‹ Exposé des travaux et publicationsChapitre 4 sur 16 · POMÈNE ET DANS LE LAZARET DE TOULON, EN · texte numérisé non relu

POMÈNE ET DANS LE LAZARET DE TOULON, EN

( Lettre de Toulon au Président de l’Académie de mé decine de Paris, 27 décembre 1833. )

Des ACCIDEN9 PRODUITS DANS LES TROIS PREMIÈRES CLASSES DES

ANIMAUX VERTÉBRÉS PAR LA VIPÈRE FER-DE-LANCE, Trigom-

cephalus lanceolatus Moreau de'Jonnès. — Montpellier, 1834, in-4“.

Ce sont des expériences faites par l’auteur pendant son séjour à la Martinique, 18i;-182&, avec des observations de irforsure du reptile sur des militaires de la garnison de eette île, et d’où résulte ;

1* Qne le venin de la vipère fer-de-lance exerce une action plus ou moins délétère sur l’homme et les animaux vertébrés des trois premières classes, excepté sur l’espèce à laquelle le reptile appartient ;

2» Que cette action, dans chacune des trois premières classes des animaux vertébrés, est en raison directe de la quantité du venin introduit chez un animal, et en raison inverse de la masse ou volume de ce même animal, ainsi que cela avait déjà été établi par Fontana, pour le venin de la vipère d’Europe ;

3» Que les phénouiènes déterminés par le venin de la vipère ferde-lance sont absolument les mêmes que ceux produits par le venin des autres reptiles venimeux ;

4° Que ce venin introduit dans les voies digestives, est absolument sans action sur l’organisme, ainsi que l’avait déjà constaté Fontana, pour celui de la vipère d’Europe;

5° Que la mort, lorsqu’elle en est la conséquence, ne saurait s’expliquer par l’étendue ou la gravité des désordres locaux ; que sa rapidité, au contraire, est en raison inverse de ces mêmes désordres ;

6“ Que, chez l’homme comme chez les animaux, la rapidité de la mort est parfois telle, qu’elle pourrait.faire croire à une lésion directe du système nerveux ;

7° Que, bien évidemment, le venin agit directement sur le sang, mais que cette action ne consiste pas à le coaguler, comme le pensait Fontana pour le venin de la vipère d’Europe, le sang étant toujours fluide dans les gros vaisseaux lorsqu’on ouvre les animaux aussitôt après la mort ;

8“ Que l’action exercée sur le sang par le venin, l’altère sans doute d’une manière profonde, mais que cette altération est tout-à-fait inappréciable à nos moyens d’investigation ;

9* Enfin, que cette même altération exerce, à son tour, sur l’organisme une action d’où résultent tous les phénomènes ou accidents observés après l’introduction du venin dans les tissus.

D’après ce qui vient d’être dit, les résultats obtenus par l’auteur dans ses expériences, différeraient de ceux obtenus par l’illustre Florentin dans les siennes,' en ce que les animaux à sang froid ressentiraient l’action du venin comme les autres, sauf l’exception mentionnée plus haut ; seulement elle y serait plus lente que chez les animaux à sang chaud.

Ajoutons que quelques expériences tentées par l’auteur, à l’effet d’apprécier cette même aetion du venin sur le règne végétal, ne lui ont donné que des résultats négatifs. Ces expériences- avaient

d’aliord eu pour but de rcriflcr ce qu|on racontait alors dans le pays, et que, sans doute, on y raconte encore aujourd’hui, à savoir qu’un jeune cafler {Coffea arabica) aurait perdu son feuillage, puis serait mort, peu après qu’une tête de trigonocépbale y aurait implanté ses cros, et cela comme elle venait d'être détachée, par un coup de coutelas, du reptile auquel elle appartenait.

L’auteur, à l’article traitement, fait justice de deux moyens qui, p|:ndant son séjour dans le pays, ont été successivement préconisés contre la morsure du trigonocéphale, le guaco, Mikania guaco, et le gombo musqué. Hibiscus moschatus. Il répéta, avec la première plante, l’expérience faite sur le continent voisin par le baron de Dumboldt, c’est-à-dire, qu’il présenta, au bout d’un bâton, du guaco à un trigonocéphale, comme avait fait l’illustre Prussien à un crotale, mais le résultat fut différent : le reptile, au lieu d’en détourner la tête, comme dans l’expérience du baron de Humboldt, mordit dedans à pleins cros.

La partie de VHibiscus préconisée contre la morsure du reptile, était la semence qui est connue sous le nom A'Ambrette, à cause de l’odeur de musc qu’elle répand. L’auteur l’expérimenta sans succès sur un poulet. Les détails de cette nouvelle expérience ne sauraient trouver place ici, où nous nous bornerons à dire qu’elle eut pour témoins les colonels de Grammont d’Asté et de Sainte-Aldegonde ( aujourd’hui général en retraite ), tous deux qon moins désireux que l’auteur de savoir à quoi s’en tenir sur un remède qui venait-de donner lieu à une publication que nous aurons suffisamment fait connaître, après en avoir donné le titre ; le voici : Remède infaillible contre la morsure des )serpens ou vipères. ( Gazette de la Martinique, Journal officiel, année 1824, n°78.)

L’auteur, dans cette même partie de son travail, exprime son étonnement de voir encore, dans les meilleurs traités de matière médicale, l’ammoniaque présentée comme le spécifique, en quelque sorte, et de la morsure et de la piqûre des animaux venimeux en général, et il rappelle le peu de critique qui a présidé à son admission dans le traitement de ces sortes de lésions. Il termine en confirmant, par des observations et des expériences qui lui sont propres, l’efficacité du traitement' local lorsqu’on peut y recourir en temps opportun. Ce traitement consiste, comme on sait, à détruire le venin dans la partie où il a été introduit, soit avec le fer rougi à blanc, soit avec la potasse caustique. L’auteur recommande, et ainsi qu’il le pratiquait lui- même, de faire précéder cette opération, lorsque la disposition des parties le permet, de l’application d’une ventouse, préconisant, dans cette'circonstance, la ventouse' à pompe dite sangsuceur, comme permettant d’agir plus vite qu’avec la ventouse ordinaire, ce qui est du plus grand avantage; car, et on ne saurait trop le répéter, l’efficacité du traitement local, dans lequel l’aspiration entre pour une si large part, dépend tout entière de la célérité de son application.

L’auteur fait remarquer, à cette occasion, que les Nègres panseurs de serpens ( ainsi qu’on appelle dans le pays les nègres chargés de la spécialité de panser les morsures de serpens ) se jettent, pour ainsi dire, sur les morsures, pour les sucer, dès qu’ils approchent les malades, et que de là dépendent les succès qu'ils obtiennent souvent.

Sur les expériences faites, par le docteur sol.4, dans la

Page 1