‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 10 sur 38 · LE CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

LE CORPS THYROÏDE

ET L’HYPOPHYSE

(En collaboration avec le D r Lf.opold-Lévi.) 1906-1914.

Migraine thyroïdienne.

Communication faite à la Société médicale des Hôpitaux,

A propos de sept cas (1) de migraine améliorés par le traitement thyroïdien; description de la forme thyroïdienne de la migraine. Elle se fonde sur l’efficacité du traitement thyroïdien, sur les signes d’hypothyroïdie relevés sur des sujets atteints dé migraine, sur l’action autothérapique de la grossesse, sur l’influence de la vie sexuelle féminine dans l’apparition de la maladie (puberté) et de ses crises paroxystiques (menstrues) et dans sa disparition. (Autothérapie de la ménopause.) La migraine thyroïdienne ne diffère pas par ses signes de la migraine commune ; elle peut en revêtir toutes les modalités cliniques.

Hypothyroïdie et auto-infection périodique.

Communication faite à la Société. dé biologie, ta mai 1906.

Observation d’un enfant de quatre ans et demi « hypothyroïdien », atteint pendant sept mois d’amygdalites à répétition, avec vomissements, délire, hypothermie. Traitement thyroïdien pendant trois mois; suspension des crises pendant cinq mois; puis apparition d’une crise atténuée au sixième mois, alors que le sujet avait suspendu le traitement pendant deux mois et demi et qu’il avait dans l’intervalle contracté la varicelle et la rougeole. Ce fait, qui réalise une sorte d’expérience chez l’homme, montre l’influence que peut avoir un terrain déterminé sur l’apparition d’auto-infections. Par leur périodicité, les crises auto-infectieuses observées se rapprochent de la migraine, qui est souvent thyroïdienne. L’hypothyroïdie facilite, d’autre part, les auto-infections périodiques. En présence d’une auto-infection à répétition (telle qu’amygdalite, érysipèle menstruel), il y a lieu de rechercher les troubles endocritiques (souvent thyroïdiens) et d’appliquer l'opothérapie appropriée.

Corps thyroïde et faim.

Communication faite à la Société de biologie, 2 juin 1906.

Sur une centaine de malades soumis à la médication thyroïdienne (1), on note, dans vingt et une observations, l’augmentation de la faim et la sensation de la faim.

La faim augmente, en général, dès le début de la médication. Elle est souvent proportionnelle à l’ingestion de la substance active. Elle diminue OU persiste pendant les intervalles de l’opothérapiè.

Après la suppression prolongée du traitement, l’amélioration resté durable, et la sensation habituelle de la faim a tendance à se produire.

En même temps que la faim s’accroît, on voit l’appétit naître ou renaître et ses caprices se régler.

En comparant l’influence de l’ingestion du corps thyroïde sur la faim avec l’état de faim observé au cours du goitre exophtalmique, du myxoedème, de l’hypothyroïdie bénigne, des diverses phases thyroïdiennes de la grossesse, on peut conclure que le corps thyroïde est physiologiquement le régulateur de la faim et qu’il existe une anorexie hypothyroïdienne, qui nécessite un traitement approprié.

En détaillant le mécanisme, de la faim, le corps thyroïde devient régulateur des diastases de défense. 11 est aussi le régulateur des centres bulbaires (centre de la faim, migraine thyroïdienne, centre bulbaire du cœur).

Autothérapie thyroïdienne de la grossesse.

Communication faite à la Société de biologie, 16 juin 1906.

Au cours' de la grossesse, la migraine disparait en général, ou s’atténùe (21 fois sur 25), grâce à une véritable autothérapie qui s’applique également au rhumatisme chronique et à l’asthme (Ley, Nicolas).

La grossesse agit, dans ces cas, en exaltant le fonctionnement thyroïdién, comme le démontre le traitement thyroïdien appliqué ultérieurement.

L’hyperthyroïdisation est d’ailleurs précédée et suivie d’hypothyroïdie. Par un mécanisme analogue, se produit l’amélioration du myxœdème pendant la grossesse et aussi des petits accidents de l’hypothyroïdie ; dix femmes sur quarante-deux se sont mieux portées pendant leur grossesse.

Migraine, rhumatisme chronique, asthme sont des manifestations de l’arthritisme. Il est permis de penser qu’une part, au moins, de l’arthritisme relève de l’hypothvroïdie et devient justiciable de la médication thyroïdienne.

Hypothyroïdie et angines à répétition.

Communication faite à la Société de biologie, 3o juin 1906.

On note, sur g5 observations de sujets hypothyroïdiens, 26 fois des angines à répétition (catarrhales aiguës, 14; phlegmoneuses, 5; herpétiques, 7). Les cas, qui se rapportent à 19 femmes et à 7 hommes, ont évolué souvent à la faveur de la puberté, des époques menstruelles, des suites de couches; le plus souvent les accidents se sont produits dans l’enfance. La fréquence a varié de 2 à 40. Les angines- sont survenues d’une façon irrégulière, périodiquement, parfois avec une périodicité remarquable.

Dans deux cas, le traitement thyroïdien a déterminé la disparition d’angines à répétition,. Cette étude montre l’influence prédominante du terrain et diminue d’autant l’importance des germes infectieux; ceci explique la faible contagiosité habituelle de ces angines.

La fréquence des angines herpétiques indique que les liens qui rattachent l’hypothyroïdie à l’arthritisme, l’unissent également à l’herpétisme.

Hypothyroïdie et urticaire chronique.

Communication faite à la Société de biologie, 7 juillet 1906.

Une jeune femme de 22 ans, qui présente une hypothyroïdie légère continue avec crises paroxystiques, est atteinte depuis quatre mois d’aménorrhée, d’hypermégalie thyroïdienne, d’urticaire chronique à poussées quotidiennes. Sous l’influence du traitement thyroïdien, les règles réapparaissent, le corps thyroïde devient normal, l’urticaire diminue en quelques jours pour disparaître progressivement. Il se fait une reprise très légère aux règles suivantes. Les auteurs ont relevé dix fois l’urticaire dans leurs observations d’hypothyroïdiens. Ce n’est là, du reste, que la localisation cutanée d’une auto-intoxication. L’œdème aiguë de Quincke est peut-être aussi fonction d’hypothyroïdie. On note, d’ailleurs, chez les enfants hypothyroïdiens, le prurigo sec; or le prurit est souvent le point de départ de l’urticaire, lésion factice. L’urticaire chronique, qui évolue chez les arthritiques et les herpétiques, représente une nouvelle manifestation de l’hypothyroïdie qui l’unit à ces diathèses.

Conception pathogénique du rhumatisme chronique progressif. Communication faite à la Société de biologie, 24 juillet 1906.

i° Le rhumatisme chronique progressif évolue sur un terrain préparé par un trouble endocritique (thyroïdien, hypophysaire, ovarien, diastématique).

2° A la faveur de la dysendocrisie, il se produit des autoinfections banales, à répétitions, ou des auto-intoxications chroniques. Les articulations, émonctoires accidentels, deviennent le siège des lésions causées par les toxi-infections qu’elles combattent, surtout si elles sont prédisposées (prédisposition articulaire, héréditaire ou acquise).

3" Toxi-infections, auto-intoxications mettent en jeu les centres nerveux articulaires régionaux ou le centre général bulbaire. Le rhumatisme chronique évolue sur un terrain névropathique. La participation du système nerveux explique un certain nombre des symptômes de la maladie.

4° La progression serait fonction d’arthrotoxines et certains sérums (diphtérique, tétanique, de Mcnzcl) agiraient sur l’élément humoral.

Il faut tenir compte de ces diverses notions pour la reproduction expérimentale et pour le traitement du rhumatisme chronique.

Corps thyroïde et équilibre thermique.

Communication faite à la Société de biologie, 20 octobre 1906.

Le corps thyroïde a une influence manifeste sur l’équilibre thermique : i° les myxœdémateux, les animaux thyroïdectomisés ont une température centrale abaissée ; 2 0 la température des basedowiens est souvent au-dessus de la normale; 3° la chaleur animale augmente sous l’influence de l’opothérapie thyroïdienne chez les athyroïdiens et les hypothyroïdiens; 4 0 les mêmes phénomènes s’observent chez les femmes enceintes à la phase hyperthyroïdienne de la grossesse. Le corps thyroïde, pour développer la chaleur animale, met en jeu les procédés habituels de la thermogénèse et de la régulation thermique. Les variations thermiques déterminent une série d’autres modifications, véritables symptômes du myxœdème et du goitre exophtalmique.

JX

Froid et hypothyroïdie.

Communication faiteà la Société de biologie,.27,octobre ,1906.

En dehors du myxœdème, il existe, toute une série d’états morbides, au 'Cours desquels on rencontre, une diminution' de la chaleur animale ; ces états morbides peuvent être mis sur le compte de la méiopragie thyroïdienne.

Cette hypothermie se manifeste avec des aspects divers : a) refroidissement des extrémités, inconscient ou subconscient ; b) frilosité circonscrite, ou générale ; en même temps, on constate souvent des.troubles vaso-moteurs : spasme artériel, cyanose avec œdème des extrémités et engelures ; c) frissons à type thyroïdien ; d) hypothermie centrale ; è) susceptibilité exquise au froid:(d’où: névralgies, faux rhumatismes et migraines).

• Tous ces symptômes, monnaie d’hypothermie, sont la conséquence de la régulation thermique, dont le but est de maintenir les organes internes à une température constante, aux dépens du revêtement cutané.

L’origine hypothyroïdienne de l’hypothérmie est démontrée avant le traitement, par l’association de l'hypothermie à d’autres symptômes d’hypothyroïdie, et par l’apparition paroxystique de la sensation de froid, quand les accidents d’hypothyroïdie se manifestent sous l’influence de l’opothérapie thyroïdienne. Après le traitement, elle est confirmée.

Corps thyroïde et tempérament.

Communication faite à la Société de biologie, 8 décembre 1906.

Nous avons constaté, après l’ingestion de 175 cachets de corps thyroïde, que le tempérament d’une jeune fille, âgée de 17 ans,

s’était complètement transformé. Non seulement elle avait légèrement fondu, mais elle s’était élancée, son visage s’était dégonflé, ses traits s’étaient précisés ; ses yeux, plus brillants, avaient plus d’expression ; en un mot, il s’est produit une transformation surprenante. Cette jeune fille, avant le traitement, parlait peu; elle était triste, constamment fatiguée, somnolente et peu appliquée; après le traitement, elle a présenté une sorte d’excitation, avec gaîté, rires explosifs, allant jusqu’au fou rire. Elle parle volontiers, montre une application au travail inusitée et ne désire plus se coucher. Son sommeil est léger et un peu agité; son pouls a oscillé entre 90

Diverses manifestations du nervosisme pourraient être imputables à une hyperthyroïdation légère, spontanée, continue, avec paroxysmes. Certains changements de tempérament, produits par la grossesse, les menstrues, la ménopause, certaines infections, pourraient donc ne pas être étrangères à des altérations ou des transformations du corps thyroïde.

Œdèmes thyroïdiens transitoires.

Communication faite à la Société de biologie, 29 décembre 1906.

11 existe des œdèmes transitoires liés au mauvais fonctionnement de la glande thyroïde. Ces œdèmes sont sujets à répétition, et siègent généralement à la face, aux paupières ou aux extrémités. On peut observer aussi le gonflement des cordes vocales, l’obstruction des fosses nasales, provoquée par le refroidissement, l’apparition des menstrues (Hertoghe), etc.

Ces œdèmes sont bien d’origine thyroïdienne, puisqu’ils coexistent avec d’autres symptômes d’hypothyroïdie, et qu’ils disparaissent sous l’influence du traitement thyroïdien.

Neurasthénie thyroïdienne.

Communication faite à la Société de neurologie, io janvier 1907.

11 s’agit d’une jeune fille atteinte de neurasthénie et d’hypothyroïdie chronique* guérie par la médication thyroïdienne, "après n’avoir recueilli aucun profit de l’isolement et de la psychothérapie. Ce qui donne de l’intérêt à ce résultat thérapeutique, c’est lé fait qu’il s’agissait d’un cas de neurasthénie dite constitutionnelle. Le mémoire étudie quatre autres observations identiques.

Corps thyroïde et neuro-arthritisme.

Communication faite à la Société de biologie, 19 janvier 1907.

Diverses manifestations arthritiques peuvent être considérées comme d’origine hypothyroïdienne. Certains cas de nervosisme peuvent être provoqués par l’hyperthyroïdie.

L’association neuro-arthritique, qui fait partie du groupe de l’instabilité thyroïdienne, se manifeste avec des formes variées. Nous étudions quelques particularités de cette combinaison et fixons certains rapports qui existent entre l’hypo et l’hyperthyroïdie.

Des exemples cliniques exposent les oscillations du fonctionnement thyroïdien autour de l’équilibre thyroïdien (orthothyroïdie) et permettent de conclure, d’après les résultats de la médication thyroïdienne, que, le nervosisme, dans bien des cas, est la conséquence de l’hypothyroïdie.

Opothérapie hypophysaire.

î Communication faite à la Société de neurologie, 7 février ,1907..

Présentation de trois petits malades (deux idiots, une maladie de Little incomplète), chez lesquels le traitement hypophysaire, (cachets journaliers de o«',i° d’extrait) a été suivi d’une amélioration extraordinaire, très rapide d’abord, puis progressive. L’infantilisme peut, comme dans le cas de Nazari, avoir une origine hypophysaire. La médication 'n’est pas toxique.

Traitement thyroïdien des enfants arriérés.

Communication faite à la Société de neurologie. 7 mars 1907.

Présentation de trois enfants arriérés qui ont été rapidement ■afnéliorés''pâr l’opothérapie thyroïdienne', aussi- 'bien au point de vue physique qu’au point de vue' mental.

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