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VI

Valeur thérapeutique de la liqueur de Van Swieten dans le traitement des nourrissons atteints de troubles digestifs chroniques avec atrophie.

Communication faite au Congrès international de médecine de Lisbonne, 19-25 avril 1906. — Revue d’Hygiène et de Médecine infantiles, V, 1906, p. 109-143.

Dans la première partie de cette communication, nous exposons les circonstances qui nous ont amené à employer la liqueur de Van Swieten dans le traitement des gastro-entérites chroniques de la première enfance. Après avoir observé les bons effets du calomel administré à doses filées, nous avons constaté, par la suite, que l’emploi prolongé de ce médicament n’était pas sans inconvénient, et nous lui avons substitué la solution de Van Swièfèn. Nous avons prévu tout de suite l’objection capitale qui allait nous

être faite, et nous y ayons répondu par avance. Les nourrissons traités, sont pour la plupart de petits syphilitiques; ils ont guéri parce qu’on leur a fait subir un traitement mercuriel. Or, dans les nombreuses observations recueillies à la Polyclinique H. de Rothschild (trente observations jusqu’à ce jour), aucun des nourrissons traités n’a présenté de stigmates d’hérédo-syphilis. D’ailleurs, pour éviter toute cause d’erreur, les parents ont été interrogés et examinés soigneusement. L’emploi de la liqueur de Van Swieten dans le traitement des gastro-entérites est donc une thérapeutique qui nous est personnelle ; et elle nous a donné des résultats très favorables. A la dose de dix à vingt gouttes par jour, le traitement est inoffensif, et il peut être prolongé pendant plusieurs jours et repris sans inconvénient. On peut expliquer l’efficacité de la méthode en s’appuyant sur les propriétés thérapeutiques de cette solution mercurielle; elle est à, la fois un antiseptique puissant, un cholagogue et un anti-ferment.

Si l’on songe au rôle des putréfactions intestinales, des altérations du foie et des glandes annexes du tube digestif, dans les affections gastro-intestinales chroniques, on doit admettre que notre thérapeutique est justifiée, d’autant plus que .les résultats qu’elle nous a donnés ont été satisfaisants.

Certaines formes de gastro-entérite bénéficient plus particulièrement de notre traitement ; nous nous sommes efforcé de préciser ses indications. C’est dans les infections digestives chroniques, compliquées d’atrophie, de troubles hépatiques, de putréfactions intestinales, que nous avons obtenu les meilleurs succès thérapeutiques. Il est facile de le prouver en dosant les matières grasses dans les selles, les sulfo-éthers et l’urée dans les urines ; enfin et surtout, en étudiant la courbe de poids.

Sur trente observations recueillies, nous en publions quinze dans ce travail ; elles ont été suivies le plus longtemps possible. L’une d’elles se rapporte à un nourrisson malade, âgé de cinq mois; nous l’avons suivi jusqu’à l’âge de trois ans et demi- L’observation est accompagnée de la photographie de l’enfant prise lors de sa dernière visite à l’hôpital,

Traitement curatif de la coqueluche par l’anestltésie chloroformique. (en collaboration avec le docteur Brunier).

Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux de Paris, 3 e s.

XXIII, igoô, p. 529.

Sauf dans un cas, où, dans un but opératoire, l’anesthésie obtenue par le chloroforme a été totale (cas où la disparition des quintes, à la suite de la chloroformisation, a suggéré l’application méthodique du traitement), le chloroforme a été administré d’une façon incomplète (résolution musculaire totale, mais persistance du réflexe cornéen). La durée de la narcose n’a pas dépassé cinq à dix minutes. Ce procédé présente une innocuité complète, du fait que les enfants supportent bien le chloroforme et que l’emploi de l’appareil de Guglielminetti offre une entière sécurité. Son application dans neuf cas de coqueluche, où la période d’état durait depuis moins de quinze jours, a donné les résultats suivants : 2 enfants guéris instantanément; 3 enfants guéris d’insomnies et de vomissements, mais chez lesquels les quintes ont persisté trois ou quatre jours, pour disparaître ensuite définitivement ; enfin 4 enfants plus réfractaires, qui ont été guéris seulement au bout de 8 à i 5 jours.

11 ressort de ces observations faites à notre Polyclinique : i“que le chloroforme a une action manifeste sur la fréquence des quintes : celles-ci, dès le lendemain de la narcose, sont moins nombreuses; elles diminuent peu à peu pour disparaître complètement au bout de quelques jours (au maximum quinze jours) ; 2” qu’il agit nettement sur leur durée et sur leur intensité; aussi peut-on constater, dès les premiers jours, la suppression de la reprise (chant du coq), la disparition de la cyanose de la face, et, ce qui est plus important encore, la disparition des vomissements. L’appétit revient, ainsi que la gaieté. Enfin, l’anesthésie chloroformique enraye, ou abrège tout au moins, l’évolution de la maladie.

Note sur les résultats obtenus dans 35 cas de luxation congénitale de la hanche traités à la Polyclinique Henri de Rothschild (en collaboration avec le docteur Ducroquet). Communication faite au Congrès international de Médecine de Lisbonne (19-25 avril 1906).

i° Rétablir les segments articulaires déplacés, selon leurs rapports anatomiques normaux;

2“ Rétablir les fonctions physiologiques de l’articulation.

Voici la façon de procéder des auteurs et les résultats qu’ils ont obtenus à la Polyclinique H. de Rothschild :

Que le traitement de la luxation soit pratiqué en un ou deux temps, l’absolue immobilisation du membre est une condition formelle de succès. Mais, l’appareil enlevé et la consolidation capsulaire obtenue, il s’agit au plus vite de restituer à l’articulation sa mobilité.

Cette mobilisation ne saurait être abandonnée au hasard. En premier lieu, pendant les quatre à six semaines qui suivent l’ablation de l’appareil, il est indispensable de maintenir l’enfant au lit. De cette façon, les mouvements peuvent se faire, mais dans des conditions aussi peu fatigantes que possible. Le danger, en effet, de cette première période de mobilisation est le surmenage des muscles auxquels on' demande brusquement un travail trop considérable.. L’enfant qui veut surmonter cette fatigue, parvient à déterminer des contractions disproportionnées et par saccades (réaction de fatigue). Ainsi se produisent, presque à coup sûr, une série de petites entorses de la capsule fibreuse rétractée.

Dès lors le sujet se trouve dans un cercle vicieux; des entorses successives déterminent des poussées d’arthrite qui augmentent l’ankylose; c’est ainsi qu’une mobilisation mal établie arrive à diminuer encore les mouvements de l’articulation.

Ces accidents se produisent également dans le genou, lorsque celui-ci a été immobilisé. Ils provoquent alors des phénomènes très douloureux, qui intéressent particulièrement la région des cartilages tibiaux, où ils déterminent ce que Ollier a dénommé « l’entorse juxta-épiphysaire ». Chez ces sujets, la région musculaire du mollet devient très douloureuse à la pression.

On évite ces accidents en maintenant le malade au lit pendant quatre à six semaines. Au bout de ce temps, la mobilisation étant commencée, on permet la marche avec un appareil articulé au niveau de la hanche (et du genou s’il y a lièu), qui limite les mouvements, de façon à fendre l’entorse impossible. Cet appareil, qui limite le jeu de l’articulation aux mouvements qu’elle peut faire spontanément, doit éviter deux positions , vicieuses que le membre a'tendance à adopter : l’adduction et la rotation externe.

' La tendance à l’adduction excessive n’est qu’un phénomène mécanique compensateur, dû à la parésie atrophique du moyen fessier. L’insuffisance de ce musclé détermine, comme nous le savons, une bascule horizontale du bassin en bas, du côté opposé, et la cuisse se trouve placée en adduction par suite du mouvement même du bassin. L’enfant abandonné à lui-même préfère renoncer à l’effort de son moyen fessier, d’ailleurs insuffisant, et adopte une marche en adduction exagérée.

La position en rotation externe est due à des causes non moins • précises. Dès la levée de l’appareil, et aussi longtemps que l’enfant reste couché, il est nécessaire de placer un couSsin à la face externe de la jambe pour éviter qu’elle ne tombe en rotation externe par son propre poids. Les conditions de la marche facilitent d’ailleurs la rotation dans le même sens, au grand détriment de la partie antérieure de la capsule.

A mesure que les progrès se font, l’amplitude articulaire augmente, jusqu’au moment où l’appareil devient inutile.

Parallèlement à ces exercices de marche, on facilitera le développement des muscles par des séances de massage et de gymnastique locale, active et passive. Le moyen fessier sera l’objet d’une sollicitude particulière, de même que tous les muscles rotateurs en dedans de la cuisse.

Il sera utile également de pratiquer une rééducation systématique de la marche, en procédant par décomposition des mouvements. Le sujet qui, depuis un temps plus ou moins long, avait l’habitude d’effectuer certains mouvements du torse et des épaules pendant la marche sur son membre luxé, a contracté une habitude vicieuse, une sorte d’automatisme médullaire; on n’arrive à la supprimer qu’en procédant progressivement et avec méthode.

On commence par faire exécuter une flexion de la cuisse et de la jambe comme premier temps ; allongement de la jambe sur la cuisse et quasi-extension de la cuisse sur le bassin, avec abaissement de la pointe du pied dans un second temps; enfin pose du pied à terre, et reprise de la marche normale. Qn veille attentivement à ce que tous ces temps soient exécutés sans bascule vicieuse du bassin, sans inclinaison des épaules ou de la colonne vertébrale.

On détruit ainsi une synergje médullaire plus ou moins enracinée. Alors, le sujet étant debout, on commence à le faire marcher sur place, en marquant le pas, et l’on veille à ce que tous les mouvements soient faits d’une façon correcte.

Dans une troisième période, enfin, lé sujet peut marcher d'une façon naturelle dans une attitude normale.

La durée de ces trois étapes varie entre six mois et un an. Ce n’est guère qu’après un tel laps de temps que l’enfant peut être considéré comme absolument guéri et débarrassé de toute espèce de claudication.

Voici d’ailleurs les résultats obtenus chez 35 malades opérés à la Polyclinique H. de Rothschild, et dont le traitement est terminé depuis plus de cinq ans. On peut donc dire que l’état fonctionnel ■ et physiologique de leur articulation est redevenu normal, sans crainte de récidive.

29 résultats anatomiques et fonctionnels parfaits :

6 enfants de trois ans et demi à quatre ans et demi, dont 3 atteints de luxation double,

12 enfants de quatre ans et demi à six ans et demi, dont 1 atteint de luxation double,

9 enfants de six ans et demi à neuf ans, dont 1 atteint de luxation double,

1 enfant de dix ans et demi,

1 enfant de onze ans.

Chez 4 enfants, le résultat anatomique est parfait, mais l’articulation reste un peu raide : leur marche est très bonne; 2 de ces enfants avaient huit ans et les 2 autres neuf et onze ans,

Une fillette de douze ans a été guérie avec une ankylosé complète en bonne position. Une luxation s’est reproduite chez un enfant de neuf ans.

Soins à donner aux femmes en couches et aux nouveau-nés.

Paris, 1909, O. Doin et fils, 191 pages, in-12 (63 fig.).

Cet ouvrage réunit les leçons que nous avons faites, depuis huit ans, à l’École municipale d’infirmiers et d’infirmières de l’Hospice de la Salpêtrière. On y trouve exposées, sous une forme concise et élémentaire, les notions d’obstétrique et de puériculture qu’une bonne infirmière doit connaître, et la ligne de conduite qu’elle doit suivre dans les divers cas où elle peut être appelée à donner des soins à une femme en couches et à un nouveau-né. Les mères de famille, elles aussi, peuvent puiser dans cette brochure des conseils précieux, et la prendre comme guide pour remplir les devoirs que la maternité leur impose.

Les sujets traités dans les six leçons qui composent l’ouvrage

sont les suivants : 1» anatomié du bassin et dès organes génitaux; fœtus; 2“ hygiène de la femme enceinte, soins à donner aux femmes en travail, rôle de l’infirmière pendant le travail'; 3° rôle de l’infirmière si l’accouchement a lieu avant l’arrivée du médecin; 4" physiologie des suites de couches et conduite de l’infirmière pendant cette période; 5° physiologie et hygiène du nouveau-né, alimentation du nouveau-né normal, hygiène et alimentation des enfants prématurés ou débiles; 6” crèches et pouponnières.

63 figures illustrent le texte.

L’industrie des laits concentrés et la fraude (en collaboration avec le professeur Porcher). Communication faite à la Société des Experts Chimistes de France, le 14 février 1917. Paris, O. Doin et fils, 1917, 28 pages, in-4».

Au cours de la guerre, le service du ravitaillement (civil et militaire) fit, pour parer à la pénurie du lait frais, de très importantes importations de lait condensé. Ce produit fut importé des Etats-Unis et de la Hollande. Chaque marque présentait la marchandise avec une étiquette différente, et il était impossible pour le consommateur de se rendre compte du poids du contenu, de son degré de condensation, et de la façon exacte de diluer le lait, dont une partie de l’eau était évaporée. Les divers échantillons que nous avons examinés présentaient des écarts considérables, au double point de vue de la teneur en matière grasse et du degré de concentration. Certains échantillons étaient totalement écrémés et réduits à 5o 0/0. D’autres contenaient la totalité de la matière grasse et étaient concentrés au tiers et au quart. Les boîtes de lait condensé étaient alors vendues au même prix que le lait écrémé totalement ou partiellement. Le résultat de l’expertise à laquelle nous nous sommes livré a amené les pouvoirs publics à exiger que toutes les

boîtes de lait condensé, livrées au public, fussent revêtues d’une étiquette. Celle-ci devait indiquer en français : le poids du lait condensé contenu dans chaque boîte, son degré d’écrémage et de réduction, enfin la quantité d’eau à ajouter à un volume déterminé pour reconstituer le lait à son état naturel. Le présent rapport fut complété par des courbes, et des graphiques qui indiquaient, pour plus de soixante marques différentes, la valeur nutritive et le mode d’emploi du lait qu’elles offraient au public.

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