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GÉNÉRALITÉS

Un point de pratique.

Quelle conduite doit tenir le médecin dans le cas où, consulté en ville par une femme qui vient lui demander « ce qu’elle a », il découvre sur elle la syphilis?

Doit-il dans tous les cas, indifféremment et invariablement, dénoncer à cette femme la maladie dont elle est atteinte? — Ou bien n’est-il pas des cas où il est autorisé à la taire, pour le plus grand bien de tous et dans l’intérêt même de cette femme? — Discussion.

Comment il faut concevoir la syphilis de nos jours.

Des facteurs de gravité de la syphilis.

Un fait d’observation s’impose : c’est la gravité particulière, insolite et parfois même extraordinaire, qu’affecte la syphilis sur certains sujets.

Sans doute le pourquoi du phénomène nous échappe assez souvent. Mais, en bon nombre de cas aussi, il nous est révélé par l’analyse étiologique des conditions propres aux malades. Ces conditions aggravantes, qui communiquent à la syphilis une intensité spéciale et que, pour cette raison, on a dénommées facteurs de gravité de la syphilis, sont loin de nous être toutes connues. Quelques-unes cependant sont déjà nettement déterminées par l’observation et peuvent être réparties dans les sept groupes suivants :

1° Conditions d 'âge. — La syphilis est particulièrement grave aux âges extrêmes de la vie, chez le tout jeune enfant et chez le vieillard.

2° Conditions de santé habituelle, de constitution native, de tempérament ;

3° Prédispositions héréditaires ou acquises;

4° Influences dépressives de tout ordre (misère, surmenages de tout genre irrégularités de vie et d’habitudes, conditions défectueuses d’hygiène, influences d’ordre moral, etc., etc.);

5" Scrofule, tuberculose;

6° Alcoolisme ;

7° Impaludisme.

Le tertiarisme précoce.

(Gazelle médicale de Paris, 189*.;

I. — Début possible et même fréquentdu tertiarisme dès la première année de l’infection. — Quotient de ce tertiarisme précoce à peu près égal à celui des 8°, 9‘, 10 e années, et supérieur à celui des années subséquentes.

II. — Deux modes d’entrée en scène : soit à la suite d’une syphilis initialement normale, soit d’emblée.

III. — Quelles manifestations composent ce tertiarisme précoce?—Deux ordres d’accidents à fréquence très prédominante : lésions cutanées et déterminations nerveuses.

IV. — Lésions cutanées à forme ulcérative plutôt que sèche. — Phagédénisme fréquent. — Forme maligne, galopante, sidérante, pouvant entraîner la mort à très courte échéance.

V. — Déterminations nerveuses portant sur les nerfs, la moelle et le

1“ Nerfs : névrite optique suivie d’atrophie rapide. — Surdité foudroyante.

2“ Cerveau. — Syphilis cérébrale précoce, pouvant faire invasion dès le 5”, le 4°, et même le 3° mois.

3° Moelle. —Myélopathies relativement plus fréquentes, graves, malignes, voire fréquemment mortelles (16 morts sur 52 cas).

VI. — La syphilis peut donc être mortelle dès sa première année, et cela

presque exclusivement de par ses déterminations nerveuses, notamment de par ses myélopathies.

Des étapes ultimes de la syphilis.

Sous quelles formes symptomatologiques se manifeste la syphilis alors qu’elle entre en scène à de longues distances chronologiques au delà de son début, par exemple trente, quarante, cinquante ans après son accident primitif, le chancre?

Parallèle entre ce tertiarisme tardif, ultra-tardif, de la syphilis vieillie elle tertiarisme courant des premières années de l’infection.

Le plus souvent et de beaucoup ces manifestations si étonnamment tardives sont les premières manifestations tertiaires de la maladie.

Le plus souvent et de beaucoup ces manifestations tardives relèvent de syphilis originairement bénignes, jusqu’alors bénignes, mais insuffisamment traitées à leur début.

Des syphilis ignorées.

D’une façon infiniment plus fréquente qu’on n’oserait le supposer, la syphilis reste ignorée du sujet qui en est affecté.

Quelles raisons expliquent que la syphilis puisse passer inaperçue et rester ignorée ?

Fréquence bien plus grande des syphilis ignorées chez la femme que chez l’homme (t8 p. 100 contre 3 p. 100); — et dans la clientèle d’hôpital que dans la clientèle de ville.

Contagion tardive de la syphilis. — Un exemple de syphilis restée contagieuse treize ans après le chancre.

(Bulletin de la Société de dermatologie et de syphiligraphie, 1900.)

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