‹ Exposé élémentaire de l'économie politique à l'usage des écolesChapitre 101 sur 305 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

.*, 4° La façon dont s’effectue l’utilisation du sol a aussi de l’influence sur la grandeur des frais de production. Il est possible d’accroître le produit net par des dispositions heureuses prises, à capital même uniforme, au sujet de l’exploitation, et par ex. par le discernement de la meilleure succession à organiser dans les cultures pour une même contrée ou un traitement mieux entendu des moyens de fumure; mais on peut se promettre un succès plus grand encore des moyens d’art employés avec l’aide d’un capital plus considérable et par ex. d’un labourage plus fréquent et plus soigné, d’un bouleversement plus profond du sol, de son dessèchement, de plus d’engrais, d’engrais minéraux, de la suppression de la jachère, etc. ; car là où on exploite avec le minimum de capital, les frais, tels que ceux destinés par ex. à la production d’un quintal de blé, ne sont nullement les plus modiques. C’est pourquoi, à prix égal des produits du sol, les terres cultivées avec plus d’art doivent procurer déjà un revenu net, quand même celles exploitées d’une manière incomplète ne bonifient que les frais.

On a émis la crainte que ces perfectionnements dans l’exploitation vinssent à amoindrir la rente foncière, parce qu’alors ce qui est nécessaire à un pays serait tiré à frais moindres des plaines les plus fertiles et bien cultivées, tandis que la terre moins productive demeurerait sans emploi, ce qui devrait amener la réduction du prix des produits du sol. Mais s’il n’est pas tout-à-fait impossible que cette crainte se justifie, l’expérience enseigne qu’ordinairement la prévision d’un amoindrissement de la rente foncière ne se réalise point, sans doute parce que de pareilles améliorations dans la culture réclament beaucoup de capital, de travail et d’ardeur, que par conséquent elles ne se font jour que graduellement dans tout un pays et partant laissent à la population le temps de s’accroître également, si bien que la demande marche de front avec l’offre ; ajoutons

que les moyens d’art employés le sont plus fréquemment sur les fonds de terre les meilleurs, où ils donnent des résultats plus marqués, ce qui ne fait même qu’accroître encore l’écart dans la rente.

Quand pour satisfaire à la demande croissante de moyens d’entretien on ne cesse de consacrer de nouveaux capitaux au travail de la terre, il doit y avoir un point au-delà duquel les capitaux deviennent moins productifs et les frais de production afférant à un accroissement ultérieur du rendement s’élèvent davantage. D’après les expérimentations de M. de Thünen, formulées avec des moyennes de quatre années, les produits du sol auraient été représentés

pour un labourage h la charrue de 4 pouces de profondeur, par 100

Les deux derniers pouces rapportent donc seulement 14 % , les deux avant-derniers, 22 % , et les deux qui précèdent, 29 °/o en plus, et ceux-là reviennent infiniment plus cher que ceux-ci. Le prix des substances brutes obtenues de la sorte devra généralement monter assez haut pour couvrir les frais plus élevés, et c’est ainsi que la partie du produit total gagnée avec le capital déjà employé auparavant procure un revenu net. Prenons un exemple. En faisant pour 1,000 fr. de frais, quelqu’un a retiré 500 quintaux, et si le quintal vaut juste 2 fr., il ne restera pas de bénéfice; seulement les intérêts du capital seront restitués dans le montant des frais. Que si maintenant 1 ,000 nouveaux francs n’engendrent plus que 400 quintaux, chacun de ces 400 quintaux reviendra à 2 fr. 50. Le cultivateur n’emploiera pas cette seconde somme de 1,000 fr. avant que le prix du quintal ne se soit élevé à 2 fr. 50, puisque sans cela il se trouverait en perte. Si le prix n’était que de 2 fr. 25, on obtiendrait :

1° Avec 1,000 fr.'de débours, 500 quintaux ; soit une recette de 1,125 fr. 2° Avec 2,000 fr. — 900 — ; — — 2,025 fr.

et par conséquent pour les 1,000 derniers francs on

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