‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 13 sur 14 · INCONVÉNIENTS ET CONTRE-INDICATIONS · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS ET CONTRE-INDICATIONS

Cette méthode balnéothérapique présente-t-elle quelques inconvénients ? — Ceux qu'on peut relever à son actif sont franchement bien peu graves.

Le principal est la macération de îèpiderme des mains et des pieds, chez les travailleurs dont la couche cornée est épaisse et dure ; chez les femmes et les jeunes sujets, cet inconvénient est presque nul. Lorsque l'épiderme s'est flétri et ratatiné, il devient le siège de petites fissures, qui peuvent provoquer dès le troisième ou le quatrième jour des bains un gonflement douloureux des ganglions axillaires ; au bout d'une quinzaine de jours environ, quelquefois plus tôt, quelquefois jamais, apparaissent des collections purulentes^ sous-épidermiques presque toujours, quelquefois sous-dermiques, qui ne causent pas de douleurs au malade, ou lui en causent si peu qu'il ne s'en aperçoit que par hasard et que c'est au médecin à les dépister par une recherche minutieuse.

Il est très important de s'en apercevoir le plus tôt possible, car, si on donne issue par un coup de lancette au pus, dès qu'il est collecté, la cicatrisation est d'une rapidité très grande, tandis que le décollement se fait de même avec une très grande rapidité, si on oublie d'ouvrir l'abcès En pareil cas, on peut voir se former aux doigts des panaris profonds. Après les extrémités, c'est le voisinage du sillon interfessier qui est le plus souvent le siège des abcès. Quand on a fait l'incision de l'abcès, il est bon de panser la petite plaie avec un topique antiseptique, et le meilleur a paru être la vaseline iodoformée.

Il ne faut pas incriminer uniquement la balnéation tiède à propos de ces abcès ; la macération épidermique est aussi le résultat des bains froids ; d'ailleurs, des abcès et des furoncles multiples apparaissent souvent au moment de la convalescence sans aucun traitement hydriatique.

La multiplicité Qi la longue durée des bains ont aussi pour inconvénient de déterminer chez certains malades nerveux, et surtout chez certaines femmes hystériques, un tel agacement, qu'après avoir protesté énergiquement contre leur mise dans le bain, ils s'y agitent, s'y plaignent et s'y tourmentent tellement que leur température s'abaisse à peine, &\ que, dans quelques cas très exceptionnels, chez des femmes d'une indocilité extrême, on Ta vue même s'élever de quelques dixièmes. Le plus souvent, des paroles d'encouragement, prodiguées à propos, ont raison de l'impatience du malade. Si on ne réussit pas à le calmer, il y a lieu de suspendre provisoirement la balnéation, à condition que l'hyperthermie ne soit pas excessive, et c'est rarement le cas, puisque le malade ne se

révolte guère contre la continuité de la balnéation qu'après avoir passé la période vraiment dangereuse par l'élévation thermique; après une suspension d'une demi-journée ou d'une journée, on pourra toujours reprendre la balnéation.

Comme contre-indications formelles à l'emploi des bains, je ne vois guère que : l" les attaques syncopales survenant pendant ou immédiatement après le bain ; — 2° l'hémorrhagie intestinale ; — 3° la perforation de l'intestin et la péritonite. — La syncope s'est montrée quelquefois chez certains malades qui avaient une extrême appréhension du bain, et chez d'autres qui étaient atteints d'une affection cardiaque antérieure.

L'apparition des règles chez les femmes n'est pas une contre-indication formelle à la continuation des bains, si la malade ou son entourage n'en conçoivent pas une crainte exagérée. L'intercurrence du rhumatisme articulaire vrai, chose rare, peut être une cause de suspension. Les complications thoraciques graves et durables, telles que l'hépatisation pneumonique ou la pleurésie (si exceptionnelle), motivent une interruption des bains ; mais, au contraire, la simple congestion hypostatique, habituelle dans la fièvre typhoïde, se trouve amendée rapidement par l'emploi des bains.

Traitement antiseptique des maladies infectieuses aiguës. (Congrès médical de Copenhague, séance du 14 août 1884, et Revue de médecine, noxemhre 1884.)

Dans ce travail j'ai cherché à réfuter le sophisme qui consiste à dire que, dans les maladies médicales, l'agent infectieux se trouvant dans Tintimitée des tissus, il faudra pour l'atteindre imprégner toute l'économie de la substance antiseptique qui tuera le malade avant de tuer le microbe. J'ai fait remarquer : 1" que telle substance inoffensive en général et même indispensable pour l'homme, comme l'oxygène, pouvait détruire toute une catégorie de microbes, les anaérobies ; 2" que certains microbes vivent dans des solutions ou d'autres microbes perdent toute activité ; .3" que dans quelques affections médicales (dysentérie, choléra, dipthérie, etc.), le microbe, pour un temps au moins, était limité à une surface et pouvait être atteint localement, ainsi qu'on le fait en chirurgie et en obstétrique, sans imprégnation de tout l'organisme par la substance antiseptique. Le mercure dans la syphilis, le sulfate de quinine dans la malaria, agissent du reste vraisemblablement comme spécifiques.

Toutefois, les recherches de laboratoire doivent précéder et préparer l'appli-

cation clinique de l'antisepsie médicale. On peut, comme je l'ai fait, pour plusieurs microbes étudier l'influence de certaines substances sur la vitalité des bactéries en déposant ces substances dans les bouillons de culture. On peut et on doit aussi déterminer l'équivalent thérapeutique des corps que l'on veut employer. J'entends par équivalent thérapeutique d'un médicament la quantité comptée par kilog. du poids de l'animal qui, injectée dans le sany, ne détermine pas de phénomènes toxiques, mais au delà de laquelle l'intoxication se produirait. J'ai fait cette estimation préalable pour un certain nombre de substances antiseptiques.

Yoici les équivalents thérapeutiques de quelques-unes de ces substances :

Le borate de soude donne des secousses à partir de 94 centigr. par kilog. On ne peut dépasser 2 gr. 80 par kilog. A cette dose l'animal ne meurt pas de suite, mais une polyurie abondante causée par la substance injectée provoque la mort ultérieurement. Lebiiodure de mercure à la dose de 8 milligr. semble inoffensif sur le moment, mais tue dans la suite.

Je dois dire que toutes ces expériences ont été faites sur le lapin et toutes par la méthode des injections intra-veineuses. Je dois dire aussi que j'avais au préalable déterminé les équivalents thérapeutiques des liquides dissolvants : eau, alcool, glycérine. Voici ces équivalents :

1° Eau distillée: on peut aller jusqu'à 90" par kilog. sans accidents sérieux; 120" tuent l'animal ;

2" Alcool : on peut injecter jusqu'à 0",6 par kilog. d'alcool absolu. A mesure qu'on y ajoute de l'eau on peut injecter plus d'alcool, La dilution la plus favorable est celle dans laquelle 20 volumes d'alcool absolu sont dissous dans 80 volumes d'eau. Avec cette soluiion on a un début de somnolence à 1",4S d'alcool par kilog.; au delà de 3" la mort est à craindre;

Acide phénique.

Créosote . . . .

Acide salicylique

5 centigr. par kilog.

5 centigr. par kilog.

Résorcine Kairine. .

Aniline.

Fuchsine

Sulfate de quinine

40 centigr.

1 centigr.

4 centigr.

5 centigr.

4 centigr.

8 centigr.

3° Glycérine : la solution aqueuse doit contenir moins de 50 pour 100 de glycérine; à 5'° par kilog. l'animal a de la trémulation. A 14" il meurt et la rigidité cadavérique est précoce.

A côté de l'antisepsie médicale générale, il est des circonstances où l'on peut faire en médecine de l'antisepsie locale. Une de ces circonstances se présente dans la fièvre typhoïde, maladie au cours de laquelle j'ai cherché à établir l'antisepsie de l'intestin. J'ai d'abord administré à mes malades le charbon à la dose de 80 à 100 gr. par jour et as-ocié à la glycérine. J'ai par ce moyen fixé la plus grande partie des produits de fermentations intestinales, fermentations attribuables aux ferments figurés.

Plus tard, pour m'opposer à ces fermentations, j'ai associé l'iodoforme au charbon. L'iodoforme réalise certaines conditions que je juge nécessaires pour l'antisepsie intestinale, à savoir que, n'étant que peu soluble, il puisse arriver à l'extrémité de l'intestin, de façon à faire sentir son action dans toute la longueur du tube intestinal, de façon aussi, vu sa non-absorption, à ne pas produire d'intoxication dans le cas où on devrait employer des doses élevées.

A la suite de cette médication on voit diminuer beaucoup les microbes, on voit diminuer considérablement la toxicité des matières fécales. J'ai pu injecter sans accident l'extrait de 208 gr. alors que l'extrait de 17 gr. à 45 gr. à l'état normal tue un kilog. d'animal. D'autre part, les matières sont sans aucune odeur, la toxicité des urines est diminuée, les malades ont la langue humide, le teint de la peau reste clair, les eschares sacrées ne se produisent pas ou beaucoup moins souvent, les ulcérations intestinales sont plus nettes ; enfin la mortalité générale de la fièvre typhoïde s'abaisse. Je ferai remarquer qu'en employant cette méthode, il faut veiller à la non-accumulation du charbon dans l'intestin. Ce même procédé d'antisepsie intestinale, je l'ai appliqué à d'autres affections s'accompagnant d'oligurie et d'imperméabilité du rein, afin de diminuer les produits toxiques de l'intestin.

Quant à l'application directe de Tantisepsie médicale générale, je l'ai tentée expérimentalement dans le charbon bactéridien et dans la septicémie de Charrin sans avoir obtenu jusqu'à ce jour de résultats suffisants.

Depuis la publication de ce travail sur l'antisepsie médicale, j'ai déterminé, avec la collaboration de M. le docteur Tapret, les équivalents thérapeutiques et les effets physiologiques d'un grand nombre de corps.

J'ai également réahsé l'antisepsie médicale à l'aide de la naphtaline. J'ai

enfin entrepris un certain nombre d'expériences pour déterminer les doses que l'on pouvait faire ingérer sans accidents aux animaux, en utilisant l'iodoforme, la naphtaline, le méthylnaphtol, le naphtol, etc.

Toxicité de certaines substances médicamenteuses.

Pour faire suite à mes premières recherches sur les équivalents thérapeutiques des médicaments, j'ai entrepris en collaboration avec M. Tapret de déterminer expérimentalement la dose à laquelle les divers agents solubles de la matière médicale, injectés dans une veine périphérique, amènent la mort d'un kilogramme de matière vivante.

Nous avons reconnu que pour obtenir les résultats constants qu'on est en droit d'exiger de cette méthode d'investigation, il faut opérer avec des substances assez diluées, et dans tous les essais faits avec un médicament, se servir toujours d'une solution au même titre injectée avec la même vitesse.

Substance essayée.

Titre

Dose mortelle

de la solution.

pour 1 kil.

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Substance essayée.

Titre

Dose mortelle

de la solution.

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