‹ Exposé des titres scientifiquesChapitre 5 sur 11 · H. — PATHOLOGIE CHIRURGICALE · texte numérisé non relu

H. — PATHOLOGIE CHIRURGICALE

11 serait trop long de reproduire ici, même sous forme d’indication, les faits nouveaux consignés dans.eette partie de l’ouvrage de l’auteur. L’extrait suivant du rapport de la commission suppléera à cette indication :

« Cette troisième section du programme comprend la partie philosophique et à la fois scientifique et pratique de l'histoire des difformités. La détermination des causes conduit à la distinction logique des faits, celle-ci à leur classification, et leur classification méthodique à une connaissance plus intime de leurs rapports et des lois qui les régissent. M. J. Guérin s’est montré à la hauteur de cette partie du programme, tant par les vues importantes qu'il y a répandues, que par les faits spéciaux qu’il y a consignés. Et d’abord voici textuellement l’expression d’une loi générale Àsmi l’Académie appréciera l’originalité et la portée.

. Les causes essentielles des difformités, dit M. J. Guérin, possèdent une telle spécificité d'action, à l'égard des » déformations auxquelles elles donnent naissance, que chacune de ces causes se traduit à l’extérieur pâr des ca- . ractères qui lui sont propres, et à l’aide desquels on peut, en général, par la difformité diagnostiquer la cause, et » par la cause déterminer la difformité ; d’où il suit que la causalité essentielle est la seule vraie base de distinction . pour la classification et le traitement des difformités. >

» Cette loi, l’auteur l’a appliquée à l'histoire de toutes les difformités, et la commission en a vérifié la justesse dans une application expérimentale aux deux plus grandes classes des difformités du tronc, aux déviations de la colonne vertébrale, et aux difformités du thorax.

■ Mais ce n’était point assez d’assigner les principes généraux de la distinction nosologique et pratique des difformités, il fallait encore rechercher la source des causes spéciales qui président à leur formation.

» 1“ A l’égard à "’

• 2° Dans les déviations musculaires , que l’auteur a distinguées en passives et en actives, suivant qu’elles dépendent d'un défaut de résistance musculaire ou d'un trouble actif de leur action, il a déterminé anatomiquement, physiologiquement et mécaniquement une espèce de déviation produite dans l’age de la puberté chez la femme, par l'élongation disproportionnée ou trop rapide de la colonne : fait nouveau qui rend raison delà déviation si fréquente de 13 à 15 ans chez les jeunes 011es. La détermination de cette espèce de déviation repose a la fois sur une loi physiologique trouvée expérimentalement par l’auteur, savoir : que la croissance de la puberté chez les femmes s’opère principalement par l’élongation delà colonne vertébrale ; et sur cette circonstance matérielle que les colonnes atteintes de l’espèce de déviation dont il s’agit sont dans les rapports de longueur avec la hauteur de la taille et l’âge du sujet, sensiblement supérieurs.

• 3“ Dans les déviations osseuses, l’auteur a démontré l’existence d’une espèce de déviation produite par ïinégalité primitive des deux moitiés de la colonne vertébrale.

■ Ce fait, déjà entrevu et soupçonné par M. Serres, aux recherches anatomiques duquel il se rattache, a été mis en évidence par M. J. Guérin, qui en a déterminé le mécanisme et les caractères. Cette espèce de déviations comprend presque toutes celles qui sont héréditaires, qu’on avait injustement attribuées au rachitisme, et qui se développent ordinairement vers l’âge de 7 à 10 ans avec l’apparence de la plus parfaite santé.

■ 4" M. J. Guérin a encore fait connaître un nouvel ordre de difformités de l’épine qu’il a appelées difformités composées, résultant de l’association de la déviation latérale avec l’excurvation, dont les caractères offrent la combinaison de ces deux ordres de difformités simples.

• 5“ A l’égard des difformités du thorax, l’auteur a indiqué deux ordres de causes nouvelles, et par conséquent deux ordres nouveaux de difformités, celles produites par les troubles ou arrêts de développement de la première et de la seconde période de l’ostéogénie du sternum : les premières, caractérisées par une réunion incomplète et un défaut desymét s des deux moitiés latérales du sternum; les secondes par un retard de l’ossiûçation, par une brièveté, par une dépression ou saillie centrale du sternum. Ces deux ordres de faits sont basés sur-une distinction lumineuse établie par l’auteur entre les deux périodes de l’ostéogénie, et sur la démonstration donnée par M. Serres du développement billde du sternum (1). >

Ce travail est une systématisation des premières recherches de l’auteur, consignées dans l’ouvrage couronné par l’Académie des sciences en 4837.

Voici comment la commission s’exprimait, dans son rapport, à l’égard des premières observations qui ont servi de point de départ à la théorie de l’auteur :

* La commission s’est spécialement arrêtée sur deux ordres de recherches d’une très-grande importance et dont l’indication va clore dignement l’analyse de cette partie du travail de M. Guérin : nous voulons parler de l’histoire, des difformités générales chez les monstres et le fœtus.

-i . Difformités oénébalds chez les monstres et le foetus. —Dans un premier ordre de faits, M. J. Guérin a

rassemblé et décrit une série de monstres anencéphales, sur lesquels se trouvaient simultanément réunies toutes les difformités du système osseux qui se passent dans les articulations, telles que : déviations de l’épine, difformités du thorax, luxations des fémurs, des genoux, luxations ou subluxations des coudes, des poignets et des pieds (piedsbots, mains-bots); en un mot, déplacements plus ou moins complets de toutes les surfaces articulaires. A côté de-ce premier fait général, il s'en trouvait un autre non moins général et non moins bien exprimé : c'est que toutes les difformités portées au plus haut degré des deux côtés étaient accompagnées d'une rétraction générale convulsive du système musculaire, et avaient lieu rigoureusement dans le sens de cette rétraction. De leur côté, les nerfs étaient tendus, raccourcis et considérablement hypertrophiés. Enfin, en explorant les débris de l’encéphale, l'auteur trouva les méninges déchirées, frangées, à moitié disparues, et la cavité du crâne rédiiite â bit très-petit espace irrégulier, formé par l’affaissement de ses parois qui étaient disjointes et en partie détruites.

* Dans un second ordre de faits, l'auteur a réuni un certain nombre de monstruosités, dans lesquelles le cerveau et la moelle épinière, mal conformés et plus ou moins incomplets, avaient subi des déplacements notables et étaient accompagnés de poches hydrocéphaliques et hydrorachidiennes plus ou moins considérables Avec cet état du cerveau coïncidait la généralité des difformités observées dans la catégorie précédente, c'est-à-dire rétraction musculaire générale et luxations et subluxations de toutes les articulations.

» Dans un troisième ordre de faits, l’auteur a rassemblé des fœtus humains et de veau, chez lesquels une hydrocéphale très-dèveloppèe coïncidait avec la rétraction générale du système musculaire et les difformités permanentes indiquées précédemment.

» Dans une quatrième catégorie de faits, il a rassemblé des fœtus chez lesquels les mêmes difformités, quoique portées à un haut degré, présentaient néanmoins une différence de degré et de développement très-marquée à droite et à gauche, coïncidant toujours avec une rétraction spasmodique proportionnée des muscles correspondants.

« Dans une cinquième catégorie de faits, il a réuni des fœtus chez lesquels les difformités limitées à un seul côlédu corps et toujours caractérisées par la rétraction des muscles, coïncidaient avec les traces d’une affection cérébrale

■ Enfin, dans une sixième et dernière catégorie de faits, l'auteur a réuni une série d’observations recueillies sur des sujets vivants, offrant, avec des traces non équivoques d’une affection cérébrale antérieure à la naissance, une réunion de difformités décroissantes, depuis la difformité générale simultanée des pieds, des mains et de l’épine, jusqu’à la difformité d’un seul pied ou d'une seule main.

» En présence de cette succession de faits, l’auteur a présumé qu’il y avait là comme des degrés différents d'une cause commune, et a cru y trouver l’origine d’un certain nombre de difformités congéniales (t). »

Reprenant et complétant ses premières recherches, l’auteur, dans le travail lu postérieurement à l’Académie des sciences, s’est proposé d’établir :

1° Que les difformités articulaires congénitales sont dues à la rétraction convulsive des muscles, suite d’une affection cérébro-spinale dii fœtus pendant la vie intra-utérine, rétraction matériellement reconnaissable à des caractères certains;

2“ Que les difformités articulaires chez les monstres constituent un ordre nouveau de caractères propres à éclairer l’origine et le mécanisme de formation de la monstruosité ;

5° Que chez l’enfant le fait de la rétraction musculaire convulsive est la clef des variétés

anatomiques innombrables des difformités qu’il apporte en naissant ou qu’il contracte après la naissance;

4° Que la rétraction musculaire, diversifiée par son siège (à la- tête, au cou, à la colonne, aux membres : bras, mains, cuisses, jambes et pieds), par le nombre des muscles qu’elle atteint (tous les muscles de l’économie, ensemble ou séparément), les combinaisons qu’elle affecte, réalise une histoire générale et particulière entièrement nouvelle de toutes les difformités qui sont tributaires de la ténotomie, et dont les éléments étiologiques doivent servir de base rationnelle à cette méthode.

Les mémoires dont l’indication va suivre ne sont que la démonstration particulière et des applications de la théorie générale qui précède.

Application de la théorie générale des difformités par rétraction musculaire à l’étiologie du pied-bot congénital. Conclusion : Le pied-bot congénital est le produit de la rétraction des muscles du pied et de la jambe.

Démonstration à l’aide de deux ordres de caractères : les caractères anatomiques, fournis par l’état anatomique des muscles rétractés : raccourcissement et transformation fibreuse de leur portion charnue et accroissement proportionné en longueur de leur portion tendineuse; les caractères étiologiques ou SPÉCIFIQUES, généraux et locaux : les uns fournis par les signes et symptômes de l’affection convulsive, cérébrale, cérébro-spinale ou nerveuse; les autres par les rapports de direction et de degré entre Yaction du muscle ou des muscles rétractés et la direction des parties déviées.

Cette méthode de démonstration, appliquée successivement à la détermination de toutes les difformités, est indiquée ici une fois pour toutes.

Dans ce mémoire, l’auteur, après avoir ramené toutes les variétés connues du pied-bot à la rétraction musculaire, a fait connaître plusieurs variétés nouvelles, les unes et les autres dé-

terminées par la rétraction des muscles de la jambe et du pied, diversifiée par son siège, le nombre des muscles qu’elle occupe, elle degré de raccourcissement des muscles rétractés. La conséquence pratique de ce travail a été de préciser les tendons et les muscles dont la section sous-culanée est nécessaire pour la cure chirurgicale de chaque forme ou variété du pied-bot. Jusqu’alors on avait traité indistinctement tous les pieds-bots par la section d’un seul tendon, le tendon d’Achille; l’auteur, en vertu des principes développés dans les deux mémoires dont l’indication précède, a substitué à une pratique empirique une méthode rationnelle.

Ces recherches contiennent une histoire générale et particulière de cet ordre de difformités, , ramenées, comme les précédentes, au fait de la rétraction musculaire convulsive; détermination des variétés connues et description d’un grand nombre de variétés nouvelles. Conséquences pratiques pour la cure de ces difformités : section sous-cutanée des muscles rétractés.

Après avoir cherché à établir qu’il existe deux espèces de strabisme, le strabisme mécanique, résultant d’un défaut de longueur des muscles de l’œil, elle strabisme optique, résultant d’un trouble dans les conditions optiques de la vue, l’auteur fait l’histoire des variétés de strabisme en rapport avec les variétés de siège, de degré, de combinaison de la rétraction des muscles de l’œil; application de la théorie générale des difformités par rétraction musculaire aux déviations de l’œil ; établissement d’un principe pratique nouveau, et dès lors accepté comme base du traitement du strabisme, à savoir : que le strabisme mécanique est seul tributaire de la myotomie oculaire, le strabisme optique excluant absolument l’intervention de cette méthode.

Communiqué à l'Académie des sciences, 1841 (Comptés rendus, t. XII, p, 510).

Dans ce travail, qui se rattache au précédent, l’auteur cherche à démontrer qu’il existe.

comme pour le strabisme, deux sortes de myopie : la myopie mécanique et la myopie optique. La première, résultant de la brièveté native des muscles droits sans déviation de l’œil; la seconde, produite par un changement anormal dans les rapports normaux des milieux réfringents de l’œil.

Voici, du reste, les conclusions présentées à l’Académie des sciences, énonçant les faits et expériences à l’appui de la théorie de l'auteur :

. f II existe deux espèces de myopie, comme il existe deux espèces de strabisme, la myopie mécanique ou musculaire, et la myopie optique ou oculaire. La myopie mécanique résulte, comme le strabisme de la même espèce, de la brièveté primitive ou de la rétraction active des muscles de l'œil.

• 2° Dans la myopie mécanique, les muscles trop courts sont les quatre muscles droits simultanément, ou trois du deux seulement d’entre eux, mais de manière à ce que le raccourcissement soit proportionnellement égal dans

» 7" Ces faits et ces expériences tendent à établir que le cristallin ne change pas de forme pour s’adapter i la vue à différentes distances, ainsi qu’avaient cherché à l’établir plusieurs auteurs, mais qu’il change seulement de rapports avec la rétine et la cornée transparente, dont il s’éloigne ou se rapproche alternativement. »

Dans ce travail, l'auteur, faisant une double application de ses recherches anatomiques sur le système musculaire de l’épine, et de sa théorie générale de la rétraction musculaire, a cherché à établir que, tout en reconnaissant l’origine multiple des déviations de l’épine, il est toujours possible de distinguer, à des caractères certains, celles qui sont le résultat de la rétraction musculaire de celles qui sont dues à une autre origine.

Le scapulum, comme les autres parties du squelette, peut, en raison des muscles qui s’y insèrent, et sous l’influence de la rétraction de ces derniers, subir des déplacements qui réalisent pour cet os et ses annexes une catégorie de difformités complètement méconnues avant les recherches de l’auteur. Non-seulement il a indiqué les principales variétés de ces difformités, et les caractères à l’aide desquels on peut les reconnaître, mais il a encore montré qu’il est possible, dans les déviations de l'épine qui accompagnent presque toujours les difformités essentielles du scapulum, de faire la part qui revient aux deux causes en vertu desquelles s’opère son déplacement.

Ces recherches, exposées dans un enseignement qui a duré près d’une année, ont trait à un ordre de lésions qui absorbent à elles seules une grande partie du cadre de la nosologie chirurgicale. Les faits généraux découverts par l’auteur, et qui ont eu pour résultat de changer de fond en comble les idées régnantes sur ces maladies et leur traitement, peuvent se rapporter aux suivants :

Les arthralgies ne sont point, comme on l’enseignait généralement, des inflammations ni même des maladies proprement dites des articulations. Ce sont des affections primitivement nerveuses du système organique, dont le siège n’est que partiellement et secondairement dans les articulations, et tantôt dans les muscles, tantôt dans les os, tantôt dans les membranes, tantôt dans ces diverses parties à la fois.

2" Les arthralgies, de nature essentiellement paralytiques, donnent toujours naissance à trois ordres défaits méconnus jusqu’alors : à un état anesthésique de la peau correspondant au siège de la maladie ; à un certain degré de contracture et de paralysie des muscles entourant 1 articulation malade; enfin, et consécutivement, à une classe de difformités attribuées jusqu’alors aux attitudes prises par les malades, et qui sont principalement le produit de la contracture musculaire.

3° Contrairement à ce qui avait été fait jusqu’alors, il convient, pendant le traitement des arthralgies, d’avoir simultanément égard aux difformités arthralgiques, dans le but d’en prévenir le développement, et ce en maintenant les parties atteintes dans des attitudes invariables et opposées à celles que la maladie tend à leur imprimer.

4“ On observe dans les arthralgies que les onctions avec le tartre stibié, répétées pendant un temps qui varie, ne provoquent pas ordinairement de pustules dans les points de la peau qui correspondent au siège de la maladie. Ces onctions, privées de leur action pustulante, n’en amènent pas moins la guérison de la maladie!

3“ Aucune tentative de redressement des difformités arthralgiques réalisées ne peut et ne doit être effectuée qu’après la disparition complète de la maladie. Le traitement des difformités arthralgiques comprend surtout la section sous-cutanée des muscles, aponévroses et ligaments rétractés.

Aucune de ces propositions, qui sont aujourd’hui des vérités démontrées, n’avait été produite avant les recherches de l’auteur.

Mémoire sur les déviations simulées de la colonne vertébrale $

Ce travail, indépendamment « du mérite qu’il a eu, suivant l’expression du rapport académique, de combler une lacune dans la science, » est une application clinique et médicolégale des deux faits anatomiques et physiologiques précédemment signalés, à savoir : l’existence d’une articulation spéciale de la colonne entre la onzième et douzième dorsale ; et le fait d’un mouvement de flexion entre la colonne dorsale et la colonne lombaire, et d’un mou-

Page 1