‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Gabriel Gauthier, de Charolles, candidat au titre de membre correspondant national de l'Académie de médecine dans la première division, médecineChapitre 5 sur 30 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

MACODYNAMIE DES PRODUI

48 ÉTUDE GÉNÉRALE DES MÉDICATIONS THYROÏDIENNES gne) a reconnu que l’iode exerce une action paralysante sur les centres des nerfs dépresseur de Cyon et pneumogastri- A que, tandis que l’iodothyrine a une action opposée, et il en conclut que cette substance n’agit pas par l’iode qu’elle renferme. Chassavent (/oc. cit.) émet aussi des doutes sur la valeur de l’iode dans le suc thyroïdien.« Si l’on considère, dit-il, les variations dans la proportion d’iodo que contiennent les glandes thyroïdes des différents animaux de même race et de même troupeau, et les quantités d’iode différentes que : renferment les principes immédiats obtenus par les méthodes de Baumann, on arrive à se demander si l’iode est bien réellementconstitutive de la molécule de l’antitoxine thyroïdienne, S de même que le fer est caractéristique de l’hémoglobine. Si l’on remarque en outre que, chez le même animal, la teneur en iode de sa glande varie suivant son alimentation, et même sous l’influence d’un simple pansement iodoformé, sans qu’il y ait dans l’économie de trouble apparent; si,de plus,comme l’ont vu Baumann et Roos chez le myxœdémateux, l’administration des combinaisons iodées no donne pas lieu à la formation de la thyro-iodine, on arrive à presque conclure que l’iode se combine simplement de préférence avec le protéide actif et qu’on ne doit pas attribuerà l’iode l’action antitoxique du suc thyroïdien. »

Malgré ces remarques et ces observations, nous croyons avec le plus grand nombre des auteurs, — et nous essaierons plus loin de lo démontrer, — que l’iode est l’élément actif de l’iodothyrine.

L’iode de l’iodothyrine agit-il comme l’iode ordinaire? Avant que Baumann eut découvert ce produit, Kocher, dont on ne saurait récuser la compétence dans ces questions, prétendait que la médication thyroïdienne ne donne pas dans le goitre des résultats différents de ceux fournis par l'iode. Que, dans le goitre, l’iode et l’iodothyrine produisent des

ble lui conférer des propriétés spéciales, mérite de fixer l’attention et donne lieu à des considérations pleines d’intérêt, que Hugouncnq {loc. oit.) fait ressortir dans les termes sui-

Et d’abord, pour que la thyrôïodine se rencontre chez les animaux, il faut que l’iode fasse partie intégrante de l’alimentation pour toutes les espèces et sous toutes les

I GÉNÉRALE DES MÉDICATIONS THYROÏDIENNES

latitudes. C’est bien ce que l’analyse chimique avait essayé de démontrer autrefois, mais sans aucun succès. Chatin, qui s’y était employé, n’avait produit que des preuves insuffisantes, et la diffusion universelle do l’iode n’était admise par personne. Il est piquant de voir la chimie physiologique*: l’expérimentation et la clinique elle-même provoquer sur ce point un retour d’opinion, non pas directement, mais par une conséquence forcée de leurs constatations.

Pour si répandu que soit l’iode, on peut affirmer qu’il n’existe qu’à l’état de traces chez les végétaux et les animaux terrestres et généralement dans tous les milieux, abstraction faite de l’eau do mer, de quelques sources thermales et d’un petit nombre de gisements (phosphates, nitrates), peut-être d’origine marine. Comment l’organisme s’empare-t-il de ces quantités infinitésimales d’iode pour les fixer dans un parenchyme déterminé, là et point ailleurs? Cette question est à l’heure actuelle insoluble; on ne peut l’éclairer qu’à la'lumière de la physiologie comparée, invoquer l’exemple de ces plantes qui font des sélections si sévères dans leur terrain de culture ; telle la betterave dont les cendres sont relativement riches en rubidium, alors que l’analyse spectrale n’accuse qu’avec peine la présence de cet élément rare dans le sol où la plante s’est développée.

Quoi qu’il en soit de ce rapprochement et de l’obscuritd qui enveloppe l’origine do la thyro-iodine, on peut affirmer que ce principe immédiat a un rôle physiologique important.

Après avoir constaté la présence de la thyro-iodine dans la thyroïde des animaux supérieurs, Baumann s’est rappelé que, parmi les médicaments les plus employés contre le goitre, figurait autrefois la poudre d’éponges. Cette singulière pratique n’avait-elle, à l’exemple de beaucoup d’autres, aucun fondement? Il ne le semble pas; car Baumann a pu extraire des éponges ordinaires une substance organique iodée

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