CONCLUSIONS
Pour l’allaitement des nourrissons, il faut employer d’abord, et avant tout, le lait maternel ; à son défaut seulement, le lait stérilisé qui a fait ses preuves. Il rend chaque jour, d’inappré-
Notre ouvrage se termine par une bibliographie' très complète du lait et par une liste des auteurs qui se sont occupés particulièrement du lait et de l’allaitement.
Hygiène de l’allaitement. — Allaitement au sein, allaitement mixte, allaitement artificiel, sevrage.
Paris, 1899, Masson et C ie , IV-198 pages in-12 0 .
Ce petit ouvrage, qui a eu deux éditeurs, s’adresse plus particulièrement aux mères de famille. Il n’a pas d’autre prétention que de servir de guide aux mamans pendant les premières années de leur maternité.
L’hygiène et l’allaitement y sont traités en quatre parties, savoir : l’allaitement au sein, l’allaitement mixte et l’allaitement artificiel, le sevrage, et la pathologie de l’allaitement.
Dans la première partie, l’allaitement au sein est étudié défis son ensemble. En principe,- la mère doit allaiter son enfant quand elle le peut. Si des causes physiques, telles qu’une affection chronique ou une malformation des seins, la mettent dans l’impossibilité de donner le sein, elle doit se faire remplacer par une nourrice mercenaire. Les conditions que doit remplir une bonne nourrice sont multiples. La remplaçante doit être exempte de maladies transmissibles, de tares héréditaires; elle doit avoir une bonne constitution et donner un lait normal.
Au point de vue du développement régulier du nourrisson, la réglementation des tétées est d’une importance capitale; la suralimentation doit être soigneusement évitée parce qu’elle est toujours la cause de troubles gastro-intestinaux.
Les huit chapitres de la deuxième partie sont consacrés à l’étude de l’allaitement mixte, de l’allaitement artificiel et des différents laits qui sont employés pour l’alimentation du nourrisson. Ce sont, au début, des considérations générales simples et précises sur la composition, la bactériologie et l’hygiène du lait animal, sur la valeur du lait cru, du lait bouilli et du lait stérilisé.
Le lait stérilisé constitue la base de l’alimentation artificielle du nourrisson. La technique de ce mode d’allaitement est plus compliquée que celle de l’allaitement au sein ; aussi convient-il de préciser ses moindres détails. On doit employer le lait stérilisé en petits flacons de 100 à i 5 o grammes, représentant chacun une ration, ou, si l’on préfère, une tétée d’enfant de trois à six mois. Quand le lait ne peut pas être livré dans ces conditions, on doit, dès sa réception, le décanter dans des flacons de la contenance indiquée ci-dessus. 11 convient de tiédir le lait avant de l’administrer à l’enfant et de déboucher les flacons au moment de la tétée. On se gardera d’utiliser un flacon dont le contenu n’aura pas été entièrement consommé.
11 est un point essentiel: le. biberon et les récipients en verre, qui servent à conserver le lait doivent toujours être d’une propreté irréprochable. Le meilleur biberon est celui qui présente le moins de tubes, de raccords et de pièces détachables, en: un. mot, le plus simple. Quel que soif le modèle adopté, il. doit être nettoyé à l’eau bouillante, stérilisé après chaque tétée, et conservé dans un récipient d’eau bouillie, ou dans une solution d’acide borique à 2 o/o.
Le lait destiné à un nourrisson, qu’on l’ait stérilisé à domicile ou préparé industriellement, doit être absolument pur. En attendant qu’il soit administré, il convient de le conserver au frais, dans dés récipients bien bouchés.
Lorsque le « coupage » est prescrit par le médecin, c’est avant la stérilisation qu’il convient d’ajouter au lait la quantité d’eau nécessaire, après l’avoir préalablement filtrée et bouillie. .
On ne doit employer le lait de conserve (lait stérilisé du commerce) qu’après l’avoir goûté avec soin. Tout flacon suspect d’altération ne doit pas être employé.
Cette technique, même lorsqu’elle est bien appliquée, n’assure pas toujours le succès de l’allaitement artificiel.
Si la qualité et la préparation du lait destiné à un nourrisson ont une importance capitale, il y a un autre point essentiel, sur lequel on doit attirer tout particulièrement l’attention. Nous voulons parler
de la ration alimentaire de l’enfant. 11 importe de bien connaître la quantité de lait qu’il convient de donner à un nourrisson par vingtquatre heures et la dose de chaque tétée. Les repas, ou « tétées doivent être égales et régulièrement espacées. Pour se rendre compte de la quantité de lait absorbée par le nourrisson à chaque repas, on se sert d’un biberon gradué. La balance pèse-bébé peut également servir; elle donne aussi l’augmentation du poids du nourrisson par vingt-quatre heures ou par semaine. :
En résumé, on ne saurait pratiquer l’allaitement mixte et l’allaitement artificiel, sans faire usage de lait stérilisé, sans se servir régulièrement de flacons-biberons gradués et d’un pèse-bébé.
Dans la seconde partie de l’ouvrage nous avons traité:
i° Les différents procédés qùr permettent de stériliser le lait soit à domicile, soit industriellement ;
2° La valeur nutritive du lait stérilisé ;
3 ° La maternisation du lait de vache ;
4° L’alimentation des enfants débiles avec les laits peptonisés.
Le sevrage, question importante à laquelle nous avons consacré la troisième partie de l’ouvrage, est, par définition, la substitution du lait de vache au lait de femme.
L’époque du sevrage dépend essentiellement de l’état physique et' physiologique de la femme qui allaite. Si la lactation ne la fatigue pas, elle peut, sans inconvénient, continuer à nourrir jusqu’au neuvième, dixième et douzième mois. Mais quand le lait est devenu insuffisamment nutritif, il est nécessaire de sevrer l’enfant sans retard. Pour habituer le nourrisson au lait de vache stérilisé, et pour parer aux dangers d’un sevrage prématuré et brusque, on peut, dès le troisième ou quatrième mois, lui donner de petites quantités de lait stérilisé. Le sevrage progressif, institué sur de telles bases, est préférable au sevrage brusque.
Pour la préparation des bouillies et des panades, on peut se servir de farines lactées, de farines de mais, de froment, d’orge, de la crème de Biedcrt, de Liebig, ou bien encore de biscottes, de racahout, et de tous produits similaires.
Si l’on se conforma aux prescriptions hygiéniques que nous venons d’énumérer, on peut éviter aux enfants du premier âge les troubles gastro-intestinaux, aigus ou chroniques. Ceux-ci aboutissent souvent au rachitisme, à la scrofule et à la tuberculose, ou provoquent rapidement une cachexie aiguë ou chronique,- qui se termine par la mort à une échéance plus ou moins éloignée-.
Bibliographia lactaria. —Bibliographie générale des Travaux parus sur le Lait et sur l’Allaitement jusqu’en i8ÿg.
Paris, 1901, O. Doin, XII-584 pages in- 8 °
(Avec un supplément pour 1900 et un supplément pour 1901).
L’Allaitement mixte et l’allaitement artificiel, publié en 1898, se termine par une imposante bibliographie du lait et de l’allaitement. Cette partie de l’ouvrage occupe un si grand nombre de pages, qu’on aurait pu considérer notre index comme complet et définitif. Il n’en est rien. La Bibliographia lactaria révèle l’existence de trois fois plus de travaux parus sur le lait et sur l’allaitement. Alors que notre première publication donnait 2.800 indications bibliographiques, la Bibliographia lactaria en compte 8.400.
M. E. Duclaux, directeur de l’Institut Pasteur, dans la préface qu’il a bien voulu faire pour notre ouvrage, en précise nettement l’utilité : « Une bibliographie scientifique est, pour les faits, l’équivalent exact de ce qu’est un dictionnaire pour les mots. Elle les présente dans un ordre déterminé qui est, en général, l’ordre Chronologique, et elle offre alors cet avantage, que n’a pas le dictionnaire, c’est qu’elle établit une filiation entre les divers faits qu’elle mentionne. Elle serait parfaite si elle ne mentionnait jamais que des faits vrais et passait sous silence tous les mémoires qui ont
tourné autour de la vérité sans la voir. Mais cet idéal n’est pas réalisable, ni même, peut-être, souhaitable. »
H Nos travaux antérieurs sur le lait et l’allaitement nous avaient entraîné à faire de nombreuses recherches de compilation dans une multitude de publications anciennes et modernes. Ces recherches nous ont permis de constituer un important dossier bibliographique. Nous avons jugé intéressant de publier cette documentation dans son ensemble, afin de renseigner rapidement les savants et les chercheurs qui s'occupent, à titres divers, du lait et de son utilisation. Le microbiologiste peut consulter avec fruit le chapitre Bactériologie; l’hygiéniste, les chapitres Hygiène et Législation, Fraudes et Falsifications, l’ingénieur agricole, les chapitres Lait conservé, Lait pasteurisé, Industrie laitière, Brevets d’invention; enfin, le médecin, les chapitres Allaitement, Lactation, Diététique, Thérapeutique, Koumys, Kéfir, Laits modifiés, Nourrices, Bibe-
Dans les deux premières parties de l’ouvrage, i° Étude générale dû lait; 2° Modes d’allaitement, on trouve, méthodiquement classées dans chaque chapitre, d’abord par ordre chronologique, puis par: ordre alphabétique de noms d’auteurs, et, pour chaque année, des indications bibliographiques précises, soigneusement collationnées, rédigées dans la langue même où le travail a paru, et mentionnant, en plus, pour ceux qui ignorent les langues étrangères, les périodiques contenant soit un, extrait, soit un résumé, soit une traduction de la citation. Le nombre de cès extraits tirés des périodiques peut être évalué à vingt mille.
La troisième partie est relative aux brevets d’invention pris en France depuis 1860; en Allemagne, en Angleterre et en Amérique (Etats-Unis) depuis 1880. Elle est divisée en quatre paragraphes correspondant aux quatre pays sus-mentionnés.
La première partie, Lait, comporte dix-sept chapitres, savoir: 1° Généralités sur le lait; 2“ Lait de femme, 3 ° Lait de Vache, 4 0 Lait d'animaux divers; 5 " Physiologie; 6° Pathologie; 7» Ana-
lyse (avec subdivisions pour le dosage des différents éléments constitutifs du lait) ; 8° Bactériologie ; 9“ Hygiène et Législation ; ;io° Fraudes et Falsifications; ii° Diététique et Thérapeutique; 12° Koumys et Kéfir; i 3 ° Petit-lait; 14 0 Laits stérilisés et Laits pasteurisés; i 5 ° Lait condensé et Lait conservé; 16 ° Transmission des maladies (tuberculose et maladies diverses, milk-sickness); 17“ Industrie laitière (avec subdivisions pour la production, la stérilisation, la conservation, le transport, le commerce du lait.et l’hygiène des vacheries).
La deuxième partie, Allaitement, se compose de huit chapitres : t°-Lactation (généralités et anomalies); 2 0 Allaitement en général; 3 ° Allaitement naturel; 4 0 Allaitement artificiel; 5 “ Laits modifiés et Succédanés; 6“ Nourrices; 7 0 Transmission des maladies par l’allaitement; 8° Biberon.
L’ouvrage se termine par la liste des périodiques cités et par. une table des noms d’auteurs.
Dans l’introduction de la Bibliographie lactaria, nous avons manifesté notre intention de compléter l’ouvrage en lui donnant tous les ans un supplément.
Deux suppléments ont paru jusqu'à présent : le premier (pour l’année 1900), fort de VI-98 pages, et mentionnant 1.324 travaux parus en 1900 ou antérieurement; le deuxième (pour l’année 1901), fort de VI-106 pages, et signalant à son .tour 1.578 travaux parus en 1901, ou non indiqués dans le premier supplément. Des difficultés matérielles et indépendantes de notre volonté nous ont empêché de poursuivre cette importante publication. Nous souhaitons que les circonstances nous permettent de la reprendre prochainement.
Pasteurisation et stérilisation du lait.
Paris, 1901, O. Doin et Ch. Béranger, 93 pages in-12 0 (33 figures).
L’étude bactériologique du lait a révélé que les antiseptiques dits, « conservateurs » ou « anticoagulants » sont impuissants à prévenir ou à arrêter le développement des microorganismes susceptibles d’altérer le liquide. C’est par la pasteurisation et par la stérilisation , c’est-à-dire en détruisant partiellement ou complètement les bactéries par la chaleur, que l’on parvient à assurer la conservation momentanée ou prolongée du lait.
Vulgariser ces deux procédés est le but que nous nous sommes proposé dans cet opuscule. 11 est de toute nécessité, au point de vue de l’hygiène du nourrisson élevé artificiellement, que chacun sache qu’un chauffage à 75° permet de détruire la plupart des microorganismes contenus dans le lait, et qu’un chauffage prolongé (de 3 o à 40 minutes) à ioo° et au-dessus rend le liquide complètement stérile.
Après avoir fait un exposé rapide de nos connaissances actuelles : 1“ sur la composition chimique des divers laits (lait de femme, lait de vache, etc.) et les influences qui peuvent les modifier; 2° sur la bactériologie du lait, au point de vue de la transmission des maladies infectieuses (diphtérie, fièvre aphteuse,-tuberculose, etc.), nous traitons, dans les chapitres III et IV, des moyens qui permettent de combattre les effets des microorganismes et d’éviter la transmission des maladies contagieuses. Ces movens sont : la pasteurisation et la stérilisation du lait.
Pasteuriser c’est porter le lait à une température de 75° à 80“ pendant deux ou trois minutes, ensuite à 7 0 ou 8°, pour l’aérer et l’empêcher de prendre le goût de cuit. Quand il a subi cette double
opération dans des appareils dont nous donnons la description et le fonctionnement, le lait est débarrassé de tous les microorganismes vivants qu’il contenait. Les spores de ces microorganismes résistent cependant, à ce traitement physique et continuent à subsister dans le lait. Ce n’est qu’au bout de trente-six ou de quarante-huit heures qu’elles donnent naissance à de nouvelles colonies microbiennes.
La pasteurisation ést employée pour les laits qui sont destinés à être conservés vingt-quatre heures au plus. Elle retarde simplement l’acidification et, par. suite, la coagulation du liquide. Si elle donne certaines garanties aux producteurs ët aux vendeurs, elle en donne moins aux consommateurs. Elle n’est, en vérité, qu’une opération incomplète, et ne suffit en aucune façon à assurer la destruction des microbes pathogènes. Pour obtenir cette destruction complète, il faut avoir recours à la stérilisation, c’est-à-dire à un chauffage prôl'o'ngé de 20 à 40 minutes à plus de ioo°.
... Stériliser‘le ‘ lait, c’est supprimer la. vitalité de tous les microorganismes qu’il contient : i° pour , rendre son absorption inoffensive même pour les nourrissons élevés artificiellement; a 0 pour lui permettre une conservation indéfinie et un transport à longue distance.
La stérilisation peut être effectuée soit à domicile, avec l’appareil de Soxhlet, c’est-à-dire au bain-marie, soit industriellement. Le chauffage au bain-marie, qui permet d’obtenir une température voisine de ioo°, est suffisant pour stériliser le. lait destiné aux nourrissons. Il assure la destruction du ferment lactique et de tous les germes capables d’infecter le tube digestif. Cette méthode de stérilisation ne donne qu’un résultat incomplet et relatif. Pour obtenir la stérilisation absolue, destruction complète de tous les microorganismes saprophyles et pathogènes, il faut avoir recours à un chauffage prolongé à plus de 1 io°. Les expériences de laboratoire ont démontré que du lait qui a contenu un grand nombre de microorganismes, saprophytes ou pathogènes, peut se conserver indéfiniment après avoir été soumis, pendant une demi-heure, à
une température de 110". C’est ce mode de stérilisation qui a été adopté par l’industrie.
Lés appareils employés pour la stérilisation industrielle du lait sont tous établis sur le principe de l’autoclave, c’est-à-dire du chauffage à la vapeur sous pression. On chauffe le lait à des températures variant entre i 65 ° et 120°, sous une pression déterminée'. Les divers appareils de Hignette, Timpe, Popp et Becker, Gentile, etc.,.diffèrent seulement par des détails de construction.
Il importe que lès flacons dans lesquels on stérilise le lait soient dé forme arrondie, avec un goulot allongé continuant le corps sans « épaule » appréciable, de façon à rendre le rinçage facile et rapide et à donner au vase le maximum de résistance; il faut également qu’ils soient dépourvus d’inscriptions en relief ou en creux.
Les systèmes de bouchage sont nombreux ; il convient de citer notamment les systèmes brevetés de Soxhlet, d’Alt,'de Popp, dè Gentile.
La stérilisation dite relative du lait, peut être obtenue à domicile par les appareils de Soxhlet, de Gentile, de Budin; la stérilisation absolue, par le procédé de l’autoclave, par la méthode de Tyndall (stérilisation discontinue, pendant quarante-cinq minutes, trois fois de suite, à vingt-quatre heures d’intervalle) et le procédé Legay (stérilisation dans un bain-marie salé à saturation, qui donne a l’ébullition une. température de 106 0 à 108 0 ).
Quand lé lait à sübi la stérilisation, on peut dire qu’il offre . toutes les garanties désirables : il possède toutes ses qualités nutritives et il est incapable d’infecter le tube digestif du nourrisson. On a pu constater que le lait stérilisé est, en général, plus assimilable, plus facile à digérer, que le lait bouilli. Enfin, le lait stérilisé dans des flacons bouchés au liège n’a pas le goût désagréable que prend le lait stérilisé, quand il est conservé dans des flacons bouchés avec des obturateurs en caoutchouc.
Egiene de l’allattaniento, Allattamento al seno, allattamento misto, allattamento artificiale. Diveftamento. Traduzione autorizzata con note del Dott. Gino.Gelli.
Firenze, 1902. Tip. G. Givelli, 212 pages m-12 (figures).
Le docteur Gino Gelli, de Florence, a fait paraître une excellente traduction en italien de notre ouvrage L'Hygiène de l'allaitement. .11 donne dans sa préface les raisons qui l’ont décidé à entreprendre cette traduction. « La lecture attentive du présent manuel, dit-il, m’y a fait découvrir deux grandes qualités qui ne se rencontrent pas d’ordinaire dans les ouvrages d’hygiène qui s’adressent plus spécialement au public : la clarté et la rigueur scientifique. Elles sont de nature à rendre ce livre aussi utile aux médecins qu’aux mères de famille, dans leurs efforts communs pour le sauvetage de la première enfance. En mettant en pratique les principes qui y: sont exposés d’une manière si claire, les mères de famille s’épargneront une infinité de tracas et d’ennuis et éviteront à leur nourrisson tous les malaises, toutes les indispositions qui les menacent constamment. »
Quelques notes explicatives accompagnent le texte de la traduction, à laquelle l’auteur a joint un appendice qui contient le résumé des principales questions concernant le lait et l’allaitement, questions qui ont été discutées au Congrès d’Hygiène de l’allaitement, tenu à Milan en 1899, et au Congrès de Pédiatrie, tenu à Florence
Le lait à Copenhague.
Paris, igo 3 , O. Dow, 36 pages in-8°.
Cette monographie est une contribution à l’étude de la production et du conditionnement du lait, destiné à l’approvisionnement des grandes villes et à l’exportation.
Elle décrit l’organisation de deux sociétés laitiërés, les plus importantes de Copenhague, la Kjobenhavns Maelkeforsyning et la Dansk Maelke Compagni. Grâce à leur système dé traiter et de vendre le lait, ces sociétés ont amélioré dans des conditions très notables la qualité de ce produit. De ce fait, les fraudes et les falsifications, si difficiles à éviter, sont pour ainsi dire passées de mode à Copenhague.
Les deux sociétés, assez semblables au point de vue de leur organisation et de leur fonctionnement, diffèrent entre elles par ce fait que la première livre à la consommation du lait frais, conservé tel à l’aide de la glace, tandis que la seconde vend son lait pasteurisé. Les deux établissements ont une nombreuse clientèlè, câr s’ils ne traitent pas le lait de la même façon, ils fournissent cependant aux consommateurs un produit d’une qualité irréprochable.
Le ramassage du lait s’effectue à la campagne dans des conditions parfaites d’hygiène et de propreté. Les producteurs livrent aux sociétés d’exploitation 4 U lait normal, c’est-à-dire tel qu’il est sorti du pis de la vache. En se conformant strictement aux prescriptions qui leur sont données, ils ne font que défendre leurs propres intérêts. En plus des avantages que leur donne l’inspection vétérinaire, et qui se traduit par l’assainissement des étables, la diminution des cas de maladies chez les vaches et l’augmentation de la valeur du troupeau, ils sont assurés d’un débouché pour leur production laitière, que les compagnies leur payent au plus haut cours. La qualité du lait livré aux compagnies est donc, à tous égards, irréprochable.
Le traitement du lait est pratiqué de telle façon qu’il est débar-
rassé de toutes ses impuretés et mis à l’abri de toute contamination, grâce à la pasteurisation et à la réfrigération, qui évitent le développement des microorganismes.
Le transport et la vente en ville se font dans des conditions qui rendent impossible toute tentative de fraude ou d’altération
Les différentes sortes de lait (lait intégral, lait demi-écrémé, lait pour nourrissons, lait modifié, lait pasteurisé, etc...) sont vendues sous leur vraie dénomination, à des prix relativement peu élevés, malgré le traitement qu’ils ont subi.
La rigueur avec laquelle lés compagnies appliquent leur règlement en ce qui concerne la déclaration des maladies contagieuses par les employés ou par les membres de leurs familles, donne aux consommateurs une garantie qu’on nè saurait assez apprécier.
Les progrès réalisés dans la production, le traitement et la fourniture du lait ont eu la plus heureuse influence sur la santé des adultes, et surtout sur celle des enfants du premier âge, soumis à l’allaitement artificiel.
Nous avons complété notre monographie, en donnant la traduction des contrats types qui lient les fermiers producteurs aux Sociétés d’exploitation.
Notre brochure est illustrée de deux figures et de douze planches hors texte, représentant les différents services des deux établissements : réception, conservation, filtration, pasteurisation, livraison en ville, nettoyage des ustensiles de laiterie, etc.
La pasteurisation du lait en France.
Communication faite au Congrès international d’Hygiène et de Démographie, tenu à Bruxelles du 6 au 8 septembre igo 3 . Ce rapport est le résumé d’une enquête que nous avons faite sur l’application de la pasteurisation du lait dans les grandes laiteries et les centres de ramassage que possèdent : i“ les laitiers en gros
qui alimentent la ville de Paris; 2° les laitiers en gros qui alimentent les grandes villes de province. 11 étudie également l’application de la pasteurisation dans l’industrie beurrière et fromagère (traitement des laits entiers et des laits écrémés). Le rapport se termine par les conclusions suivantes :
La pasteurisation est appliquée en France:
i° A tous les laits entiers traités dans les dépôts des laitiers en gros qui approvisionnent l’aris ; 2° à une partie des laits vendus en nature dans certaines grandes villes de province; 3 ° aux laits distribués dans les Gouttes de Lait, Consultations de nourrissons, Dispensaires, etc. ; 4° aux crèmes fraîches, notamment à celles dites d’isigny et de Normandie, destinées au marché de Paris ; 5 ° au lait écrémé utilisé par certaines laiteries coopératives pour l’alimentation des veaux et des porcs.
Quand on a recours à la pasteurisation, c’est moins dans le but de purifier le lait que d’assurer'sa conservation temporaire.
L’application de la pasteurisation paraît être inconnue dans les régions montagneuses de notre pays ; en général, le producteur qui opère pour son propre compté, et qui vend son lait en ville, ou qui le transforme en beurre ou en fromage, n’a pas recours à cette méthode de conservation, qui n’a pour lui qu’un faible intérêt.
Traitement de la gastro-entérite par le lait écrémé acidifié.
Revue d’hygiène et de médecine infantiles , t. Il, 1903, p. 484.
Le traitement consiste à administrer, à des doses variables et à des intervalles réguliers, du lait écrémé à la machine centrifuge, puis acidifié par ensemencement d’une culture de bacilles lactiques. On pasteurise ensuite et l’on additionne le liquide de 10 0/0 de sucre de canne. -Les doses sont proportionnées à l’âge et au poids de l’enfant.
Si ce dernier est dans un état de prostration qui l’empêche de prendre lui-même sa ration, on la lui administre à l’aide d’une cuiller, d’un verre ou même par « gavage ». Ordinairement, on parvient sans difficulté à faire déglutir, même à des enfants très affaiblis, la dose minima nécessaire, 3 o grammes environ, quand tout autre aliment, voire même le lait de femme, n’est pas toléré. Lorsque les tétées sont régurgitées, ou passent rapidement par le tube digestif sans avoir été digérées, le lait acidifié est fort bien toléré; l’enfant s’endort aussitôt après avoir pris son biberon. En très peu de temps, les garde-robes deviennent moins abondantes et l’état général s’améliore rapidement. Dans la forme pyrétique, où la température atteint 39 °,5 et 40°, la fièvre tombe soit brusquement, comme dans la broncho-pneumonie, soit progressivement en deux ou trois jours. Vingt-quatre heures après la première ingestion de lait acidifié, les garde-robes deviennent solides, les émissions n’ont lieu que deux ou trois fois par jour et sont de coloration presque normale. Par la méthode des pesées régulières, on observe une augmentation de poids de 20 à 40 grammes par jour; même dans les cas où la température ne baisse pas très rapidement, on observe une augmentation de poids quotidienne et régulière. L’amélioration est très rapide; au bout de quarante-huit heures, les troubles gastro-intestinaux ont disparu, les selles ont repris leurs caractères normaux, la température est tombée, le poids augmente régulièrement et le petit malade peut être considéré comme guéri. Nos observations se rapportent à des malades, gravement atteints, qui ont été guéris en trois ou quatre jours, et qui ont été rendus bien portants à leurs familles au bout d’une semaine.
Le lait écrémé acidifié est parfaitement bien toléré par les enfants atteints d’intolérance gastrique absolue. Plus de cent cas, traités avec succès à la Polyclinique H. de Rothschild, l’ont prouvé d’une façon incontestable.
L’industrie laitière au Danemark.
Rapport adressé à M. le Ministre de l’Agriculture,
Paris, 1904. O. Doin, 106 pages in-8° (32 pl., 5 fig. et 8 tabl.).
Eh 1901, nous avons été chargé par le Ministre de l’Agriculture d’une mission au Danemark dans le but d’étudier dans ce pays l’alimentation des vaches, le conditionnement du lait et la fabrication du beurre. Nous nous sommes acquitté de cette mission en 1902 et nous avons rapporté des documents qui nous ont permis d’exposer l’état actuel de l’industrie laitière au Danemark (1902). Toutes les questions qui concernent le lait y sont étudiées.3
Dans la première partie nous avons passé en revue tout ce qui ; concourt, à la production hygiénique et rationnelle du lait : races laitières, hygiène de la vacherie, sociétés de contrôle, centres d’élevage, expériences faites sur l’alimentation des vaches laitières.
Là deuxième partie est consacrée à l’approvisionnement de Copenhague en lait. Elle contient l’exposé très détaillé de l’organisation et du fonctionnement des deux grandes Compagnies laitières de cette ville : la Kjobenhavns Maelkeforsyining et la Danske Maelke Compagni. En appliquant au traitement du lait les principes d’une hygiène rigoureuse, en livrant à la consommation avec toutes les garanties de pureté, et à un prix qui ne laisse qu’un bénéfice raisonnable, ces deux organisations industrielles’peuvent passer pour des modèles du genre. Elles ont d’ailleurs été copiées, en partie, du moins, quand il s’est agi de créer plus tard d’importantes sociétés laitières à Paris, à Vienne, à Berlin et à Londres.
La troisième partie de notre rapport est consacrée à la fabrication et à l’exportation du beurre. Elle donne : 1“ la description de
la laiterie coopérative « Trifolium » de Haslev, et de celle de la « Smorpakkery » d’Esbjerg, sociétés coopératives d’exportation; 2° la législation du contrôle de la margarine ; 3° le système d’encouragement à la production beurrière, organisé par le Laboratoire d’Expériences agricoles de Copenhague; enfin, 4» l’état de l’exportation et de l’importation des beurres danois en 1901.
De nombreuses planches, exécutées d’après des photographies prises sur place, illustrent le texte du rapport.
Cette brochure qui, aujourd’hui (t), est introuvable en librairie, a été traduite récemment en langue espagnole et reproduite dans la revue : La Industria Lechera, de Buenos-Ayres (1922).
XI bis
La leche de consumo en la capital de Dinamarca. Traduction de l’Industrie laitière au Danemark, publiée par La Industria Lechera, de Buenos-Ayres, en octobre 1922.
L'aldéhyde formique comme agent de conservation du lait.
(en collaboration avec le docteur L. Netter).
Rapport fait à la Société scientifique d’Hygiène alimentaire et de l’Alimentation rationnelle de l’homme, le 26 mars 1904.
Ce rapport a été rédigé à la demande des membres de cette Société, â la suite de la discussion qui a suivi la 1 retentissante communication du professeur E. de Behring, au congrès de Cassel (27 septembre 1903). De Behring a soutenu qu’il parvenait à vacciner les nourrissons contre la tuberculose avec du lait de vache hyperimmunisé. Mais, pour conserver à ce lait toute sa valeur, il
convenait de l’employer cru. Pour administrer ce lait sans inconvénient, en été surtout, de Behring conseille de l’additionner de formol à la dose de i/io.ooo. Une telle solution serait inoffensive et incapable de détruire les substances immunisantes. Or, à part de Behring et quelques rares auteurs, tous les biologistes qui ont étudié la toxicité du formol sont d’accord pour interdire l’addition de cette substance aux aliments. Cette interdiction s’appuie sur des expériences pratiquées tant sur de jeunes animaux que sur des enfants en bas âge. Dans notre rapport nous avons résumé tous les travaux sur le lait formolé, depuis la.communication de Trillat, à l’Académie des Sciences, le 3o mai 1892, jusqu’aux publications les plus récentes, 'foutes les opinions émises sur la valeur antiseptique et toxique du formol ont été discutées, et nous concluons que de nouvelles expériences sont nécessaires si l’on veut envisager un jour la possibilité d’ajouter au lait une solution, si faible soit elle, de formol. Ce moyen de conservation est encore aujourd’hui formellement interdit par une décision du Comité consultatif d’Hygiène de France.
Recherches sur la conservation du tait par le formol.
(en collaboration avec le docteur L. Netter).
Revue d’Hygiene et de Médecine infantiles, IV, igo5, p. 334-352.
11 s’agit dans ce travail d’une série d’expériences qui ont été faites dans le laboratoire de la Polyclinique H. de Rothschild, et dont les résultats ont entièrement confirmé les décisions du Comité consultatif d’Hygiène de France, sur l’emploi du formol pour la conservation des aliments. Les auteurs critiquent d’abord la communication du professeur de Behring au congrès de Cassel, puis ils nient la valeur antiseptique du formol à 1/10.000. Ils affirment qu’additionné au lait dans cette proportion, le formol est incapable de détruire les germes pathogènes, en particulier le bacille
de la tuberculose. Le formol retarde en outre la coagulation du lait par la présure, sans agir sur la présure elle-même. Enfin, dans trois séries d’expériences sur des chiens porteurs de fistules gas- ’ triques, le lait additionné de formol s’est coagulé moins rapidementdans l’estomac que le lait pur; le coagulum du lait formolé était d’une consistance très dure, semblable à celle du mastic; en outre, l’acidité du milieu stomacal était plus faible quand il s’agissait d’une digestion de lait formolé. Il est vrai que ces résultats ont été obtenus avec du lait contenant des quantités importantes d’aldéhyde formique. Les mêmes expériences faites avec du lait additionné d’une solution de formol à 1/10.000 donnent des résultats très voisins de ceux obtenus avec le lait normal.
Lorsqu’on donne du lait formolé à des nourrissons, on observe assez souvent, comme l'ont montré Ridcal, Rosenheim et Kolle, des troubles digestifs; les travaux de ces auteurs doivent, à l’heure actuelle, et jusqu’à preuve du contraire, servir de ligne de conduite. Toute conclusion qui pourra résulter d’expériences faites sur des animaux ne doit pas compter pour le praticien; aussi longtemps que la question de la toxicité du formol n’aura pas été étudiée chez le nourrisson sain ou malade, et pendant une durée suffisante, il ne pourra pas être question, pour assurer la conservation du lait, d’autoriser l’emploi d’une solution de formol, même très faible.
Du lait destiné à l'enfance et aux malades. Conditions auxquelles il doit satisfaire. Organisation des services d’approvisionnement d'une grande ville.
Communication faite au 1 er Congrès international de Laiterie, Paris, i5-ao octobre 1905.
Après quelques considérations générales sur la question du lait destiné à la consommation, nous énumérons les sources où peuvent s’approvisionner les laitiers en gros, qui alimentent Paris : fermes
des départements limitrophes, vacheries du département de la Seine et vacheries urbaines. Le lait destiné à la consommation doit : i“ être livré pur et intégral, c’est-à-dire tel qu’il sort du pis de la vache; 2° être assez frais pour ne pas tourner à l’ébullition; 3° provenir de vaches saines; 4° être trait par des personnes 11 exemptes de toute maladie infectieuse et dans des conditions de 1 ’ propreté rigoureuses.
En passant par l'intermédiaire des laitiers en gros, le lait subit différentes manipulations destinées à lui assurer une conservation parfaite jusqu’au moment de sa livraison en ville : filtrage, pasteurisation à 70°-8 o°, refroidissement brusque et maintien à une basse température. Le transport du lait s’effectue la nuit, par trains spéciaux, dans des wagons à Claire-voie. Si la vente en gros ne laisse pas à désirer au point de vue de la qualité du produit livré, il n’en est pas de même de la vente au détail : les fraudes et les falsifications sont passées dans les habitudes commerciales des détaillants, crémiers, épiciers, etc. C’est ainsi que, sur 87 échantillons de laits prélevés dans différents arrondissements de Paris, et analysés à la Polyclinique H. de Rothschild, 19 (22 0/0) ont présenté la teneur normale en matières grasses et 68 (78 0/0) ont accusé une teneur en matières grasses très, au-dessous de- la normale. Pour obvier à un tel état de choses, il s’est fondé à Paris, grâce à des initiatives diverses, des laiteries philanthropiques, dont la plus ancienne en date, a servi de type aux autres. C’est l’Œuvre philanthropique du Lait, que nous avons organisée en 1898. Les distributions de bon lait, dirigées par des médecins d’enfants, fonctionnent actuellement dans nombre de crèches, de dispensaires et de consultations de nourrissons. Pour empêcher la fraude et l’adultération du lait, il faudrait que les laitiers en gros puissent s’organiser en syndicat afin de vendre eux-mêmes leur lait dans des dépôts créés à cet effet.
Traitement du lait récolté.
Rapport présenté à la Commission du lait de la Ligue contre la Mortalité infantile, 1908, 47 pages in-4 0 .
C’est une étude des principales opérations : filtrage, pasteurisation, stérilisation, fixation, écrémage, que l’on fait subir au lait depuis sa récolte à la ferme jusqu’à sa livraison au consommateur. Le rapport étudie également les méthodes scientifiques les plus pratiques que l’on peut employer pour assurer au lait une conservation parfaite. Rigoureusement appliquées par les industriels, ces méthodes peuvent offrir au consommateur les plus sérieuses garanties. On peut affirmer qu’il est possible, à l’heure présente, d’amener à Paris et dans les grandes villes un lait d’excellente qualité et rigoureusement sain.