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AVANTAGES DE CETTE MÉTHODE DE BALNATION

On évite aux typhoïsants la secousse nerveuse, les sensations douleureuses ou même simplement pénibles causées par les autres méthodes de balnéation. Le malade éprouve même au début une sensation agréable, ce n'est que vers 33"

qu'il trouve le bain frais; à 32° il le trouve froid, mais, comme on le retire à 30°, il n^a pas le temps d'accuser de souffrance véritable.

On obtient rapidement une diminution de la température.

La moyenne générale de Vabaissement de la température produit par un bain, sans tenir compte ni du septénaire, ni de l'heure du jour, est de neuf dixièmes de degré. Elle est moindre à la fin du premier septénaire et au commencement du second ; du septième au dixième jour, c'est la période vraiment hyperthermique dans laquelle on doit se tenir pour satisfait d'un abaissement de quatre à cinq dixièmes ; il n'y a pas même lieu de s'effrayer quand il n'est que de deux dixièmes ou même reste nul. Nous verrons que l'action médicamenteuse vient alors utilement à la rescousse.

Les effets produits sur le système nerveux par ces bains sont, on peut le dire, merveilleux. La stupeur typhique n'existe pas. A aucun moment, le malade ne perd la notion de ce qui se passe autour de lui, il répond avec lucidité aux questions et se préoccupe de son état avec une conscience étonnante. Les visiteurs qui peuvent assister à Lariboisière aux bains que prenaent les malades, réunis dans une salle commune et chacun dans sa baignoire, sont surpris de hs voir causer entre eux et soutenir souvent une conversation assez animée : «Ils parlent avec intérêt de lein- maladie, de leur température, discutant même le nombre de dixièmes de degré qu'on aurait dû marquer sur leur feuille d'observations ; à les voir, écrit avec raison Skinner, on ne dirait pas que les baignoires contiennent des typhoïsants. »

Un avantage marqué des bains est de faire cesser l'insomnie si pénible pour les typhiques; le malade, aussitôt remis dans son lit, s'endort, et il profite surtout du sommeil de la nuit. Aussi ne les baigne-t-on pas de deux heures à six heures du matin pour les laisser reposer.

La modification des symptômes graves, délire^ alaxie, carphologie même, est des plus remarquables ; j'ai vu disparaître, après trois ou quatre bains, des secousses musculaires tétaniformes et des soubresauts tendineux caractéristiques d'un état cérébro-spinal des plus inquiétants.

L'appareil circulatoire est aussi influencé favorablement. Le nombre des révolutions cardiaques est constamment diminué, le pouls demeure plein et régulier pendant le bain, il n'est passagèrement petit et serré qu'à la fin du bain quand le malade commence à éprouver une sensation de froid.

Mais les effets les plus frappants des bains sont la disparition absolue et ra-

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pide de la sécheresse de la langue et de la bouche, et des fuliginosités des dents et des lèvres. Quand un typhique arrive avec cette langue rôtie et fissurée et ces dents revêtues d'un dépôt noirâtre adhérent si caractéristiques de l'état typhoïde? on peut être certain que vingt-quatre heures plus tard la langue sera humide, puis rose, étalée et lisse. La salive devient plus abondante et plus fluide. La soif est incontestablement diminuée.

L'influence des bains sur la peau n'est pas moins favorable. Les téguments perdent leur sécheresse, et, même avec une température élevée, cessent de donner à la main la sensation de chaleur mordicante. Le teint n'est pas jaune et terreux, chez les malades soumis à la balnéation tiède prolongée ; la peau des joues est blanche et même rosée.

Pour la même raison, c'est-à-dire l'activité circulatoire de la peau et l'augmentation de sa vitalité, les eschares sacrées et trochantériennes sont extrêmement rares.

Enfin les statistiques montrent que la méthode balnéothérapique des bains tièdes réitérés et progressivement refroidis abrège la durée de la fièvre typhoïde, diminue la fréquence, la durée et la gravité des rechutes, et par suite la mortalité.

Emploi de la quinlne comme moyen auxiliaire. — Lorsque, malgré l'emploi des bains, la température ne diminue pas suffisamment, ou quand se produisent de brusques élévations thermiques, on a dans la quinine un frein de réserve contre l'hyperlhermie.

J'ai renoncé à employer la quinine d'une façon coniinue ; l'expérience a démontré qu'une dose élevée de ce médicament produit un effet assez durable pour qu'on puisse se dispenser d'y revenir à bref délai ; cette durée de l'effet antitherinique est d'environ soixante-douze heures.

Je prescris donc, pendant les deux premiers septénaires, et seulement lorsque la température rectale atteint 40" le matin ou 41° /e soir, 2 grammes de sulfate de quinine, qui sont administrés e7i quatre doses, à une demi-heure d'intervalle. Dans le ti^oisième septénaire, c'est 1 gr. 50 qu'on administre dans les mêmes conditions, puis 1 gramme dans le quatrième septénaire et au delà.

On n'administre pas une nouvelle dose de quinine avant que trois jours se soient écoulés.

Du huitième au onzième jour, il en est du pouvoir antitherraique de la quinine comme de celui des bains, il est à son minimum.

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