‹ Exposé des travaux de drainage et desséchementChapitre 7 sur 12 · HISTORIQUE DU DRAINAGE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DU DRAINAGE

Le drainage en Angleterre, — Le draiui«e ne s'est pas établi tout d'abord et sans contestations, il a dû vaincre le préjugé et la routine. L'Angleterre et la Bel-

gique ont les premiers reconnu son utilité; c'est dans ces deux contrées que l'art du draineur, étudié et approfondi, a été pratiqué sur une grande échelle pour la première fois et qu'ainsi il est devenu une branche essentielle de Tart agricole. — Ce n'est que vers la fin du XVIII* siècle et au commencement du XIX«, dit M. Magne, que les procédés de drainage ont fait de grands progrès; deux hommes surtout, MM. Elkington et Smith, ont contribué a perfectionner Fart des dessèchements et à le populariser.

» Le premier , fermier de Warwickshîre, avait fait creuser des canaux dans une terre qui, par sa nature, aurait dû être fertile, sans pouvoir l'assainir. Il visitait un jour ses travaux, en se deman* ' dant quelle pouvait être la cause de cette humidité, et il était à côté d'un fossé de 1™,50 de profondeur, lorsigu'un de ses ouvriers, portant un avant-pieu en fer, passa par hasard à côté de lui, en allant déplacer un parc dans une terre voisine. Elkington eut l'idée de prendre Favant-pieu et de sonder le fond du fossé. Ayant enfoncé cet instrument de 1 mètre environ, il vit, en le retirant, Teau surgir du ftou et couler dans le fossé; il reconnut ainài que

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le procédé. d'assainissemeat qw'on ajp^tle procédé d'ElkiDgtan, et qiii produit daz^ Qïiejqwes circoBstances de trèsrgrwda rérsulUts à très-peu de frais. Le m^Y^nc^n- ^^ie à faire écouler Teau aouterr.aiuie> ^oik en h coriduiisaiït dans uj^e couclie {dus basse -paiméible eai xnoyen d'un puit^^ perdu,, soit eu la fai«aut monter dans \xq, fossé xiui la conduit ^aa canal de dédiarg^ dn a p;u quelquefois utiliser cette eau poiur les irrigations. Le Parlement ax^corda à Elkington une récompense de ir,0001i-* yres ^,«00 fr.)»

A Le docteur Andersen avadt pubUé, vars 17IS, nfx auiîrage : Théorie du. drair natif des terres rmdues Mmides par sow^ ce^^ dans lequel l'auteur recoxzunandaità peu pi^s les .moyens pr^atiqués. |plu$ tax*4 par Elkington. On sait même q^e ces^ moyens étaient mis en, «sage enAU^na*^ S^oe avant d'être connus en Angletemev mais ilsr n'on^ été bien appréciés x}u'a(urè& Igs g;raodis succès obtenus par le céléhve fermier 4e Waxwkkshire.

. » Tout . en api^iqimnt), daAS) un grand nca9Ei)»re.4e cireoâ3£i1iancçs.^leJsysttoe d'Slr kingtcud^lea Aoiglaia ont oontia^ à gec-^ fjSOtiomiiQr les. :an^nsr proeédés rde dcisà-

olMmem; ilB oiot ciAadè qiiéttes devawot âfre là prdfoadétir et I&largtiiur desiossés, qnék sont les ma^ièmux les plus propores à en gasmàf îe fond; pcmr ménager ém laffges ^ssages & Teau, ils oui comlfniit ddB cocâisaeB iafiniment BupërïeuresaiDL «CMSiîSBes en l)ois et à dettes qae mma pmtiq^i» avec des caiUioiBL ils ont siibs-^ tîftaé à ces fossés, souvent ftnrt u^titea ee<» pendant, des ^aqueducs en biûpies d'abord^ 4Êi ensuite e» tuiles couorbàes :et plates^ dlspegées en condioiirt iscdé ^u nufieu des tenues, 'ORl taikOTirèes de piexuaâllës.

y Les 4tuiâes les mieux jBonnes ausr Je Ananas «nt été fautes pax M. Smith, mé** dmimcxQ «t oocAveNnoalla^e dans une^ flla^ tare âe oeton à Deenstou^ en ficosa». Le propriétaire de celte filatui^ ttT&it aelietè, pour le l)esoîn de son ètabUssenit^iit, une leirre située le long dMn miaseanqui met^ USt en mDwmmefj^t ses ^mokchiiittsi. Unie ^^artie de cette terre, notant pais ^ivtiljisée fow la filaftuie, fut Errée à la ^cultora; elle neptoâmsit, conune toutes les teixies fsi^ humîàes, que ^ mauvaise récoltes.

Smith ayant reconnu ou soupçonné quiç nJEDféooaàttè yitniemii Ae la sibagnatioh de» eanx, fit ^âes essais îi'assaâqpiissenifliùd ^««eBt«aïdeia.««cè..S»»c«m«lt« j

ce ^'on avait fait avant lui, il étudia opération et retendit à tout le terrain ; i| . obtint les mêmes résultats. Des cultâvarr leurs du voisinage ne tardèrent pas ^r' l'imiter, à lui demander même des co»tI seils, et il fut bientôt appelé par de grands propriétaires pour diriger le dessèchement de leurs terres. Il abandonna la filature pour s'occuper exclusivement de la ma^' nière d'assainir, d'améliorer les terres, C'est dans ce but que, consulté par de3 propriétaires, il parcomnit l'Angleterre et . l'Ecosse. L'emploi du drainage qui, exér, cuté presque entièrement avec de la pierraille, était resté borné, en Ecosse, à dea.

coins de terres isolés, fut pratiqué méthodiquement et étendu sur de grandes surfaces de terrain.

» Le procédé de Deanston ou de Smith, comme on l'appelle en Angleterre, a eu nm très-grand succès et a beaucoup contribué:

à répandre la pratique des dessèchements dans les îles Britanniques. U était déjà connu et pratiqué depuis longtemps quand l'auteur l'a publié dans un petit ouvrage publié en 1833.

» D'après M. Smith, les drains doivent être peu profond, de 60 à 70 centimètreSt et rapprochés les uns des autres de 3 à 7

nlôtres, selon la nature du terrain; seules ment, dans les terrains à sous-sol trèsperméable, on pourrait les distancer jus* ^*à 12 mètres. » {Nouveau Journal des Connaissances utiles^ vol. II, page 4.)

» Au reste, l'utilité et l'importance du drainage ne sont nulle part aussi grandes que dans la Grande-Bretagne. En effet, presque partout en traversant les cultures, les friches et les bruyères de l'Angleterre, de TEcosse et de llrlande, on voit le fond des raies de la culture générale en billoQS, et les parties déclives des terrains incultes, trahir de toutes parts la stagnation des eaux, retenues par les argiles du sous-sol ou maintenues par le niveau des ruisseaux, mares ou pièces d*eau environnantes.

» n m'est resté la conviction intime, dit Mi Dumas, l'ancien ministre de Tagriculture, en examinant Tensemble de la législation anglaise, que sir Robert Peel n'aurait pas modifié la législation des céréales s'il n*avait pas eu une conviction et d€0 idées complètement arrêtées sur les bienfaits que l'Angleterre pouvait attendre du drainage une fois qu*il aurait été généralisé.

» La première mesure qu'on a prise a

ètê î^ppîication au driâiwige «et «t'êiiSI' fmcier^ qui n'existai* pas fors 'ôe Pintrei^daetiôn dw drainage. Llltel a âOHïiè ftft Pailgent aux propriétaires, é la Gonâiftétt' qu'ils eu feraieut! Fapplioafton aa *d3M»--' lÉage, et que, dans Pespafce de vfegt* à "Wiigt-ciiiq -ans, au mo^n d?*aBnm*te, ôët aî^nt serait iaaftègraietuentTeAtré *Éfeft*.

QFf!Ét le crèfit foncier dans son «xpwîistoi^ la plus -ample, mai» îondé- complSteïneftl' ^ar FÉtat.

1^ Quiconque n^a pas vu f iAinglefterre en:

f847 esrt hors ff'état dé se feîre une iSk& dé rtaiportancef de cefte typératkm, t^ar <?èfst surtoift aloîiSi qu'eHe fnk îafte sut ttne grande ècheïle. Bî, dans f^rrïére-sâSipti'' de* Î847, TOUS ^eussiez' monté iSur uneisél-^ line et, de là, regardé aussi loift qéê^ ?ôf The pouA^att ïi^ètendre, vous aupieîrapèrÇu, à perte de vue, d'ans tous lesfsens, ia Ifeiwé jfiilonnée par les drains qui allaîeul ^t^ rempKs, et rayée de lignes rouges «tm^ dtûtes par les tuyauîi: qa'Ss «ilMeni tmè^ voir. Toutes les traces en oû«i dispAifti^lttijburd'huî. M:ài8 croyez qu*on nepouriiiil ^esque mffie pa^ foufliler \e 'aol aaaf^sritt sans rente£^ti*é» de» ti!FyauiE'élfe^3mi»a|fe. «^

ie drainage en Belgique, — L'impoéià* fton ^ di^fiôiâige^n Bcr^iquâ^âate diè 1 835

— iit —

éU'éiêi^ dà piténa^i^ â(pplieaAk^ âa» fce -pB^s'^ H. le oemte' ^&s$M, E&i 1846s M. ïi»

eu rapplication du drainage compila qttîS Jtt*tf¥«^>lffiâ;

Obufitaton^) d««@ propos, aveoM. Lexdéiifev fu% lu ffei^^ié^ ï«t i^ent i<li>miie«Er d'hoir mt(Mk ^ dâralita^ pei«&«fiiotiiiè mtr W continent, «t «fttf^ BieÀ& rkiÉliAtiitid p4w ^as^ te ^^0uveniei&0ivt l)0lg«», oBtte utile l^nftiK^f^^BMLli ^ul-éitoe «acete îgâainès 'de }A3^Tm^> et :deis ^pa^s qai l^esstSBaBmt.

fLMMssmpîe dia dmîoiHge «n fielgiqn^'m Iti^pii^ <âe lidiesteiiialiérefieBitiitas pagsBA ]|.ïi0Cl€KiCk Motis ^es»««ryons!l(e6fkcii0dû»jl st»m ou<(«Ag&t: ^fruité de sDimnaf^ pKé ftv4i. iâscfiËiic, lfi)n9iiiho 'agaxofe de :Dit^

âèo0li6fiâ«e @n ÀngieteToer@stiatàll0>otiév iMÉas' pM -iiiraiM»(|^»int «n itrâotte.' *Pel €St ie GffikDtif i'<qbf)osiUaa tqui » psii'

lia ^ui^stion 'doit ^se-résaaBicffakxtd:

Nous mettons la réponse dans la bouche d'hommes connus par leur expérience agricole, leur habile observation en adnil-.

nistration et en économie politique, r^t par la confiance qu ils ont su inspirer à l^ France.

M. Laffltte, à la session des Chambres de 1833, dans une proposition qu'il émit sur le dessèchement des marais, évalue àk 800,000 hectares la surface envahie par des foyers d'émanations putrides.

« Si on compare, dit-il^ l'étendue des marais à celle du pays, qui est de 27,^30 lieues carrées , on découvre cette ef*frtiyante proportion, que les marais occxk* peut la quatre-vingt-septième partie du territoire. Qu'on fasse des enquêtes sur les lieux ou des recherches dans les i:^ gistres pubUcs, et on acquerra la certiti]tde que dans les campagnes de ces départe^ ments le chif&e de la moralité, proportion gardée, est supérieur à celui des autres^ ai le chif&e de l'accroissement de la poptUation inférieur... Évaluez la valeur de ce.tt0 étendue, et supposez-en le revenu à 50 ;fp.

l'hectare seulement, — le revenu total çera de 44 millions ; si vous le calculez sur, le pied de 3 0/0, taux ordinaire^des ferme», il présente un capital d'un milliard et dOTÛ-

Dès le mois d'août 1790, la Gonstituattte considérait les dessèchements des. marais.

« comme une des questions les plus urgentes et les plus essentielles à entrepren- . dre. » Dans le préambule de la loi du 26 décembre 1790, elle déclarait :

» « Que l'un des premiers devoirs du gouvernement était de veiller à la conser* vation des citoyens, à Vaccroissement de tâ^ population et à tout ce qui peut favoriser l'augmentation des subsistances...

Que le seul moyen de donner à la fortune {publique tout le développement qu'elle peut acquérir, est de mettre en culture toute rétendue du territoire... Qu'il est de la nature du pacte social que le droit sacré de propriété particulière, protégé par, les lois, soit subordonné à Tintérét général... Enfin, qu'il résulte de ces principes i^ue les marais, soit comme nuisibles, soit, comme incultes, doivent fixer toute Tattention du Corps législatif... »

Malgré ces graves considérations, la question du défrichement des marais , abandonnée, ne commence qu'aujourd'hui à occuper les esprits, et elle en est encore au point où elle était en 1790.

Quant aux étangs, dit M. Edouard Gorges, touB les écrivains qui se sont occupés de

1a question des étangs, le docteur Bottex, lOL Puvis, Yareimes, etc., reconnaisBent que Ton doit i leur formation ràbandlïn de la caltore, l'appauvrissement du soi et la dégénérescence de la population : le»

miasmes gui se dégagent de leurs eaux lé^ tides sont funestes non-seulement aux bommes et aux animaux, mais en^of e wax oévéaies.

On ôompte en France !200,000 hé^daveé de terres couvertes par les élangs, proStà* samt un revenu moyen de 10 £r. par' hectare, tandis que tes céréales rendent en moyenne 197 fr. par "hectare...

« £n donnant à chaque hectare <une valent de 50& fr. , on ohtient pour totts lëa étaftgs du royaume un capital d^ tOdtnillions. En srepposant ces mêmes Mmins couverts de prairies ou de céréèJes, ilert flM^e d'admettre qu'ils vaudnaîeni 2,9MP{'.

Pheetare, c'es^à-dîre que le délS^hi^est procurerait un bénéfice de 300 millksrs. . .

Qes résultatft«aat inccmtestabtes, ptrinqa^ls reposent dur des Mis. M. PuvIs «dte^dèi Mnttihfnsust exemples, qoi lous onV^oAiÂ?

àb heaux bénéfices. Ainsi un étaog ^fài^ alimentait un moulin, el dont 1# rÊ&^élM n*étatt qm de 300 $r., enarendù<3^ une fois oonverti en prairie. Un avâœ

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éta&g, affermé l,O0O.fr., e& ra|q[>arte aujourd'hui 6,000-

L'étang de Marseiltettie, d*usie fittpesficie de 2,000 hectares, desséché par écoulielement ^ formd actuellement guatorae fermes, toutes d'un produit considérable.

Le drainage, qui fertilise les terres, est en outre nécessaire en Fr^uice^ parce ^è nos récoltes ne suiBsent pas à notre iyoDr sommation, et que le sol, refait et enrichi par les opérations d'assainissement, diminuera le déficit de nos récoltes slî ne parvient pas à réteindre entièrement. L existe en France phrs d%n préjugé, mais le plus curieux est peut-être celui <iui nous potlie à croire que dans les années abondantes nos récoltes excèdent, et de beaucoup, les besoins de la oonsonmna^tién, et combinent, par conséquent, les années' de disette.

€e préjugé, n»tre siècle Ta remte 4 te mode ', maie il date de loin, il est vieux ^ fàâé ; il a été <fên<meé par Sully :

M La France, écs^lril, ttappoite Ôaâ» tesannées ordinaires^ du blé peurlrme ^ûmtê^ pîmt dix lÈ^ sei^esBfènft ilàn^ 1^ atinédg^ fbiblë»; ïm b<Mmes a»âarétitla«ylisl0laoioe^ petfAant q<i!uabe «èn^ <âiiqiijanté> jotuts «en lini» incM« p)a»^e ytannët^v mais je sais

conibien, dans ce cas, rabondance amén^ promptement le gaspillage qu'elle permet et la négligence qu'elle entraîne. »

Une simple comparaison entre la pro- .

du0tion et la consommatioh de la France, dit M. Edouard Gorges, à qui nous em,pruntons les détails suivants, suffira pour nous convaincre.

La Flandre, la Picardie, la Beauce, le Berri, sont les provinces qui produisent les récoltes les plus abondantes; mais les plus beaux blés sont ceux du Dauphiné, du Languedoc et de la Provence. Le département du Nord donne en moyenne 20 hectolitres par hectare ; — la Dordo gne^ 4 hectolitres. La moyenne du rendement des céréales est de 12 hectolitres 45 litres pour le froment.

On évalue au chiffre rond de 14 millond d'hectares retendue du sol consacré à la; culture des diverses céréales. Ces 14 millions d'hectares produisent, année commune, 182 millions d'hectolitres évalués 2 millards de francs. Les céréales, si elles étaient également divisées, donneraient pour chaque individu 2 hectolitres 71 litres, ou trois cent vingt-huit rations de pain par an ; mais dans ces chiffres il faut comprendre les malheureux qui ne vivent

que de seigle, d'avoine, d'orge ou de maïs, ce qui réduit à dix-neuf millions le nombre d'individus se nourrissant dé froment pur.

Le drainage, comme tous les procédés capables d'augmenter les produits agricoles, ne peut donc qu'être accueilli favo- Ablement.

Les efforts d'hommes dévoués, s'occupant activement de cette question, la pratiquant avec intelligence et succès , ont déjà réussi à répandre les procédés de drainage, aussi devons-nous nous attendre à d'aussi heureux résultats que ceux obtenus en Belgique et en Angleterre.

MAURir.E GERMA.

Globe industriel du iO février 1856.

aÉNIE AGRICOLE.

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