PATHOLOGIE SPÉCIALE DE
L’AI'PAHEIL URliNAIIlE.
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formes principales de néoplasies épithéliales intermédiaires : I épilhelwma prostatique et le cancer uitra-capsulaire circonscrit.
Le cancer intra-capsulaire circonscrit a été décrit déjà au point de uie anatomo-pathologique par Socin. Quant à 1 epithélioma adénoïde de la prostate, nous pensons en avoir donné la première description histologique.
Au" point de vue anatomo-pathologique même, la distinction avec I hypotrophie est difficile à l’œil nu, d’après les seuls caractères macroscopiques. Dans ces cas, la glande n’a pas dépassé le volume qu’elle atteint dans 1 hypertrophie légère ou moyenne; elle a conservé sa forme générale. Les bosselures
extérieures, les formations lohulées de la coupe ne se distinguent guère de ce qu’on observe dans l’hypertrophie. L’urètre, le col vésical sont intacts. La capsule de la prostate et les tissus fibreux périprostatiques paraissent indemnes de tout envahissement. Et cependant, dans ces cas, le microscope révèle des lésions épithéliales malignes, parfois même, l’envahissement précoce des voies lymphatiques.
Il faut donc reconnaître que, sous ses formes initiales et circonscrites, le cancer prostatique est relativement fréquent cl passe souvent inaperçu.
Parmi les laits cliniques, élimination faite des observations qui nous paraissent douteuses, il nous reste cinq cas dans lesquels, pendant des périodes variant de cinq à vingt ans, l’évolution de la maladie est celle de I hypertrophie ordinaire ; 1 allure clinique change ensuite, et locaneer prostatique devient manifeste.
Parmi les observations à la fois cliniques et anatomiques, il en est quatre dans lesquelles la maladie évolue pendant douze, quinze, dix-huit et vingt
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ans, alors que 1 autopsie révèle des lésions d’hypertrophie avec des parties en évolution épithéliomateuse plus ou moins avancée.
Nous avons invoqué trois ordres de considérations pour soutenir notre manière de voir.
I/anatomie pathologique nous a montré que sur 100 malades morts avec l'étiquette clinique « hypertrophie de la prostate », 14 avaient un épithélioma prostatique; elle nous a fait voir tous les intermédiaires entre l’hypertrophie adénomateuse bénigne et l’épithélioma confirmé.
La clinique nous enseigne que l’hypertrophie bénigne peut prendre, à un moment donné de son évolution, les allures du cancer. Aidée de l’histologie, elle nous montre dans ces cas, a côté des lésions hypertrophiques, des parties en transformation épithéliomateuse.
La pathologie générale, enfin, nous enseigne que, dans tous les organes glandulaires, on trouve des exemples semblables; que les néoformations épithéliales irritatives ou adénomateuses de cause inconnue, peuvent, après de longues années de bénignité, évoluer vers la malignité et se comporter comme de vrais épitbéliomas.
Les idées que nous avons soutenues, Ha lié et moi, sont actuellement généralement acceptées; plusieurs observations cliniques et anatomiques sont venues les confirmer.
Diagnostic clinique. — D’une manière générale, on peut dire que dans l’hypertrophie la tumeur est moins volumineuse (pie dans le cancer : le doigt introduit dans le rectum permet de reconnaître une tumeur limitée sans prolongement d’aucune sorte, sans les irrégularités ni la dureté spéciale du cancer; en outre, on ne voit pas dans l’hypertrophie d’envahissement ganglionnaire, ni l’infiltration des parois du rectum, ni des troubles de compression des nerfs ou des veines comme dans le cancer. Je noie encore que le cancer se voit parfois chez des individus plus jeunes ou plus vieux que l’hypertrophie. On se méfie habituellement, avec raison, des prostatiques qui n’ont pas cinquante ans. L’expérience m’a appris à regarder comme suspecte toute hypertrophie qui débute à soixante-dix ans ou au delà : bien souvent, dans ces cas, j’ai pu constater qu’il s’agissait d’un cancer.
Il faut encore se méfier des cas dans lesquels on se trouve en présence d’une hypertrophie qui , pendant des années, a évolué lentement, sans déterminer des troubles sérieux, et qui, brusquement, prend une nouvelle allure clinique : si l’on voit survenir des douleurs el des hémorragies jusqu’alors absentes, un examen local soigneux s’impose.
Dar le toucher rectal, on cherchera l’existence de parties indurées ou
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irrégulières et on portera la plus grande attention sur la région des vésicules séminales pour dépister les prolongements suspects. Depuis que mon attention est attirée sur la fréquence de la transformation des hypertrophies en cancer, j'ai pu diagnostiquer la dégénérescence épilhéliomaleuse par le changement de consistance de la prostate, chez des malades souvent examinés et diagnostiqués, unanimement, d’hypertrophie: l’autopsie a confirmé dans deux cas mon diagnostic.
L’hypertrophie prostatique peut simuler le cancer lorsque la prostatite vient se greffer sur elle, surtout lorsque la péricyste postérieure s’ajoute à la lésion. On peut alors sentir une prostate’ irrégulière bosselée et, en arrière de la vessie, le plastron induré de la péricyste, qui englobe, les vésicules séminales, peut faire croire à la diffusion du néoplasme; l’erreur serait encore plus probable si l’adénite infectieuse engorgeait les ganglions iliaques. Dans ces prostaliles chroniques, greffées sur l’hypertrophie, le diagnostic sera surtout basé sur l’existence d’une suppuration urétrale concomitante; sur ce que, au toucher rectal, la prostate est douloureuse dans certains points limités, là où des nodosités existent; enfin sur ce que, le canal étant, préalablement lavé, on peut, par le massage de la prostate, faire sourdre au méat, ou cueillir dans la portion prostatique de l’urètre, Ja sécrétion purulente des glandes prostatiques.
Traitement. — La connaissance plus complète des formes de début de l’épithélioma de la prostate nous permet d’espérer qu’on pourra, dans l’avenir, pratiquer des prostatectomies complètes dans les cas réellement opérables avec grande chance de succès. J’ai pu moi-même extirper, il y a deux ans, un épilhélioma adénoïde de la prostate sans qu’il y ait récidive jusqu’à ce jour. Chez un autre malade, j’ai extirpé un cancer envahissant le col de la vessie; ce malade était encore en bonne santé huit mois après l’opération.