‹ Exposé des travaux scientifiquesChapitre 7 sur 52 · INFECTION CH USAI HE · texte numérisé non relu

INFECTION CH USAI HE

soupçonner dans les suppurations où l’on n’arrive pas a déceler de microbes.

Dans l’état actuel de nos connaissances, il nous semble prématuré d’essayer d’établir des rapports absolus entre la lorme clinique des infections et la nature des germes (pii les provoquent.

On peut dire cependant que les phénomènes gangreneux et la fétidité du pus sont liés surtout à la présence des microbes anaérobies.

D’autre part, ces mêmes microbes peuvent se rencontrer, seuls ou associés aux aérobies, dans les suppurations banales, sans phénomènes gangreneux et sans fétidité du pus. Enfin, ils peuvent, à l’exclusion des aérobics, être des agents d’infection générale par voie sanguine.

Nous conclurons donc en disant que l’étude bactériologique de l’infection urinaire doit, pour être complète et conforme à la réalité des faits, tenir compte, non seulement des microbes aérobies, mais aussi des microbes strictement anaérobies.

Gangrène urinaire d’origine microbienne.

(Sur la gangrène urinaire d’origine microbienne, par Guïo.n et Alb.vrran. Congrès Français

de Chirurgie, 1891, p. 511).

Avec notre maître Guyon nous avons décrit une variété jusqu’alors inconnue de gangrène urinaire, différente des infiltrations gangreneuses d’urine. Chez des malades atteints d’affections urinaires anciennes (rétrécissement de l’urètre, hypertrophie de la prostate) et dont les urines étaient infectées, nous avons vu se développer une gangrène qui débutant par le prépuce s’est progressivement étendue à tout le fourreau de la verge : la plaque gangreneuse peut encore débuter par le scrotum. Dans ces cas le sphacèle se limite à la peau et au tissu cellulaire sous-cutané, ce qui suffit à différencier très nettement ces gangrènes d’emblée de l’infiltration gangreneuse d’urine.

Chez un de nos malades nous avons isolé, de l’urine et de la sérosité gangreneuse, le colibacille, des microcoques et le bacillus fluorescens non liquefaciens : en outre, sur les coupes des t issus, nous avons trouvé un autre bacille anaérobie que nous n’avons pas réussi à cultiver et qui, très probablement, était le bacillus per fr ingens.

Par I inoculation sous-cutanée au cobaye des premières cultures du colibacille trouvé chez ce malade, nous déterminâmes la production de plaques gangreneuses, qu’on n’observe [tas d'ordinaire avec les cultures du eoli. I) un autre côté, le bacille lluorescenl, habituellement inoffensif, trouvé dans ce cas, nous fournit des cultures qui, inoculées dans le péritoine du cobaye à

la dose de 2 centimèlres cubes, tua les animaux en 16 heures. En revanche, le liquide des cultures laites avec la sérosité péritonéale de ces premiers cobayes infectés, ne détermina, par inoculation à une seconde série d’animaux, aucun accident. Le microbe, un moment revêtu de propriétés pathogènes énergiques, était donc, par un rapide retour à sa vie normale, redevenu inoffensif.

De ces faits nous avons tiré les conclusions suivantes :

1° lu microbe non virulent peut acquérir des propriétés pathogènes en vivant dans un milieu septique avec d’autres microbes virulents.

-° Un microbe à virulence déterminée peut acquérir des propriétés pathogènes particulières, la faculté de produire de la gangrène en vivant dans les mêmes conditions.

Ces conclusions éclairaient, à l’époque où elles ont été formulées, un côté inconnu de la question des associations microbiennes.

Les abcès urineux.

Les premières recherches sur les microbes des abcès urineux sont celles que nous avons publiées en 1888 avec liai lé ; nous avons repris ce sujet au point de vue des microbes aérobies en différentes publications, et nous avons commencé l’étude des anaérobies avec Cottet en 1899.

Espèces aérobies. — Réunissant 75 cas d’abcès urineux, dont 58 étudiés bactériologiquement par moi au point de vue des espèces aérobies, nous trouvons 55 fois le colibacille seul ou associé à d’autres microbes; viennent ensuite par ordre de fréquence les staphylocoques, le streptocoque et d’autres microbes. Dans quelques cas, on voit sur les lamelles des microbes, cocci ou bacilles, qu’on ne réussit pas à cultiver en milieux aérobies.

Lorsqu’on étudie en même temps les microbes aérobies et anaérobies, dans les abcès urineux on constate, dans la grande majorité des cas, l’association de ces deux espèces, dans quelques cas on ne trouve que des anaérobies, et plus rarement des seuls aérobies. Sur 25 cas que nous avons étudiés complètement avec Gol tet nous avons trouvé :

7 fois des microbes strictement anaérobies;

5 fois des microbes strictement aérobies;

15 fois l’association des aérobies et des anaérobies.

INFECTION URINAIRE

Rapport entre la forme circonscrite ou diffuse de l’abcès et les microbes trouvés dans le pus. — On ne peut, aujourd’hui, établir un rapport constant entre les microbes du pus et la forme circonscrite ou diffuse de l’abcès. Cela ressort de la comparaison établie, d’une part, en Ire les observations où nous avons trouvé des microbes aérobies et celles qui contenaient des anaérobies, d’autre part, de la comparaison dans chacun de ces deux groupes, des variétés de microbes.

On peut dire que, dans la grande majorité des cas, la diffusion des lésions est en rapport avec l'existence de microbes anaérobies, mais, dans deux cas, nous avons vu des lésions diffuses sans que nous soyons parvenus à déceler des micro-organismes anaérobies.

D’après les observations que nous avons failes avec Cotlet on peut dire que la fétidité du pus et les phénomènes gangreneux dans les ahcès périnéaux circonscrits ou diffus , ont, dans tous les cas, été observés en même temps que l'extrême abondance des microbes anaérobies, qui, parfois, existaient seuls dans le foyer infectieux. Mais l’existence des anaérobies dans le foyer n’entraîne nécessairement ni le sphacèle des tissus, ni la fétidité du pus. Ces espèces de micro-organismes peuvent se trouver, même à l’exclusion de tout microbe aérobie, sans que le pus soit fétide ni le foyer gangreneux.

A la suite de nos premiers travaux, nombre d’auteurs en France et à l’étranger, Morelle Krogius, Reblaub, Renault, Denys, Barlow, Schmidt et Aschoff, Melchior, etc., ont confirmé la fréquence du baclerium coli dans les urines purulentes et l’importance de son rôle dans les affections suppuratives de l’appareil urinaire. Aujourd’hui, ce rôle est accepté par tous les auteurs. De même sont devenues de notion courante les autres variétés d’infections urinaires, que nous avions décrites dès nos premières recherches, et qui sont provoquées par le streptocoque, par des staphylocoques et par un bacille liquéfiant (proteus de Hauser), dont le rôle a été bien établi par Krogius.

Le fait, signalé d’abord par nous, que les urines infectées sont très souvent acides, est admis par tous les observateurs.

Nos recherches sur les infections rénales ont été confirmées par tous les auteurs et ont été appliquées à l’élude des autres infections glandulaires. Des méthodes expérimentales semblables aux nôtres ont conduit Dupré à étudier les infections hépatiques; Claisse à l’étude des infections bronchiques; Claisse cl Dupré à élucider les infections salivaires, etc.

Nos recherches sur l’appareil urinaire cl celles qui les ont continuées dans les autres appareils ont permis ainsi d’établir sur des bases solides

nos connaissances actuelles sur les infections glandulaires par la voie canaliculaire, par la voie sanguine et par la voie lymphatique. Par elles ont été connus les agents de l’infection, les voies d’abord suivies par les différents microbes et les conditions qui favorisent le développement des lésions locales et de l’infection générale.

L’infection urinaire, dans ses différentes modalités, est entrée dans le cadre de la pathologie générale et les théories de la phlébite, du shock nerveux, de l’absorption de l'urine ou des lésions rénales qui prétendaient expliquer la fièvre des urinaires, n’ont plus qu’un intérêt historique.

La lymphe de Koch dans la tuberculose génito-urinaire.

(Guyon et àlbarran. La lymphe de Koch dans la tuberculose génito-urinaire. Ann. des Malad.

des Org. Gén. Ur., février 1891).

Au moment de l’apparition de la tuberculine de Koch, nous avons étudié en détail chez plusieurs malades, avec notre maître Guyon, son action dans la tuberculose génito-urinaire. Nous donnons dans ce travail les premières courbes d’élimination d’urée et d’albumine qui aient été publiées à ce sujet. Nous concluons à la nullité d’action de la tuberculine au point de vue du traitement et nous en proscrivons l’emploi au point de vue du diagnostic.

Page 1