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ments isolés dans "Vidal de Cassis et dans d'autres auteurs, n'avait pas encore été appliquée dans toute sa rigueur. Le procédé opératoire et les observations où la méthode a été appliquée se trouvent consignés dans la thèse de M. Lesbini. (Paris, d873.) {Cours de clinique médicale, 1873.)
Nouvelle méthode l)alnéotliérapique appliquée au traitement de la fièvre
typhoïde.
J'ai imaginé et appliqué depuis plus de deux ans, au traitement de la fièvre typhoïde, une nouvelle méthode balnéo-thérapique, qui consiste dans l'emploi de bains tièdes lentement et méthodiquement refroidis tout en restant tièdes.
Les médecins qui ont vu plonger un typhique dans un bain froid et ont assisté au spectacle du frisson violent, terrible, qui s'empare de lui à un certain moment, ne peuvent, en général, se défendre d'une impression de pitié pour l'infortuné soumis à une médication qui est presque une torture. Il faut, pour appliquer rigoureusement cette méthode, une véritable sérénité d'âme, que peut donner seule la conviction de garantir presque au malade la guérison au prix de ces souffrances cruelles. En outre, on a remarqué que le bain froid augmente plutôt qu'il ne diminue, au moins au commencement du bain, la température du malade, probablement parce que l'olighémie cutanée produite par le resserrement de tous les vaisseaux téguraentaires au contact de l'eau froide empêche le sang des parties centrales de venir se refroidir à la surface.
L'action favorable des bains froids, qui n'est pas contestable, ne peut donc trouver son explication dans la réfrigération du corps. La méthode de Brand est utile probablement parce qu'elle provoque une réaction énergique du système n erveux ; mais elle n'est pas un moyen de lutter directement contre Thyperthermie. Au contraire, la balnéation tiède avec décroissance graduelle de la te mpérature, telle que je l'ai instituée, produit un abaissement presque constant d e la température centrale des typhiques ; c'est la médication antithermique par excellence. Le but que s'est proposé l'inventeur de cette méthode est de produire la réfrigération, toui en évitant au malade le choc nerveux si pénible que cause l'impression brutale de l'eau froide, La réfrigération s'obtient, parce que la température relativement élevée du bain au début ne provoque pas de spasme des vaisseaux cutanés et permet au sang de venir du centre du corps à la surface se rafraîchir graduellement dans la peau; il en résulte, par conductibilité,
par rayonnement, une importante et rapide soustraction de calorique à l'organisme.
Il est bon d'insister sur quelques précautions à prendre. L'eau qui remplit la baignoire doit être en quantité suffisante pour couvrir les épaules du malade assis dans le bain et ayant conservé sa chemise ; on lui évite ainsi tout refroidissement sur le haut de la poitrine. La baignoire doit être installée de façon à permettre l'addition d'eau chaude ou froide à volonté et l'écoulement de l'excès d'eau.
La température rectale du malade est prise avant le bain, et ['eau est portée à wie température inférieure seulement de deux degrés à celle du malade. Si le malade a 40°, la température initiale du bain est 38°.
Puis, de dix en dix minutes^ on abaisse à^un degré la température du bain jusqu'à 30°, température à laquelle le malade reste encore dix minutes dans l'eau ; ce qui fait que la durée du bain varie entre une heure et une heure quarante minutes, suivant l'élévation de la température initiale.
On retire alors au malade sa chemise mouillée, on l'essuie rapidement pour lui passer une chemise chaude et sèche; ensuite on l'enveloppe dans une couverture pour le reporter dans son lit, oii il est chaudement couvert et réchauffé , s'il est nécessaire, ce qui est rare, par des boules d'eau chaude.
On commence à donner des bains dès que le diagnostic est posé et on 1 es continue sans interruption jusqu'à ce que l'apyrexie soit définitive, c'est-à-dire jusqu'à ce que la température rectale ne dépasse plus 37%. 5.
Les bains sont au nombre de huit par vingt-quatre heures; en les rapprochant un peu, dans l'après-midi et la soirée, on peut laisser reposer le malade entre deux et six heures du matin.
Vers la fin de la maladie, le nombre quotidien des bains est diminué ; il n'est plus quelquefois que de quatre, trois et deux bains par jour. Si Ton prend comme exemple un malade ayant eu une fièvre de dix-neuf jours, on récapitule qu'il a pris cent trente-quatre bains, et séjourné dans l'eau cent soixante-dix heures trente minutes, ou sept jours deux heures et demie.