IV. — Traitement de l'Hypertension
Les modifications è remplir sont complexes, comme les conditions de l’hypertension elle-même, sous la dépendance de causes primordiales et adjuvantes et suivant leur mécanisme d’action.
Prophylaxie Hygiène générale.
Mise en jeu des actions calmantes, antispasmodiques, ou plus directement vasodilatatrices.
Organothérapie.
Traitement prolongé des séquelles des processus infectieux ou toxiques qui conditionnent la sclérose vasculaire.
Médication antitoxique : régime alimentaire lacté, achloruré, purgatifs salins, diurétiques comme la théobromine, saignée.
Faciliter les circulations périphériques : frictions, vie au grand air, repos, hydrothérapie.
Utilisation des agents hypotenseurs; trinitrine, tétranitrol, nitrites, iodures, bromures, révulsifs, d'Arsonvaiisation, sérum de Trunecek.
Médication antiscléreuse résolutive : iodures.
Éviter les crises d’hypertension et surveiller toutes les méiopragies.
Syndromes avec Hypotension
Nous admettons qu’il y a hypotension au dessous de 12 à 13 cm., au Potain. Les trois facteurs de l’hypotension sont toujours : le cœur, les vaisseaux et la masse sanguine.
La difficulté très grande et bien souvent quasi insoluble consiste dans l'appréciation respective des facteurs qui entrent en jeu pour constituer le degré de l'hypotension.
1” Causes mécaniques. — Dans les hémorragies abondantes ou répétées, la diminution de la masse sanguine peut être seule responsable d’hypotensions très graves, et faire indication thérapeutique précise. Les diarrhées profuses, les vomissements incoercibles, les sueurs excessives sont dès facteurs d’hypotension.
Celle-ci est encore la conséquence de tout obstacle à la ciiculation pulmonaire, comme aussi d’une décompression brusque.
L’insuffisance du cœur conditionne l’hypotension dans tous les états qui vont du surmenage cardiaque à l’hyposystolie, jusqu’à la défaite cardiaque.
2" Causes nerueases. — L’asthénie du système nerveux, quelle qu’en soit l’origine (commotion, shock, états de dépression.. ) porte à la fois sur le tonus cardiaque et le tonus
Un rôle très important doit être attribué aux troubles vasomoteurs dont l’origine est en général sous la dépendance d’actions nerveuses centrales.
3” Causes toxiques. — Ce sont celles qui pratiquement s'imposent le plus à l’attention des cliniciens.
Elles comprennent les substances chimiques hypotensives dont un certain nombre sont utilisées à fins thérapeutiques (nitrite d’àmyle, trinitrine, indurés, chloroforme, opium...).
La plupart des iiitoxicalions • chimiques s'accompagnent d’hypotension ; de même, en dehors du plomb, les intoxications professionnelles (mercure, phosphore, arsenic), comme aussi certaines intoxications accidentelles (oxyde de carbone, moules, champignons).
Beaucoup de secrétions internes sont hypotensives ; thyroïde, ovaire, testicule, poumon, foie, et il faut, par ailleurs, tenir compte de l’hypoépinéphrie.
4“ Causes infectieuses. — La plupart des poisons microbiens abaissent la pression artérielle, en agissant à la fois, mais avec une élection plus ou moins marquée, sur la fibre cardiaque, sur les petits vaisseaux et sur le système nerveux, la vaso dilatation, dans l'ensemble, constituant l’élément primitif habituel de l'hypotension.
De l'étude clinique étendue que nous avons faite, notamment pour la lièvre typho'ide, il résulte que nous devons envisager l'hypotension comme un signe qui doit être interprété, c’està dire qui ne doit pas être apprécié isolément, mais rapproché des autres moyens d’information que la clinique impose d’abord à notre examen, et en particulier l’examen du cœur et du foie.
La marche habituelle de la tension dans la fièvre typhoïde normale consiste en une hypotension assez irrégulière à la période d’état (15 à 12) avec diminution, en général, à la défervescence (13 à 10) et relèvement, avec oscillations fréquentes, dans la convalescence.
L’analyse de la tension des typhiques peut faire prévoir la rechute et l’hémorragie intestinale.
Nous n’acceptons pas intégralement l’opinion qui inféode le degré de l’hypotension è la gravité de l’infection, mais l’étude de l’hypotension au cours des maladies intectieuses, variole, grippe, érysipèle, pneumonie, pleurésie, tuberculose, n’en a pas moins montré l’importance au point de vue diagnostique, pronostique et thérapeutique, comme aussi au point de vue nosologique. L’ensemble de nos recherches nous permet de penser que la donnée de l’hypotension dans la tuber culose vulgaire est un des résultats les mieux assis de la méthode et des plus féconds sur le terrain clinique.
L’hypotension ne constitue pas une manifestation isolée ; elle fait partie de syndromes, c’est-à-dire d’effets variés dépendant eux-mêmes de causes multiples. C’est une résultante et son chiffre doit toujours être interprété.
Du côté du cœur, il faut tenir compte de la tachychardie, de l’affaiblissement, pouvant aller jusqu’à la disparition presque complète du premier bruit, de l’arythmie, de l’embryocardie, de l’atténuation plus ou moins marquée du deuxième bruit aortique.
Du côté du pouls, nous serons renseignés par la rapidité, l’instabilité, l’irrégularité, l’inégalité, la dépressibilité et un dicrotisme exagéré.
Du côté des vaisseaux périphériques, noua devons noter la cyanose, les œdèmes, les congestions passives, l’oligurie.
Trailemenl. — Malgré les réserves que nous avons dû faire, la constatation de l’hypotension, de son degré et de ses variations n’en reste pas moins susceptible d’indications cliniques précieuses.
C’esl un signe qui peut nous renseigner sur la nature de la maladie, nous donner des informations sur l’évolution de celle-ci, nous aider dans le diagnostic précoce et le pronostic et fournir des indications thérapeutiques
La digitale n’a que des indications limitées La spartéine, le strophantus, le convallaria sont avant tout également des médicaments cardiaques.
C’est h la médication toni-vasculaire qu’il faut surtout faire appel ; strychnine, camphre, éther, caféine, ergotine, adrénaline.
Nous attachons la plus grande importance aux pratiques hydrothérapiqueset considérons comme moyen le plus efficace les grandes injections salines.
Les injections salées relèvent toujours la pression sanguine abaissée ; leur action est pour ainsi dire immédiate et d’ordre vaso-constricteur. Leur étude a fait l’objet d’un certain nombre de nos travaux personnels.
Considérations générales sur l’Hérédité nerveuse, in Monlp. méd. 1902, n"20 et 21, t. XIV. — Leçon d'ouverture des Conférences de Pathologie interne sur les maladies du système nerveux faite le 7 mars 1902 C est par le système nerveux que sont réglées toutes nos activités. Le.s sensations, les mouvements et les idées, qui sont des forces, c’est-è-dire des formes du mouvement, présentent chez l'homme leur énergie et leur valeur la plus haute, en raison de la différenciation exquise des éléments anatomiques qui sont leur substratum matériel.
C’est par la « potentialité » de son système nerveux que l’être humain se caractérise.
L’hérédité nerveuse est une hérédité cellulaire.
L’être vivant apparaît comme une résultante des forces héréditaire et évolutive, comme la vie elle même est « une accommodation continue des réactions internes et des relations externes ».
Le mécanisme de l’hérédité ne s’est dégagé qu’avec les
études de Virchow sur la théorie cellulaire des organismes, éclairée par l’objectif du microscope et les travaux de Pasteur sur la pébrine et la flacherie, établissant l’hérédité de germe et l'hérédité de terrain.
La cellule embryonnaire est la première étape de notre individualité ; les donations héréditaires sont incluses dans la chromatine de son noyau. Mais les phénomènes nucléaires de maturation que subissent avant de s’unir les cellules germes, empêchent que l’hérédité s’accumule quantitativement et fatalement, permettant en quelque sorte à une certaine individualité de s’établir dès l’origine, les actions héréditaires pouvant s’exprimer ensuite par des dispositions ou des prédispositions.
La variation peut pénétrer l’hérédité par la transmission des caractères acquis et des altérations morbides. Il y a une hérédité tissulaire et les parentés héréditaires morbides proviennent des combinaisons des hérédités tissulaires.
En dehors de l’hérédité propre du système nerveux, c’est par lui que sont transmises aux cellules germes toutes nos activités de tissus.
L’hérédité nerveuse proprement dite, semblable ou dissemblable, s’exerce sur tous les membres de la famille névropathique.
L’hérédité nerveuse domine les psychoses, on peut dire dans toutes leurs formes et d’une façon particulièrement significative dans la folie des dégénérés, les syndromes épisodiques des héréditaires.
Les psychoses et les névroses présentent des rapports intimes, parce qu’elles relèvent de la même hérédité névropathique : transmission de la lare nerveuse, du terrain propice aux éclosions, de l’aptitude morbide, de la prédisposition, bien plus ordinairement que de l’ajïection similaire.
C’est en vertu de cette prédisposition que les héréditaires feront dans l’enfance des convulsions et du délire, à la sortie d’une dent ou d’une éruption, qu’ils réaliseront par exemple
l’hystérie, l’épilepsie, la chorée ou la maladie des tics dans l’adolescence, le p;oître exophtalmique ou la paralysie agitante dans l’âge adulte, le tremblement ou la démence séniles.
L’hérédité nerveuse qui est à la base des psychoses et des névroses se montre également à l'origine des affections du système nerveux qui se marquent par des lésions anatomiques. Dans la paralysie générale, le tabes, l'action nocive delà syphilis s’exerce habituellement sur un terrain apprêté par l’hérédité ; de même dans les différentes myélites systématisées, les atrophies musculaires myélopathiques (paralysie infantile, maladie d'Aran-Duchenne, maladie de Charcot), ou encore dans les myélites non systématiques : maladie de Landry, sclérose en plaques, myélite transverse...
Dans d’autres cas l’hérédité est homologue ; maladie de Friedreich, de Thomsen, syndrome atrophique Charcot- Marie, myopathies Landouzy-Déjerine, Erb, Duchenne ou Leyden-Mœbius.
Au cours des maladies infectieuses ou toxiques le rôle de l’hérédité nerveuse n’est pas étranger à leurs manifestations nerveuses : délire maniaque du début, mélancolique de la convalescence, sans couleur spéciale, suivant les processus infectieux ou toxiques qui ont mis en branle la tare psychonévropathique, tandis que par ailleurs le poison aggrave la disposition héréditaire par une action dystrophique propre, d’ordre dégénératif, retentissant sur les cellules sexuées et transmise à son tour. L’ivrogne qui procrée risque non seulement la dipsomanie chez son rejeton, mais encore les divers états de dégénérescence, physique, intellectuelle ou morale.
Il en est de même pour d’autres hérédités tissulaires ; les poisons endogènes, produits de notre métabolisme, des modifications de nos éléments cellulaires qui conditionnent les tempéraments, les diathèses, peuvent se répercuter sur nos cellules génératrices et retentir également sur l’état du système nerveux de l'enfant rendu dès lors facilement vulnérable.
La souche commune d’où dérivent les divers membres de
la famille névropathique paraît résider dans l'élaboration imparfaite de la force nerveuse, dans l’épuisement nerveux, ta neurasthénie qui nous apparaît comme l’expression de Y insuffisance neroease.
Il faut éviter toutes les causes de déchéance, car nous subissons, par l’adaptation, des modifications qui combattent ou corrigent l’hérédité. Notre individualité physique et morale est le résultat de l’hérédité et du milieu. Nous sommes capables d’acquérir une conscience, une volonté et une responsabilité suffisantes.