‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Gabriel Gauthier, de Charolles, candidat au titre de membre correspondant national de l'Académie de médecine dans la première division, médecineChapitre 4 sur 30 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

INJECTION THYROÏDIENNE 21

le chat, Yon Eiselsberg et Alonzo n’ont observé aucun de ces phénomènes.

La diurèse a été observée dans toutes les expériences; elle se manifeste dès les premières injections et est souvent accompagnée de sueurs abondantes. On a noté aussi quelquefois une élévation appréciable de la température (Rouquès).

L’âge est un des facteurs importants de l’action thyroïdienne. C’est ainsi qu’un chien de 5 mois succombe aux injections au bout de sept jours, alors que des doses triples, répétées pendant plusieurs mois, ne parviennent pas à tuer des chiens plus âgés (Ballet).

Les expériences les plus intéressantes d’injection thyroïdienne ont été faites par G. Ballet et Enriquez (1).

Sur 12 chiens, ces injections ont déterminé le tableau symptomatique suivant : 1» immédiatement après l’injection, fièvre, tachycardie, tremblement et dyspnée, agitation extrême, éclat du regard et, dans deux cas, une légère saillie des globes oculaires; 2° plus tard, une conjonctivite et un amaigrissement très rapide. Chez cinq de ces chiens, les injections amenèrent la mort. A mesure qu’on poursuit les injections, l’amaigrissement s’accentue; des crises de diarrhée et de rnélæna surviennent tardivement et se répètent jusqu’à la mort. Il y a de la polyurie, et, à plusieurs reprises, l’urine contient de l’albumine. En dernier lieu, l’abattement survient, l’agitation fait place à la torpeur; les animaux très fatigués se déplacent difficilement ; quelques-uns semblent même atteints d’une véritable, paralysie du train postérieur, no peuvent plus se tenir sur leurs pattes et succombent dans le collapsus.

Un fait très remarquable signalé par ces auteurs, c’est qu’à la suite de ces injections pratiquées à distance, sous la paroi abdominale, par exemple, on constate des modifications

(0 G Ballet et Enriquez, Des effets de l’hyperthyroldisation expérimentale . Médecine moderne, 1895, p. 801.

lui de ChopU peu d’obserir l’homme.

e> appliquaient tion par la voie

3 aux surprises ïorps thyroïde, ette révélation

i so faisait de io pas éveiller

36 ÉTUDE GÉNÉRALE DES MÉDICATIONS THYROÏDIENNES

Comment les matières albuminoïdes de la substanco thyroïdienne et los ferments actifs qu’elles renferment sauraient-elles supporter, sans être transformées ou détruites, l’action des sucs gastrique et intestinal? Et, du reste, quelle invraisemblance qu’il suffise de faire manger quelques sandwich de la glande thyroïde pour transformer en quelques somaines un être d’aspect crétinoïde en un homme dans des

Mais les faits s’accumulaient; les régimes thyroïdiens (régime de Howitz et Ehlers, régime de Pasteur, régime do Fox et de Mackenzie) étaient partout employés. Des extraits, dos poudres, des pastilles de substance thyroïde voyaient le jour en quantité innombrable. A Londres notamment, lo Thyraid feeding était devenu le cri thérapeutique du jour.il fallait bien se rendre à l’évidence, d’autant plus que toutes les observations avaient une concordance parfaite et l’efficacité de cette alimentation thyroïdienne ne pouvait fairel’ombre d’un doute.

Dès lors, on n’a plus recours qu’à la voie stomacale dans le traitement des maladies par insuffisance du corps thyroïde, et, comme ce mode d’administration est à la portée de tous, on généralise la médication. On en arrive bientôt à l’employer dans la plupart desmaladies dontle symptôme principal se retrouve dans le myxœdèmo : troubles cérébraux, rachitisme, obésité, troubles de la menstruation,maladies cutanées, etc..

documents que la clinique a fournis, à propos de la médication thyroïdienne, depuis que la méthode par ingestion est employée. Nous nous contenterons de résumer les effets que produit, sur le myxœdèmo et los états crétinoïdes, l’introduction de la substance thyroïdienne dans l’organisme, quel que soit le mode de cette introduction

GÉNÉRALE DES MÉDICATIONS THYROÏDIENNES

jours être formulée en poids et non on lobes : le poids moyen d’un lobe de mouton, c’est-à-dire d’u.ne demi-glande, est environ de 1 gr. 20 à 1 gr. 80, mais il peut varier de 0,90 centigr. à 3 ou 4 gr.

Les diverses préparations confectionnées avec la glando 1 thyroïde sont très nombreuses (extraits fluides, poudres et extraits secs).

Extraits glycérinés, alcooliques et aqueux. — Tous les extraits du corps thyroïde ont été, à quelques différences | près, préparés do la façon suivante, qui est celle que j’ai adoptée :

Les lobes sont successivement posés, découpés finement;! avec un couperet aseptique, bien broyés dans un mortier de porcelaine, puis mélangés à une quantité de glycérine équi- ; S valente à quatre fois lé poids dos lobes. Après un repos do trois ou quatre jours, pendant lesquels on continue à triturer plusieurs fois le mélange, on filtre le liquido. On a alors urifl suc dosé à 1 pour 5 (une cuillère à café équivalant ainsi à 1 gr. de substance), transparent, à peine teinté en rose, visqueux, d’un goût nullement désagréable, susceptible de se conserver très longtemps dans un endroit frais.

Yermehren a proposé l’emploi d’un extrait alcoolique; Ewald, celui d’un extrait aqueux.

Poudres et extraits secs. —- On a employé aussi des poudres et des extraits secs de thyroïde sous forme de tablettes et de pastilles. L’usage de ces préparations sèches n’est assurément pas, paraît-il, sans danger. Otto Lanz (1), examinant quelques-uns do ces produits fabriqués en Angleterre? et y jouissant d’une grande réputation, a trouvé qu’ils con-1

1895 LanZ ’ Ueber thyrol'dismus. Dent. med. Wochens., 12 sept.

PRODUITS THYROÏDIENS 35

Toutefois, on comprend qu’avec les tissus animaux les recherches soient plus difficiles qu’avec' les végétaux : le milieu est plus complexe, il est surtout plus altérable. La

La Ihyro-io substance soli l’éther, solubl acides et des

inistration de ce dérivé protéique iodé gué- ■roïdés qui ont déjà de la tétanie et augsilation de l’azote et de l’acide phosphori-

îettant en présence trois parties do caséine" Î d’iode, a obtenu une poudre brune, la caséine pério- 3i on traite cette caséine périodée de la façon employéo

dus similaires contenant également de l’iode et isolés par d’autres expérimentateurs :

La Thyroglobuline d’0swald(2), obtenue en traitant des glandes thyroïdes do porc par la solution physiologiquo do chlorure de sodium, en filtrant le mélange, puis en saturant à moitié le liquide filtré avec le sulfate d’ammonium. Le précipité, qui est la thyroglobuline, renfermerait de l’iode en plus grande quantité que l’iodothyrine(14,30 p. 100, au lieu de 9,30 p. 100) et serait aussi plus active que celle-ci. Lé liquide d’où a été précipitée la thyroglobuline, traité de nouveau par le sulfate d’ammonium, donnerait, d’après Oswald, un second précipité, une nucléoprotéide, qui ne renfermerait pas d’iode, mais du phosphore.

La Thyroglandine de Maclenann et la Panglandine , — qui se vend quelquefois en Franco —, appartiennent probablement à la même catégorie de substances iodées.

En opposition à l’iodothyrine, qui, d’après Baumann, se-

4o ÉTUDE GÉNÉRALE DES MÉDICATIONS THYROÏDIENNES raitla seulesubstance active par l’iode qu’elle contient, Lanz (deBerne) a dénommé A ïodine un produit thyroïdien qui, ne contenant que 0,50 p.100 d’iode, renfermerait pourtant tous les principes actifs, surtout albumineux, de la glande. Ce produit est obtenu en faisant un extrait de la thyroïde au moyen d’une macération dans une solution à 7 p. 100 de chlorure de sodium. On précipite ensuite par le tannin les albumines, les globulines, les bases et la pseudo-mucine : ce précipité desséché constitue l’aïodine, dont un gramme correspond à dix grammes de glande fraîche (1). Avec ce produit, Lanz a amélioré l’état de jeunes animaux éthyroïdés et obtenu plusieurs succès dans le traitement du goitre vulgaire et endémique.

b) Thyro-antitoxine de Frânkel. — S. Frankel (do Vienne) a retiré de l’extrait alcoolique d’une macération de

constituée sur le type desguanidines. Cette matière cristallisable et très hygroscopique a pour formulo brute C 6 H*‘Az 3 0 5 . Elle ne contient ni phosphore, ni soufre, ni iode. Sa soln-

Elle ne précipite pas par l’acétate neutre ou l’acétale basique de plomb, mais parles réactifs des alcaloïdes; le nitrate d’argent détermine un précipité floconneux, qui se redissout par l’acide nitrique ou par la chaleur. La thyro-antitoxine est considérée par Frankel comme l’alcaloïde du lissu thy-

D’après Chassavent, il semblerait que les cristaux de Frânkel ne sont que de l’inosite, souillée par un corps sirupeux que contiendrait le principe actif.

De son côté, Dreschel (2) a isolé deux bases cristallines;

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