IV. — MALADIES DE LA PROSTATE
PROSTATITES
Classification des prostatites.
(Traité de Chirurgie, vol. IX, p. 52G.)
Voici la classification des prostatites (juc j’ai donnée en 1899 et qui a été adoptée par plusieurs auteurs.
Prostatites
Aiguës.
Chroniques.
^ Glandulaires.
( Parenchymateuses.
Catarrhales folliculaires.
Non suppurées.
Abcès de la prostate.
Phlegmons péri-prostatiques.
Étiologie des prostatites.
( Traité de Chirurgie, vol. IX, p. 333.)
Le tableau suivant, publié i 1 y a sept ans, résume nos connaissances actuelles sur l’étiologie des prostatites.
Infections
pros-
tatiques.
Causes
prédis-
posantes.
Granulaire.
Causes V efficientes. )
Gonocoques.
Staphylocoques.
Microbes \ Streptocoques.
patho-
gènes.
Colibacille.
(Pneumocoques.
Microbes anaérobies.
Voies
d’infec-
tion.
I. Ascendante. — Urétrites postérieures. blennorragie. Infections post-blennorragiques ou non-blennorragiques (sonde à demeure, etc.).
II. Circulatoire. — Variole, oreillons, grippe, typhus, morve, angine phlegmoncuse, infection purulente.
III. Lymphatique. — Redites, périrectites, hémorroïdes, fistules périrectalcs, péricystitcs.
IV. Infection directe. — Traumatismes de dehors en dedans, plaies, fausses routes. Calculs.
Age adulte. Froid. Contusions (chutes, équitation, bicyclette). Marche. Constipation, superpurgation, habitudes sédentaires, hémorroïdes, excès de coït, masturbation, balsamiques.
PATHOLOGIE SPÉCIALE DE L’APPAREIL URINAIRE
On voit, par cc tableau, que les différents modes d infection de la prostate sont les memes que ceux des autres parenchymes glandulaires. Ainsi se trouve confirmée une fois de plus la loi générale sur laquelle j ai insisté, en 1881), à propos de l’infection du rein.
La prostatite chronique chez les prostatiques.
Les abcès latents de la prostate.
( Traité de Cliirur., vol. IX, pages 541 , 027. — Observations in Thèse de Saint-Cène. — Les abcès
latents de la prostate, Paris, 1901.)
La prostatite chronique est beaucoup plus fréquente qu’on ne le croyait citez les prostatiques. On signalait bien, dans des cas rares, l’existence d’un abcès dans la prostate hypertrophiée, mais les auteurs ne parlaient guère de ces cas et ils passaient sous silence les autres prostatites non suppurées. Or, dans toutes les prostates que nous avons examinées d’individus morts de leur hypertrophie, nous avons vu des lésions attribuables à la prostatite. Mon attention étant attirée sur ces faits, j’ai constaté, sur un très grand nombre de malades, l’existence indiscutable de lésions inflammatoires surajoutées à leur hypertrophie.
Ces infections secondaires s’expliquent, soit parce que la glande était déjà anciennement infectée, soit parce que, partant de l’urètre, l’infection gagne par voie ascendante le tissu glandulaire, soit enfin parce que l’infection générale vient, par voie sanguine, se localiser au niveau de la glande.
En clinique, la prostatite se borne souvent à accroître la gêne des malades ou à déterminer des douleurs vagues et augmenter les difficultés de la miction; parfois à déterminer des phénomènes de véritable rétention d’urine.
Dans certains cas, il est au contraire remarquable de voir quelle absence de symptômes peut coexister avec le développement d’une collection purulente de la prostate. J’ai vu un malade chez qui le cathétérisme avait déterminé l’ouverture dans l’urètre d’un abcès prostatique qu’aucun symptôme n’avait révélé.
Le toucher rectal permet souvent de reconnaître l’existence des prostatites surajoutées à l'hypertrophie. Parfois, lorsque les foyers sont centraux, il n’y a guère qu’une augmentation de sensibilité à la pression de la prostate; ce symptôme acquiert de l’importance quand la sensibilité est localisée à un point qu’on retrouve à chaque nouvel examen. D’autres fois, des foyers plus superficiels changent la consistance de la prostate; à leur niveau, la glande paraît plus dure ou, lorsque la suppuration se fait, elle devient fluctuante;
on peut, dans certains cas, purulentes.
constater l’existence de grosses eolleelions
Prostatites hypertrophiantes.
(Àrlicles : Prostatite chronique et hypertrophie de la prostate. Traité de Chirurgie, vol. IX.
— Indications de la prostatectomie. Assoc. franç. d'Urol., 1904, p. 500.)
J’avais remarqué que, chez les malades atteints d’hypertrophie de la prostate avec rétention incomplète d’urine, la prostatectomie périnéale guérit la rétention dans certains cas, tandis que dans d’autres la rétention incomplète persiste.
Analysant les conditions qui se trouvent réunies chez les malades de cette dernière catégorie, je suis arrivé à cette conclusion, que parmi les malades qu’on diagnostique « hypertrophie de la prostate », un certain nombre sont atteints d'une variété de prostatite chronique, que j’ai nommée proliférante, et non de vraie hypertrophie. Voici les caractères de ces prostatiles proliférantes.
Anatomie pathologique. — La prostate est généralement petite ou de médiocre volume, sans tendance à déformer le col, sans formation de lobe médian. A la coupe la prostate est plutôt molle, de consistance ferme ou spongieuse, sans corps sphéroïdes. La structure est celle de la prostatite chronique avec véritable néoformation de culs-de-sac glandulaires par prolifération excentrique des glandes.
Symptômes. — Evolution longue, déterminant plutôt des rétentions incomplètes médiocres que de grandes rétentions, pouvant arriver pourtant à la rétention complète.
Traitement. — Echec probable, complet ou partiel de la prostatectomie, au moins dans les formes avec rétention incomplète et prostate de médiocre volume.
A tous les points de vue, ces malades se distinguent des vrais prostatiques et se rapprochent de certaines prostatites chroniques qu’on observe chez des individus plus jeunes et qui s’accompagnent de rétention d’urine (Harrisson, Janet, Albarran) et chez certains prostatiques sans prostate (Motz, Arrcsse).
PATHOLOGIE SPÉCIALE RE L’APPAREIL URINAIRE
Traitement des prostatites par le massage.
(Traité de Chirurgie, vol. IX, p. 552. )
Connu depuis Lowenfeld, entré dans la pratique après les travaux d Lberman, de Finger, etc., le massage de la prostate s’est généralise en I* rance par l’enseignement de notre maître Guyon et par le nôtre a 1 hôpital Necker.