SUR LE RELIEF DES OMBRES ET LES ILLUSIONS DE RELIEF
Si on place entre deux sources de lumière ponctiformes et un écran, un objet, celui-ci donne sur l'écran une ombre double que l'on peut examiner de l'autre coté de l'écran de façon que chaque oeil voie seulement et respectivement une des ombres portées. Il suffit de trier pour chaque oeil l'ombre qui lui correspond dans leur enchevêtrement sur l'écran. J'ai fait ces expériences en radiostéréoscopie puis pour éviter les inconvénients de trop longues et trop intensives manipulations de rayons X j'ai eu recours à des sources de lumière ordinaire produisant des ombres dans des conditions identiques h celles des différents procédés de radiographie-stéréoscopique que j'ai donnés.
On peut faire usage d'un écran stéréoscopique à réseau décrit dans mon rapport au congrès de Milan ( 101 ) ( septembre m 1906 ) ( page 11 du tirage à part, lignes 30 k 39 ) avant par conséquent la publication faite par M. Estanave de dispositifs identiques ou analogues pour l'examen d'épreuves projetées de photographiesstéréoscopiques ordinaires. ( c.R. 29 octobre 1906) . On peut prendre deux sources identiques Immobiles alternativement démasquées synchroniquement avec le jeu d'obturateurs placés devant les yeux de l'observateur. J'ai également déplacé ra pidement entre deux positions fixes où elle stationne le temps voulu, une petite lampe à arc; les obturateurs plaçés devant les yeux fonctionnent de telle façon qu'il y ait éclipse complète S pendant le déplacement de la lampe et que chaque oeil soit démas qué pour voir respectivement l'image correspondant à une des po sltions déterminées de la source. Enfin on peut utiliser comme l'avait dédk fait Ducos de Hauron des sources de couleurs ooraplé ’ mentalres/de 3emblabley3oÿ.eur/y / J,j J i /
Il y a deux manières de monter l'expérience; Si la source donnant l'ombre est du même coté que l'oeil qui la voit, si par exemple elle est h droite de l'observateur la voyant m
avec son oeil d»oit, j'ai dit, dans l'exposé que j'ai fait de ces questions, que l'expérience était montée ep .parallèle . Dans la oas contraire, elle est dite croisée . / ^ JJl'
Dans l'expérience en parallèlec'il apparalt'une image stéréoscopique de l'objet entre l'écran et l'observateur.
Cette image est la représentation du symétrique de l'objet ( comme l’image qu'en donnerait un miroir plan ). Dans son relief corporel elle ne reconsti
tuera seulement l'objet exactement dans toutes ses dimensions que si les sources sont symétriques des yeux par rapport k l'écran
Dans ces conditions seulement on pourra pratiquer sur oette image en y portant directement une graduation des mesures exactes se rapportant k l'objet.
Si les ombres correspondant k un écartement des sour ces de rayons égal k l'écartement des yeux, ne sont pas examinées k une distance égale k celle de l'écran k ces sources, le relief est faussé. Les dimensions relatives sont exagérées, dans le sens de la profondeur si on examine de trop loin; diminuée si l'on observe de trop prés.
L'examen des ombres stéréoscopiques obtenu avec un é-
cartement des sources différent de celui des yeux peut donner le relief d'un objet semblable au symétrique de l'objet examiné.
Il faut et il 3-uffit que par un artifice quelconque, •! les ombres soient déplagées dans leur examen de telle sorte que les points de vue deviennent symntriques des yeux par rapport à l'écran. Si la distance des sources est supérieure h l'écartement des yeux, la reconstitution est celle d'un objet plus petit j rapproché dans la proportion de sa réduction et donnant une sensation de relief plus accentué que celui de l'objet. Dans le cas contraire on observera-'.un objet semblable, plus gros, éloigné dans la proportion de son agrandissement et donnant une sen sation de relief moins intense.
Dans 1 1 expérience croisée on acquiert la notion d'un | corps en relief situé derrière l'écran, occupant plus ou moins approximativement la position de l'objet dont il est une figura tion plus ou moins déformée. J'ai étudié pour quelques cas les , conditions de ces déformations. La radioscopie stéréoscopique M ainsi pratiquée sera d'ordre qualificatif, si l'on peut s'expri mer ainsi, c'est à dire qu'elle donnera la répartition, des points de l'objet dans le sens de la profondeur, mais non dons l'appré dation exacte de ces profondeurs elles-mêmes. Les dimensions étant faussées dans la reconstitution projective, la méthode ne sera pas quantitative, c'est k dire ne pourra jamais servir k iv évaluer des dimensions.
J'ai présenté à la Société Française de Physique des expériences sur le relief des ombres et les illusions de reliefs j et de mouvements qu'elles peuvent occasionner. Le relief des ombres simples ( c'est à dire des images planes ) a fait de la part des physiologistes l'objet d'observations variées parmi les quelles Helmholtz a donné de nombreux exemples. J'en ai préson té d'autres, en particulier celui d'un radiométre contenant un double système d'ailettes tournant par exemple dans le même sens f : En observant directement les ailettes ou leurs ombres projetées, j toutes les combinaisons possibles d'illusions surgissent relati i vement k leur sen3 de rotation. Parmi les spectateurs les uns assignent le sens, les autres le sens inverse de la rotation réelle, d'autres enfin voient un système tournant dans un sens et l'autre en sens contraire, ces impressions varient aussi spontanément pour chacun d’eux surtout si l'on cligne des yeux.
J'ai surtout examiné les conditions oïl l'on soumet k l'observation une ombre double comme dans l'examen radiostéréos copique. Il pourrait en effet surgir dans la pratique médicale des erreurs de grande importance dont il est absolument nècessai re de supprimer la possibilité.
On voit quelquefois dans les mêmes conditions d'obser vation le relief s'inverser, l'image semble en avant ou en arrlè re de l'écran, elle figure tantôt l'objet, tantôt le symétrique.
Ces illusions surviennent d'autant plus facilement que l'éclairement est moins grand, que l'observateur fait varier la direction de ses axes visuels et qu'il ne vise pas avec les deux yeux. Elles se rapportent aux illusions de relief monoculaire, car l'observateur n’interprête plus alors qu'une ombre et toute conclusion relative au relief ne choquant pas le jugement devient alors possible.
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Ces illusions disparaissent dès qu'il y a réelle vision stéréoscopique. Quand on regarde dans un stéréoscope, la sensation de relief n'apparaît pas toujours immédiatement, mais quand elle se produit, elle donne une intensité de sensation qui la fait distinguer nettement da^la vision monoculaire. Il en est de même en radiostéréoscopie oîi le lustre stéréoscopique apparait encore dans il l'éclairement de l'image reconstituée. Mais je laisse de coté, mal gré leur valeur peur quelqu'un d'exercé, ces indices d'une obser ^ vation bien pratiquée pour n'admettre que le critérium objectif , suivant :
L'examen radlostéréoscopique se pratique ( expérience an parallèle ) sur le symétrique de l'objet examine et le signe carac téristlque de la perception stéréoscopique est la faculté d'effec-.j§ tuer avec précision des mesures dans l'image, c'est à dire la cer titude de looaliser tout point de l'image en un point fixe de l'es pace
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