‹ Exposé des titresChapitre 54 sur 55 · STÉRILISATION DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

STÉRILISATION DE LA SYPHILIS

I. — De fait, il est des syphilis stériles, qui n’ont pas de postérité, comme il est des syphilis fécondes, même ultra-fécondes, qui engendrent autour d’elles nombre d’autres syphilis. — Exemples.

II. — Quelles conditions réalisent la stérilité ou lafécondité d’une syphilis?

III. — Quels sont, dans lasyphilis, les agents de transmission contagieuse?

IV. —11 est, dans lasyphilis, un ordre d’accidents qui, à lui seul, réalise plus de contagions que tous les autres réunis : c’est la plaque muqueuse. — Donc, au point de vue de la prophylaxie, c’est la plaque muqueuse (de n’importe quel siège d’ailleurs) qu’il importe le plus à la fois et de prévenir et de combattre quand elle s’est produite.

V. — Moyens auxquels il convient de faire appel pour contenir et restreindre dans la mesure du possible l’expansion contagieuse de la syphilis :

1° Traitement.

2° Vulgarisation, notamment dans le public des malades, des procédés multiples et divers de la contagion syphilitique. — Instructions, brochures élémentaires, conférences, pouvant contribuer à ce but.

3° Hospitalisation.

4° Surveillance des prostituées et internement des prostituées reconnues malades.

5° Réorganisation sur un plan nouveau du traitement externe de la syphilis, le seul dont on puisse espérer la curation de la maladie.

Une autre partie de cet exposé est consacrée à la réfutation des doctrines abolitionnistes. On sait qu’une société anglaise, portant actuellement le nom de Fédération britannique et continentale, s’est armée en guerre contre toute répression administrative de la prostitution, que cette Société a été assez puissante pour obtenir du Parlement anglais, en 1886, le retrait des Acts, c’est-à-dire l’abrogation de toute surveillance sur les prostituées dans le Royaume-Uni, et qu’enfin, de nos jours, sur le continent spécialement, elle

continue en ce sens, à la façon d'une véritable armée du salut , la plus active des propagandes. Or, ce qui constitue un véritable abîme entre cette société et nous, hygiénistes ou médecins, c’est le peu de compte qu’elle tient de la syphilis dans ses conceptions abolitionnistes. A parler net, elle ne se préoccupe que très secondairement et très accessoirement de la syphilis. Pour les abolitionnistes, la syphilis est vraiment quantité négligeable, tandis que leur souci, c’est l’état d’âme du malade ou, mieux, de l’homme qui a péché. Qu’on en juge par la citation suivante :

« Que l’homme qui s’abaisse jusqu’à entrer dans une maison de tolérance pour y satisfaire sa passion charnelle, puisse en rapporter une maladie honteuse, nous ne trouvons pas cela mauvais (!) et nous ne perdrons pas de temps à nous apitoyer sur son sort ». — Que dis-je ? Non seulement la syphilis, pour les abolitionnistes, est une juste punition du péché, mais, en outre, c’est « un mal parfois utile et salutaire » (!), parce que c’est un « mal que Dieu a envoyé pour corrompre la chair luxurieuse ». La syphilis devient ainsi un frein salutaire que Dieu a voulu imposer au déréglement des mœurs, un gardien naturel de nos âmes et la sauvegarde de la vie morale, c’est-à-dire un agent de notre salut dans un autre monde.

Pas de conciliation possible entre de telles doctrines et le devoir médical. Ce devoir, pour le médecin qui connaît la syphilis par métier, qui sait ce qu’elle est et le mal qu’elle peut faire, est de consacrer tous ses efforts à sauvegarder par tous les moyens possibles la société d’un des pires fléaux qui la menacent.

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