CONTRACTURE
En l'étudiant dans ses rapports avec les réflexes tendineux et les réflexes de défense, je suis arrivé à distinguer par des caractères intrinsèques diverses espèces ou variétés de contracture et à montrer que chacune d'elles doit avoir un mécanisme propre.
Babinski. 5
66 SÉMIOLOGIE
A. — Il était admis autrefois que la contracture hystérique, considérée en soi (voir pp. 1 16 et ig^). pouvait avoir un aspect symptomatique identique à celui de la contracture dépendant d'une affection organique de la voie pyramidale; on pensait d'ailleurs que les faisceaux pyramidaux étaient irrités dans la contracture hystérique et qu'ils étaient même susceptibles de subir à la longue des altérations matérielles.
J'ai établi que c'était là une erreur, que la contracture hystérique pure ne s'accompagne d'aucune modification des réflexes (voir p. 196), que par sa nature elle diffère essentiellement de la contracture organique et qu'elle peut être assimilée à une contraction musculaire volitionnelle.
B. — J'ai montré que, dans le groupe des contractures liées à une perturbation de la voie pyramidale, il était nécessaire de faire une subdivision, et de distinguer deux formes de rigidité musculaire, qui souvent, il est vrai, s'associent l'une à l'autre (ig/i)-
aj L'une de ces formes est constituée par la contracture vulgaire en relation, comme on le sait depuis longtemps, avec l'exagération des réflexes tendineux ; on peut l'appeler contracture tend'mo-réjlexe. Cette relation me conduisit à penser que dans celte forme de contracture la rigidité musculaire pourrait être supprimée par une opération sur les racines postérieures qui ferait disparaître la surréflectivité tendineuse.
En 1906, à l'occasion d'une discussion à la Société de Neurologie sur les injections intra-nerveuses d'alcool, je me suis exprimé en ces termes :
« Je m'étais souvent demandé, en présence de malades atteints de paraplégie avec contracture intense chez lesquels, la force musculaire paraissant absolument conservée, l'imjDotence était liée à l'état spasmodique, s il ne serait pas légitime de chercher à supprimer le spasme par une intervention chirurgicale portant sur les racines postérieures de la moelle, mais la crainte d'accidents m'avait toujours empêché de