‹ Exposé des travaux scientifiques du Dr Henri de Rothschild, avec 6 planches et 1 figureChapitre 6 sur 13 · RECHERCHES · texte numérisé non relu

RECHERCHES

LE CORPS thyroïde

ET L’HYPOPHYSE

(En collaboration avec le D' Léopold-Lévi.)

Migraine thyroïdienne.

Communication à la Société médicale des hôpitaux, ii mai 1906.

A propos de 7 cas de migraine améliorés par le traitement thyroïdien, description de la forme thyroïdienne de la migraine. Elle se fonde sur l’efficacité du traitement thyroïdien, sur les signes d’hypothyroïdie relevés sur des sujets atteints de migraine, sur l’action autothérapique de la grossesse, sur l’influence de la vie sexuelle féminine dans l’apparition de la maladie (puberté) et de ses crises paroxystiques (menstrues) et dans sa disparition (autothérapie de la ménopause). La migraine thyroïdienne ne diffère pas par ses signes de la migraine commune ; elle peut en revêtir toutes les modalités cliniques.

EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTIFtaUES

Hypothyroidie et auto-infection périodique.

Communication à la Société de biologie, 12 mai 1906.

Observation d’un enfant de 4 ans et demi 0 hypothyroïdien », atteint pendant 7 mois d’amygdalite à répétition, avec vomissements, délire, hypothermie. Traitement thyroïdien pendant 3 mois; suspension des crises pendant 5 mois; puis apparition d’une crise atténuée au sixième mois suivant, alors que le sujet a suspendu le traitement deux mois et demi et qu’il a contracté dans l’intervalle varicelle et rougeole. Ce fait, qui réalise une sorte d’expérience chez l’homme, montre l’influence d’un terrain déterminé sur l’apparition d’auto-infections. Par la périodicité, les crises auto-infectieuses observées se rapprochent de la migraine, qui est souvent thyroïdienne. L’hypothyroïdie facilite, d’autre part, les autoinfections périodiques. En présence d’une auto-infection à répétition (telle qu’amygdalite, érysipèle menstruel), il y a lieu de rechercher le trouble endocritique (souvent thyroïdien) et d’appliquer l’opothérapie appropriée.

Corps thyroïde et faim.

Communication à la Société de biologie, 2 juin 1906.

Sur une centaine de malades soumis à la médication thyroïdienne, on note, dans vingt et une observations, l’augmentation de la faim et de la sensation de la faim.

La faim augmente, en général, dès le début de la médication. Elle est souvent proportionnelle à l’ingestion de la substance active. Elle diminue ou persiste pendant les intervalles de l’opothérapie.

Après la suppression prolongée du traitement, l’amélioration reste durable ou l’état habituel de la faim a tendance à se produire.

En même temps que la faim s’accroît, on voit l’appétit naître ou renaître et ses caprices se régler.

En rapprochant l’influence sur la faim de l’ingestion du corps thyroïde de l’état de la faim observé au cours du goitre exophtalmique, du myxoedème, de l’hypothyroïdie bénigne, des diverses phases thyroïdiennes de la grossesse, on peut conclure que le corps thyroïde est physiologiquement régulateur de la faim et qu’il existe une anorexie hypothyroïdienne nécessitant un traitement approprié.

En détaillant le mécanisme de la faim, le corps thyroïde devient régulateur des diastases de défense. 11 est aussi régulateur des centres bulbaires (centre de la faim, migraine thyroïdienne, centre bulbaire du

Auto-thérapie thyroïdienne de la grossesse.

Communication de la Société de biologie, i6 juin 1906.

Au cours de la grossesse, la migraine jdisparaît ou s’atténue d’habitude (vingt et une fois sur vingt-cinq), par suite d’une véritable autothérapie qui s’applique également au rhumatisme chronique — deux exemples — et à l’asthme (Ley, Nicolas).

La grossesse agit, dans ces cas, comme le traitement thyroïdien appliqué ultérieurement en fournit la preuve, en exaltant le fonctionnement thyroïdien.

L’hyperthyroïdisation est d’ailleurs précédée et suivie d’hypothyroïdie.

EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTIFIQUES 6l

Par un mécanisme analogue, se produit l’amélioration du myxoedème pendant la grossesse et aussi des petits accidents de l’hypothyroïdie ; dix femmes sur quarante-deux se sont mieux portées pendant leur grossesse.

Migraine, rhumatisme chronique, asthme représentent des manifestations de l’arthritisme. Il est permis de penser qu’une part au moins de l’arthritisme relève de l’hypothyroïdie et devient justiciable de la médication thyroïdienne.

Hypothyroïdie et angines à répétition.

Communication à la Société de biologie, 30 juin 1906.

On note, sur 95 observations de sujets hypothyroïdiens, 26 fois des angines à répétition (catarrhales aiguës, 14; phlegmoneuses, 5; herpétiques, 7). Les cas, se rapportant à 19 femmes et à 7 hommes, ont évolué souvent à la faveur de la puberté, des époques menstruelles, des suites de couches, le plus souvent se sont produits dans l’enfance. La fréquence a varié de 2 à 40 et davantage. Les angines sont survenues d’une façon irrégulière, périodiquement, parfois avec une périodicité remarquable.

Dans deux cas, le traitement thyroïdien a déterminé la disparition d’angines à répétition. Cette étude montre l’influence prédominante du terrain et diminue d’autant l’importance des germes infectieux, ce qui explique le peu de contagiosité habituelle de ces angines.

La fréquence des angines herpétiques indique que les liens qui rattachent l’hypothyroïdie à l’arthritisme l’unissent également à l’herpétisme.

Hypothyroïdie et urticaire chronique.

Communication à la Société de biologie, 7 juillet 1906.

Une jeune femme de vingt-deux ans, offrant une hypothyroïdie légère continue avec crises paroxystiques, est atteinte depuis quatre mois d’aménorrhée, d’hypermégalie thyroïdienne, d’urticaire chronique à poussées quotidiennes. Sous l’influence du traitement thyroïdien, les régies réapparaissent, le corps thyroïde devient normal, l’urticaire diminue en quelques jours pour disparaître progressivement. Il se fait une reprise très légère aux régies suivantes. Les auteurs ont relevé dix fois l’urticaire dans leurs observations d’hypothyroïdiens. Ce n’est, du reste, que la localisation cutanée d’une auto-intoxication.: L’œdème aiguë de Quincke est peut-être fonction également d’hypothyroïdie. On note, d’ailleurs, chez les enfants hypothyroïdiens, le prurigo sec ; or le prurit est souvent le point de départ de l’urticaire, lésion factice. L’urticaire chronique évoluant chez les arthritiques et les herpétiques représente une nouvelle manifestation de l’hypothyroïdie qui l’unit à ces diathèses.

Conception pathogénique du rhumatisme chronique progressif. Communication à la Société de biologie, 24 juillet 1906.

1“ Le rhumatisme chronique progressif évolue sur un terrain préparé par un trouble endocritique (thyroïdien, hypophysaire, ovarien, diastématique) ;

2” A la faveur de la dysendocrisie, il se produit des auto-infections banales, à répétitions, ou des auto-intoxications chroniques. Les articulations, émonctoires accidentels, deviennent le siège des lésions causées par les toxi-infections qu’elles combattent, surtout si elles sont prédisposées (prédisposition articulaire, héréditaire ou acquise);

3» Toxi-infections, auto-intoxications mettent en jeu les centres nerveux articulaires régionaux ou le centre général bulbaire. Le rhumatisme chronique évolue sur un terrain névropathique. La participation du système nerveux explique un, certain nombre des symptômes de la

4» La progressivité serait fonction d’arthrotoxines et certains sérums (diphtérique, tétanique, de Menzel) agiraient sur l’élément humoral.

11 faut tenir compte de ces diverses notions pour la reproduction expérimentale et pour le traitement du rhumatisme chronique.

Corps thyroïde et éqmhbre thermique.

Communication à la Société de biologie, 20 octobre 1906.

Le corps thyroïde a une influence manifeste sur l’équilibre thermique : 1“ les myxœdémateux, les animaux thyroïdectomisés ont une température centrale abaissée ; 2“ la température des basedowiens est souvent au-dessus de la normale ; 3° la chaleur animale augmente sous l’influence de l’opothérapie thyroïdienne chez les athyroïdiens et les hypothyroïdiens; 4» il en est souvent de même chez les femmes enceintes à la phase hyperthyroïdienne de la grossesse. Le corps thyroïde, pour conditionner la chaleur animale, met en jeu les procédés habituels de la thermogénèse et de la régulation thermique. Les variations thermiques déterminent une série d’autres modiflcations — véritables symptômes du myxœdème et du goitre exophtalmique.

Froid et hypothyroïdie.

Communication à la Société de la biologie, 27 octobre 1906.

En dehors du myxœdème, il existe toute une série d’états morbides au cours desquels on rencontre une diminution de la chaleur animale, à mettre sur le compte de la méiopragie thyroïdienne.

Cette hypothermie se manifeste sous des aspects divers ; a) refroidissement des extrémités, inconscient ou subconscient; i) frilosité circonscrite ou générale ; en même temps, existent souvent des troubles vaso-moteurs : spasme artériel, cyanose avec œdème des extrémités et engelures; c) frissons à type thyroïdien; S) hypothermie centrale; e) susceptibilité exquise au froid (d’où névralgies, faux rhumatismes et migraines).

Tous ces symptômes ne sont que monnaie d’hypothermie et sont la conséquence de la régulation thermique, dont le but est de maintenir les organes internes i une température constante, aux dépens du revêtement cutané.

L’origine hypothyroïdienne de l’hypothermie est démontrée par l’influence de l’opothérapie thyroïdienne, et, avant le traitement, par l’association de l’hypothermie à d’autres symptômes d’hypothyroïdie et l’apparition paroxystique du froid lors d’accidents d’hypothyroïdie.

Corps thyroïde et tempérament.

Communication à la Société de biologie, 8 décembre 1906.

Les auteurs ont constaté que, sous l’influence de 175 cachets de corps thyroïde, le tempérament d’une jeune fille de 17 ans changea complète ^

EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTlFiaUES

ment. En même temps qu’elle a légèrement fondu, s’est élancée, a le visage dégonflé, les traits précisés, les yeux brillants, plus d’expression, il se produit une transformation surprenante. Elle qui causait peu, était plutôt triste, constamment fatiguée, somnolente, peu appliquée, présente maintenant une sorte d’excitation, avec gaîté, rires explosifs, parfois fou rire. Elle est devenue causeuse, a une application au travail inusitée ; elle ne désire plus se coucher. Son sommeil léger est un peu agité. Le pouls a oscillé entre 90 et no.

On constate la ressemblance entre l’état actuel de la jeune fille et le nervosisme. Certains états du nervosisme seraient dus à une hyperthytoïdation légère, spontanée, continue, avec paroxysmes. Certains changements de tempérament que produisent la grossesse, les menstrues, la ménopause, certaines infections, certaines médications seraient de même dus au corps thyroïde.

Œdèmes tbyroidiens transitoires.

Communication à la Société de biologie, 29 décembre 1906.

Il existe des œdèmes transitoires liés au mauvais fonctionnement de la glande thyroïde. Ces œdèmes sont sujets à répétition, et siègent généralement à la face, aux paupières ou aux extrémités. On peut observer aussi le gonflement des cordes vocales, l’obstruction des fosses nasales provoquée par le refroidissement, l’apparition des menstrues (Hertoghe). etc.

Ces œdèmes sont bien d’origine thyroïdienne, puisqu’ils coexistent avec d autres symptômes d’hypothyroïdie, et qu’ils disparaissent sous l’influence du traitement thyroïdien.

lE ROTHSCHILD

Neurasthénie thyrcüdimne.

Communication à la Société de neurologie, lo janvier 1907.

Il s’agit d’une jeune fille atteinte de neurasthénie et d’hypothyroïdie chronique, guéries l’une et l’autre par la médication thyroïdienne, après échec de l’isolement et de la psychothérapie. Ce qui augmente l’intérêt de ce résultat thérapeutique, c’est qu’il s’agissait d’un cas de neurasthénie Hltp constitutionnelle. Le mémoire renferme quatre autres observa-

SCIENTIFiaUES

Opothérapie hypophysaire.

Communication à la Société de neurologie, 7 février 1907.

Présentation de trois petits malades (deux idiots, une maladie de Little incomplète), chez lesquels le traitement hypophysaire (cachets journaliers de O gr. 10 d’extrait) a produit une amélioration extraordinaire, très rapide d’abord, puis progressive. L’infantilisme peut, comme dans le cas de Nazari, reconnaître une origine hypophysaire, La médication n’est pas toxique.

Traitement thyroïdien des enfants arriérés.

Communication à la Société de neurologie, 7 mars 1907.

Présentation de trois enfants arriérés qui ont été rapidement améliorés par l’opothérapie thyroïdienne, aussi bien au point de vue physique que mental.

Fonction orégogène du corps thyroïde.

Communication à la Société de biologie, 16 février 1907.

C’est la fonction d’éveil ou de réveil des divers appétits. Dans deux nouveaux cas, la faim a été actionnée par le traitement thyroïdien :

1“ chez une jeune fille de 12 ans qui, sous linfiuence d'un appétit d’ogresse, a gagné en 40 jours de traitement 4 kil. 400 et 4 cent. 5 ; 2» chez une fillette de 5 ans 1/2, à qui 10 cachets firent gagner 600 grammes en une semaine.

En second lieu, le corps thyroïde agit sur l’appareil cérébral, fait naître la curiosité, le goût pour l’étude.

L’appétit sexuel se trouve à son tour influencé, comme chez un rhumatisant chronique amélioré par la thérapie thyroïdienne. Les hyporexies combattues par le traitement relèvent de l’hypothyroïdie. Dans l’orthothyroïdie, la glande règle ces divers appétits (fonction orégogène).

Constipation et hypothyroïdie.

Communication à la Société de biologie, 13 avril 1907.

éi cas de constipation essentielle ont subi avec succès la médication thyroïdienne. Le plus jeune sujet a 3 ans 1/2, le plus âgé 73 ans.

La constipation, symptôme essentiel dans 7 cas, accessoire dans les autres observations, remontant souvent à l’enfance, a disparu parfois dés un, deux cachets, dès les premiers cachets, ou a nécessité 53, 90 cachets et a cédé pendant le traitement pour revenir parfois ultérieurement et être réglée définitivement, dans certains cas, depuis dix-huit mois,

Les sujets traités présentent une forme d’hypothyroïdie (migraine, rhumatisme chronique, hypothyroïdie bénigne, arriération, etc., etc.). Le traitement améliore, en même temps que la constipation, d’autres défectuosités du tempérament.

EXPOSÉ DES TRAVAUX SCIENTIFiaUES

Corps thyrotde et intestin.

Communication à la Société de biologie, 20 avril 1907.

Lathyroïdine, qui agit surtout'contre la constipation est susceptible de provoquer une diarrhée comparable à celle qui se trouve réalisée spontanément dans la diarrhée paroxystique de la maladie de Basedow et la diarrhée nerveuse.

Inversement, l’ingestion de corps thyroïde peut faire disparaître une diarrhée chronique (4 exemples). Il y a là une action régulatrice que le corps thyroïde exerce sur d’autres fonctions, et qui, en ce qui concerne l’intestin, n’est pas particulière au corps thyroïde.

On peut penser à une action excitatrice sur le système neuro-musculaire de l’intestin.

Intestin thyroïdien et ion-calcium.

Communication à la Société de biologie, 27 avril 1907.

Sabbatani a montré que l’ion-calcium possédait une fonction biologique modératrice. Les sels de calcium diminuent la contractilité et l’irritabilité musculaires.

Inversement, il résulte des travaux de Loêb, de Mac Callum que tous les sels de sodium décalcifiants produisent l’hyperexcitabilité de tout le système neuro-musculaire, y compris celui de l’intestin.

Ën faisant l’application de ces données à la constipation et à la diar-

rhée thyroïdienne, on peut considérer la constipation liée à la dépression neuro-musculaire comme due à une concentration protoplasmique de l’ion-calcium, la diarrhée comme due à une diminution de la concentration.

Cette conception se rattache à une série d’autres notions touchant la fonction calcifiante du corps thyroïde, à propos du squelette, des fractures, de la coagulabilité du sang, et à l’application thérapeutique du calcium dans certains paroxysmes : urticaire, etc.

Les auteurs étendent par l’influence du métabolisme du calcium la même fonction du corps thyroïde aux troubles de neurasthénie et de nervosisme. Ils supposent une association des troubles hépato-thyroïdiens pour expliquer certains syndromes d’hypo-, hyper- ou de dyscalcification.

Fonction tricbogêne du corps thyroide : signe du sourcil. Communication à la Société de biologie, ii mai 1907.

Le corps thyroïde exerce sur l’appareil pileux une influence manifeste dans le myxcedème spontané, congénital ou acquis, dans le myxcedéme opératoire et chez les animaux thyroïdectomisés. On la retrouve encore dans l’insuffisance thyroïdienne à des degrés divers (syndrome d’Hertoghe, infantilisme, hypothyroïdie minima).

Inversement, dans l’insuffisance ovarienne qui s’accompagne d’hyperthyroïdie, il y a souvent développement pileux exagéré et, de même, l’opothérapie thyroïdienne a une influence favorable sur l’appareil pileux.

Dans l’alopécie, lorsqu’elle n’est pas liée à des lésions locales (grossesse, afltections générales, syphilis), il y a lieu de tenir compte d’un élément d’hypothyroïdie.

Parmi les troubles de l’appareil pileux, nous insistons sur la raré-

faction des sourcils à leur partie externe, liée à la kératose pilaire (Hertoghe), ou par trouble de développement. Ce signe — signe du sourcil — est parfois héréditaire, souvent familial et proportionnel au degré d’hypothyroïdie. Indice d’insuffisance thyroïdienne, il acquiert d’autant plus d’intérêt qu’il est associé à l’œdéme permanent ou transitoire.

Insuffisance thyroïdienne; huit cas de myxœdme incomplet.

Communication à la Société médicale des hôpitaux, 17 mai 1907.

Huit observations d’insuffisance thyroïdienne qui montrent qu’entre le myxœdème fruste qui se rattache au grand myxœdème et l’état de santé, on peut, en étudiant l’évolution de certains cas et en les replaçant dans la famille, noter tous les intermédiaires : myxœdème fruste, infantilisme, arriération physique et mentale, hypothyroïdie bénigne chronique (neurasthénie, arthritisme), hypothyroïdie paroxystique, hypothyroïdie

L’œdème étant sujet à apparaître tardivement, comme à disparaître spontanément ou sous l’influence du traitement, à être transitoire et paroxystique, il convient de substituer à l’expression de « myxœdème s celle d’« insuffisance thyroïdienne avec ou sans mxyœdème », ce dernier pouvant être permanent ou transitoire.

xxn

Petits incidents du traitement thyroïdien : nervosisme expérimental. Communication à la Société de biologie, 18 mai 1907.

En. suivant certaines règles dans l’application du traitement thyroïdien.

on se met à l’abri d’accidents qui, somme toute, reproduisent une panie du nervosisme (nervosisme expérimental).

Ces signes se retrouvent dans la maladie de Basedow ; mais, lorsqu’ils sont produits par un traitement thyroïdien passagèrement excessif, ils sont moins accentués, plus dissociés et moins durables.

On peut supposer que les émotions déterminent certain nervosisme par l’intermédiaire du corps thyroïde. D’autre part, la thyroïdine à petites doses peut faire disparaître tous les symptômes qu’elle est capable de produire.

xxm

Sur un cas de myopathie progressive ou de myatonie amélioré par topothérapie hypophysaire.

Communication à la Société de neurologie, 6 juin 1907.

Présentation d’une fillette de 7 ans, atteinte, depuis l’année 1905, d’une impotence complète des membres inférieurs et d’une lipomatose segmentaire étendue de la région thoracique inférieure jusqu’aux creux poplités. Les traitements ovarien et thyroïdien, appliqués durant quatre et cinq mois, ne produisirent aucune amélioration. L’opothérapie hypophysaire, par contre, commencée au mois de février, fut suivie d’une amélioration progressive considérable de l’impotence et de la disparition de la lipo-

Ce cas pose les rapports de l’hypophyse et du système musculaire et la question des troubles glandulaires associés (dysendocrisies complexes).

Contribution au nervosisme bypertbyroidien : hyperthyriMie cardo-bulbaire. Communication à la Société médicale des hôpitaux, 5 juillet 1907.

Observation d’une femme de 55 ans, devenue nerveuse depuis qua-

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torae ans, affectée de battements de cœur depuis dix ans, et qui présente depuis deux ans des crises nocturnes d’« affolement bulbaire ». Ces symptômes se sont améliorés à la suite de l’ingestion de petites doses de thyroïdine.

On peut s’appuyer, pour rattacher ces crises à l’hyperthyroïdie, sur la reproduction de ses éléments constitutifs et de la crise elle-même par le thyroïdisme alimentaire ; les battements de cœur représentent le terme le plus atténué du cœur thyroïdien.

Les causes de l’hyperthyroïdie ont été, chez cette malade, le surmenage, les émotions multiples et profondes survenues au moment de la méno-

Une 2' observation concerne un homme de 54 ans, réformé pour un rétrécissement mitral avec crises d’angor pectoris névropathique survenant presque quotidiennement depuis treize ans, et guéri à la suite de l’ingestion de thyroïdine à petits doses. Les cas de nervosisme hyperthyroïdien semblent bénéficier de la thyroïdine, prise à faible dose, comme certains cas de maladie de Basedow.

Eciima et dermatoses prurigineuses. Chlorure de calcium. Corps thyroïde. Communication à la Société de biologie, 30 novembre 1907.

A l’appui d’un fait de MM. Parhon et Papinian, c’est l’histoire d’une jeune fille hypothyroïdienne, transformée par le traitement thyroïdien et qui était atteinte d’un eczéma chronique ayant cédé progressivement à cette médication. D’autres dermatoses (urticaire, prurit) bénéficient à la fois du traitement par l’extrait thyroïdien et le chlorure de calcium. Le corps thyroïde agit, dans ces cas, par son action sur le métabolisme du calcium. Le chlorure de calcium agit à titre de régulateur du système nerveux.

Essai sur le nervosisme tbyrotdien. Formes cliniques.

Communication au Congrès de Genève, août 1907.

Revue d’hygiène et de médecines infantiles, VI, 1907 ; p. 305 et 417,

Le nervosisme représente actuellement, comme l’a été fort longtemps l’hystérie, une sorte de capharnaüm où s’entassent confusément des faits cliniques disparates. Lorsque des symptômes ne se rapportent pas à une maladie organique, lorsqu’on ne peut les faire entrer dans le cadre encore trop extensible de l’hystérie, de la neurasthénie, de la folie du doute, etc., on conclut qu’ils sont nerveux, et le mot nervosisme s’applique indistinctement à tout défaut de régulation dans les processus réflexes élémentaires psychiques ou organiques (Claude).

En réalité, s’arrêter au diagnostic de nervosisme, c’est faire une constatation à laquelle sa banalité même enlève tout intérêt.

Le système nerveux, qui exerce une fonction régulatrice générale, est soumis, lui aussi, à une régulation à laquelle concourt l’harmonie des glandes à sécrétion interne et qui s’effectue par l’intermédiaire des échanges organiques. Parmi les organes endocrines qui font sentir ainsi leur action sur l’équilibre nerveux, un rôle important, mais non pas exclusif, est-il utile de le souligner, est dévolu à la glande thyroïde.

Les relations entre les maladies thyroïdiennes et le système nerveux n’ont point échappé aux médecins, du moins en ce qui concerne les types extrêmes.

Il faut envisager le fonctionnement quantitatif du corps thyroïde : hyperthyroïdie, hypothyroïdie, avec variations oscillatoires dans les deux sens : instabilité thyroïdienne ; tenir compte des troubles qualitatifs : dysthyroïdie avec hyperthyroïdie, et certains syndromes paroxystiques du neuro-arthritisme. Les associations possibles de troubles glandulaires

réalisent des formes complexes du nervosisme utiles à considérer. Ensuite se pose la question des rapports du nervosisme thyroïdien et de l’hystérie. Finalement un chapitre consacré au nervosisme sexuel synthétisera l’ensemble des formes détaillées tout d’abord.

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