‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 33 sur 38 · Travaux scientifiques effectués au Centre · texte numérisé non relu

Travaux scientifiques effectués au Centre

A. — Travaux préliminaires.

Grâce à l’aide que lui apporta le personnel du Domaine, le Centre zootechnique commença à fonctionner le 14 décembre 1919. A la séance du 29 du même mois, la Commission technique constatait que tous les animaux étaient numérotés et pesés, le contrôle des rations rigoureusement organisé. Les travaux préliminaires comportaient en effet :

a) L’étude de chaque sujet : détermination de son poids, de son âge, de sa race, mensurations ;

b) L’identification des animaux par le marquage;

c) L’étude de leur ascendance et de leur descendance;

d) Création de livres généalogiques.

Les renseignements, recueillis d'abord sur des fiches, furent transcrits plus tard sur des livrets individuels. Grâce à cette méthode, nous possédons aujourd’hui des données complètes, qui permettent de suivre chaque sujet dans son évolution et dans sa descendance.

B. — Programme d’expérimentation.

De nombreuses expériences pratiques ont été faites sur la cavalerie des fermes et sur le cheptel :

a) Sur les chevaux :

1° Nous nous sommes efforcé de contrôler, par des pesées, leurs

rations alimentaires afin d’établir le prix de revient quotidien de la ration d'entretien des sujets employés aux labours et aux charrois;

2° Nous avons établi un contrôle journalier des attelages pour tous les charrois de ferme, afin de fixer un prix de revient destiné à comparer, au point de vue de leur rendement, le travail des chevaux, des bœufs et des auto-tracteurs.

Les résultats obtenus ont permis d’affecter à tel ou tel travail, les chevaux, les bœufs, ou les tracteurs mécaniques.

b) Nos expériences sur les bovins ont été infiniment plus importantes. Elles concernent directement la production de la viande et celle du lait (efforts tentés en vue de diminuer le prix de revient de la viande de boucherie, d’améliorer la qualité et le prix de revient du lait et de ses sous-produits).

Nos recherches ont porté :

i° Sur des génisses et des bouvillons d’élevage de races normandes, limousines et charollaises, croisements Durham-manceaux, chez lesquels nous avons cherché à déterminer l’influence de l’alimentation à l’étable et de l’alimentation à l’herbage. Croissance et augmentation de poids.

Ces expériences ont consisté en pesées et en mensurations hebdomadaires, qui ont été notées avec soin sur des livrets individuels." Les chiffres obtenus ont permis d’établir d’intéressants graphiques, grâce auxquels on a pu modifier le mode d’alimentation des animaux.

2° Sur des bovins à l’engraissement : vieux bœufs de réforme, jeunes bœufs, génisses d’élevage, de race bazadaise, garonnaise, charollaise, normande, limousine, etc.

Afin d’établir une comparaison entre le travail des chevaux et celui des bovins, nous avons soumis nos bœufs à des expériences quotidiennes qui se sont prolongées pendant des périodes plus ou moins longues.' Ces expériences nous ont amené à procéder à des pesées et à des mensurations bi-mensuelles, au contrôle quotidien des rations alimentaires et du travail effectué, en comparant les différents modes d’attelage (au joug double et "au joug frontal). De

plus l’emploi de dynamomètres et de chronomètres nous a permis d’être fixé sur la force déployée par les attelages, et de connaître leur vitesse sur route, et aux champs.

3 ° Sur les vaches laitières : normandes, flamandes, hollandaises, bordelaises.

Quand en 1919, nous avons décidé de réorganiser le domaine des Vaulx-de-Cernay, nous avons eu comme principal objectif, la création d’une laiterie modèle , alimentée par un troupeau de vaches irréprochables.

Depuis trente ans, nous n’avons pas cessé de nous occuper de l’industrie laitière et de l'alimentation rationnelle des enfants du premier âge; aussi, au moment de fournir un grand effort agricole, il nous a semblé indispensable d’appliquer à la production du lait, l’expérience que nous avions acquise au cours de nos longues et minutieuses recherches.

Dans ces dernières années, de nombreuses questions qui intéressent la production et le traitement du lait, ont été mises au point. Nous n’avons pas hésité, cependant, à entreprendre une révision complète du problème laitier. Nous avons commencé par constituer un troupeau de vaches laitières de plus de cent sujets. Afin d’étudier la qualité des différentes variétés de lait, nous avons choisi des animaux de races differentes : normande, flamande, hollandaise et bordelaise. Par la suite, nous avons éliminé les animaux dont la production était insuffisante, ou dont le lait ne semblait pas convenir à l’alimentation des enfants du premier âge (flamandes et hollandaises). Aujourd’hui, nous ne possédons que des vaches de race normande, sélectionnées et choisies parmi les lauréates des concours laitiers et beurriers de Normandie. La sélection des animaux s’est faite grâce au contrôle laitier, entrepris dès le premier jour, et qui s’exerce encore quotidiennement dans toutes les fermes.

Notre cheptel laitier, une fois constitué, nous avons fait établir, dans une de nos étables, une installation de traité mécanique du lait.

Après six mois d'expérimentation, la traite mécanique du lait a

été exploitée industriellement, et elle a donné d’excellents Nous ne parlerons pas ici des efforts que nous avons assurer une organisation irréprochable à nos laiterie laboratoires de recherches et de contrôle, à nos transf Nous croyons cependant devoir nous étendre sur le contr et sur la traite mécanique du lait.

§ i et . — Le contrôle laitier permanent.

En vue d’expériences ultérieures sur le rendement des ( races de vaches, et sur les variations de la teneur en beùr nous avons organisé un contrôle laitier permanent et mé A chaque traite, un stagiaire bien exercé est chargé de pi échantillon du lait de chaque vache, et de pratiquer dan ratoire du centre zootechnique une analyse rapide, dom chaque échantillon: sa densité, sa teneur en beurre, sa r lactose et en caséine. Les résultats dé ces analyses sont ir des fiches individuelles, qui sont conservées dans le li pendant toute la période de lactation de l’animal. Classé dans nos archives, ces fiches permettent d’établir aujout moyennes sur plus de 20.000 prélèvements.

Les indications fournies par les analyses du contrôle ont Dermis de sélectionner les différents laits, et de les uti

§ 2- — Expériences de traite mécanique et exploitation industrielle de ce procédé.

A la fin de 1922, nous avons équipé une de nos étables avec les appareils nécessaires à la traite mécanique du lait (1). Des expériences sur un nombre limité d’animaux ont été faites pendant une année; les résultats obtenus, au double point de vue de la qualité du lait et de la diminution de la main-d’œuvre, nous ont permis, au début de 1924, de remplacer une installation d’étude par une organisation industrielle. L’appareillage a été établi de façon à soumettre à la traite mécanique un troupeau de soixante vaches laitières.

Depuis plus de deux ans, cette nouvelle méthode fonctionne dans des conditions normales, et donne les meilleurs résultats. Malgré les objections qui ont été soulevées par certains éleveurs, jamais nous n’avons eu d’ennuis pendant la traite, aucune de nos vaches n’a présenté le moindre accident au niveau de la mamelle. Toutes, sans exception, se sont prêtées avec docilité à l’application des appareils Alfa-Laval qui sont venus remplacer avantageusement la main, souvent rude, des garçons de ferme.

Au point de vue de la qualité du lait, nous n’aVôns eu qu’à nous féliciter de la traite mécanique. Si l’on a soin de tirer à la main le premier jet de chaque trayon, et de Soumettre les appareils à un échaudage à la vapeur avant leur mise en service, on obtient un lait'd’une asepsie presque complète, dont la durée de conservation dépassé de six à huit heures, celle du lait trait à la main.

Des examens bactériologiques, faits avec le plus grand soin, ont permis d’établir une comparaison entre les échantillons prélevés mécaniquement et ceux obtenus à la main. Ces résultats concordent avec les expériences faites aux États-Unis et en Suède. Pour éviter toute controverse, ils vont être vérifiés de nouveau pàr un bactériologiste désigné par i’Institut Pasteur. Nous nous proposons de communiquer d’ici peu nos résultats à l’Académie de Médecine.

c) Ovins :

De nombreuses expériences ont porté sur ;

i»La sélection des troupeaux Southdown, Charmoise et Mérinos précoce du Soissonnais;

2“ Le croisement industriel entre un troupeau de brebis de raçe limousine de Meymac et des béliers Southdown ;

3 ° Les variations de la précocité;

4° L’influence de la castration sur le développement de l’agneau gris.

d) Porcins ;

De nombreuses recherches ont permis d’établir : i° Des comparaisons entre les différentes races au point de vue de la précocité, du rendement et de la qualité de la viande. Les expériences ont été faites sur les Large White Yorkshire, les Middle White Yorkshire et les Craonnais;

2° De fixer une race recherchée par les éleveurs, intermédiaire entre le Yorkshire et le Craonnais;

3 “ D’élever des porcs en plein air; de préciser l’économie de ce procédé et son influence sur la croissance et la rusticité des

e) Volailles :

i° Nous avons procédé à l’étude des différentes races au point de vue de la ponte, en organisant la sélection au moyen de nidstrappes.

Cette partie du programme a été complétée par la création du Concours de Ponte, organisé au début de 1922, pour 80 lots de poules, et qui a pu recevoir, en 1924, plus de 120 lots.

Le concours de ponte, organisé annuellement du j" septembre

au i" octobre, a attiré tout particulièrement l’attention des aviculteurs. Ces derniers ont envoyé plus de six cents sujets au dernier concours, et ils ont largement profité du compte rendu mensuel publié dans la Revue de Zootechnie. Celle-ci a donné, mois par mois, le relevé des opérations de contrôle et le classement des lots envoyés au concours.

Le contrôle du concours est exercé par un personnel de choix, désigné par le Ministère de l’Agriculture.

Avant la création du Concours de Ponte, dans le but d’exercer le personnel à la pratique du contrôle, la sélection par nids-trappes a été appliquée pendant plusieurs mois dans une des basses-cours du Domaine. Pendant ce temps, on a pu se documenter sur les avantages du poulailler canadien, sur le fonctionnement des nidstrappes, l’augmentation ou la diminution du nombre des œufs, selon l’emplacement des pondoirs, les variations de la température, l’orientation et la force du vent, etc., etc...

2° On a procédé également à l’étude de la ration des volailles soumises à l’engraissement. Une installation moderne de gavage mécanique a permis d’établir des statistiques qui ont donné l’accroissement en poids des volailles pendant le séjour aux épinettes. On a obtenu ainsi des précisions sur le rendement en viande nette, le poids des intestins, des plumes, etc., etc...

F. — Contrôle de la laine.

Nous avons cherché une méthode simple qui permettrait aux éleveurs, non experts en laines, de connaître : i 0 La qualité des toisons ;

2° Leur valeur comparative.

La connaissance de sa qualité permet de faire l’estimation d’une toison, par rapport à la laine la plus cotée sur le marché. La

connaissance de la Valeur comparative dés différentes toisons, permet de sélectionner les géniteurs les plus aptes à améliorer un troupeau.

Par l’étude de nos toisons, nous avons pu préciser les points

î" La laine blanche est la plus recherchée;

2° Les mèches longues donnent un fil meilleur (l’emploi du double décimètre permet de déterminer ce dernier facteur) ;

3 ° La finesse du tissu dépend :

a) De la finesse des brins. Cette détermination peut être faite par la lecture au microscope d’un micromètre;

b) De la résistance et de l’élasticité des brins. Ces qualités sont très prisées. Elles peuvent être établies au moyen d’un dynamomètre enregistreur d’un modèle spécial, que nous avons fait construire par la maison Richard.

La longueur de la mèche, la finesse du brin, la résistance et l’élasticité, le poids de la toison, ont été déterminés pour tous les moutons du Domaine des Vaulx-de-Cernay. Ces renseignements nous ont permis, à la vente publique de béliers de 1925, de donner, pour chaque mâle mis en vente, les caractéristiques de la laine de ses ascendants directs, et celles de sa propre laine.

Nous reproduirons plus loin un graphique obtenu par le dynamomètre de Richard, qui permet d’enregistrer la résistance, l’élasticité et le point de rupture des brins de laine.

G. — Nombre des contrôles effectués.

Le tableau suivant donne le nombre des opérations de contrôle effectuées par le Centre zootechnique jusqu’à la date du I er janvier 1924 :

Mensurations. 4.500

Contrôle laitier: matière grasse, plus de 10000

Contrôle laitier : pesées.

Analyses de rations alimentaires . .

Rendements à l’abattoir.

Contrôle du travail des attelages. . .

i. 1 5 o 5 oo

En 1925, les contrôleurs du Centre zootechnique, de plus en plus exercés, ont presque doublé les chiffres ci-dessus,, mais les statistiques ne pourront être publiées qu’à la fin de l’année en

H. — Rapports parus.

feg'Dn nombre important de rapports, consacrés aux expériences contrôlées par le Centre zootechnique des Vaulx-de-Cernay, ont déjà paru. Parmi les plus importants, il convient de citer :

i° Rapport sur les opérations de boucherie du Centre national zootechnique en 1920 (C. Dechambre et E. Degois, R. Z. (>],!;:

2“ Le Centre national d’Expérimentation zootechnique des Vaulx-de-Cernay (M. Laplaud, R. Z., i" année, n° 2).

3 ° Comparaison du prix de revient d’un labour à o m ,i 5 avec tracteurs, chevaux et boeufs (M. Laplaud, R. Z., 1“ année,

n œ 2 et 3 ).

4 0 Expérience d’engraissement de bovidés en 1920 aux Vaulxde-Cernay (M. Laplaud }R.Z., i re année, n°4).

5 ° Notes pour servir à l’histoire de la race ovine de la Charmoise (1910-1922) (M. Laplaud et A. Garnier, R. Z., 1“ année, n° 5 ).

6° L’engraissement des volailles au Domaine des Vaulx-de- Cernay (M. Laplaud, R.Z., i re année, n œ 6 et 7).

7° Sur la valeur du cinquième quartier en boucherie (P. Df.chambre et E. Degois, R. Z., I" année, n° 7).

8° Recherches expérimentales sur le croisement industriel Southdown-limousin (Ch. Voitellier et E. Degois, R. Z ., 1" année, n ° 8).

9 0 La valeur des pedigrees (M. Laplaud et Brunet, R. Z.,

io° Observations sur l’ordre d’apparition et la valeur des maniements chez les bovins charollais et limousins de deux à quatre ans (M. Laplaud et Brunet, R.Z., 1™ année, n° 14).

11° L’ovarite avec rupture ovulaire chez les poules pondeuses (Degois et Ch. Voitellier, R.Z., 2 e année, n° 1).

12° Ce qui ressort du deuxième concours national de ponte (Ch. Voitellier, R. Z., 2“ année, n° 2).

i 3 ° Le bétail charollais à l’abattoir de Cantaranne (M. Laplaud et E. Degois, R. Z., 2 e année, n° 1).‘

Page 1