IV
D, L'arrondissement comprend-il des terrains susceplibles d'être améliorés par le drainage ?
Dans le cas de l'affirmative, quelle en est approximativement rétendue, et sur quels points se trouvent-ils?
M. Cette opération pourrait s*étendre avec avantage à la plus grande partie de Tarrondissement; elle y aurait des résultats certains au point de vue de Taugmentation des produits comme sous le rapport de la qualité.
On peut porter aux deux tiers, ou à la moitié au moins, c'est-à-dire à 487 55o hectares, l'étendue sur laquelle on pourrait recourir avec fruit au drainage.
D, Des essais de drainage ont -ils été faits dans Tarrondissement? Où? Par qui? Quels résultats ont-ils produits?
R, Accueilli d'abord avec défiance, et considéré comme donnant lieu à des dépenses qui pourraient rester sans profit, le drainage s'est à peine implanté dans l'arrondissement; cependant, cette année, quatre propriétaires ont tenté cette précieuse innovation.
Les résultats y apparents partout , ont ébranlé l'opinion , et déjà bon nombre de propriétaires se montrent disposés à les imiter.
Ces quatre propriétaires sont :
M. de Bryas, qui a opéré sur 5o hectares de terrain de natures diverses et soumises à des cultures différentes. Le succès a été complet; il a obtenu les plus belles récoltes en froment dans des terres jusqu'alors incultes, fangeuses, et qui sont maintenant dans le plus parfait état de dessèchement.
La hardiesse et Tintelligence avec lesquelles il a procédé sont dignes d'éloges. Ses travaux et les bons effets qu'ils ont produits doivent exercer une heureuse influence. II n'a d'ailleurs rien négligé pour qu'on pût les connaître et recevoir de lui toutes les indications qui pourraient être utiles aux propriétaires qui voudraient l'imiter.
M. le colonel Garvalho, à Bruges, a drainé sur 8 hectares.
M. Sicard, au Pian, 2 hectares.
M. Deschamps, à Sadirac, 5 hectares.
M. Fieffé, à Cestas, 2 hectares.
Suivent les questions relatives à l'établissement des machines à fabriquer des tuyaux.
Signé : Clemenceau.
Institut impérial de France, — Académie des
Sciences.
Paris, le 20 mars i855.
Le Secrétaire perpétuel de V Académie y à M. Ch. de Bryas, au Taillan ( Gironde).
Monsieur ,
J^ai communiqué à TAcadémie, dans sa séance du 12 de ce mois, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m' adresser, et dans laquelle vous exprimez le regret que Y Exposé des travaux de Drainage et de Desséchement, exécutés par vous dans votre propriété du Taillan, n*ait pu être l'objet d'un Rapport.
L'Académie, qui, d*après une décision déjà ancienne relativement aux ouvrages écrits en français et publiés en France, n'avait pu renvoyer à l'examen d'une Commission spéciale votre ouvrage, satisfera au désir exprimé par vous, en comprenant votre livre dans le nombre des pièces de Concours pour le prix fondé par M. de Mokogues, prix destiné à récompenser les travaux qui auront contribué aux progrès de l'agriculture en France.
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Signé : Flourens.
Lettre de la Chambre de Commerce dv Bordeaux,
Bordeaux, le i6 mars 1855.
hes Membres composant la Chambre de Commerce de Bordeaux, à M. de Bryas, au Taillan.
Monsieur ,
La Chambre de Commerce a reçu les exemplaires des documents que vous avez bien voulu lui transmettre, et qui renferment sur le drainage des renseignements du plus grand intérêt.
Elle vous prie d'agréer tous ses remercîraents pour l'obligeance que vous avez mise à lui faire ces communications.
Elle apprécie toute l'importance du drainage au point de vue des progrès de l'agriculture et du bien-être des populations. Plusieurs de ses membres ont déjà eu l'avantage d'examiner les travaux que vous avez fait effectuer sur vos propriétés, et qui sont bien dignes de trouver dans le midi de la France de nombreux imitateurs. Ceux d'entre nous qui n'en ont pas été témoins, se féliciteront de trouver l'occasion de se convaincre par
eux-mêmes de toute Tutilîté que présentent des entreprises semblables.
Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de notre considération distinguée.
DUFFOUR-DOBERGÏER, BeRTIN, H. SeMPÉ,
Debans l'aîné, A. Durin, André Perrière , Alf. LÉON , Jules Fauché , J. Cassy, E. Cortès, N. Johnstow, A. Blondeau fils aîné^ et Eugène Beyssac.
Lettre de M, le Maire de Bordeaux»
Bordeaux, le 1 3 mars i855.
Monsieur ,
3'ai l'honneur de vous informer que j'ai soumis au Conseil municipal, dans sa réunion d'hier soir, V Exposé des travaux du Drainage que vous avez bien voulu me faire parvenir pour lui.
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très-distinguée.
Le Maire dé Bordeaux,
Signé : GAUTIER.
A Monsieur Ch. de Bryas, au Taillan.
Académie impériale des Sciences, BelleS'Lettres et Arts de Bordeaux,
Bordeaux, le lo mars i855.
Le Secrétaire général, a M., le Marquis de Bryas.
MoiïSiEua leMàequis,
Les travaux de drainage que vous avez fait exécuter sur votre terre du Taillan ont assaini et mis en valeur de vastes surfaces précédemment marécageuses et improductives. Ils ont procuré un emploi utile à de nombreux ouvriers, et tout autorise à croire qu'en donnant un tel exemple, vous avez rendu à nos contrées un service éminent sous plus d'un rapport.
L*exposé de ces faits dispense de tout éloge, puisqu'il est lui-même l'éloge le plus complet comme le moins contestable, et l'Académie est heureuse de joindre sa vive approbation à toutes celles dont vous avez été l'objet. Elle désire que son témoignage contribue à vous donner de nombreux émules dans la carrière
que vous avez déjà parcourue avec autant d'intelligence que de succès.
La Compagnie s'est fait rendre compte, par une Commission spéciale prise parmi ses
membres, des ouvrages dont vous avez dirigé rexccution, et elle a décidé qu'il vous serait transmis une copie du Rapport fait par cette Commission , et qu'elle a unanimement adopté dans sa séance générale du 8 de ce mois. Vous trouverez cette pièce sous
ce pli. .
Veuillez agréer l'assurance des sentiments les plus distingués avec lesquels j*ai Thonneur d'ctre, Monsieur le Marquis, votre trèshumble et très-obéissant serviteur.
Signe : Durand,
Jcadémie impériale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeafix,
Rapport fait par les soussignés à VAcadémiey sur les travaux de drainage exécutés au Taillan par^. de Bryas.
Messieurs,
M. de Bryas vous ayant prié de joindre vos efforts aux siens pour propager le drainage dans notre département, vous avez confié à une Commission de cinq membres le soin de visiter ses travaux.
Cet intelligent agriculteur désirait que Texamen des résultats qu'il a obtenus ne se
fit pas attendre, et cela par deux motifs :
d'abord un voyage prochain et forcé lui donnait peu de temps pour expliquer lui-même ses opérations ; ensuite, les plans qu'il destine à l'Exposition universelle et qui sont seuls capables d'en faire comprendre l'ensemble, étaient encore dans ses mains et devaient les quitter incessamment pour arriver à Paris à temps voulu.
Ces considérations, développées par lui, motivèrent une réunion de la Commission, qui eut lieu à l'Académie le 28 février dernier : trois des cinq membres formant la Commission y assistèrent, et ce nombre, constituant la majorité, la délibération eut lieu et une visite au- domaine du Taillan fut arrêtée pour le 3 courant ; ces mêmes trois personnes y prirent part.
Après avoir examiné attentivement les travaux exécutés, nous allons avoir l'honneur de vous rendre compte de la mission que vous avez bien voulu nous confier.
Le drainage est une naéthode de dessèchement tendant à débarrasser le sol, par les moyens les plus avantageux, d'un excès d'humidité stagnante et nuisible à la végétation.
Ce système paraît être à peu près aussi ancien que Tagriculture elle-même, et les modernes n^ont fait que donner un nouveau nom à une vieille chose pratiquée dès Pantiquité; tout au plus ils ont inventé quelques nouveaux^ moyens de détail pour exécuter ce qu^on avait déjà fait longtemps avant eux.
Une expérience prolongée pourra seule décider si ces nouveaux moyens sont supérieurs à ceux mis précédemment en usage. Néanmoins, on doit reconnaître que partout oà ils ont été employés avec le discernement et les soins convenables, ils ont produit les résultats les plus avantageux.
Personne ne peut donc sérieusement prétendre à une priorité d'invention que les Romains et peut-être les Grecs lui disputeraient avec un irrésistible avantage, et la priorité ne pourrait être réclamée que pour la reprise du système après une longue interruption, ou pour l'emploi des nouveaux moyens dont il a déjà été parlé.
Il ne peut d^ailleurs y avoir lieu à s'occuper ici ni des prétentions à Tin vention, ni de celles à la propriété , car ni Tune ni Tautre n'a d'importance ni par elle-même, ni surtout
aux yeux de l'Académie, qui, dégagée de toute vue personnelle ou d'amour-propre, ne s'occupe que de l'intérêt général.
Nous devons ajouter que M. de Bryas n'a aucune de ces prétentions, et que dans sa brochure il indique lui-même ceux qui lui ont fait concevoir la pensée de s'occuper de cette question.
Les travaux de drainage exécutés au Taillan, de même que leurs résultats, ont déjà été décrits d'une manière assez explicite pour que nous n'ayons qu'à ajouter notre témoignage à ceux qui sont déjà connus.
Nous avons vu de vastes surfaces, précédemment marécageuses et improductives, changées par le drainage en champs fermes et fertiles; des végétations luxuriantes là oii précédemment il n*en existait qu'une faible et débile. L'un de nous, qui avait vu Tan dernier un visiteur s'enfoncer jusqu'aux ge« noux dans un terrain non drainé , s'est rendu à la même place, et, grâce à la présence des tubes, a pu sans encombre parcourir toute la pièce. Après cette constatation, nous avons procédé à l'examen des moyens à l'aide des-quels ces résultats ont été obtenus.
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Les tuyaux employés par M. de Bryas sont des cylindres en terre cuite posés bout à bout sans entrer Tun dans l'autre, et dont les jonctions sont recouvertes par de petits demicylindres aussi en terre cuite, surmontés par de petits enrochements destinés à faciliter l'introduction dans les tuyaux de Teau extérieure qui y pénètre d'abord par les interstices des enrochements , puis par des intervalles existant , soit entre les tuyaux eux-mêmes, soit entre ces tuyaux et les demicylindres qui recouvrent leurs jonctions.
Nous nous sommes demandé si Ton ne devait pas craindre que ces infiltrations continuelles entraînassent avec elles des grains de sable ou d'autres matières, dont l'accumulation générait d^abord l'écoulement de Teau et finirait par l'arrêter de manière à neutraliser l'action du drainage. A cela, M. de Bryas a répondu : d^abord, que jusqu'ici rien de semblable n'avait eu lieu ; ensuite, que si cet effet se produisait plus tard, il arriverait nécessairement que les eauxp^rrétées en un point, reflueraient en dehors du tuyau et en suivraient la pente jusqu'au prochain orifice au delà de l'obstacle; que là, elles rentreraient dans le
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tuyau et reprendraient leur cours normal ; enGn, que si ce retour au cours normal ne pouvait avoir lieu, ou l'eau s'écoulerait par toute autre voie d'une manière équivalente à récoulement normal , ou qu'en refluant vers la surface, elle indiquerait le point d'obturation, qu'il serait ainsi facile de détruire. Nous nous sommes ensuite occupés des obturations qui pourraient être produites par des filaments de racines d'arbres qui s'introduiraient dans la conduite où elles prendraient rapidement un volume capable d'arrêter le courant d'eau. M. de Bryas a répondu à cette nouvelle objection : d'abord, par les mêmes arguments déjà opposés à la précédente j ensuite, en faisant observer que la profondeur à laquelle sont placés lf*s tuyaux les mettait à l'abri de l'atteinte des racines de la plupart des arbres, et qu'il avait eu soin de faire arracher tous ceux qui auraient pu lui donner la moindre inquiétude; qu'en ce qui concerne les vignes, les racines ne pénétrant jamais à plus deifl(*",70 de profondeur, il s'en fallait de beaucoup qu'elles pussent atteindre les drains^ ni même en approcher.
Nous lui avons demandé encore quelles seraient, selon lui, les suites de la rupture d'un drain placé en terre. Il pense que, dans ce cas, l'eau remontant à la surface, indiquerait le lieu de la rupture ; il ajoute que le fait ne s'est pas encore offert à lui, peut-être par suite de la précaution qu'il prend, avant de recouvrir les tubes et pendant leur pose, de faire marcher sur eux les ouvriers chaussés de sabots, épreuve à laquelle ne résistent pas les tuyaux pour peu qu'ils soient défectueux.
Ces explications nous ont paru satisfaisantes, sinon d'une manière absolue, du moins à un degré suffisant, pour ne prévoir au système adopté que les inconvénients faciles à détruire et de la nature de ceux inhérents à toutes les choses d'espèces analogues.
Nous avions remarqué le volume d'eau débité par un collecteur ne donnant qu'une faible partie de celle que les dimensions de son orifice lui auraient permis d'épancher, et qui était établi dans les conditions suivantes : Une pièce de terre de U)6oo mètres carrés (mesure prise sur les
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lieux) esl entourée par des fossés, au nord, à Test et à Touest. Sa pente générale est du nord au sud; elle forme sensiblement deux plans dont la gouttière suit la même direction ; la moitié ouest de ce domaine a été drainée, l'autre n'a pas semblé en avoir besoin et ne Test pas.
La couche de terrain placée au-dessus des drains a donné lieu aux remarques suivantes : Son épaisseur, à l'endroit où nous l'avons observée, est de i"*,3o et au*<l^sous se trouve un lit de marne ; elle est à peu près homogène, et son analyse minérale a donné les résultats suivants :
Sur loo parties, ^o'yô S^'^^ sable ou gravier ;
Sur I oo parties de cette terre passée à un crible dont les trous avaient -^ millimètre de diamètre :
Sable fin 5o )
Carbonate de chaux 20, 5o > 100
Argile, débris organiques, etc. 29,50 )
Tous les tubes dégorgent dans un colléeleur. Placés sous la gouttière, nous eûmes la curiosité d'en jauger le débit. Malheureuse-
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ment, nous n'avions pas de compteur à secondes; cependant y avec une montre ordinaire, nous vîmes qu'un vase de lo litres cubes se remplissait dans un espace de temps qu'on pouvait estimer à -J- de minute. Le débit était donc à peu près de 4^ litres par minute; mais ce chiffre ne nous paraissait pas assez sûr pour nous y fier complètement.
Avec une planche, nous établîmes dans le fossé de dégorgement un barrage de o",54 de large, dont la lame d'eau. Le régime, une fois établi, se trouva être de 0^,0075 d'épaisseur. En y appliquant la formule
Q = o,4 %J.H\ligH,
relative à ce cas,' nous obtînmes pour le débit, par seconde,
0,4 2,o,54-o,oo75v/2gM),oo75 =o"*,ooo66o,
soit o\66, ou j de litre par seconde, ce qui donne par minute 89 litres 7^, presque identiquement le chiffre de la première observation, qu'on peut donc admettre.
Ainsi ce collecteur, qui, pendant plusieurs heures, ne nous a point paru modifier son débit, a dû produire dans sagournce57 600 li-
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très, ou 57 mètres cubes -^, ou en chiffres ronds aSo barriques, et le drainage enlevait en vingt-quatre heures 5 litres 20 par mètre carré de surface. Cette énorme quantité d'e^^u écoulée nous fit naître l'idée de la comparer à celle tombée du ciel depuis deux jours, afin de constater si les drains suffisaient ou non à Tenlever du sous-sol. Notre honorable collègue M. Abria, doyen de la Faculté des Sciences, a constaté qu'il était tombé :
le i^'^mars. ... 2 millim. 98 d'eau, le 2 mars 8 » 58 »
Total II millim. 56 d'eau.
Soit 1 1 millimètres 56 centièmes.
La pièce drainée ayant 9800 mètres carrés, a reçu, en quarante-huit heures, 9800 0,0 w 56 = a 3", 288, ii3 mètres cubes -J- ou 453 barriques, et en moyenne, pour chaque jour, 226 1, chiffre qui coïncide d'une façon très-remarquable avec celui débité par les drains (i). Ainsi il se trouve prouvé que
(1) Vu le degré approximatif d'exactitude qui nous suffisait, nous n'avons eu égard ni à Tévaporation, ni à la quantité d'eau que les drains perdent dans leur parcours par la partie inférieure des ajutages.
A titre de renseignement supplémentaire, nous
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non-seulem<»nt la disposition prise par M. de Bryas est susceptible d'egoulter beaucoup plus d'eau que n'en ont produit toutes les pluies tombées à la surface, mais que le drainage les enlève presque immédiatement, permet à ces pluies de rafraîchir les racines, et empêche l'humidité de séjourner près d'elles assez longtemps pour leur nuire. Le thermomètre mis dans les collecteurs' a constamment donné la température qu'on avait obtenue en l'enterrant dans la pièce drainée. Cette température était en général de lo degrés; deux ou trois fois elle est descendue à g®, 5.
Une bouteille d'eau, prise au collecteur jaugé, a été soumise par nous à Faction des réactifs ordinaires, de manière non à déterminer les quantités de matières étrangères contenues dans le liquide, mais simplement la nature de ces matières. Nous avons trouvé :
Oxyde de fer traces sensibles.
Acides traces très-légères.
Chlorures traces sensibles.
Sulfates néant.
Carbonate calcaire . quantité notable.
ajoutons ce qui suit : La quantité d'eau tombée en février et les deux premiers jours de mars, a été
*le ^ • iiSmillira. 3o
et révaporation pour le même temps. f\ \ » oo
Cette eau était limpide^ brillante, contenait fort peu de corpuscules ea suspension, et n'avait pas de saveur prononcée.
Ces résultats s'accordent avec la nature des terrains que le liquide observé traverse. Le sol sapérieur est un sable mêlé d'argile et de pierres, et le sous-sol est argileux et calcaire.
M. de Bryas a bien voulu nous communiquer ses livres de comptes; nous avons vu que les travaux de drainage exécutés jusqu'à ce jour lui ont coûté 6 3oo francs , à quelques centimes près. Nous avons mesuré sur les plans les longueurs de tubes posés, et nous avons trouve 2 1 4 1 3 mètres ; ainsi le mètre courant de drain lui est revenu à
63oo ^ ,
7— ;r = o fr. 2 042,
en chiffres ronds, 3o centimes. D'après ces comptes, la dépense aurait été d'environ moitié pour achat de poteries, et moitié pour main-d'œuvre, ou plus exactement, et en chiffres ronds , 3 3oo francs d'achat et 3 000 francs de main-d'œuvre , ce qui met ces deux dépenses dans le rapport de 53 à 47-
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Ces frais sont réellement peu élevés en présence des résultats obtenus. Dans les premiers temps, ils étaient dans. une proportion plus considérable ; mais Texpérience a conduit M. de Bryas à des dispositions économiques.
Il fait des tranchées aussi étroites que le comporte la nature du sol ; il pose les tubes de suite pour éviter les éboulements, et il recouvre immédiatement pour que la terre excavée et réunie sur les bords ne soit point piétinée et durcie de façon à exiger Temploi de la pioche pour être replacée.
Il emploie les tuyaux sans rebords de M. Robert, d'Eyzines, de préférence à ceux de M. Duchâtel, qui, un peu plus ouvrés, sont plus chers , et, entrant Tundans l'autre, font moins de longueur. Le prix des premiers est de 22 francs le mille, et M. de Bryas, t-n tenant compte de toutes les considérations, nous a fait voir qu'il y avait à les employer une économie de 5o pour loo , qui se compose notamment de la réduction du prix de main-d'œuvre résultant de sa manière d'opérer et des modifications apportées par lui aux outils en usage dans le pays , qui, rendus plus
légers et plus commodes, consomment, pour leur maniement, une partie ..plus minime de la force développée par l'ouvrier, et, par suite , en laissent une plus grande portioti au travail productif.
Après ces faits, nous ne pouvons que joindre nos éloges à ceux dont les travaux de drainage de M. de Bryas ont déjà été l'objet. La bonté de leurs résultats est un fait ihcontestable, et rien, dans l'état actuel des (Choses , n'autorise à prévoir qu'une' expé* rîènce prolongée doive y faire découvrir des vices ou des inconvénients d^une gravite suf* fisante pour atténuer Topinion que nous venons d'émettre à leur égard.
Avant ainsi constaté les résultats avantageux obtenus par le système de drainage pratiqué par M. de Bryas, nous avons recherché si ce système ne serait pas susceptible d'être amélioré, et nos réflexions nous ont conduits à énoncer les propositions suivantes, que ' nous présentons exclusivement comme sujet d'étude& théoriques et d'expériences pratiques de nature à en faire apprécier la valeur.
Nous l'avons déjà dit, les tuyaux em-