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TUMEURS INTRA-CRANIENNES. OEDÈME CÉRÉBRAL

Traitement.

Médication hydrargyrique.

Dans plusieurs observations (127), j’ai noté que le traitement hydrargyrique peut exercer une action favorable sur des tumeurs non syphilitiques ; mais cette influence n’est que passagère et les troubles, après avoir rétrocédé, reparaissent. C’est là une donnée dont le clinicien doit tenir compte; sinon, il court le risque de commettre des erreurs de pronostic et de ditférer une opération urgente.

Rachicentèse.

J’ai rapporté avec Chaillous un certain nombre de faits (1 36 , 187) contribuant à établir l’action curative de la rachicentèse sur la névrite optique due à un épanchement intra-crânien post-traumatique ou d’origine inflammatoire ; on peut constater alors, à la suite de l’intervention, la régression rapide de la stase papillaire. Mais dans les cas de névrite optique consécutive à une tumeur, la ponction lombaire ne saurait guère être que palliative.

Craniectomie.

Je me crois autorisé à dire que j’ai contribué au développement de la chirurgie cérébrale en France. La craniectomie, malgré les travaux parus à l’étranger sur ce sujet, ceux de Horsley en particulier, malgré les tentatives déjà anciennes de Lucas-Ghampionnière, n’avait guère été en faveur ici auprès des neurologistes jusque dans ces derniers temps ; ce n’est que depuis peu qu’un revirement s’est produit.

Dans plusieurs notes, dont la première date de plus de dix ans (68, 69, 164, 169, 170, 173, i 9 3), je me suis efforcé de faire ressortir l’action remarquable que la craniectomie est à même d'exercer snr l’œdème cérébral. J’ai insisté sur l’utilité de la craniectomie décompressive et sur la possibilité d’obtenir parfois la disparition de la céphalée, de la stase papillaire et des autres troubles que l’œdème cérébral avait provoqués, grâce à la simple résection d une partie de la voûte crânienne sans incision de la dure-mère.

Je terminais ainsi une communication sur ce sujet à l’Académie de Médecine (170).

« En résumé, les services que peut rendre la craniectomie décompressive l’emportent notablement sur les dangers qu elle fait courir; il est essentiel d’en connaître les indications et de se mettre en mesure de la pratiquer en temps opportun pour en tirer tous les bénéfices qu’elle est capable de donner. Ces notions, en raison de leur importance pratique, doivent devenir familières à tous les cliniciens. »

Georges Bouché, dans un rapport sur la craniectomie décompressive présenté au VII e Congrès belge de Neurologie et de Psychiatrie (Journal de Neurologie, 1912, n° 19), cite les conclusions précédentes et déclare partager ma manière de voir.

Segond, à l’occasion d’une discussion à la Société de Chirurgie sur la trépanation décompressive (Bulletins et mémoires de la Société de Chirurgie, 19 r 1, p. 4 i 4 )> s’est exprimé ainsi :

« Comme Horsley, Babinski et de Martel, j’estime, en effet, que dans nombre de cas de tumeur cérébrale, il faut être beaucoup plus réservé que Tuilier dans la recherche du néoplasme, qu’il est dangereux d’inciser toujours la dure-mère d emblée, qu’il faut, en un mot, procéder presque toujours en deux temps et qu enfin, la trépanation simplement décompressive est, en maintes circonstances, une merveilleuse opération palliative. »

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