques dans
l'Ictère. Société médicale des Hôpitaux, 9 juillet 1915.
354. — Infecticn paratyphique chez les sujets vaccinés contre la fièvre typhoïde.
Société médicale des Hôpitaux, il février 1916.
355. — (Salanier). Caractères particuliers d’un baciile de ia série paratyphique
isolé du pus d’une arthrite primitive de l'épaule. Société de Biologie, 29 juillet 1916.
356. — Quatre observations d’arthrites supputées à bacilles paratyphiques B chez les
enfants. Société de Pédiatrie, 20 mai 1919 (avec Mozss et Salabikb).
Au cours de l’été et de l’automne 1905 nous avons, avec noire élève et ami Ribadeau-üumas, reconnu l’intervention des bacilles paratyphiques et notamment des bacilles paratyphiques A dans l’étiologie d’un grand nombre d’étals morbides. Nous nous appuyions pour cette détermination sur la méthode des agglutinations. Nous n’ignorions pas les objections que l’on pouvait faire en raison des coagglutinations. Mais dans toutes nos observations le taux de l’agglutination élail recherche en môme temps pour les bacilles d’Éberth, les bacilles paratyphiques A et B et le bacille de Gaertner et nous incriminions le bacille agglutiné au taux le plus élevé.
D’ailleurs, en examinant à des dates successives au cours de la maladie le sang des mêmes sujets, nous avons vu l’agglutination principale persister, tandis que déclinaient et disparaissaient les coagglutinations.
Chez certains sujets sains, appartenant à une famille où existait un cas de paratyphoïde, nous avons reconnu l’absence de toute agglutination. Quand ils étaient pris à leur tour, leur sérum au début agglutinait faiblement et exclusivement le bacille paratyphique incriminé chez les premiers malades et plus tard seulement l’agglutination portait sur les autres types (341).
Dans des cas observés ultérieurement, le diagnostic de l’infection paratyphique a pu être fait par l’hémoculture. Au point de vue clinique nous avons signalé la fréquence de l’ictère dans les infections provoquées par le bacille paratyphique A (339, 351, 352).
Cette inlerventioii dans l’ictère des bacilles paratyphiques et surtout du bacille du type A a été confirmée par Carnot et Weill-Hallé, Clunet et Sarrailhe, Costa et Troisier, etc.
Si dans la plupart des cas, les affections causées par les bacilles paratyphiques se sont montrées plus bénignes et moins longues que les fièvres typhoïdes vraies, il n’en est pas toujours ainsi.
Nous avons relaté un certain nombre d’observations de maladies provoquées par les bacilles entéritis de Gaertner qui ont présenté une grande diversité symptomatique, évoluant sous la forme de fièvre rémittente ou intermittente de longue durée, ou accompagnées de déterminations viscérales (pleurésie, péricardite etc.) (347, 348).
La maladie revêt l’apparence des gastro-entérites dans les cas provoqués par l’ingestion de gâteaux à la crème (349), de pâtés (350), etc.
Nos observations n’ont à ce moment suscité qu’un nombre relativement minime de recherches confirmatives. La guerre récente a, par contre, mis en relief l’imporiance de ces infections paratyphiques. On n’en saurait trouver de meilleure preuve que l’adjonction des vaccins paratyphiques A et B au vaccin typhique, adjonction actuellement en vigueur dans les différentes armées.
Les fièvres paratyphiques accompagnées d’ictères évoluaient assez souvent en deux temps. Séparés par une apyrexie rappelant le tableau clinique de l’ictère infectieux de Weil (351).
Depuis que les auteurs japonais Inada et Ido, et en Europe Hubener et
Reiter, Uhlenhuth et Fromme en Allemagne, Sloke et Ryle dans l’armée anglaise, Louis Martin et Auguste Pettit en France ont établi l’intervention fréquente d’un spirochète dans les ictères infectieux. 11 y avait lieu de se demander si dans nos cas de 1905 nous n’avions pas eu affaire à des spirochètes. M. Auguste Pettit a bien voulu rechercher dans le sang de nos anciens malades la présence des propriétés immunisantes et des agglutinines et n’en a point trouvé trace.
Notre élève Salanier a montré dans le pus d’une arthrite de l’épaule un bacille de la série paratyphique présentant quelques caractères particuliers (355). Nous avons, avec lui etM. Mozer, rencontré des bacilles paratyphiques dans le pus des arthrites de trois autres enfants. Sur ces quatre cas, trois se rapportaient à des nourrissons (355). Il convient de remarquer que. dans le travail sur les infections paratyphoïdiques d’Achard et de Bensaude publié le 27 novembre 1896 à la Société médicale des hôpitaux de Paris, l’un des échantillons du bacille avait été isolé du pus d’une arthrite sterno-claviculaire. Les arthrites suppurées à paratyphiques B comportent un pronostic favorable et guérissent sans laisser aucnne lésion ultérieure. Chez les adultes, l’infection paratyphique B peut se manifester avec les caractères d’un rhumatisme articulaire aigu.