ESTIMATION DE LA FORTUNE NATIONALE
confusion, nos auteurs les plus circonspects recourent aux deux vocables : utilités et valeurs, ayant alors Chacun un sens soigneusement circonscrit.
»\ Quoi qu’il en soit et si les prix ne sont pas tout, ils méritent cependant un examen attentif, parce que c’est sur eux que se règle la participation des individus et des diverses classes populaires aux biens existants, et parce que tout l’échange se meut en eux. C’est pourquoi la théorie du prix des biens d’échange et des autres prestations payées occupe en Écon. pol. une place importante. Gardons-nous seulement, par une exagération propre à certains esprits, de voir dans la valeur d’échange l’àme et le centre de l’Écon. pol. De même que toute la distribution de biens dans l’échange n’est que le terme moyen entre production et consommation, de même le prix n’est que la condition et la norme du passage de biens et de prestations à d’autres personnes, et le principal reste toujours la mesure dans laquelle leur est parvenue la jouissance de biens matériels. Mais pour les usages statistiques, on est également amené à s’en tenir principalement aux indications de prix, qui jetteront cependant un jour d’autant plus vif sur la condition de fortune d’un pays qu’on démêlera en même temps :
1° Quel est vis-à-vis de la mesure choisie (l’argent) le prix des espèces les plus valeureuses de biens, ce qui permettra de se fixer sur l’étendue d’utilité et de jouissance à atteindre d’une certaine somme de prix;
2° En quelles quantités les biens les plus utiles sont contenus dans la fortune nationale.
On ne doit pas non plus prendre pour base les prix d’un moment unique , mais seulement les moyennes d’une période.