‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Gabriel Gauthier, de Charolles, candidat au titre de membre correspondant national de l'Académie de médecine dans la première division, médecineChapitre 19 sur 30 · I. — Comment faut-il concevoir cette action antitoxique · texte numérisé non relu

I. — Comment faut-il concevoir cette action antitoxique

thyroïde neutralise la matière mucinoide qui est toxique pour l'organisme? On observe en effet des accidents de tétanie quand on injecte de la mucine à des animaux (expériences de Wagner, injections à des chats de mucine de parotide de bœufl.-Sclésniger fait rentrer dans le groupe des tétanies par empoisonnement exogène, celle qui est déterminée par la pellagre et l’ergotisme; or, parmi les produits vénéneux de l’ergot se trouve une substance analogue?

A. Michaelsen pense, comme Grüntzer, que le corps thyroïde a pour fonction de neutraliser des déchets de la nutrition capable? de provoquer dos effets toxiques tétaniformes, analogues à Ceux de la, strychnine. Mais Abelous, expérimentant l’action antitoxiqüè de sucs de divers organes par rapport à la strychnine, a constaté que le corps thyroïde venait au dernier rang de cette liste ‘.

A la suite d’expériences intéressantes, Dourdoufi (de Moscou)* a

intoxication par une substance dont les effets physiologiques présen-

La thyroprotéide, qui représente la plus grande partie de, la substance colloïde, est toxique pour les animaux ;et provoque chez eux des troubles analogues à ceux de la cachexie strumiprive. Elle

aussi lentement et partant exerce une action cumulative.

Pour un animal privé de la portion principale du corps thyroïde,

sains supportent impunément; mais si, après une thyroïdectomie partielle, on attend, pour pratiquer l’injection, que la glande réséquée ait eu le temps de s’hypertrophier, l’animal opéré supporte la thyroprotéide tout aussi bien qu’un animal sain.

L’action de la thyroprotéide est d’abord excitante, puis paralysante,

ralentir; en tout cas, elles ne sont pas accélérées. La nutrition générale de l’organisme souffre aussi, ce qui se traduit paRfùjç

se produit lentement. A l’autopsie d’animaux intoxiqués par de la thyroprotéide, on trouve le foie congestionné, le corps thyroïde presque toujours pâle, anémié, et fortement œdématié.

Partant de ce fait que, sous l’influence de l’ingestion du corps thyroïde, il se fait une involution des goitres colloïdes diffus, et cela de telle sorte que la masse colloïde contenue dans les alvéoles de la glande, disparait comme si elle était décomposée, puis résorbée

colloïde représente, pour ainsi dire, l’équivalent anatomique de la thyroprotéide, et que cette dernière n’est pas un produit do sécrér. tion de la glande thyroïde, mais un déchet des échanges intra-orga-

thyroïdectomie, provoque les phénomènes de la cachexie strumiprive. Ce poison est détruit ou neutralisé par le véritable produit de sécrétion de la glande thyroïde, lequel contient un ferment spécial (enzyme).

Le rôle physiologique du corps thyroïde consisterait donc àj épurer l’organisme de la thyroprotéide contenue dans le sang, à

subtr^e de ét° UVeaU h^ anS *° C0Uiant circulatoire afin de lui fair ® Notkine fait remarquer que la maladie de Basedow, qui fort pro-

longtemps de l’action, pour ainsi dire,spécifique, de l’iode sur le corps thyroïde.

par Notkine, puis complétée pai; la découverte de Baumann, peut être résumée de la façon suivante : la thyroprotéide, substance nuisible qui prend naissance dans l’organisme, subit au sein même

Il ,nous semble donc que l’iodothyrine a une influence directe sur le métabolisme, sans môme qu’il soit besoin de rinterr^édifire du système nerveux pour expliquer son influence sur la régulation des échanges intra-organiques. Quand la glande thyroïde, atrophiée ou dégénérée, ne sécrète plus cette substance, les troubles nutritifs

phologiques avec intégrité complète des aptitudes psychiques. ; '

Brissaud 1 suppose que, si le bistouri du thyroïdectomiste ménage difficilement les parathyroïdes, un processus morbide peut les laisser intactes et qu’ainsi s’expliqueraient ces différences entre le myxœdèmo opératoire, toujours complet (myxœdème thyro-parathyroïdien) et certaines formes purement morphologiques du myxœdème médical, chez lesquelles l’intégrité des fonctions psychiques'corres- . y pondrait à l’intégrité des parathyroïdes (myxœdème simplement thyroïdien).

D’où cette conclusion que les glandules parathyroïdes pourraient

tion thyroïdienne, on explique d’une façon peu complexe et très’ compréhensive tous les phénomènes de la cachexie strumiprive et leur disparition par l’emploi des préparations thyroïdiennes. Mais

soit qu’elle neutralise ou inhibe des produits issus des échanges nutritifs de l’organisme. Pour notre part, nous ne, faisons que préciser en disant que cette substance sécrétée spécifique est l’iodothyrine dont l’action physiologique et pharmacodynamique ,' se rapprochant de celle de l’iode et des iodures, est régulatrice des échanges organiques.

Les difficultés apparaissent, quand on se place en présence d’autres phénomènes morbides se rattachant, non plus comme le myxœdème, à la suppression du corps thyroïde et à l’absence de sa sécrétion, mais au contraire à l’hypertrophie de l’organe et à l’exagération ou à l’adultération de sa sécrétion.

En un mot, comment se comporte la sécrétion thyroïdienne dans le goitre simple, dans le goitre exophtalmique, et aussi dans les cas

L’analyse chimique a démontré en effet et démontre encore qu’il n’existe aucun rapport constant entre l'apparition du goitre et l’existence en plus ou moins grande quantité de l’iode dans le milieu endémique.

Autrefois, dans ccs sortes d'investigations, le chimiste recherchait

On admet que la substance iodée, celle qui est emmagasinable et utilisable par le corps thyroïde, n’est ni l’iode ordinaire ni sescom-

peut la trouver.

Il est à supposer, comme le dit Hugounenq 1 , que l’iode, polir être utilisé par la thyroïde, doit avoir subi au préalable des transformations dans la cellule végétale ou animale, et devenir un composé organo-iodé qui ne se trouve ni dans le sol ni dans l'eau et dont là chimie actuelle ne connaît encore qu’imparfaitement les moyens d’analyse.

C’est, en effet, dans ces derniers temps seulement que l’attention s’est portée sur ce point. Baumann a pu extraire des éponges ordinaires une substance organique iodée, très voisine de l’iodothyrinë quoiqu'en différant pourtant, puisqu'elle est assez soluble dans l’eau. Dreschel a également extrait de la gorgonia coralinii un corps organique iodé, auquel il a donné le nom de gorgonine et qui posséderait, parait-il, les mêmes propriétés que l’iodothyrine ’. ’?"tj

Sur ces données nouvelles, différentes de celles où s’exerçait autrefois une chimie simple et vulgaire, étrangère aux phénomènes de la vie, le problème de Chatin peut être posé à nouveau. ' ?

Ce qui est acquis depuis longtemps dans la production du goitre endémique, c’est que l’influence néfaste du milieu s’étend non seulement aux hommes mais aux animaux; — c’est que les personnes qui, n’étant pas nées dans les pays à goitre, viennent à les habiter, y contractent la maladie; — c’est que les goitreux en s'éloignant dë-

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