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IV. ÉPOQUE OLIGOCÈNE

A l’époque oligocène, il existait sur tout le bord extérieur de la chaîne des Alpes, de Nice à Vienne, un large bras de merfst/nclind subalpin) où se sont accumulés les puissants dépôts du Flysch. A l’ouest et au nord de ce synclinal, un régime submaritime s’était établi avec des lagunes saumâtres qui couvraient la presque totalité de la dépression Rhône-Saône jusqu’au bord du Plateau central, et communiquaient même vraisemblablement avec les lagunes des vallées de la Loire et de l’Ailier, tributaires de la mer du bassin de Paris.

Mes études ont porté en partie sur les dépôts oligocènes marins des Basses-Alpes et de Provence, mais surtout sur les dépôts lagunaires si étendus et si caractéristiques de cette période.

Basses Alpes. — Aux environs de Barrême, j’ai décrit(72, 74) la succession détaillée des horizons oligocènes, marins à la base (faune sannoisienne des grès de Barrême), laguno-marins ensuite (calcaires à Nysties et à Potamides) enfin exclusivement fluvioterrestres au sommet (couches à Unio et Hélix Ramondi). Ces divers niveaux correspondant aux degrés divers de dessalure du milieu dans lequel les couches se sont formées, degré qui va en diminuant de la base au sommet, nous indique la régression graduelle de la mer sur le bord du synclinal subalpin.

Côte de Provence. — La mer est venue baigner la côte de Provence à la fin de l’Oligocène et a laissé aux environs de Carry des dépôts aquitaniens d’une richesse paléontologique très remarquable.

J’ai fait connaître en détail dans une monographie déjà citée (24, 119) la stratigraphie et la faune de cet étage si peu répandu sous son faciès marin, et j’ai dégagé de cette étude quelques considérations générales intéressantes:

1“ La transgression marine aquitanienne sur la côte de Provence est l’indice et le début de la transgression progressive et beaucoup plus étendue de la mer Miocène.

2“ La continuité de la sédimentation et de la faune depuis l’Aquitanien jusqu’à l’Helvétien y est des plus remarquables, au point qu’il est asset difficile d’y tracer des séparations un peu nettes entre les divers étages. Il y a là un argument très fort en faveur des géologues qui proposent de rattacher l’Aquitanien au Miocène plutôt qu’à l’Oligocène.

3“ Le contour de la côte de Carry n’a subi que de faibles modifications pendant toute la durée de ces dépôts. La géographie de cette côte était à peine distincte de la géographie actuelle.

Bassin de Marseille. — Le bassin tertiaire de Marseille avait été fort peu étudié. C’est un large synclinal de terrains oligocènes avec des revêtements assez étendus de tufs et cailloutis pliocènes (aS, 119).

L’Oligocène, très épais, est laguno-lacustre à la base (lignites et calcaires sannoisiens à Nystieset Potamides),et fluvio-lacustre au sommet (argiles rouges -de Saint-Henri et poudingues de Marseille). Ces poudingues sont fort intéressants à suivre dans la vallée de l’Huveaune, car ils dessinent le trajet d’une ancienne rivière oligocène dont l’estuaire, indiqué par des Mollusques spéciaux (Cyrénes, Psammobies), se trouvait dans la région de Les-

Les tufs du Pliocène supérieur, très développés et contenant une riche flore terrestre, forment, ainsi que c’est le cas dans beaucoup de pays méditerranéens, une sorte de croûte de ruissellement à la surface des plateaux oligocènes.

Bassins d’Apt et de Poroalquier. — Les levés géologiques que j’ai exécutés sur la feuille de Foroalquier m’ont fourni l’occasion d’une étude des formations oligocènes saumâtres du Vaucluse et des Basses-Alpes (98, 121).

L’Oligocène uni à sa base avee l’Eocène supérieur forme dans toute cette région une série stratigraphique (groupe d’Aix de Fontannes) transgressive et discordante sur l’Eocène moyen et les formations plus anciennes.

L’Eocène supérieur est formé de marnes bariolées à Limnées et faune d’eau douce et terrestre. L’élément saumâtre intervient avec les calcaires à Cyrènes et Striatelles que surmontent de puissants dépôts de'gypse, produit d’évaporation des eaux de lagunes salées. Des calcaires en plaquettes à Hydrobies et enfin des calcaires à Hélix Ramondi terminent la série, associés à des marnes rouges et à des conglomérats fluvio-terrestres, indiquant la régression progressive des eaux marines à la fin de l’Oligocène.

Vers le Nord-Est, ces diverses assises se fondent dans une puissante formation élastique rouge qui est le delta torrentiel d’une Durance oligocène provenant des chaînes alpines déjà émergées et plissées.

Bassin d’Alais. — Le bassin tertiaire d’Alais, vaste dépression allongée Nord-Sud entre les plateaux crétaeés d’Uzès et le pied des Cévennes, avait déjà donné lieu à des études nombreuses qui étaient loin d’avoir fixé la stratigraphie exacte de ce bassin. J’ai repris (en collaboration avec MM. Fabre et Roman) l’étude détaillée de cette région et j’ai donné dans deux notes (98, 98) un résumé d’ensemble de son histoire géologique.

L’un des points importants de ces recherches a été de délimiter les formations de l’Eocène inférieur (sables et argiles bigarrés) et de l'Eocène moyen (calcaires et grès Lutétiens et Barloniens) jusque-là confondus avec l’Oligocène. Ce dernier terrain débute avec l’introduction des eaux salées dans les dépressions lacustres

éocènes ; celle-ci se manifeste par l’arrivée des Potamides et des Hydrobies encore mélangées avec les Limnées et les Planorbes comme cela est la règle dans les dépôts saumâtres.

VOligocène inférieur est particulièrement puissant et nous présente peut-être le type français le plus remarquable de cet étage. Aux calcaires à Potamides de la base succède l’interminable série des plaquettes à Cyrènes, à empreintes de poissons, de plantes et d’insectes, puis les grès à flore de Célas, enfin les calcaires à Striaielh harjacensis et Melanol'des albigensis. Ce dernier horizon seul passe transgressivement dans les lagunes de la haute vallée de l’Ailier jusque-là séparées de celles du bassin méditerranéen.

VOligocène moyen et supérieur du bassin d’Alais sont moins intéressants ; ils sont formés surtout d’argiles et de conglomérats rouges indiquant une phase régressive très accentuée.

Oligocène d’Espagne. — J’ai pu poursuivre en Espagne dans la province de Barcelone, grâce aux découvertes de M. l’ingénieur Vidal, mes études sur l’Oligocène à faciès saumâtre (86, 9$). Au-dessus des puissantes masses de poudingues du célèbre Montserrat, viennent des marnes et des grès au milieu desquels s’intercale à Calaf une lentille ligniteuse exploitée. J’ai retrouvé avec satisfaction dans ces couches la faune de Mollusques des calcaires à Striatelles et Mélanoïdes du bassin d’Alais, ce qui m’a permis un classement rigoureux des lignites de Calaf et des poudingues du Montserrat qui leur sont subordonnés.

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